Quand l’industrie culturelle US veut attaquer les « pirates » à l’artillerie lourde !

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Une nouvelle traduction de Cory Doctorow

L’industrie américaine du divertissement au Congrès  : autorisez-nous légalement à déployer des rootkits, des mouchards, des logiciels rançonneurs et des chevaux de Troie pour attaquer les pirates  !

US entertainment industry to Congress : make it legal for us to deploy rootkits, spyware, ransomware and trojans to attack pirates !

Cory Doctorow – 26 mai 2013 – BoingBoing.net
(Traduction  : Mowee, ehsavoie, audionuma, Asta)

La «  Commission sur le Vol de la Propriété Intellectuelle Américaine  », qui porte bien comiquement son nom, a finalement rendu son rapport de 84 pages complètement folles. Mais dans toute cette folie, il y a une part qui l’est encore plus que le reste  : une proposition pour légaliser l’usage des logiciels malveillants afin de punir les personnes soupçonnées de copies illégales. Le rapport propose en effet que ce logiciel soit chargé sur les ordinateurs et qu’il détermine si vous êtes un pirate ou non. S’il soupçonne que c’est le cas, il verrouillera votre ordinateur et prendra toutes vos données en otage jusqu’à ce que vous appeliez la police pour confesser vos crimes. C’est ce mécanisme qu’utilisent les escrocs lorsqu’ils déploient des logiciels rançonneurs (NdT  : ransomware).

Voilà une preuve supplémentaire que les stratégies en terme de réseau des défenseurs du copyright sont les mêmes que celles utilisées par les dictateurs et les criminels. En 2011, la MPAA (Motion Picture Association of America) a dit au Congrès qu’ils souhaitaient l’adoption de la loi SOPA (Stop Online Piracy Act). Selon eux, cela ne pouvait que fonctionner vu que la même tactique est utilisée par les gouvernements en «  Chine, Iran, Émirats Arabes Unis, Arménie, Éthiopie, Arabie Saoudite, Yémen, Bahreïn, Birmanie, Syrie, Turkménistan, Ouzbékistan et Vietnam.  » Ils exigent désormais du Congrès que soit légalisé un outil d’extorsion inventé par le crime organisé.

De plus, un logiciel peut être écrit de manière à ce que seuls des utilisateurs autorisés puissent ouvrir des fichiers contenant des informations intéressantes. Si une personne non autorisée accède à l’information, un ensemble d’actions peuvent alors être mises en œuvre. Par exemple, le fichier pourrait être rendu inaccessible et l’ordinateur de la personne non autorisée verrouillé, avec des instructions indiquant comment prendre contact avec les autorités pour obtenir le mot de passe permettant le déverrouillage du compte. Ces mesures ne violent pas les lois existantes sur l’usage d’Internet, elles servent cependant à atténuer les attaques et à stabiliser un cyber-incident, pour fournir à la fois du temps et des preuves, afin que les autorités puissent être impliquées.

De mieux en mieux  :

Alors que la loi américaine interdit actuellement ces pratiques, il y a de plus en plus de demandes pour la création d’un environnement légal de défense des systèmes d’informations beaucoup plus permissif. Cela permettrait aux entreprises de non seulement stabiliser la situation, mais aussi de prendre des mesures radicales, comme retrouver par elles-mêmes les informations volées pouvant aller jusqu’à altérer voire détruire ces dernières dans un réseau dans lequel elles n’ont pourtant aucun droit. Certaines mesures envisagées vont encore plus loin  : photographier le hacker avec sa propre webcam, infecter son réseau en y implantant un logiciel malveillant ou même désactiver voire détériorer physiquement le matériel utilisé pour commettre les infractions (comme son ordinateur).

Source  : La Commission sur le Vol de la Propriété Intellectuelle Américaine recommande les malwares  !

8 Responses

  1. Gourmet

    Je ne vois pas où est la différence : les dirigeants ainsi que les premiers cercles de ces « entités » industrielles SONT des dictateurs !

    Au-delà de cette infamie de la propriété industrielle (qui détruit des emplois en masse rappelons-le) toute multinationale ne rêve que d’une chose : verrouiller les consommateurs de manière qu’ils consomment exclusivement et de manière forcée SES produits !

    Entre lui mettre des œillères (ie industrialiser la rareté) et lui coller une décharge électrique s’il regarde ailleurs ou encore s’il n’a pas acheté en temps et en heure (ie principe du bâton et du malware ci-dessus) le résultat attendu est le même : conditionner, verrouiller, industrialiser le consommateur, lui RETIRER son libre-arbitre !

    db

  2. Internet notre ennemi

    Et ces industriels ont parfaitement raison ! Il n’est pas question ici d’art ou de culture, pour lesquels on pourrait objecter un droit à la culture pour tous. Il s’agit ici de PRODUITS divertissants.

    Par conséquent, les pirater, c’est les voler.

    (pirater du Hollywood en disant que c’est au nom de la culture, non mais allo quoi ^^)

  3. Grouik

    @Groumet
    La petite différence tient en ce que les masques tombent un peu plus vite. L’agressivité amplifiée par les perspectives économiques peu claires et la baisse de leur garde par manque de challengers ainsi que de protestations.
    Pour le conditionnement, nous ne sommes effectivement pas au bout de notre imagination, les transhumanistes qui oeuvrent chaque jour par exemple à augmenter l’être humain à l’aide de diverses prothèses, nous promettent de réenchanter ce monde à l’aide, par exemple, d’électrodes (la conso de psychotropes explose et n’est probablement plus suffisante, en plus d’être illégale pour certaines substances); la convergence des NBIC est une réalité.

    @Internet notre ennemi
    « Pirater c’est voler », ok soit, mais pour les télépartageurs il s’agit de copier; les fuites viennent avant tout du système que contrôle cette industrie.
    Les MPAA/RIAA après SOPA : « On peut obtenir beaucoup plus avec une loi gentille et un malware, qu’avec une loi gentille toute seule. »

  4. Jellybean

    @Internet notre ennemi

    Joli lancer de troll, mais vous passez tout de même à côté du problème. La question posé par ce texte n’est pas de savoir si c’est du vol ou non, mais s’il devrait être légal pour les « entreprises de divertissement » de faire exploser l’ordinateur des présumés (je dis bien présumés) pirates à distance, sous prétexte qu’ils violent leur propriété intellectuelle…

  5. Analogie avec le monde réel:
    «Votre maison a été verrouillée car vous avez volé le dernier CD de Johny Halliday à la FNAC, veuillez vous rendre au commissariat pour le déverouiller.»

    Et on veut donner ce genre de droit à l’industrie musicale? Le droit de souiller notre vie privée, de prendre le contrôle de nos objets pour nous faire chanter, et on aurait le droit de rien dire? Sur de simples présomptions bien sûr, si le logiciel beugue tu l’auras dans le cul.

    Encore un cas de «copyright madness»…
    http://copyrightmadness.tumblr.com/

  6. PatrikGC

    Je comprends parfaitement ces messieurs et dames qui défendent leur beefsteak, car il serait honteux pour eux de subir une baisse de revenus, surtout quand on gagne en un jour ce que les pouill – pardon – ce que les consommateurs gagnent en un an.

    Admettons qu’ils mettent des malwares. Quid des antivirus ? Une collaboration main dans la main ? Quid des autres majors ? Pas de conflit entre ces petits programmes indélicats ? Quid des éditeurs classiques comme Microsoft ou Adobe ? Pas d’interaction ?

    Quid aussi des données sensibles des particuliers (négligeables, bien sûr, mais bon), des entreprises et des administrations ?

  7. Biarnés

    @Internet notre ennemi
    pour vous si je copie pour ecouter ou voir c’est du vol car je n’ai pas acheté le « produit »
    mais si je n’écoute ni ne regarde ce produit, je ne l ai donc pas acheté, est-ce aussi du vol ?
    dans les deux cas cela n’a rien rapporté au « vendeur » . Il faudrait donc punir le piratage et le non-achat !

    dans la définition du vol, il ne faut pas non plus oublier la seconde proposition : « Le fait de prendre à autrui plus qu’il ne doit, de faire des bénéfices trop importants »

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