CHATONS, le collectif anti-GAFAM ?

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Suite à la mise en place de la campagne Dégooglisons Internet, Framasoft souhaite impulser la création d’un Collectif d’Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (C.H.A.T.O.N.S. ! 😛 ).

Ce collectif rassemblerait les organisations souhaitant proposer des services alternatifs à ceux de GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), respectueux de la vie privée des utilisateurs.

Le projet n’en est qu’à ses débuts et ne sera pas ouvert au public avant plusieurs mois, mais ce billet permet d’informer les actuels hébergeurs de services libres de l’initiative.

Rappel des épisodes précédents

Depuis son lancement en octobre 2014, notre campagne « Dégooglisons Internet » a rencontré d’excellents échos. Que cela soit dans la presse, ou bien entendu, auprès du public.

Rappelons que ce projet, qui s’étale sur plusieurs années, vise à résister à la colonisation du web par Google, Apple, Facebook, Amazon ou Microsoft (GAFAM pour les intimes, et la totalité des internautes sont, justement, très intimes avec eux).

Pour cela, nous nous étions fixés trois objectifs :

1 – Sensibiliser le grand public aux dangers (avérés, mais surtout à venir) d’une trop grande centralisation des services web :

  • dépendance à des outils contrôlés à distance par d’autres ;
  • marchandisation de nos données personnelles ;
  • surveillance généralisée facilitée pour les états (telle que révélée entre autre par Edward Snowden) ;
  • frein à l’innovation du fait de la puissance financière de ces sociétés. Pour information, Alphabet, la maison mère de Google, est la première capitalisation boursière mondiale (la seconde étant… Apple). Jamais notre monde n’a connu d’entreprises aussi riches ;
  • un « débordement » du cadre web qui devrait nous interroger (voiture sans chauffeur, investissement dans les biotechnologies, la robotique, des projets pas du tout farfelus pour connecter toute la planète, des objets connectés surveillant nos faits et gestes, des incursions dans le domaine politique, etc.).

2 – Démontrer que le logiciel libre était une alternative (probablement la seule, d’ailleurs) aux services de GAFAM.

Pour cela, nous avons mis en place plus d’une quinzaine de services en ligne respectueux de vos données. Et une quinzaine d’autres devraient suivre dans les 18 prochains mois.

3 – Essaimer notre démarche, afin de ne pas nous-mêmes devenir un « espace centralisé »

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Un bilan positif

Sur le premier point (sensibilisation), nous sommes satisfaits du résultat :

Sur le second point (démonstration), il semblerait que ça soit plutôt vous, le public, qui êtes satisfaits 🙂 :

Sur le troisième point (essaimage), il semblerait que la rencontre ait eu lieu : nous avons appris (parfois par hasard !) que de nombreux « clones » de nos services avaient été mis en place (Diaspora Nouvelle Donne, Framadate ici ou , MyPads, etc.)

 

Carte Dégooglisons Internet
Carte Dégooglisons Internet

Mais aussi des faiblesses

Pourtant, nous savons que nous allons dans le mur !

Pour l’instant, nous n’avons pas de problème pour fournir le service. Grâce à vos dons, nous avons pu embaucher un administrateur système à temps plein, ce qui va nous permettre de stabiliser l’infrastructure technique (une quarantaine de machines virtuelles, tout de même).

Cependant, cette croissance permanente n’est pas tenable à long terme.

Certes, nous pourrions demander plus de dons, pour embaucher plus, maintenir plus de machines. Mais cela ne nous parait pas être une bonne solution : nous n’avons pas envie de courir derrière l’argent, et surtout cela ferait de Framasoft, à terme, un service centralisateur du même type que celui contre lequel nous essayons de résister !

Et, non, pour répondre à une demande récurrente, il n’est pas question pour nous de proposer des services payants, car nous n’avons pas envie de gérer des clients. Ça, c’est le travail d’entreprises du libre (et elles ne manquent pourtant pas). Framasoft est une petite association et ce statut nous convient tout à fait.

Framasoft : une AMAP du libre ?

Vous pouvez voir Framasoft comme une AMAP du logiciel libre, en quelque sorte. Ce type d’organisation ne fait sens que si la taille en reste raisonnable, que s’il y a proximité entre le producteur (Framasoft) et les utilisateurs (vous !).

Dit plus clairement : nous ne cherchons pas de solution technique ou financière à une crise de croissance. Même si cela peut paraître paradoxal, nous souhaitons d’ores et déjà anticiper le ralentissement de cette croissance ! 🙂

Une forme de sobriété volontaire qui pourra sans doute en étonner certains, mais qui parait relativement logique si on ne souhaite pas « industrialiser » les processus car cette industrialisation, justement, génère des effets de bords négatifs pour la vie privée de nos utilisateurs. Nous sommes fiers de notre indépendance (grâce à vos dons), et de notre côté « artisan du web » qui peut encore prendre le temps de discuter/débattre avec ses utilisateurs.

Des chatons (et de la bière ?) pour libérer le monde !

Pour les raisons évoquées ci-dessus, Framasoft souhaite aujourd’hui renforcer son objectif d’essaimage.

Nous nous proposons aujourd’hui d’impulser la création d’un collectif nommé C.H.A.T.O.N.S. pour : Collectif d’Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires.

Pour faire court, CHATONS serait un peu aux services libres ce que la Fédération FDN est aux fournisseurs d’accès internet libres : un moyen de rassembler, de mutualiser, de décentraliser, de donner de la visibilité, de fédérer autour de valeurs communes, de faciliter l’essaimage, mais sans pour autant centraliser, rigidifier, contrôler ces structures.

 

Chat et bières

Pour faire plus long, reprenons les objectifs possibles d’un tel collectif, dont nous souhaitons faciliter l’émergence :

1 – Rassembler

Il existe en fait déjà de nombreux hébergeurs de services en ligne libres et alternatifs, dont certains existent depuis bien, bien plus longtemps que Framasoft.

Citons, par exemple (et par ordre alphabétique) :

L’un des objectifs serait de proposer à ces différentes structures, si elles le souhaitent, de rejoindre le collectif.

2 – Mutualiser

Les libristes aiment leur indépendance, elle est parfois une force qui nous permet de faire preuve d’innovation, de résilience, de créativité, de réactivité. Et elle est parfois un faiblesse, qui nous fait réinventer la roue, non pas par plaisir, mais juste par ignorance que d’autres ont déjà trouvé une solution à notre problème.

L’un des objectifs serait de partager l’information et les bonnes pratiques, sans pour autant imposer ces dernières.

3 – Décentraliser

Framapad est en rade ? Vous cherchez un service de sondages plus poussé que Framadate ? Vous voulez quitter Gmail, sans savoir chez quel fournisseur prendre votre email ?

Framasoft ne couvre pas l’ensemble des besoins, et ne propose aucune garantie de disponibilités dans ses Conditions Générales d’Utilisation. Il serait donc utile de répartir la charge et les services sur différentes organisations, non seulement pour éviter les silos de données, mais aussi pour s’assurer de ne laisser aucun utilisateur dans l’impasse.

L’un des objectifs serait de mettre en réseau les différentes organisations volontaires, afin qu’elles puissent proposer des services complémentaires (voir redondants) aux utilisateurs.

4 – Donner de la visibilité

Parmi les soucis que Framasoft rencontre, il y a le fait que nous sommes loin de connaître toutes les hébergeurs libres et alternatifs en France ou à l’étranger.

Pour prendre un exemple parmi beaucoup d’autres, nous avons découvert presque par hasard l’association Nanterasso (qui dépend du GUL Nanterrux). Il y a sans doute de nombreuses autres associations de ce type en France.

D’autres structures existantes, comme ouvaton.coop, mériteraient sans doute un coup de projecteur.

L’un des objectifs serait de rendre visible, sur un site web, les différentes structures membres du collectif, ainsi que leurs offres.

5 – Fédérer

Évidemment pour qu’un collectif fonctionne, il faut que ses membres se retrouvent autour de valeurs communes. Sans elles, on finit par ne plus savoir ce qu’on fait là, ce qu’on partage avec l’autre, ni ce qui nous rassemble.

Nous proposons que le collectif rédige :

  • un manifeste, pour poser noir sur blanc les valeurs défendues ;
  • une charte, permettant à chacun de connaître les règles de gestion du collectif.

L’un des objectifs serait donc de fixer ensemble les règles communes permettant aux membres du collectif de pouvoir promouvoir et défendre efficacement les valeurs qui les rassemble.

6 – Essaimer

Le collectif CHATONS est un collectif « sans compétition » : le but ne doit pas être d’avoir le plus grand nombre d’utilisateurs, puisque les membres souhaitent décentraliser les services. Par conséquent, le collectif veillera à faciliter la création et l’accueil de nouveaux membres.

L’un des objectifs serait d’abaisser « la barrière à l’entrée » pour les nouveaux entrants. Plus il y aura de chatons actifs respectant la charte et le manifeste, mieux cela vaudra pour le collectif.

7 – Partager

Trouver des tutoriels expliquant comment mettre en place tel ou tel service, c’est bien. Mais cela ne permet de réduire efficacement l’écart entre « ceux qui utilisent » et « ceux qui savent comment ça marche ». Nous devons faire de l’éducation populaire, en partageant avec les utilisateurs de nos services. Nous devons être à leur écoute, y compris devant des questions qui nous paraissent parfois naïves : « Au fait, par où passe mon email quand je clique sur « Envoyer », et que l’ordinateur de mon destinataire est éteint ? », « Mais un logiciel propriétaire, ça ne veut pas dire que je suis propriétaire de mes données, justement ? », « Quel problème y a-t-il à utiliser GMail ? C’est gratuit et ça marche bien, non ? »

Ces questions, on nous les pose souvent, mais notre expérience a montré que nous y répondions moins bien par email que quand nous étions face aux personnes, une bière (ou autre breuvage) à la main. L’explication passe mieux, non pas parce que nous serions plus clairs après avoir bu une pinte, mais parce que nous échangeons sur un pied d’égalité avec nos interlocuteurs, qui nous apprennent aussi de leurs usages, de leurs pratiques. Si nous voulons informer objectivement le public pour qu’il puisse faire des choix éclairés, il nous faut le rencontrer, lui parler, échanger, partager. Et sortir de notre tour d’ivoire.

L’un des objectifs serait donc de consacrer du temps à des temps de partages (et non comme souvent des temps d’informations distanciés, parfois professoraux ou dogmatiques), cela n’étant possible que si le collectif dispose d’un réseau suffisamment étendu géographiquement.

Les adminsys de Framasoft en plein dépannage de Framapad
Nos adminsys en plein dépannage de Framapad

Et maintenant ?

Voilà pour l’idée dans les grandes lignes.

Mais, même si nous savons que le diable se cache dans les détails, nous ne souhaitons – volontairement – pas aller beaucoup plus loin pour le moment, afin de faciliter la participation et le débat.

Ce qui a été fait :

  • Nous avons déjà contacté en amont quelques structures (notamment celles citées plus haut), ce qui ne veut évidemment pas dire que la participation est close ! (cf « Vous souhaitez devenir un chaton ? » ci-dessous)
  • Nous avons déjà commencé la rédaction d’un Manifeste et d’une Charte (en version 0.1, il ne s’agit que d’un brouillon de proposition, les versions finales n’auront probablement rien à voir)
  • Nous avons réservé le nom de domaine http://chatons.org, mais le site ne sera pas rendu public avant l’été.
  • Nous avons proposé un planning :
    • Janvier à juin 2016 – discussions sur la Charte et le Manifeste
    • 26/01 – annonce “officielle” du projet CHATONS à Brest
    • 9/02 – annonce sur le framablog
    • Avril à juin 2016 – mise en place du site web
    • Juillet – Annonce aux RMLL (si elles ont lieu !)
    • Juillet à Septembre – dernières retouches
    • Octobre – ouverture officielle au public

Précisons tout de suite qu’il ne s’agit pas d’un projet interne à Framasoft, même si c’est Framasoft qui l’impulse. Nous serons à terme un chaton parmi les autres. Cependant, pour pouvoir avancer relativement efficacement, nous avons préféré proposer une base de travail (Charte et Manifeste), ainsi qu’un planning indicatif, afin de ne pas nous perdre dans les discussions trollesques que nous, libristes, apprécions tant 😉

Vous souhaitez devenir un chaton ?

Pour l’instant, nous allons débuter la phase de discussion, donc il est encore un peu tôt pour “postuler”, car nous ne saurions vous accueillir, puisque le collectif n’existe pas 🙂

Cependant, si vous pensez pouvoir apporter quelque chose de concret et tangible aux discussions (et non du “yakafokon”), vous pouvez laisser un message en commentaire du billet (en laissant bien votre adresse courriel dans le champ approprié, qui ne sera pas diffusée, au cas où nous souhaiterions vous recontacter).

Bref, pour l’instant, il ne s’agit que d’une idée, donc il va nous falloir un peu de temps pour la structurer avant de la présenter au public. Mais nous souhaitions la présenter ici, car il ne fait aucun doute que Framasoft consacrera une partie de son énergie à ce projet.

Un chaton, deux chatons... des chatons !
Un chaton, deux chatons… des chatons !

Internet est-il cassé ?

Pas encore, mais il est certain qu’Internet, tel que nous le connaissons, est en train de changer. Et pas forcément dans le bon sens.

Face à ce mouvement de concentration, qui pourrait bien transformer Internet en Googleternet ou Facebookternet, nous ne voyons qu’une seule voie (si vous en avez d’autres à proposer, on prend !) : décentraliser internet en faisant en sorte qu’il demeure tel qu’il a été conçu. Neutre. Ouvert. Interopérable. Libre.

Si nous voulons une économie qui soit aussi sociale et solidaire, il va nous falloir un internet qui soit aussi social et solidaire. Et cela passera entre autre par une diversité d’acteurs indépendants proposant des services web libres, éthiques et respectueux de vos données, décentralisés et solidaires.

Réseau d'éducation populaire au Libre. Nous souhaitons faire le trait d'union entre le monde du Libre (logiciel, culturel, matériel, etc...) et le grand public par le biais d'une galaxie de projets à découvrir sur www.framasoft.org

33 Réponses

  1. Yep, c’est une bien bien belle idée !

    J’avais découvert Indiehosters l’année dernière et j’avais dans l’idée de lancer quelque chose dans le genre.
    Tout seul ? Non bien évidement.
    Depuis l’année dernière un projet de CAE se monte avec des personnes qui partagent la même philosophie. Rien n’est prêt pour être discuté actuellement mais la structure va être monté dans les semaines qui viennent.
    J’y apporte ma contribution sur le secteur numérique et je ne peux qu’être partant.

    Tenez moi au jus !

  2. Bonjour chers Framis,

    Merci pour cet article très complet.

    Chaque utilisateur a ses propres attentes. Il paraît donc important qu’il dispose d’un large choix d’alternatives et d’hébergeurs respectueux de leur vie privée, afin d’y trouver les solutions les plus adaptées à son cas.

    C’est pourquoi nous soutenons votre initiative.

    La mère Zaclys
    https://www.zaclys.com

    • Notez qu’un certains nombres de liens https ne fonctionnent pas (zaclys, rhien, infini…) et donne une redirection en http.

      • Effectivement François. C’est Zaclys.com et pas .org (si les Framis peuvent rectifier à l’occasion, merci).
        Pour l’histoire, nous avions choisi .com parce que c’était le plus connu quand nous avons lancé le site (et surement encore aujourd’hui) et que nous voulions que tout soit le plus simple possible pour nos utilisateurs (et encore aujourd’hui 🙂 )

  3. De sa vie privée en l’occurrence 🙂

  4. Formidable, pour ma part je serais intéressé par des initiatives de ce type en Belgique, parce que plus je creuse et plus j’ai l’impression que mon pays est une terre (vendue à) et (esclave de) Microsoft: la présence d’acteurs du libre y est ridicule ou trop confidentielle (ça me sidère quand je pense que le FOSDEM s’y déroule chaque année) .

    J’aimerais trouver un emploi avec 100% de logiciels & services libre: douce chimère 🙁 J’ai ensuite pensé à monter des alternatives mais seul je me sens impuissant…et n’ai pas suffisamment le goût du risque pour lâcher mon boulot et me lancer à fond dans une activité de ce type. Si un (des) lecteurs .be seraient intéressés en revanche, y a moyen de moyenner, l’union fait la force (devise nationale) :p

    En attendant ce que j’ai réussi à faire c’est tenir un club informatique dans lequel j’ai pu convaincre très rapidement certains participants à passer sous Linux: depuis nos cours se font et se suivent sous Debian 🙂

    PS: j’écris depuis le boulot avec un système proprio 🙁

    • Indeed, Mat, en Belgique, on doit faire avec les kiomètres qui nous éloignent de Framasoft, de la Quadrature, de FDN, de l’APRIL, de..
      Pour les paraphraser, comme à une certaine époque en France, ‘on n’a plus de charbon mais on a des idées..’
      D’où notre initiative de fédéraliser les G/Lug belges, de monter des dossiers politico-libristes, genre la difficulté de signer avec une carte d’identité à puce les nouveaux documents pdf venant de fgov.be..
      Au nom d’Abelli, et de sa grande soeur, Bxlug, ou encore de labriqueinter.net, nous serions très heureux d’échanger avec toi, découvrir ton club informatique, et en faire profiter celles et ceux qui nous lisent..
      Comme tu le dis, et même jusqu’en Haïti, l’union fait, bel et bien, la force..

  5. Superbe initiative!
    Leprette.fr veut bien être un très modeste CHATON, puisque il ne s’occupe que d’un domaine familial. Si ça peut montrer l’exemple et aider la famille Dupuis-Morizeau à passer le pas et comprendre que la décentralisation peut se faire à toute petite échelle, je veux bien donner un coup de main.
    Avec Cozy-cloud et Gandhi qui travaille à un partenariat, je vais sans doute proposer un peu plus, on va voir.
    A tout hasard, vous sauriez me dire quels services framaxxx sont installables sur un espace partagé OVH? Je n’ai pas encore assez de raison (et de financement) pour passer à un VPS.

    « Si nous voulons une économie qui soit aussi sociale et solidaire, il va nous falloir un internet qui soit aussi social et solidaire » et qui pour ses transactions utilise des monnaies libres (http://fr.ucoin.io/ et http://www.le-sou.org/pourquoi-une-monnaie-libre/).

  6. Excellente initiative.
    On en parlera entre nous prochainement.

    Une remarque néanmoins par rapport à cette horrible pub pour la pils Heineken.
    Je ne comprend pas pourquoi vous avez mis cette photo. La marque Heineken est la google de la bière (https://fr.wikipedia.org/wiki/Heineken).

    Ca arrive encore beaucoup trop souvent que des gens actifs dans un secteur ne font pas attention aux autres secteurs.
    Quelle est la différence entre un libriste qui bouffe des pizzas Monsanto et un Amapien (Gasapien) qui utilise Windows ou Mac?

    Vous voulez une marque de pils plus dans la mentalité libriste, prenez la Primus (http://www.haacht.com/fr-BE/Company/Wie%20zijn%20we), qui est de plus une excellente pils. Elle n’est pas en licence libre (y a la Free beer pour ça: http://2012.rmll.info/biere-libre), mais pour le reste, la société derrière est bcp plus proche de ce qui se dit dans ce ticket.

    Donc… svp… retirez cette horrible pub pour Heineken de cette page, elle fait mal aux yeux, même s’il y a les chatons pour l’adoucir.

    Librement vôtre.

  7. Je trouve l’initiative très intéressante, c’est une bonne chose. Il faut des alternatives aux GAFAM, mais il faut aussi pouvoir les trouver facilement. Regrouper toutes ces initiatives, et essaimer pour en créer d’autres, ça va dans le bon sens 😉

    Bonne continuation, et bon courage !

    P.S. : S’il y a quelque chose dans le Cher à tout hasard ?

  8. Bonjour,

    À Ouvaton nous sommes tout à fait partants pour participer à ce collectif.
    Dans la foulée de ce qu’a entrepris Framasoft, nous avons commencé à mettre à disposition des «outils en partage» (https://ouvaton.coop/Des-outils-en-partage), pads, transferts de fichiers, tableur en ligne, Mumble et nous sommes en train de tester la mise à disposition d’un outil de sondage (Lime Survey).
    Ce mouvement de Dégooglisation nous semble tout à fait important et si nous pouvons y apporter un petit quelque chose, ce sera avec plaisir.

    Coopérativement
    pour Ouvaton
    Philippe Ladame

  9. C’est une très bonne idée, je ne sais pas à quoi je peux servir mais si quelqu’un veut un FAI différent, je suis un FAI libre et autonome (pas de patron ni d’actionnaire ni même d’adhérent), dites-moi ce dont vous avez envie et je ferai du mieux possible 😉

  10. Coté TetaNeutral.net, on est pres à aider à avancer, a servir de cobayes.

  11. La décentralisation des services est logique, mais ne serait-il pas bien d’avoir une liste centralisée?
    Cela permetterait aux utilisateurs de savoir que même si Framanews, p. ex., ne peut actuellement pas accueillir de nouveaux utilisateurs, il existe d’autres services (basés sur le même logiciel ou non) offrant des prestations identiques, avec la même philosophie.

    Quand je parle de liste centralisée, j’imagine quelque chose du genre de shaarli.fr.

    Merci pour tout ce que vous faites!

    • Ce sera justement l’objectif du portail chatons.org : présenter les membres du collectif et les services proposés sur une carte ou dans une liste et de faciliter la recherche d’autres acteurs si effectivement un chaton ne peut plus accueillir de nouveaux utilisateurs.

  12. Génial ! 🙂
    Trois geeks calaisiens seront prêts dans quelques mois à participer localement à ce collectif 😉
    À bientôt 🙂

  13. L’exemple de l’AMAP est selon moi, mal choisi, si je comprends ce qu’est ce projet. Dans une AMAP, il y a une distinction entre le producteur et le consommateur. Veux-t-on une telle distinction ? ou plutôt aller dans le sens de la réappropriation ? c’est-à-dire que chacun peut être producteur de ses outils ? Selon moi, CHATONS devrait être plus proche d’une ressourcerie http://www.makery.info/2016/02/02/lere-du-refaire/ J’entends par là une structure horizontale où on peut échanger, apprendre, enseigner, manipuler. L’idée est de donner aux gens de l’indépendance, à terme.

    • @François : les deux ne sont pas exclusifs 🙂

      D’abord, il ne faut pas confondre : ce n’est pas Chatons qui est une AMAP du libre, mais Framasoft (ou les autres chatons). Chatons, lui, est un collectif qui :
      1. liste les différents chatons, afin d’aider les utilisateurs à trouver le leur (pour répondre à Groslimur ci dessus)
      2. permet le partage et l’entraide entre chatons

      • @pyg. je ne confond pas. Un chatons est pour moi un membre de chatons. Je ne sais juste pas comment l’appeler.

        Ce que j’entends (et où tu ne me réponds pas 🙂 ) c’est qu’il doit y avoir une dimension d’éducation qui n’est pas mentionné dans cette page. Avec degooglisons, vous mettez aussi en avant comment faire soi-même. Ca c’est génial. Un membre de chatons (c’est long, mais pour éviter une ambiguité) doit aussi fournir cette dimension. En d’autres termes, un membre de chatons de peut pas être une boite qui se contente de donner un serveur. Ca doit être une structure humaine où chacun peut aller se frotter au fonctionnement pour comprendre. Il doit y avoir la place pour le coté hacker au sens noble du terme : j’ouvre et j’étudie comment c’est fait à l’intérieur et si je peux, j’améliore, je duplique, bref je bidouille. L’idée est que chacun doit être capable de comprendre pour refaire ailleurs ou chez soi si il en a envie. Si ce n’est pas fait, on n’appendra pas, on ne gagnera pas en indépendance. Aucune chance qu’on puisse sensibiliser les gens à quoi que ce soit.

        FFDN, c’est ça. C’est la possibilité d’aller comprendre la technique. C’est pour ça que j’ai rejoins FDN. Je ne me suis pas encore mis à la technique du réseau, mais dès que j’ai envie ou le besoin de le faire, je peux toquer, apprendre et aider.

        • Salut @françois !

          Je n’ai pas répondu sur la dimension éducative car elle est largement évoquée dans le titre 7 :
          =====

          7 – Partager

          Trouver des tutoriels expliquant comment mettre en place tel ou tel service, c’est bien. Mais cela ne permet de réduire efficacement l’écart entre « ceux qui utilisent » et « ceux qui savent comment ça marche ». Nous devons faire de l’éducation populaire, en partageant avec les utilisateurs de nos services. Nous devons être à leur écoute, y compris devant des questions qui nous paraissent parfois naïves : « Au fait, par où passe mon email quand je clique sur « Envoyer », et que l’ordinateur de mon destinataire est éteint ? », « Mais un logiciel propriétaire, ça ne veut pas dire que je suis propriétaire de mes données, justement ? », « Quel problème y a-t-il à utiliser GMail ? C’est gratuit et ça marche bien, non ? »

          Ces questions, on nous les pose souvent, mais notre expérience a montré que nous y répondions moins bien par email que quand nous étions face aux personnes, une bière (ou autre breuvage) à la main. L’explication passe mieux, non pas parce que nous serions plus clairs après avoir bu une pinte, mais parce que nous échangeons sur un pied d’égalité avec nos interlocuteurs, qui nous apprennent aussi de leurs usages, de leurs pratiques. Si nous voulons informer objectivement le public pour qu’il puisse faire des choix éclairés, il nous faut le rencontrer, lui parler, échanger, partager. Et sortir de notre tour d’ivoire.

          L’un des objectifs serait donc de consacrer du temps à des temps de partages (et non comme souvent des temps d’informations distanciés, parfois professoraux ou dogmatiques), cela n’étant possible que si le collectif dispose d’un réseau suffisamment étendu géographiquement.

          ====

          Par ailleurs, je t’invite à regarder le dernier point de notre brouillon de charte : https://git.framasoft.org/pierre-yves.gosset/CHATONS/blob/master/docs/Charter-fr.md#solidaires
          ===

          Dans une démarche de partage et d’entraide, chaque membre diffuse à destination des autres membres et du public un maximum de connaissances pour promouvoir les usages des logiciels libres et apprendre à installer des services libres en ligne. Ce partage des ressources, techniques et cognitives, fait d’Internet un bien commun, disponible pour tous et n’appartenant à personne.

          Critères techniques associés :

          le CHATON s’engage à prévoir structurellement la possibilité de rencontrer, échanger, et faire participer les hébergés [agenda, apéro, forum, etc. Bref, ne pas rester dans un entre-soi.] ;
          le CHATON s’engage à définir un modèle économique basé sur la solidarité [je sais, c’est vague… l’idée, c’est que les coûts de structure doivent reposer essentiellement sur les contributions des usagers] ;
          le CHATON s’engage à avoir une démarche active et volontaire en terme d’accès pour tous aux services proposés, notamment en respectant les normes d’accessibilité web.

          Critères éthiques et sociaux associés :

          le CHATON s’engage à ne pas exclure a priori de potentiels souscripteurs aux services proposés. Le CHATON pourra définir des « publics cibles » auquel il souhaite s’adresser (par exemple sur des critères de proximité géographique, ou de centres d’intérêts), cependant il devra, autant que possible, répondre aux demandes non pertinentes, par exemple en les orientant vers un autre CHATON ou en facilitant l’émergence de structures qui répondraient aux besoins non-satisfaits.a
          le CHATON s’engage à diffuser le plus largement possible ses connaissances. [Au-delà de l’aspect « transparence », l’enjeu est ici d’éviter à d’autres de réinventer la roue.]
          le CHATON s’engage à faciliter la participation des hébergés au maintien des services. Une attention particulière sera apportée aux « non-techniciens » afin de leur permettre d’accroître leurs savoirs et leurs compétences et de pouvoir jouer ainsi pleinement leur rôle de contributeurs.
          le CHATON s’engage à faciliter l’émancipation des hébergés et des publics qu’il souhaite toucher, notamment au travers de démarches d’éducation populaire (rencontres, formations internes ou externes, chiffrofêtes, temps de rédaction collaborative de documentations, hackathon, etc.) afin de s’assurer qu’Internet demeure une technologie abordable par tous, pour tous.

          ========

          Bref, j’ai peut être complètement raté ta question, mais le partage et l’apprentissage font partie intégrante du projet…

          Ca répond mieux à ta question ?

          • François

            Merci Pierre-Yves pour ta réponse.

            Oui. Je vais essayer de faire un patch pour préciser un peu ce que j’ai en tête. Ce sera plus simple 😉

  14. Pour ne pas charger le mur, je vais au plus court : bravo.

    En effet, le village est de plus en plus cerné. Mais il grandit aussi de plus en plus.

    Merci pour l’espoir, et l’alternative.

  15. Belle initiative!

    Tuxfamily est dans votre liste, 😀 TF, ça rocks

    Pour le lien Rhien.org: en fait c’est un annuaire d’hébergeurs mais assez peu sont vraiment recommandables (du point de vue du Libre) dans cette liste qui n’est d’ailleurs pas tenue à jour.

    En passant, je me demande pourquoi vous dites «les chatons»; je ne pense pas que «kitten» soit à prendre au sens strict de bébé chat. C’est comme Puppy Linux: c’est pas un chiot mais le genre chien de petite taille et parfois hargneux ; le codeur originel de Puppy explique sur son blog pourquoi il a choisi ce type de chien comme mascotte. La version francisée est, à juste titre, Toutou Linux.
    Un point de vue sur la question des kittens et lol cats: http://librezele.fr.cr/2014/01/13/lolliz-luzl-cat-zcez-l-a/

  16. Salute,

    Un modeste encouragement pour l’équipe : http://www.laurent-napias.com/post/2016/02/21/construire-avec-framasoft

    Désolé de mettre ça ici, je comptais envoyer un mail mais à mon avis ça rentre pas dans la case Nous contacter de À propos.

    Tcho !

  17. Bonjour,

    Et merci pour cette belle initiative. Notre association se retrouve très bien dans la philosophie décrite. Cela fait du bien de se sentir entourés ;-).

    L’asbl Cassiopea est active en Belgique et fournit des services à des associations actives dans divers domaines (éducation populaire, environnement, culture, solidarité nord-sud,…) mais aussi de plus en plus à des individus sensibilisés aux enjeux décrits au début du manifeste. Nous animons aussi quelques séances de sensibilisation / formation / débat sur ces enjeux. Nous sommes donc très intéressés par l’initiative.

    Voici une suggestion pour améliorer la Charte : mieux distinguer ce qui relève de l’obligation de moyen, de résultat ou d’objectifs à long terme. Ou encore indiquer des degrés de priorité. C’est fait en partie, dans les commentaires, mais cela gagnerait en lisibilité si c’était plus systématique.

    Je ne suis pas vraiment le plus technicien de la bande, mais j’ai l’impression que nous rencontrons 95% des critères. Dans une version finale, ce serait donc bien de savoir si nous rencontrons toutes les condition « sine qua non » , quel serait l’objectif à se fixer pour améliorer notre adhésion à la charte et ce qui peut rester un objectif à plus long terme, en fonction des forces disponibles.

    Nous sommes évidemment disponibles pour participer à cette discussion.

    Encore merci et bravo !

  18. Un très court article de Reflets.info sur votre projet: https://reflets.info/chatons-lamap-du-logiciel-libre-anti-gafam/

  19. Frank-Adrien PAPON

    Je suis intéressé par une participation a vos travaux de
    – redaction de documents fondateurs (Manifeste, Charte)
    – certification volontaire, éventuellement à options (de type B Corporation par exemple)
    – d’analyse d’impact législatif de la norme (ex ante et ex post) appliquée aux lois Françaises, Européennes et US, concernant le numérique
    Merci pour cette initiative

  20. Juste une petite erreur : pour la carte du « village », le lien est https://degoogglisons-internet.org/ il devrait être https://degooglisons-internet.org/ (un seul G avant le L de Google)

  21. Bonjour,

    l’enjeu principal, c’est la scalabilité et la décentralisation. Je ne suis pas un hébergeur, mais je loue une machine virtuelle en hosting. Je voudrais bien céder une partie de ma machine pour que Framasoft puisse fournir ses services.

    Si beaucoup de chatons offraient un petit bout de leur machine virtulle, Framasoft pourraient gérer un parc énorme de machines décentralisées.

  22. J’aimerais collaborer, m’associer avec d’autres chatons (particuliers ou pas nécessairement en fait), d’autres noms de domaines familiaux pour prendre un serveur en commun et y installer des services collaboratifs comme ceux de Framacloud. Pour l’instant Leprette.fr est hébergé chez OVH mais si c’est plus simple, le service pourrait migrer chez Gandi. Peut on imaginer une mutualisation des services entre les utilisateurs de plusieurs CHATONS qui seraient chez le même hébergeur? Je suppose que si on met en place un système de partage collectif de ces services entre CHATONS d’un même hébergeur, ce ne serait pas trop compliqué de faire des redirections d’url vers le même service. Un membre de leprette.fr irait sur pad.leprette.fr, un membre de tartempion.org irait sur pad.tartempion.org mais en fait ils utilisent le même service etherpad, installé sur le même serveur (disons pad.herbegeur.net). C’est juste plus simple et agréable pour nos utilisateurs (qui possèdent une page web en prénom.leprette.fr et un courriel en prénom@leprette.fr ou idem en tartempion.org) que d’aller sur pad.hébergeur.net. Ça nous permettrait à nous CHATONS, en mutualisant, de proposer ces services pour pas trop cher. Mon problème, vous l’aurez compris, c’est le prix.

    Je leur propose aujourd’hui des services pour 5€ par an. Je vous invite à lire le site internet http://leprette.fr et mon interview chez framasoft, http://framablog.org/2015/07/12/aujourdhui-je-degooglise-ma-famille/ . J’aimerais leur proposer ces nouveaux services (framacloud) pour disons 10€ par an (5€ de plus seulement), accessible depuis des url en xxx.leprette.fr. J’aime bien le local, la décentralisation, et généralement les gens aiment bien leur nom donc ils utiliseront ces services plutôt que ceux de google.
    par exemple : L’équivalent de https://framapad.org (etherpad) serait pad.leprette.fr
    L’équivalent de https://framabee.org/ (searx) serait butineur.leprette.fr
    L’équivalent de https://framadrop.org/ (Lufi) serait drop.leprette.fr

    Il nous faudrait peut être travailler avec les hébergeurs et leur expliquer le label CHATONS qui donnerait l’accès au nom de domaine « labellisé » CHATONS à des options particulières dans leur interface de gestion de nom de domaine (1€/an par service par exemple, 1€ pour etherpad, 1€ pour searx, 1€ pour Lufi….).

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