YouTube adopte (enfin) les Creative Commons !

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Copie d'écran - YouTube Download - Creative CommonsBonne nouvelle pour la « Culture Libre ». YouTube vient d’annoncer sur son blog une nouvelle fonctionnalité de poids  : la possibilité de télécharger les vidéos (testée pour le moment uniquement avec quelques organismes pilotes et partenaires de l’opération, principalement des universités).

C’est sans nul doute pratique, mais la véritable bonne nouvelle n’est que la conséquence de cette nouveauté.

En effet, à partir du moment où YouTube permet à l’utilisateur de télécharger les vidéos pour les stocker dans son ordinateur, nous quittons le monde du streaming et il se pose alors inévitablement la question des droits d’usage de ces vidéos, que vous pouvez potentiellement copier, modifier et partager avec qui bon vous semble.

Du coup, et pour la première fois, il est explicitement accolé une licence à ces vidéos téléchargeables, en l’occurrence les mieux adaptées à ce type d’échanges, à savoir celles du catalogue des Creative Commons, qui autorisent au minimum l’usage et la diffusion sans modification et exploitation commerciale (et au maximum les mêmes droits qu’un utilisateur de logiciels libres).

Quand bien même ce soit déjà une belle avancée, j’espère vivement que cette option ne restera pas réservée aux seuls partenaires de Google et sera vite proposée à tout un chacun (comme c’est déjà le cas depuis bien longtemps sur Blip.tv par exemple) mettant ainsi doucement mais surement (presque) fin aux problèmes des droits d’auteur de la plus emblématique plate-forme de vidéos en ligne.

Pour vous en rendre compte par vous-même, voir par exemple cette vidéo issue d’un cours de Standford et cliquer sur « Download this video » en bas à gauche de la fenêtre.

10 Réponses

  1. Angelius

    Cela va permettre de conserver les vidéos d’une manière plus légale et pratique !
    C’est une très belle initiative, même si je me demande si les formats d’encodage seront libre …

    En tout cas, on passe vraiment ici à de l’échange et non de la diffusion, youtube ne sera plus une simple télévision des internautes pour les internautes.

  2. "Pour vous en rendre compte par vous-même, voir par exemple cette vidéo issue d’un cours de Standford et cliquer sur « Download this video » en bas à gauche de la fenêtre."

    A noter tout de même le type de licence : Creative Commons (Attribution-Noncommercial-No Derivative Works) ; ce qui devrait pondérer la phrase dans l’article :

    "et il se pose alors inévitablement la question des droits d’usage de ces vidéos, que vous pouvez potentiellement copier, modifier et partager avec qui bon vous semble.".

    Bien que sympathique, cette initiative en ouvre une autre : la neutralité d’Internet.

    Avec la propagation exponentielle des licences de type Creative Commons, on peut s’attendre à un Internet à "deux vitesses", y compris pour les portails centralisant des oeuvres sous Creative Commons, pour lesquelles l’abondance de ressources sous licences de libre diffusion constitue une niche.

    On entre alors dans une complexité. Cette interrogation ne préjuge pas, bien sûr, de l’aspect positif que peut constituer l’ouverture de YouTube aux licences de libre diffusion dédiées à l’éducation. Mais elle devrait tout de même nous amener à conditionner notre soutien à la neutralité du réseau.

    Cordialement

  3. On notera que TechCrunch France ne retient pas du tout la même chose que moi :
    – "YouTube et Google prêts à faire payer des téléchargements de vidéos"
    http://fr.techcrunch.com/2009/02/13

    Extrait : "Youtube cherche plus de revenus et a décidé de permettre à ses partenaires de faire payer des téléchargements. Dans cette initiative test les partenaires en question peuvent proposer les téléchargements de leurs vidéos pour un certain montant à payer via Google Checkout; pour l’instant le prix fixe est de 1$. Il sera aussi décidé si cette vidéo vient avec une licence pour l’utilisateur et si elle restera à usage privé non commercial ou sera proposée sous Creative Commons."

    Pas très claire cette dernière phrase non ?

  4. @ Charlie
    Je n’ai pas compris ce que tu veux dire. Je n’ai pas vu le lien de cause à effet entre les licences libres et la neutralité. Tu peux expliciter ton point de vue stp ?

    Cordialement,
    Noël

  5. ""(et au maximum les mêmes droits qu’un utilisateur de logiciels libres).""

    "au maximum" plus de droit que l’utilisateur d’un logiciel GNU/GPL !
    Au maximum (CC -by) les mêmes droits qu’une licence BSD je crois.
    mais c’est un détail.

    Je suis pas convaincu par l’équilibre de terreur qu’il faut mettre en place sur youtube pour que ça bénéficie vraiment aux licences libres et aux utilisateurs. Les licences libres fleuriront sur ce service si la "MAFIAA" (aka tout les lobbys hollywoodiens et des majors de la musique) continue sa pression imbécile pour préserver sa rareté, et c’est dommage. Et oui ça entraine peut-être un internet à deux vitesses, même si je pense qu’il faudrais plutot parler de "deux" internet, ce qui ne me dérange qu’à moitié, évidemment.
    dF

  6. Une licence pour la vidéo ou pour la photo (voir Flickr) c’est bien mais il reste un problème non résolu, celui du droit à l’image et à la vie privée. Je ne sais pas si c’est la façon légale de dire. Ici, à Montréal, il y a de nombreuses années, une jeune femme avait gagné son procès contre le magazine qui avait mis sa photo en première page sans son autorisation. Or, la photo avait été prise dans un lieu public, l’entrée de l’université.

    Quand je vois tous ces photographes ou vidéastes amateurs mettre sous CC des images contenant des personnes, je me demande toujours si ces personnes sont d’accord avec cette mise à disposition publique. Personnellement, j’évite de reprendre des photos contenant des personnes (je succombe à l’occasiion ;-)). Une poursuite est si vite arrivée.

    Il faudrait un autre Lessig pour solutionner ce problème.

  7. @ Noël

    Bonsoir,

    Le problème de la neutralité peut se traduire avec la question suivante : "Faut-il ou non permettre aux différents acteurs d’un réseau de faire passer en priorité certains flux au détriment d’autres, considérés comme moins importants" ?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Neutra

    Astrid Girardeau, dans "Internet : La guerre de la neutralité", publié dans la rubrique Ecrans du journal Libération du mercredi 16 avril 2008, commence son article par ceci :

    "Dailymotion qui paierait pour avoir une bande passante plus rapide que celle de YouTube. Pour le moment, ce n’est pas possible, car, par une sorte de compromis, tous les acteurs d’Internet respectent ce qu’on appelle la neutralité des réseaux (Net Neutrality). Mais, ce concept est largement remis en cause, principalement par des opérateurs américains (Comcast, AT&T, Verizon, et Time Warner) qui réclament la possibilité d’ouvrir des voies plus rapides, et payantes.".
    http://www.ecrans.fr/Internet-La-gu

    Mais Astrid Girardeau aurait très bien pu commencer son article par "YouTube paierait pour avoir une bande passante plus rapide que celle de Dailymotion" ; cela n’aurait rien changé à sa démonstration.

    Le fait est là. Depuis que Jamendo a participé au financement des «Assises du piratage» aux côtés de la Sacem, de Microsoft, Vivendi, etc, je ne peux pas m’empêcher de penser que le ver est dans le fruit.

    La loi Hadopi n’est qu’un jalon vers la fin de la neutralité de l’Internet. Et dans ce dispositif, la croissance exponentielle des oeuvres sous licence de libre diffusion peut constituer un segment de marché non négligeable pour les gros portails centralisés qui pourront garantir de la bande passante plus rapide.

    Il n’y a donc pas de relation de cause à effet entre les licences libres et la neutralité d’Internet, mais une discrimination qui ne sera plus seulement faite sur les licences avec des gadgets de type "catalogue des oeuvres protégées", mais également sur la bande passante.

    Nous ne pouvons donc pas seulement soutenir les licences de libre diffusion, sans nous préoccuper de la neutralité du réseau. N’oublions pas que pour les gros portails l’essentiel est de leur fournir du "contenu".

    Amicalement Charlie

  8. Je crois bien que dans les CGV il est explicitement dit que l’on cède les droits de la vidéo à Youtube en l’envoyant. Dans ce cas-la, la clause BY des CC n’est guère utile. =/ De toutes façons, flash saymal, la centralisation saymal, et il y a des alternatives. Pourquoi utiliser Youtube ?

  9. @justt

    Salut,

    Pour autant et pour rester objectif, dans cette offre :

    – Les vidéos sont au format MPEG-4, pas en flash
    – Elles ne contiennent pas de DRMs
    – En ce qui concerne les CGV peut se poser effectivement un problème, sauf si l’auteur reste titutaire de ses droits.
    – Reste posé le problème de la centralisation et du danger sur la neutrailité du réseau.

    Cordialement,

  10. Nico Noclaste

    Céder ses droits ! À qui ? Quoi en échange ? J’ai du mal à comprendre. Youtube regorge de contenu sous droit d’auteur et qu’on peut télécharger en mp4 depuis longtemps (merci javascript) :

    http://www.pcinpact.com/actu/news/4

    J’ai du mal à comprendre mais je doute que tout le contenu de Youtube passe en Creative Commons.