Ils liquident la démocratie, si nous la rendions liquide ?

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Avec un pourcentage très important d’abstentions, les dernières élections ont fait apparaître une fois encore l’insatisfaction éprouvée par tous ceux qui estiment que le mode de scrutin ne leur convient pas : pas de prise en compte des votes blancs dans les suffrages exprimés, candidats choisis et présentés par les partis et souvent parfaitement inconnus des électeurs, offre électorale réduite au choix du « moins pire » par l’élimination arithmétique des « petites listes » au deuxième tour, etc. Plus largement, et sans entrer dans les débats sur la tumultueuse situation actuelle, de gros doutes sur la représentativité des politiques une fois élus se sont durablement installés, au point que certains en viennent à souhaiter tourner la page de la démocratie représentative (notre framasoftien Gee est lui-même étonné d’avoir touché juste) et expliquent avec de solides arguments qu’ils n’ont pas voté et ne le feront pas.

Bien sûr des propositions existent, plus ou moins crédibles (à chacun d’en juger) : certains veulent passer à la VIe République, d’autres veulent un processus transparent et démocratique pour déterminer les candidats aux prochaines élections présidentielles, d’autres encore militent pour la prise en compte du vote blanc

L’article que Framalang a traduit pour vous détaille l’intérêt de la démocratie liquide, processus peu connu mais utilisé par plusieurs Partis Pirates avec l’outil LiquidFeedback (notez qu’il nécessite toutefois un tutoriel assez dense). Dans la même catégorie, il existe Loomio qui propose d’optimiser les prises de décision collectives et qui pourrait être proposé au cours de l’année prochaine dans le cadre de notre campagne Degooglisons.

Il se peut que vous trouviez la démocratie liquide une possibilité intéressante et à mettre en pratique, ou au contraire irréaliste, voire dangereuse (proposer le vote électronique même chiffré peut susciter des inquiétudes), nous souhaitons seulement en publiant cette traduction vous inviter à nous faire part librement de vos réactions.

 

La démocratie liquide : une véritable démocratie pour le 21e siècle

par Dominik Schiener

Article original publié sur Medium : Liquid Democracy : True Democracy for the 21st Century

Traduction Framalang : valvin, KoS, r0u, roptat, Myrsa, audionuma, Éric, McGregor, goofy, sebastien, Vincent, simon, Obny, mseyne

La démocratie liquide, aussi appelée démocratie par délégation, est un puissant modèle de scrutin pour la prise de décision collective au sein de grandes communautés. La démocratie liquide combine les avantages de la démocratie directe et ceux de la démocratie représentative. Elle crée un type de scrutin réellement démocratique, qui confère aux électeurs le pouvoir de voter directement sur un sujet ou de déléguer leur droit de vote à un tiers de confiance.

Au travers de la délégation, les personnes qui disposent d’un savoir dans un domaine spécifique sont capables d’influencer davantage le résultat des décisions, ce qui de fait mène à une meilleure gouvernance de l’État. Grâce à cela, la démocratie liquide se transforme naturellement en une méritocratie, dans laquelle les décisions sont principalement prises par ceux qui ont le type de connaissances et d’expériences requis pour prendre des décisions éclairées sur les sujets concernés.

Globalement, la démocratie liquide dispose d’un gros potentiel pour constituer le socle de la prise de décision, non seulement dans des communautés virtuelles, mais aussi dans des communautés locales et des gouvernements tout entiers. L’objectif de cet article de blog est de donner au lecteur un aperçu de ce qu’est la démocratie liquide et des avantages qu’elle offre à ses participants. D’autres articles sur le même sujet suivront.

Qu’est qui ne va pas dans la démocratie aujourd’hui ?

Même s’il existe de nombreuses formes de démocratie, les deux seules actuellement en place sont la démocratie directe et la démocratie représentative (et un hybride des deux). Décrivons-les :

  • La démocratie directe : les électeurs sont directement impliqués dans le processus de prise de décision de l’État. Ils expriment continuellement leurs opinions en votant sur des sujets. Les démocraties directes offrent le contrôle total à leurs citoyens et une égalité dans la responsabilité. Malheureusement, les démocraties directes ne fonctionnent pas à une grande échelle en raison principalement la loi du moindre effort et du renoncement au droit de vote, à cause du nombre sans cesse croissant de sujets réclamant l’attention des électeurs à mesure que la communauté s’agrandit. Il devient tout simplement impossible pour chaque électeur de se tenir informé sur tous les sujets, que ce soit par manque de temps, d’envie ou d’expertise. Cela conduit à une faible participation électorale et à une insatisfaction des électeurs au sein de la communauté. Les démocraties directes dans leur forme pure ne sont tout simplement pas applicables dans les communautés de grande taille.
  • La démocratie représentative : la forme de démocratie la plus répandue implique le fait de confier son droit de vote à des représentants qui agissent au nom des citoyens pour prendre des décisions. Les représentants sont généralement (du moins, on l’espère) des experts dans le domaine dont ils sont disposés à s’occuper et ils représentent les intérêts de la communauté au sein d’un organe représentatif (par exemple, le parlement). Les démocraties représentatives fonctionnent à grande échelle mais elles échouent à servir les intérêts de leurs citoyens. Les problèmes des démocraties représentatives sont nombreux mais pour résumer, en voici trois des principaux :
    • Tout d’abord, les citoyens ne peuvent choisir leurs représentants que parmi un nombre restreint de candidats qui bien souvent ne partagent pas leurs idéologies ni leurs intérêts. La plupart du temps, les électeurs sont forcés de renoncer à leur préférence personnelle et doivent voter pour le candidat ayant le plus de chances d’être élu. Cela exclut en particulier les minorités du débat politique, qui perdent ainsi la possibilité de voir leurs opinions et leurs points de vue représentés au sein du gouvernement. De plus, il s’agit d’une des raisons principales expliquant pourquoi les jeunes aujourd’hui se désintéressent tant de la politique. [2] Si vous êtes jeune et que personne ne partage vos opinions, la seule solution est de protester et de ne pas voter du tout. Le fait que seuls 20 % des jeunes Américains aient voté aux élections de 2014 en est un signe fort.
    • Ensuite, les représentants n’ont pas (ou peu) à rendre de comptes pour leurs actions pendant leur mandat. Les promesses faites pendant la période électorale n’ont pas à être appliquées et ne sont majoritairement rien de plus qu’un appât pour attirer des électeurs. Cela mène à des « cycles politiques électoraux », où les représentants élus essaient de convaincre les électeurs qu’ils sont compétents avant les prochaines élections, soit en faisant de nouvelles propositions qui sont appréciées par la population (mais qui ne seront probablement pas mises en place), soit en distribuant des Wahlgeschenke (cadeaux pré-électoraux) coûteux.
    • Enfin, les démocraties représentatives peuvent mener à la corruption en raison de la concentration des pouvoirs. Considérer que les États-Unis sont vus comme une oligarchie suffit à démontrer que les démocraties représentatives constituent un terreau fertile à la corruption et aux conflits d’intérêts. En l’absence de sens des responsabilités et de comptes à rendre aux électeurs, agir pour l’intérêt du mieux-disant est plus facile que d’agir pour le bien de la population.

En dehors de ces failles évidentes dans les démocraties directes et représentatives, une autre, moins évidente celle-là, se situe dans les procédés de vote actuellement en place, qui sont complètement dépassés et ne sont plus en phase avec les technologies disponibles. Au lieu de mettre en place, sécuriser et faciliter le vote en ligne, les électeurs doivent se déplacer dans des bureaux de vote éloignés de leur domicile juste pour remplir un bulletin en papier [1]. Cela leur demande un effort supplémentaire et peut les inciter à renoncer à aller voter.

Ironiquement, c’est exactement ce que la démocratie essaie d’empêcher. L’opinion de chacun compte et devrait être incluse dans le processus de prise de décision collectif. Toutefois, les obstacles au processus de vote qui sont toujours présents aujourd’hui empêchent cela de se produire.

Qu’est-ce que la démocratie liquide ?

La démocratie liquide est une nouvelle forme de prise de décision collective qui offre aux électeurs un contrôle décisionnel complet. Ils peuvent soit voter directement sur des sujets, soit déléguer leur droit de vote à des délégués (c’est-à-dire des représentants) qui votent à leur place. La délégation peut être spécifique à un domaine, ce qui signifie que les électeurs peuvent déléguer leurs votes à différents experts de différents domaines.

Voilà qui change de la démocratie directe, où les participants doivent voter en personne sur tous les sujets, et de la démocratie représentative où les participants votent pour des représentants une seule fois par cycle électoral, pour ne plus avoir à se soucier de devoir voter de nouveau.

Le diagramme ci-dessous montre une comparaison entre les trois systèmes de vote.

Liquid_democratie_diagramme1

Dans le modèle de la démocratie directe, tous les électeurs votent directement sur les questions. Dans le modèle de la démocratie représentative, ils élisent d’abord des représentants qui votent ensuite en leur nom. Le point intéressant mis en évidence par le diagramme est bien évidemment le modèle de la démocratie liquide. Là, les électeurs peuvent voter directement sur certaines questions (comme les deux électeurs indépendants sur les bords droit et gauche), ou peuvent déléguer leur vote à des représentants qui ont plus de connaissances spécialisées sur la question, ou simplement plus de temps pour se tenir informés.

La délégation est un signe de confiance. Un électeur fait confiance à un délégué pour le représenter dans certaines décisions. Si cette confiance est rompue (par des divergences idéologiques croissantes, ou par la corruption du délégué), il peut simplement révoquer la délégation et soit voter directement, soit déléguer sa voix à quelqu’un d’autre. Comme nous le verrons plus tard, cette notion de confiance provisoire est importante pour créer un sens de la responsabilité chez les délégués et les inciter à rendre des comptes.

Une propriété importante de la démocratie liquide est la transitivité. La délégation peut ne pas avoir lieu en un seul saut, elle est parfaitement transitive. Cela signifie que les délégués peuvent déléguer à d’autres délégués pour qu’ils votent à leur place et à celle des électeurs précédents (qui avaient délégué leur vote) dans la chaîne. Cette transitivité assure que des experts peuvent déléguer la confiance qu’ils ont accumulée à d’autres délégués sur certaines questions pour lesquelles ils n’ont pas suffisamment de connaissances et de recul.

Il manque dans le diagramme précédent la délégation spécifique à un domaine. Un électeur peut ne pas déléguer sa voix à un seul délégué, mais peut la déléguer à plusieurs autres délégués qui recevront ce droit en fonction du domaine de la question. Avec un tel système, il y a de fortes chances pour que des experts parviennent à influencer positivement le résultat du scrutin et conduisent à un résultat globalement meilleur.

La catégorisation des sujets est laissée à la décision de la communauté toute entière, mais une catégorisation très simple à l’intérieur d’un gouvernement pourrait être la politique fiscale, la politique monétaire, la politique environnementale…

Pour vous donner un autre exemple, prenons un parti politique qui utiliserait la démocratie liquide pour prendre ses décisions en interne. Les catégories qui auraient du sens pour une telle organisation seraient : Finances, Marketing & diffusion, Programme politique et Décisions administratives. Les décisions à prendre seraient réparties entre ces quatre catégories. Les membres du parti politique pourraient soit voter directement pour ces décisions, soit déléguer leur droit de vote à des personnes possédant un savoir plus spécialisé nécessaire pour se forger une opinion éclairée.

Liquid_democratie_diagramme2

Permettez-moi d’expliquer le diagramme en détail, il peut sembler un peu confus à première vue. Concentrons-nous sur celui qui concerne le Gouvernement, le diagramme concernant les partis politiques est très similaire. En tout, il y a 6 électeurs, dont 3 qui ont pris la responsabilité d’être délégués. Comme mentionné précédemment, il existe trois types de sujets (et donc 3 types de domaine d’expertise) : Politiques fiscales, Politiques monétaires et Politiques environnementales.

Comme vous pouvez le constater, les 6 électeurs ont pratiquement tous délégué leur vote d’une façon ou d’une autre, à l’exception de la déléguée en haut, qui a voté de façon indépendante sur tous les sujets (elle doit être une véritable experte). L’électeur B a délégué chaque vote, soit il est trop occupé ou pas intéressé, soit il ne possède pas les compétences requises sur les sujets concernés.

Globalement, la démocratie liquide est à peine plus complexe que les démocraties directe ou représentative. Mais les avantages qu’elle offre l’emportent largement sur cette difficulté initiale d’apprentissage. Voyons en détail quels sont ces avantages.

Pourquoi choisir la démocratie liquide ?

Maintenant que nous cernons mieux les problèmes soulevés par la démocratie de nos jours, et que nous avons un bon aperçu de la façon dont fonctionne la démocratie liquide, nous pouvons nous pencher davantage sur les raisons de préférer ce choix. Avant tout, nous devons fournir des arguments solides expliquant pourquoi la démocratie liquide est une bien meilleure solution que le statu quo. J’espère que nous y parviendrons en dressant une liste des caractéristiques et avantages principaux de la démocratie liquide par rapport aux démocraties directe et représentative.

La démocratie liquide est véritablement démocratique. Les électeurs ont le choix soit de voter en personne, soit de déléguer leur vote à quelqu’un d’autre. Cela tranche nettement avec les démocraties en place de nos jours, dans lesquelles les citoyens ne peuvent que voter systématiquement en leur nom propre (démocratie directe) ou pour un représentant à intervalles de quelques années (démocratie représentative). Dans ces deux modèles, les électeurs se retrouvent soit dépassés par le type de travail requis pour participer, soit déçus et pas suffisamment impliqués dans les prises de décision du gouvernement. La démocratie liquide leur fournit la liberté de décider de leur niveau d’engagement, tout en leur permettant de le moduler à tout moment. Cela signifie que la prise de décision d’un pays est confiée directement à la population tout entière.

La démocratie liquide présente peu d’obstacles à la participation. L’exigence minimale à satisfaire pour devenir délégué est d’obtenir la confiance d’une autre personne. Pratiquement toutes les personnes qui souhaitent endosser cette responsabilité peuvent avoir le statut de délégué. Aucun parti politique n’est nécessaire pour rallier des sympathisants à votre cause. À la place de campagnes électorales scandaleuses dans lesquelles les électeurs sont délibérément trompés, la compétence et les connaissances d’une personne sur un sujet suffisent à rallier des délégués. En limitant autant que possible les obstacles à la participation, le processus global de prise de décision, qui implique un échange d’idées, des commentaires et des débats, sera plus animé et il en jaillira davantage d’idées et de points de vue. Grâce à cela, le résultat du scrutin aura de plus fortes chances de satisfaire une grande partie de la population et d’entraîner une meilleure gouvernance globale du pays.

La démocratie liquide, c’est la coopération, pas la compétition. De nos jours, dans les démocraties représentatives, la compétition durant la course aux élections est dominée par des dépenses de campagne élevées et inutiles, des tentatives pour démasquer des adversaires politiques et des mensonges délibérés pour tromper les électeurs. Souvent, de nombreux candidats perdent plus de temps à organiser des campagnes électorales pour remporter les élections qu’à se concentrer réellement sur leur supposé programme politique et sur les systèmes à mettre en place pour diriger un pays. Si s’assurer le vote des électeurs est plus important que la propre gouvernance du pays, c’est le signe que le système est miné de l’intérieur. Tout remporter et être élu, ou tout perdre. Voilà la devise de la démocratie de nos jours. Dans la démocratie liquide, cette compétition pour être élu représentant est écartée. À la place, les délégués rivalisent uniquement pour gagner la confiance des électeurs, ce qui ne peut être obtenu qu’en fournissant des efforts continuels et en apportant la preuve de ses compétences. Il est impossible de tromper les électeurs (tout du moins pas à long terme) et le mérite, la volonté et la capacité à améliorer la situation du pays font toute la différence.

La démocratie liquide crée de la responsabilité. La délégation est un indice de confiance. Si cette confiance est trahie, un électeur peut immédiatement désigner un autre délégué ou voter pour lui-même. Cette confiance provisoire entraîne un sens des responsabilités et du devoir de rendre des comptes chez les délégués, car ils peuvent perdre leur droit de vote à tout moment. Grâce à cela, ils sont plus enclins à agir de façon honnête et à voter dans l’intérêt des citoyens plutôt que dans le leur.

La démocratie liquide, c’est la représentation directe des minorités. Grâce à la quasi-absence d’obstacles à la participation, il est plus facile pour les minorités d’être représentées au sein du gouvernement. Cela signifie qu’aucune loi supplémentaire nécessitant un minimum de représentants issus de certaines minorités ethniques n’est exigée. En effet, la démocratie liquide constitue une représentation directe des différentes couches de la société et permet aux minorités et aux groupes ethniques, quelle que soit leur taille, de participer au processus de prise de décision et à la gouvernance du pays.

La démocratie liquide mène à de meilleures décisions. En évoluant en un réseau d’échanges qui prennent des décisions éclairées dans des domaines spécifiques, la démocratie liquide mène à de meilleures décisions globales. La démocratie liquide finit par évoluer en une méritocratie où les électeurs les plus talentueux, expérimentés et les mieux informés prennent les décisions dans leur domaine d’expertise.

La démocratie liquide est évolutive. De nos jours, les gens disposent de trop peu de temps pour se tenir au courant en permanence de la manière dont l’État est gouverné. Les décisions qu’il est nécessaire de prendre sont en nombre croissant, tandis que le temps est si précieux que beaucoup ne veulent simplement plus le passer à prendre des décisions de gouvernance. De plus, nous sommes dans une société de la spécialisation, et peu de gens sont réellement vraiment bien informés dans différents domaines. Du coup, au travers de la délégation, la prise de décision est placée entre les mains d’experts bien informés, dont le temps et les connaissances peuvent être dédiés à la meilleure gouvernance globale de l’État.

L’état actuel de la démocratie liquide

La raison principale pour laquelle la démocratie liquide n’a pas été mise en pratique durant la dernière décennie est principalement liée aux obstacles à sa mise en place. Les démocraties liquides, comme les démocraties directes, nécessitent une infrastructure technique de fond qui permet aux participants de constamment pouvoir voter directement ou par délégation. C’est uniquement par le biais d’Internet et avec les avancées de la cryptographie que cela a été rendu possible durant les dernières décennies.

Au-delà des obstacles technologiques, un obstacle de plus grande ampleur aujourd’hui relève de l’éducation. Le sondage Avez-vous entendu parler de la démocratie liquide ? le montre bien : seule une petite frange de la population a au mieux entendu parler de la démocratie liquide. Par voie de conséquence, afin de réussir à implanter la démocratie liquide dans des communautés de grande envergure, des efforts bien plus importants sont nécessaires pour éduquer les citoyens sur les avantages et les possibilités que peut offrir la démocratie liquide. La seule réelle réponse à cela est la création de cas concrets intéressants qui montreraient à la population externe ou interne à la communauté ce que la démocratie liquide signifie et apporte concrètement.

Un gros effort est déjà mené par les partis pirates en Europe, qui utilisent des logiciels du genre Liquidfeedback pour certaines décisions et même au cours de certaines élections. En outre, Google a récemment publié des résultats d’expérimentations internes de démocratie liquide. Nous verrons beaucoup d’autres développements dans ce domaine, et je pense que la démocratie liquide va bien progresser, avec de nouvelles initiatives qui se mettent en place. Je travaillerai personnellement sur une implémentation de la démocratie liquide sur Ethereum, et collaborerai aussi à quelques autres solutions de vote pour créer de nouveaux cas représentatifs.

Conclusion

La démocratie liquide est le modèle démocratique qui correspond le mieux à notre société actuelle. La technologie est prête, le seul levier qui manque est l’effort dans l’implémentation concrète, tandis que la recherche dans ce domaine relève plus du détail. Plus important encore est le besoin de déterminer quels modèles sont applicables pour la gouvernance (exécutive ou administrative) concrète d’un pays.

Je suis confiant dans le fait que dans les années qui viennent, beaucoup de questions que je me pose, comme tant d’autres, trouveront leur réponse. Qui sait, peut-être verrons-nous une petite ville, ou même juste un village, adopter la démocratie liquide dans une ou deux décennies. C’est tout à fait possible.

Sources

[1] http://homepage.cs.uiowa.edu/~jones/voting/pictures/

[2] http://www.civicyouth.org/2014-youth-turnout-and-youth-registration-rates-lowest-ever-recorded-changes-essential-in-2016/

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88 Responses

  1. C’est bien beau toute cette argumentation en faveur de la démocratie liquide. Cependant, je vois naître une source de problèmes dont on ne parle pas dans l’article : les délégués sont considérés comme des experts dans leur domaine. Hors, dans la majorité des cas, les experts sont des employés d’une entreprise du domaine. Ce qui pose alors des problèmes de conflit d’intérêts, vu que plus l’entreprise sera grosse, plus elle sera en mesure de proposer des experts. On en revient donc au même cas qu’aujourd’hui concernant les lobbies car nos élus ont déjà dés conseillers qui donnent leurs avis dans les domaines sur lesquels ils sont compétents.

    Ma question est donc : en quoi la démocratie liquide va pouvoir changer cela ?

    • Sur les conflits d’intérêt. D’une part, un nouveau système n’a pas obligation de résoudre tous les problèmes du système précédent (faire mieux sur de certains aspects et jamais pire serait déjà une très bonne propriété). D’autre part, les arguments de réponse sont dans l’article:

      « La délégation est un signe de confiance. Un électeur fait confiance à un délégué pour le représenter dans certaines décisions. Si cette confiance est rompue (par des divergences idéologiques croissantes, ou par la corruption du délégué), il peut simplement révoquer la délégation et soit voter directement, soit déléguer sa voix à quelqu’un d’autre. Comme nous le verrons plus tard, cette notion de confiance provisoire est importante pour créer un sens de la responsabilité chez les délégués et les inciter à rendre des comptes. »

      Si une personne soupçonne un ou plusieurs experts de conflit d’intérêt, elle peut changer de délégué (ou voter elle-même). Cela n’empêche pas les choix intéressés, mais cela les rend plus difficile à maintenir sur le long terme que dans une démocratie indirecte (ou d’une part une personne reste souvent longtemps déléguée, d’autre part les votants ont souvent peu de choix effectifs proposés et peuvent donc être forcés de voter une personne en qui ils n’ont pas confiance).

      Dans le fond l’impact des conflits d’intérêt est lié à la structure de la délégation des pouvoirs: si peu d’individus concentrent beaucoup de pouvoir décisionnel, la pression d’influence est d’autant plus importante. La démocratie liquide telle qu’elle est décrite dans cet article ne contraint pas la structure de délégation: elle peut être très centralisée (danger de corruption), complètement décentralisée, ou dans un état intermédiaire. Mais comme elle est flexible les citoyens peuvent faire leur choix en prenant ce risque en compte. (Ceci dit, un processus de décision complètement décentralisé est aussi exposé aux manipulations; au lieu d’être des corruptions individuelles, il s’agit seulement de travail d’influence d’un genre différent, les « relations publiques » par exemple.)

      • Même dans un processus de décision intermédiaire, le travail d’influence est présent. Vu que c’est à la base de la pyramide que l’on choisit ces représentants, c’est celui qui aura le plus de moyens financiers qui aura le plus de chance de voir ses idées répercutées (cela s’appelle de la publicité) et adoptées.
        Malheureusement, aujourd’hui, tout passe par la communication et pour communiquer correctement, il faut de l’argent (il n’y a qu’à voir le nombre de campagne de dons lancées ces dernières semaines par les associations du Libre). Les seules aujourd’hui, qui sont capables de financer des grandes campagnes de communication, ce sont les grandes multinationales. Pas sûr qu’avec ce système de démocratie liquide, les idées marginales soient le mieux représentées.

        Sinon, le système est intéressant, mais à mon avis pas aussi simple qu’il est décrit dans l’article. Je m’explique, quand on voit le nombre de sujets sur lesquels les parlementaires ont à se prononcer aujourd’hui, je vois mal comment on peut faire en sorte que pour chaque sujet, chaque citoyen désigne un représentant. Par exemple, je ne vois pas comment je pourrai estimer que tel représentant et mieux que tel autre pour faire un choix sur le fonctionnement des hôpitaux car le milieu médical m’est totalement abstrait. Ou alors, il faut que j’arrête de travailler pour être en mesure de suivre tous les sujets et avoir un avis sur tous les sujets à débattre.

        • charlie Wellecam

          Vous critiquez un système démocratique, hors nous ne sommes pas en démocratie. Merci, aurevoir.

        • La démocratie liquide est une solution (d’autres existent) pour organiser la division du travail. Elle permet de voter directement ou bien de déléguer, sujet par sujet, à divers degrés de granularité. La personne à qui on délègue peu déléguer elle aussi, de nouveau sujet par sujet. Comment les sujet sont classés a des conséquences majeures. En déléguant a X tout ce qui touche à la santé, on lui fait confiance s’agissant de délégation qu’il met en place sur les différents sujets tournant autour des questions de santé. Les délégations sont transitives.

      • Je me permet de vous faire remarquer que l’élection est un signe, à la base, de confiance, et que l’élection de délégués n’en est qu’une proche voisine… Je remarque en passant que comme pour « démocratie représentative », elle prend le nom également de démocratie pour mieux nous berner, et je me demandais quelles seraient les garanties qui préviendraient les problèmes anti-corruption…
        Sinon je remarque que sans forme d’argumentaire poussée, (sinon bourrée d’erreurs : « les électeurs sont directement impliqués dans le processus de prise de décision de l’État. » Dans une démocratie directe, il n’y a pas d’ÉLECTEUR, mais seulement des CITOYENS, d’ailleurs dans une démocratie dite (sois-disant) « représentative » il n’y a que des citoyens « pour rire » qui ne sont en fait que des électeurs (un citoyen vote ses lois LUI-MÊME, un ELECTEUR élit quelqu’un qui votera à sa place comme il l’entendra)), vous écartez la démocratie directe un peu facilement : « Les démocraties directes dans leur forme pure ne sont tout simplement pas applicables dans les communautés de grande taille. » Ah, on est content de l’appendre, mais comment ? Pourquoi ? La loi du moindre effort sortie du chapeau, mais je n’y crois pas une seconde, et qu’on ne me cite pas comme exemple-source le taux de participation / abstention aux dernières élections, je pense que ça en serait un parfait contre-exemple, car quand quelqu’un se retrouve avec des responsabilités qu’il n’avait pas avant il s’investit, prend son rôle au sérieux, apprend et s’améliore, et des exemples pour étayer ceci, il y en a tant dans la vie de tous les jours que les citer tous seraient difficile…
        Promotions, mutations, nouveaux parents, jurés dans un procès, que sais-je…
        Ce paragraphe par exemple est quand à lui à mourir de rire : « La démocratie liquide, c’est la coopération, pas la compétition. (…) les délégués rivalisent uniquement pour gagner la confiance des électeurs ».
        N’est-ce pas déjà ce que tentent de faire les élus ?!
        Y a du bon je dis pas le contraire, mais je trouve qu’il y a pas mal de pièges.

        • La démocratie directe implique que les citoyens doivent se positionner sur un grand nombre de décision à prendre. C’est impraticable sans division du travail. Le démocratie liquide permet d’organiser cette division du travail d’égal à égal, sans avoir deux classes de citoyens, les représentants et les représentés, avec donc plus de flexibilité.

    • communistelibertaire

      Heu que faite vous des inégalités culturelles qui impactent l’investissement politique ?
      En gros avec votre système toutes les personnes qui seront le moins informées des enjeux vont déléguer leur vote et les intello et bourgeois vont voter directement, c’est encore plus inégalitaire que la « démocratie » bourgeoise votre truc …
      En plus imaginer qqchose sans le penser réellement c’est pas de l’utopie mais de l’idéalisme .
      Qui plus est ça ne pallie pas aux problèmes de la démocratie directe : tous les gens ne voteront pas plusieurs fois par jour …. donc yaura des représentant-e-s avec plusieurs voie qui seront qualifié-e-s d’expert-e-s ..
      AU fait c’est la définition de la technocratie…
      vous croyez pensez vraiment que c’est révolutionnaire ou progressite ? ça n’a rien de libertaire c’est de la dilution politique dans le mythe du capitalisme participatif… Commencer par avoir pour objectif de renverser le capitalisme sinon vous vous rapprocherez jamais d’un système démocratique …
      Bisous les totos !

      • charlie Wellecam

        toi qui semble si fin d’esprit, livre nous donc, oh grand messie, la solution ! (les gens ne voterons pas plusieurs fois par jour ? et pourquoi pas ? merci d’expliquer…)
        En soi, toute refonte de notre système représentatif en faveur d’un potentiel système démocratique ne peut passer sans la réforme de l’éducation et de l’information, afin d’établir une conscience politique et un activisme civique global et incorporé aux moeurs… Enfin, il me semble.

  2. C’est une belle utopie. Le système semble idéal mais il est totalement irréaliste à l’échelle d’une communauté large (grande agglomération, région, nation). Cela ne peut fonctionner que sur de petites entités où les individus sont suffisamment éduqués pour comprendre et utiliser le système à bon escient et surtout où ils partagent des objectifs primordiaux communs.
    Un tel système à l’échelle d’une nation rendrait la chose ingouvernable, chacun agissant en fonction de son propre intérêt et non de l’intérêt commun. Ce serait assurément la fin de notre modèle social basé sur la solidarité entre individus.

    • Pourquoi ?

      Il me semble que l’idée mérite expérimentation, dans un cadre plus restreint pour des raisons évidentes de faisabilité. Mais affirmer de but en blanc que c’est irréalisable me semble facile et peu convaincant.

      • Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans ce que j’ai écrit ?
        Je dis que c’est une utopie. Les utopies sont nécessaires et parfois salvatrices.
        je dis, comme toi, que ce n’est applicable qu’à une petite échelle.
        À l’échelle de la nation que se passerait-il lorsque l’on va poser la question des aides sociales. À qui les attribue-t-on, dans quelles limites ? etc. Au vu de l’état actuel de s opinions majoritaires sur ces sujets, je craindrais le pire. Ce n’est qu’un exemple, on pourrait prendre d’autre sujets comme l’instauration de l’état d’urgence, la sécurité, l’armement des policiers, les « charges » sociales, etc. Dans tous les cas je suis presque persuadé que les réponses majoritaire n’iront pas dans le sens de la solidarité et du bien commun.
        Quand on propose un modèle de démocratie alternatif, il faut se garder d’avoir une vision idyllique ou naïve de « l’intelligence » populaire.

        • il me semble qu’il faut se garder de rejeter toute expérimentation à petite échelle.
          ça permettrait de voir de manière plus concrète ce qui se passe en appliquant cette forme d’organisation.
          Bruno, tu sembles partir d’un postulat qui serait que le peuple ne saurait prendre lui même les bonnes décisions pour le bien commun : en quoi serait il alors à même de choisir les bons délégués pour le bien commun ?

          • Le postulat est plutôt que le peuple ne prendra pas forcément des décisions qui vont dans le sens du bien commun (ou de l’intérêt général). Il aura plutôt tendance à faire le contraire, c’est à dire décider en fonction d’intérêts personnels ou communautaires.
            Il en va évidemment de même pour se faire représenter par un délégué.
            Autrement dit je doute que de la somme d’intérêts particuliers contradictoires, on arrive à tirer une politique cohérente tant sur le plan social, qu’économique.

          • Harry Tuttle

            Bruno : Les gens votent déjà pour leurs intérêts personnels ou communautaires…

          • Harry_tuttle

            D’ailleurs, nos éluent ne le font-ils pas eux-même ?

          • Harry_tuttle

            Waw, pardon pour les fautes, il était trop tôt…

          • Si l’on pense que le peuple n’est pas compétent pour prendre les meilleurs décisions possibles, c’est qu’on n’est pas démocrate. La démocratie postule que le peuple est compétent.

      • En effet, l’idée est bonne et demande à être expérimentée. Toutefois cela nécessite une « éducation » assez élevée de la population qui n’est pour le moment pas apte à comprendre de nombreux problèmes. Si vous demandez à la ministre de l’Éducation nationale ce qu’est un code source et ce qu’est un compilateur, il y a de fortes chances pour qu’elle ne comprenne rien à ce que vous dites. De là son incompétence et son choix pour les logiciels propriétaires de Microsoft. Si la ministre ne comprend rien à tout cela, il y a également de fortes chances pour que la grande majorité de la population n’y comprenne rien non plus. Nous voyons donc tout de suite apparaître le problème de l’éducation. Nos élites sont ignorantes, mais la grande masse l’est également. C’est donc un projet de société complet qu’il faut refaire. Travailler moins, éduquer plus afin que la population soit en mesure de « bien voter » et non pas d’élire des incompétents. Il reste donc un gros travail à faire.

        • Serge, je vous trouve bien condescendant. Tout le monde est ignorant sur les sujets qu’il ne maîtrise pas. Si je vous parle avec des termes médicaux, serez-vous capable d’y comprendre quelque chose ?
          La problématique de ce genres d’idées, c’est que personne n’est capable de maîtriser tous les domaines en profondeur (ni même de les survoler). Et ce, même en remodelant un projet de société; Le nombre de sujets et leur complexité ne sont à la portée de personne. Même en éduquant mieux la population, je doute qu’elle soit en mesure de faire des choix politiques dans tous les domaines.

          • charlie Wellecam

            tu es conditionné à penser de cette manière, c’est bien dommage.

          • Cette charge de travail citoyen que vous décrivez explique pourquoi une forme de division du travail est nécessaire. Celle proposée par la démocratie liquide est plus flexible que celle de notre système représentatif. Elle se fait d’égal à égal et n’impoe pas deux classes de citoyens, les représentants et les représentés.

        • Les députés, sénateurs et ministres présentent en plus l’incompétence de la vie réelle de la majorité de la population. Ils ne sont absolument pas confrontés aux incertitudes liées aux voitures qui tombent en panne et dont la réparation coûte deux mois de salaire, à la retraite qui nécessite 42 années de travail.
          Il ne sont pas concernés non plus par les problèmes d’inégalités dans la mesure où ils sont plutôt du bon côté de la barrière.
          En ce sens, je pense que bon nombre de citoyens sont plus compétents que nos délégués pour prendre des décisions favorables au bien commun.
          Qui plus est, l’incompétence des citoyens est (à mon avis) en grande partie liée au fait que leur éducation dans les domaines politiques ne leur rapporte rien. Pire, cela ne leur apporte que des déceptions. Si ils devaient participer à la prise de décision, une partie d’entre eux s’intéresseraient aux sujets comme le font les jurés d’assises.

  3. Ouvrez un jour un manuel d’histoire, en Espagne en 36 on a pas eu besoin d’un outil pour que 2 millions d’espagnols s’auto-organisent.

    • ParolesDeSinge

      Merci Ramon.

      J’ajouterais que ce ne fut pas la seule réussite autogestionnaire, les bolchéviques ont écrasés, en Octobre, la révolution de Février 1917.

      Internet est un plus indéniable pour l’organisation, la coordination, l’éducation etc. Il ne doit cependant pas cacher que le plus grand besoin est celui d’une implication de tous sur le terrain

      • La démocratie n’implique aucune une implication de tous sur le terrain. Elle implique que chacun ait la possibilité de participer le plus facilement possible de la manière qu’il préfère.

  4. Si le mec à qui on délègue le pouvoir fait une ou plusieurs conneries, on a le droit de le bruler sur un buché ou pas ?

  5. Merci pour cet article très intéressant. Effectivement, la technique des blockchains est susceptible de changer assez fondamentalement le problème du vote électronique, alors que l’internet ordinaire (si j’ose dire) peut jouer un rôle essentiel dans l’orientation des délégations. Il reste quelques points aveugles néanmoins :
    1 – Ces schémas et cette méthode ne répond pas pleinement au principe fondamental démocratique de « l’égalité des subjectivités ». Je veux dire par là que l’expertise permet d’éviter bien des bêtises, mais pour que la démocratie fonctionne bien il faut que l’expert expose ce qu’il sait et tout autant les limites de ce qu’il sait. Autrement dit, au-delà des techniques et savoirs maîtrisés, il y a toujours une décision à prendre avec une part plus ou moins importante de subjectif et de risque. A ce niveau, l’égalité des subjectivités individuelles est la règle démocratique. Cette description de la démocratie liquide n’élimine pas le problème d’identification de la limite évolutive entre le domaine de l’objectif et le domaine ouvert à la subjectivité. Autrement dit, la démocratie liquide peut sans doute réduire les dérives oligarchiques, mais sans espérer les éliminer ;
    2 – Dans la suite logique de ce que je viens de souligner, la gouvernance doit être élaborée en fonction de la nature des objets public. Je ne fais que reprendre une idée bien repérée par les commoners (et dès le départ par E Ostrom) ;
    3 – La démocratie liquide semble avoir de grands avantages pour répondre à la spécialisation et la multiplicité de savoirs à mobiliser dans une société développée, moderne et complexe. Mais cela entraîne la nécessité d’une coordination pour éviter que les décisions prises dans un domaine ne soit pas contredites parallèlement par les décisions dans d’autres domaines, et donc de la continuité dans le temps. Ce qui reste tout de même l’avantage de la représentation par rapport à la démocratie directe.
    Mes observations visent à modérer les enthousiasmes trop pressés, mais enfin l’essentiel est bien que cet article nous amène aux questions politiques du 21ème siècle.

  6. Existe-t-il des implémentations concrètes ? Je veux dire dans une communauté test (quartiers, syndic, jeux vidéos, entreprises) ?

  7. A quand l’expérimentation de ce système? On peut former un village dans la creuse pour l’essayer 😉
    Plus sérieusement, je me pose la question de l’autorité de l’Etat et de la représentation de la nation à l’international avec un tel système. Faut-il conserver un président et un gouvernement pour qu’ils conservent respectivement, pour l’un, l’autorité de l’Etat, la direction des armées, la réprésentation sur la scène un international et un rôle d’arbitre, puis pour l’autre, soumettre des projets de lois et orienter la politique de la nation?

  8. Si vous êtes intéressés pour l’expérimenter en Loire Atlantique (micro quartier, village ou petite ville), n’hésitez pas à nous contacter, pour faire en sorte de rassembler ceux portant cette envie d’expérimentation.

    Nous ne sommes pas connaisseurs, nous souhaitons faire converger les projets et les personnes pour rendre ce genre de projet réalisables. Les personnes qui seront là seront les bonnes personnes.

    lescrealters@gmail.com

  9. On a tenté de mettre ce système en place au parti pirate.
    En plus de problèmes philosophique (sur le secret du scrutin), le problème majeur a été le manque de motivation des membres. Il y a une partie importante des membres qui n’ont rien délégué et ont peu participé, d’autre qui ont fait des délégations générales à un autre membre et ne sont plus jamais aller sur la plateforme, et d’autre encore qui l’ont utilisé comme une plateforme de démocratie directe.
    Le problème vennait surement en partie du logiciel utilisé, liquidFeedback (assez austère), mais la motivation d’implication des gens est un frein majeur à ce type de fonctionnement.
    Au final, même si la démocratie liquide est surement la voie à suivre, mais elle est loin d’être parfaite.
    Un immense merci à Framasoft pour cette traduction, qui est le premier document aussi complet sur la démocratie liquide 🙂

    • Le commentaire de Dworkin est intéressant, non seulement parce qu’il s’appuie sur l’expérience du parti pirate, mais parce qu’il pose le problème de l’acculturation. Je pense que lorsque l’on lancera un outil du même genre dans une collectivité locale, nous rencontrerons le même genre de problème. Pour que cela fonctionne, il faut aussi une animation, des médias locaux qui ont de l’impact, etc. Cela veut dire notamment qu’il faut retrouver l’imagination de faire collectivement, ce qui n’est pas spontané dans notre société où l’on a appris à regarder chacun sa copie ! A partir du moment où l’on comprend qu’on pourrait organiser autrement le logement, les transports, les connexions et productions d’énergie locale, la production alimentaire, l’éducation et peut être la déscolarisation des enfants etc, alors là peut se mettre en route un autre vision de l’intérêt de l’outil numérique de décision collective.
      Du côté de http://democratieouverte.org/ ou de http://www.territoires-hautement-citoyens.fr/, on voit bien que les priorités immédiates ne sont pas forcément dans le développement d’outils numériques performants. Encore qu’on voit bien un peu l’histoire de la poule et de l’oeuf…

    • La motivation à voter, à mettre en place des délégations, est proportionnelle aux enjeux. Un logiciel ergonomique pour voter des décisions contraignantes (et non pas simplement « à titre consultatif ») sont les conditions minimale pour espérer une participation significative. Les expérimentations faites par les différents parti pirate ne respectaient aucune de ces deux conditions, la faible participation était donc inévitable, l’abandon du système qui en à résulté était tout aussi prévisible.

      Cet abandon ne remet aucunement en question la valeur du principe de la division du travail citoyen par la mise en place de délégations sectorielles et transitives. Elle remet totalement en question le courage du parti pirate, comme celui des autres, quand il s’agit de faire confiance au peuple. Hélas.

      • Je tiendrai à nuancer l’apport de Dworkin en précisant que liquidfeedback avait été utilisé uniquement à valeur de sondage. Donc forcément l’implication reste au même niveau. Si demain on organise un référendum et dont le résultat n’a que valeur de sondage, je doute que la participation soit haute.
        Même si l’outil avait juste valeur de sondage, j’y ait trouvé qu’il arrivait en générale à de meilleurs conclusions que les votes directs en AG où l’on se retrouve avec tellement de sujets qu’il devient impossible d’en comprendre réellement les enjeux. Meilleurs également que celles des élus qui ont généralement un point de vue assez différent des votant de base.

    • Sur l’échec de la démocratie liquide au parti pirate, j’invite chacun à lire cet article de France Culture: https://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-numerique/ce-quillustre-le-score-decevant-du-parti-pirate-islandais

      Le parti pirate islandais a échoué car ses électeurs préfèrent régler leurs problèmes politiques par d’autres moyens que l’élection. Ils se sont mobilisés pour débattre entre eux mais pas pour élire des députés.

      Dans le même ordre d’idée, la démocratie liquide fonctionne mal dans certains partis pirates car les électeurs préfèrent débattre dans un cadre plus associatif. Sur ce point, consultez le site suivant: https://www.colibris-lemouvement.org/revolution/reinventer-la-democratie/5-actions-pour-reinventer-la-democratie/je-decouvre-des-modes-de

      Il ne suffit pas de proposer des alternatives à la particratie. Il faut aussi les présenter dans le cadre approprié.

  10. Je conçois que la démocratie représentative a atteint les limites de ses incompétences en terme de clientélisme, de corruption, de conflit d’intérêts, de carriérisme et de professionnalisation de la fonction politique (cumul des mandats). Je conçois aussi que la démocratie directe demande un constant effort de participations aux votes, à l’information et la formation, à la documentation, aux réunions et débats divers très chronophages et vite désespérant voire submergeant. L’idée de cette démocratie liquide me semble un bon compromis entre ces deux extrêmes, bien qu’il faille quand même un minimum de formation politique, économique, idéologique et éthique ou humaniste. Mais il me semble qu’elle représente une troisième voie qu’il ne faut pas jeter avant de l’avoir testée à différents niveaux, communaux, communautés de communes par exemple.

  11. Il est même encore possible de pousser le concept encore plus loin : plutot que de déléguer 100% de notre pouvoir a une personne sur un vote donné on pourrait le déléguer a n personnes ayant chacune 100/n% de notre pouvoir si on le souhaite. Cela permettrait de rassurer les septiques peu enclin a faire une confiance aveugle a une seule et unique personne.

    • j’aime beaucoup cette idée de répartir la délégation entre divers délégués … çà me fait penser à un réseau neuronal !… bien entendu, on pourrait se garder une part de délégation si on pense avoir des idées sur le sujet mais pas suffisamment pour prendre une entière responsabilité de vote.
      Il me semble qu’il faut aussi avoir un moyen de mettre un nouveau sujet sur la table … un problème nouveau apparait et il n’est pas pris en compte par la gouvernance exemple l’environnement il y a quelques années. D’où un gros retard à la prise compte! Évidemment si le réseau devient capable de s’adapter « rapidement » il peut certainement devenir instable.

      J’adorerais pouvoir participer à une expérimentation

    • Une solution toute bête pour permettre la division du travail citoyen consiste tout simplement à autoriser la procuration à des logiciels des votes par Internet. Ensuite, chacun choisi le logiciel qui vote à sa place, éventuellement en copiant les votes des autres selon le modèle délégatif de la démocratie liquide, mais aussi selon d’autres modalités, comme par exemple l’avis majoritaire dans un ensemble de personnes présélectionnées, etc, et même avec toutes ces méthodes à la fois, selon les sujets des décisions à prendre.

      • Faire un système de vote Turing complet, ça devrait pouvoir être super interessant. Ce serait l’équivalent par rapport à la démocratie directe de ce que ethereum est à Bitcoin.

  12. Bon bah moi j’adhère, comme ça à chaud total à fond les ballons !
    Je ne sais pas si ce modèle peut fonctionner pour de vrai, mais il me semble que oui, s’il est bien conçu.
    C’est une expérience qu’il faut mettre en œuvre rapidement, la tester grandeur pays !
    Un vrai réseau social, utile et intéressant !
    Moi j’veux bien ma carte d’électeur !!!
    Y’a des développeurs qui sont partants ????

  13. Le principe me paraît intéressant, mais j’y vois un obstacle majeur. Il nécessite que tous les votants comprennent le système. Quand le public visé est composé de geek avec une formation d’ingénieur ou universitaire, doté, en outre, d’une sensibilité citoyenne, ça ne pose pas de problème, mais pour madame Michu, qui s’inquiète juste de son pouvoir d’achat, ça devient vite compliqué. Il faut toujours se souvenir que ce qui est évident pour soi peut vite être insurmontable pour d’autres (et c’est valable dans tous les sens).

    De plus, je n’y vois pas une grande valeur ajoutée par rapport à une démocratie directe comme pratiquée en Suisse : n’importe quel citoyen peut être à l’origine d’un référendum, s’il réunit suffisamment de signatures. Le peuple peut alors voter directement sur le sujet. Si Madame Michu ne sait pas comment voter, elle n’a qu’à se conformer aux consignes de votes délivrées par l’entité en qui elle a confiance (son employeur, son parti préféré, ou le Conseil Fédéral, par exemple). Cela me semble équivalent à une délégation de vote dans la démocratie liquide, mais ça ne nécessite pas d’autres outils qu’un bulletin de vote et une enveloppe.

    • « Il nécessite que tous les votants comprennent le système. »
      Tu crois franchement que David Douillet est un spécialiste sur tout ce qu’il vote ?
      Moi je dit, peut-être que responsabiliser les gens permettrait de les intéresser…

      • Peut-être.

      • ou pas, c’est vrai. Mais ça vaut le coup d’être tenté…
        Reste a voir comment est conçu ce système (collaboratif ?), par qui (tout ce qui le veulent ?), et comment il peut évoluer (démocratiquement ?).
        En d’autres termes, pas simple du tout à mettre en œuvre. Mais faut bien commencer par quelque chose.
        Je pense qu’il va falloir s’inspirer des plus gros (GAFAM), mais détourner les outils pour une cause bien plus noble…
        Les outils existent, et je suis sûr que les compétences et les utopies aussi.

        • Tout ça me paraît bien trop orienté outils.

          Je me pose la question suivante : quel est le problème de notre régime ? Les réponses qui me viennent à l’esprit sont toutes de l’ordre du manque de représentativité des décideurs.

          J’enchaîne donc sur la question : doit-on être représenté ? juste entendus ? directement décideurs ? Aucune de ces questions ne m’amènent à répondre que la solution est un outil informatique. Au contraire. L’outil informatique exclut d’office tout ceux qui sont allergiques aux machines, ou qui subissent l’informatique parce qu’ils n’ont pas le choix. Et ils sont, selon moi, encore majoritaires.

          Les citoyens se sentiront-ils mieux représentés/entendus, si on leur demande d’entrer dans ce système, alors qu’ils paniquent déjà à l’idée de passer aux caisses automatiques au supermarché ? J’en doute.

          D’autre part, je suis assez convaincu par le libre, sinon, je ne serais pas ici. Mais, malgré mes bonnes capacités de vulgarisation, j’ai toujours du mal à convertir mon entourage. La nature humaine est telle qu’une solution n’est jugée bonne que si elle est partagée par le plus grand nombre (voir, à ce sujet, l’excellent site hacking-social.com). C’est d’ailleurs sur cette faiblesse humaine qu’est fondé notre régime plus-tellement-représentatif de « démocratie » par l’audimat… et c’est pourquoi je ne fonderai pas mes espoirs sur l’approche de la démocratie liquide.

          Je reviens donc sur mon commentaire initial : la démocratie directe « à la Suisse », quoique loin d’être parfaite, me semble remplir le même cahier des charges que la démocratie liquide, sans en avoir la complexité de mise en œuvre.

          Et je tiens aussi à ajouter que ce principe reste intéressant pour moi, sinon, je n’aurai pas pris la peine de commenter. Mais à l’échelle d’un pays, c’est tout simplement inenvisageable.

          Quant à David Douillet, je ne sais pas s’il saurait utiliser un système informatique de vote, mais je pense qu’il est tout à fait capable de glisser une enveloppe dans un bulletin. 😉

          • Harry_tuttle

            « L’outil informatique exclut d’office tout ceux qui sont allergiques aux machines, ou qui subissent l’informatique parce qu’ils n’ont pas le choix. Et ils sont, selon moi, encore majoritaires. »

            Ok, je suis d’accord là dessus.

          • Les représentants « fidèles » je préfère les choisir moi-même et en changer à ma guise. La démocratie liquide permet cela.

  14. Ça semble beau dans l’idée mais je reste septique sur deux points :

    D’abord, qui serait à la tête de ce système ? Il faut bien des développeurs et des personnes pour dire à ces développeurs quoi faire avec ce système. Donc qui serait derrière et surtout, comment ferait-on pour choisir qui serait derrière dans la gestion ? On ne pourrait pas utiliser la démocratie liquide, ça ne marcherait pas (si le système de vote en marche est corrompu, c’est fini et si chacun vote pour une personne à part, ce sera relativement arbitraire et qui fera confiance aux personnes sélectionnés ?).

    Et puis, on critique le système papier d’être en partie responsable du fort taux d’abstentionniste mais ce dernier a un avantage : il est impossible de pirater ce système. Du moins dans son ensemble. Chaque citoyen peut se proposer d’être scrutateur et tout est vérifié, méthodiquement. Avec un système numérique, certes, on économise du papier, on facilite les votes mais ceux qui n’ont pas d’accès internet (ou qui n’en veulent pas) ne pourront pas voter (ou plus difficilement). Ceux qui n’ont pas confiance dans un système numérique ne prendront pas la peine de leur donner leur vote. Et même, qui dit « vote citoyen en ligne », dit « données publiques » et ces dernières seraient accessibles à tous, pour peu que le système n’est pas était suffisamment protégé.

    Alors oui, je noircis le tableau mais à la lecture, j’ai l’impression qu’on me parle d’un système parfait représentatif de tous. Hors, même avec ce système, il y aura toujours des problèmes « d’influences » quelque soit le sujet. Sans parler des minorités qui, comme leur nom l’indique, seront toujours minoritaires dans ces mêmes votes tandis que d’autres n’hésiteront pas à voter massivement pour faire barrage (coucou le dossier LGBT). Et puis, il y aura toujours des personnes pour décider si oui ou non, l’avis du peuple doit être pris en compte. Car il faudra toujours quelqu’un pour assurer ce « rôle » et faire le « représentant » auprès de tous et des autres nations.

    • On peut résoudre le problème logiciel : il doit être libre et vérifié par plusieurs équipes indépendantes. Mais après il faut vérifier le compilateur et interpréteur du programme, puis l’OS, voire le compilateur du compilateur, etc. Ensuite reste à vérifier les plans du matériel (qui doivent aussi être libres), et l’absence de modification entre les plans et le matériel concret. En pratique faire quelque chose de vraiment sérieux est quasiment infaisable.

      Pourquoi devrait on avoir d’un représentant suprême (roi, dictateur, président, premier ministre, etc) ?

  15. > C’est uniquement par le biais d’Internet et avec les avancées de la cryptographie que cela a été rendu possible durant les dernières décennies. […] La technologie est prête […].

    La cryptographie permet l’anonymat et la signature (et donc la vérification), mais pas les 2 en même temps à ma connaissance. Hors les 2 sont nécessaires pour voter sans peur, et empêcher à n’importe qui de voter ou de voter plusieurs fois sans délégation. Voter à main levé (oui, oui, appuyez sur un bouton est au moins 2 fois moins fatiguant, et on pourra peut être bientôt cliquer par simple impulsion cérébrale, bien moins dur…) ou bien permettre de voter à n’importe qui et le nombre de fois qu’il veut, pourquoi faudrait il choisir ?

    De plus, même en supposant que ça soit possible avec des ordinateurs et Internet de conserver le secret du vote et empêcher la fraude, ça suppose d’avoir une grande confiance dans la technologie et que le peuple a une « bonne hygiène numérique ». Même en utilisant que des logiciels libres et du matériel fait avec des plans libres et imprimé avec ma machine pour imprimer mes ordinateurs, je me méfierais. Pour ce qui est de la « bonne hygiène numérique » du peuple, on me parait en être bien loin. À court et moyen terme, il y a aussi le problème qu’encore 20% des français n’ont pas de connexion à Internet.

  16. Ça c’est marrant j’ai regardé les mêmes choses ces derniers jours. Et j’ai notamment signé la pétition des Citoyens du Vote Blanc (anciennement parti du vote blanc, ils ont gardé l’ancien nom pour le site web) :
    http://www.parti-du-vote-blanc.fr/

    Il va être temps d’upgrader le numéro de République :
    – Ça met en place l’état d’urgence (utilisé pendant la guerre d’Algérie dans des circonstances troubles)
    – L’élargit à l’arrache à 3 mois dans l’indifférence la plus totale
    – Muscle le dispositif d’état d’urgence
    – Prévient le reste du monde que la France ne respectera pas les Droits de l’Homme durant l’état d’urgence
    – Projette d’étendre la durée de l’état d’urgence de 3 mois (renouvelables)
    – Vise à inscrire l’état d’urgence dans la Constitution

    À ce train il va falloir se débarasser de cette vieille République, taillée sur mesure pour lutter contre Décolonisation et le péril rouge. Les objectifs des Citoyens du Vote Blanc pour la présidentielles 2017 de changement de fonctionnement des institutions politiques pourraient le faire, j’imaginerais volontiers la mise en place d’une Assemblée Constituante dans les semaines suivant l’élections et peut-être la mise en place de modes de décision moins viciés que le scrutin majoritaire à 2 tours par circonscription avec carte blanche pour N ans, et open bar chez les lobbies de tout poil.

  17. Voici une proposition pour expérimenter la démocratie liquide en France à l’échelle nationale en amont des échéances présidentielles et législatives de 2017 :
    Un mouvement issu de la société civile et des partis politiques lassés de la forme du débat politique actuel, s’engage à tout faire pour constituer une vaste coalition qui puisse présenter des propositions nouvelles et des candidats aux législatives partout en France. Parce qu’il veut expérimenter de nouvelles formes de participation démocratique qui assurent le maximum de transparence dans l’élaboration du programme et dans la désignation des candidats, il choisit la démocratie liquide comme moyen de construire cette coalition progressivement et rapidement.
    Dès le démarrage le mouvement organise un système de désignation en utilisant la démocratie liquide, pour désigner d’un côté des délégués qui portent des propositions politiques sur des thématiques multiples, de l’autre des délégués-candidats par circonscription législative.
    Les délégations se font en continu et le nombre de délégation obtenues par chaque délégué est public sur internet. Chaque citoyen est invité à mobiliser autour de lui pour démultiplier les votes de délégation pour faire gagner ce mouvement en crédibilité dans l’espace public. Des événements sont organisés pour présenter les délégués qui ont reçu le plus de voix, faire état des propositions programmatiques d’un côté, et pour présenter de l’autre les délégués candidats aux législatives.
    Quand le mouvement a pris suffisamment de l’ampleur, l’organisation de la délégation est formalisée pour éviter ceux qui utilisent plusieurs identités : les électeurs doivent devenir adhérents officiels d’un parti ou d’une association partenaire du mouvement. Un seuil de délégation est ensuite défini : ne pourront participer à l’élaboration du programme final que ceux qui ont obtenu un nombre minimal de voix.
    Si avant fin 2016, le mouvement a convaincu par son ampleur, il organise la délégation d’un candidat aux présidentielles suivant le même principe. Si le mouvement est encore trop peu important, il mobilise les candidats aux présidentielles par exemple en leur faisant signer une charte en faveur des principales propositions issues du mouvement.
    Dans toutes les circonscriptions où les délégués-candidats ont obtenu un nombre de délégations supérieur au nombre d’adhérents politiques des principaux partis dans ces circonscriptions, le délégué candidat qui a obtenu le plus de voix est présenté officiellement comme candidat aux législatives.
    Sans changer la constitution avant 2017, ce mouvement en mobilisant la démocratie liquide peut ainsi espérer imposer ses principales propositions, constituer un groupe important à l’assemblée nationale, voire même obtenir une majorité qui permettra dès le lendemain des élections d’engager la profonde refonte du système démocratique français, et de poursuivre cette démarche dans d’autres pays, à l’échelle européenne et ailleurs dans le monde.

  18. Bon, l’idée de base me paraît excellente : laisser le choix au citoyen de voter ou de délégué son vote pour chaque prise de décision.
    Sur la base, je vois dejà quelques questions fondamentales, je n’en poserai qu’une dans un premier temps qui me paraît fondamental :

    Pour faire un choix, il faut des propositions. Qui propose les lois ? On garde le système actuel, avec les partis etc ?

  19. C’est un système intéressant pour la prise de décision, mais a mon humble opinion il ne devrait pas remplacer une assemblée constituante de citoyens tiré au sort. Commencer par l’appliquer à petite échelle lui ferra passer l’épreuve du feu, mais un contre pouvoir est nécessaire pour limiter les dérives. Ce contre pouvoir ne peut qu’être à mes yeux la loi définit par l’assemblée constituante.

    • A quoi sert un contre pouvoir si le pouvoir qu’on craint est tellement dilué entre toutes les mains qu’il ne permette plus que des abus à la fois mineur et facile à corriger ?

  20. Hum, vu la réaction de certains dans les commentaires, ça promet d’être difficile !

    Je veux pas être brutal, mais « vous vous attendez à quoi ? » à un bouton magique qui résout tous les problèmes ?
    Et bah non, la perfection, ça n’existe pas. Comme le concept de « la meilleure solution » d’ailleurs. Ce ne sont que des abstractions humaines qui n’ont aucune réalité.

    Alors :
    – non, il n’existe probablement aucun système de décision collective qui puisse être immunisé contre les tentatives d’influence
    – oui, il y aura toujours des conflits d’intérêts
    – oui, ça demande l’éducation des citoyens
    – oui, c’est un défit technique
    – non, ça ne fera pas exploser le taux d’implication par magie
    – personne ne sait si c’est applicable à une structure aussi grande qu’un pays comme la France sur tout le domaine de décision du gouvernement

    Mais aucun de ces arguments n’est valide pour jeter à la poubelle cette idée sans y avoir plus réfléchi ou expérimenter.

    D’autant que bon, on part de tellement bas, là… y’a un bonne marge d’amélioration quand même.

    Sérieux, la Ve république est cassée… (d’aucuns diraient que la République Française est cassée depuis l’origine, mais bon…). Tenter quelque chose ou rester dans ce cul-de-sac ? Mon choix est vite fait.

    Une alternative, c’est la démocratie « athenian-style » : par le tirage au sort. Ça peut paraitre débile d’emblée, mais avec un peu d’organisation, ça peut donner des projets de loi pas ridicules du tout et bien plus représentatifs des aspirations réelles des citoyens. On peut ensuite imaginer un mixage avec la démocratie liquide pour entériner la loi.

    Bon, cela dit, j’ai peu d’espoir de voir tout ça en France de mon vivant (et je suis pas si vieux que ça :).

    PS : lisez les billets de Gee, ça vaut le coup. Et regardez le docu « J’ai pas voté ». Ce ne sera pas du temps perdu.

  21. D’abord j’adore l’idée. J’ai envie qu’on change notre système que certains disent démocratique.

    Ca reste vague dans ma petite tête, d’autant que certains ont l’air d’être calés.

    Pour limiter la complexité des nombreuses décisions , est ce que l’on ne peut pas imaginer qu’il n’y ait que peu de délégués à choisir pour des durées assez longues , mais de façon obligatoire ( un nombre de choix équivalent à ceux que l’on fait aujourd’hui) pour les personnes qui ne veulent ou ne peuvent s’impliquer . Oligatoire ? ( mais alors et le droit au vote blanc ?? ) Bien sûr le droit de changer de représentant à tout moment est indispensable.

  22. Le plus beau c’est que c’est rétro-compatible avec le système de parti politique (qui peuvent naturellement proposer des délégués), et que ça introduit la notion de révocabilité des mandats. Avec une telle infrastructure, les partis pourraient faire leur job, et celà donnerait de la visibilité aux petits motions des gros partis. De plus, en faisant l’hypothèse d’une proportion utilisant cet outil de cette façon, on pourrait compter sur l’inertie de la réaffection des délégations pour assurer une certaine stabilité.

    Le système tel que présenté permet de choisir son propre degré d’investissement, tout en présentant les bases d’un système sain et rétro-compatible.

  23. Un article sur le vote électronique librement consultable sur le site du journal du CNRS: https://lejournal.cnrs.fr/articles/le-vote-electronique-pour-quelles-elections

  24. /u/CubicZircon

    Et pour éviter l’achat de vote, il y a quelque chose de prévu ? Parce que sinon, ça va dégénérer très vite…

    • Acheter les votants un par un serait prohibitif. Identifier les porteurs de délégations pérennes est possible, mais ça risque d’être fractal, selon comment les sujets sont classés. Dans tous les cas, le nombre de personne à corrompre est beaucoup grand que 550 députés ou un maire et son adjoint. Bref : c’est beaucoup plus couteux qu’avec le système actuel, vraiment beaucoup plus.

  25. Réponse globale à tous.

    La démocratie « liquide » est une bonne idée mais pas la seule… « Madame Michu » n’est pas plus bête qu’un ingénieur informatique qui ne connais pas les barettes de RAM mais qui croit en savoir plus que son interlocutrice qui monte ces PC elle-même(critique d’après une expérience perso).

    Chacun a sa place dans la société…humaine, mais l’intéressé, lui-même, seul, sait quelle est sa place et à quel niveau elle se situe. Débarrassons nous de notre principal défaut de citoyen français qui veut décider de la vie des autres à leur place. Certes nous partons d’une bonne intention mais le résultat est contre productif.

    Actuellement, le principal obstacle à la modernisation de la vie politique et sociale est la résistance au changement. Nous en sommes tous pourvus à différents degrés.

    Ici, l’exemple le plus frappant est le manque de discernement sur le monde tel qu’il est, ici et maintenant, et ce qui doit changer pour que la mutation « civilisationnelle » en cours, grâce à l’apport du « nouveau » monde numérique, se mette en place.

    Par ailleurs, ne mettons pas la charrue avant les boeufs. Mettons nous d’accord sur la société que nous voulons… Les solutions techniques nous apparaitront alors comme coulant de source.

    Pour illlustrer mes propos, examinons l’exemple du vote électronique.
    Tout ce que je vois, lis ou entends sur ce thème ne prend jamais en compte totalement l’existant. La plupart des objections concernent la fraude et la fiabilité du scrutin. Or, les modalités actuelles, optimisées par le temps long de leur usage, nous semblent « idéales » pour ne pas dire « parfaites »… Nous savons tous que ce n’est pas le cas.

    Alors pourquoi ne pas laisser de côté l’actuel pour se concentrer sur ce que nous voulons pour l’avenir? Voulons nous adopter strictement les mêmes modalités de vote ou laissons nous la plus large place au changement?
    Actuellement, personne ne peut contrôler lui-même la prise en compte de son vote (dans l’urne), pourquoi vouloir ajouter cette contrainte au vote électronique? Vous l’aurez compris, ce n’est qu’un exemple parmi d’autres….

    Nous voyons bien alors qu’il ne s’agit pas que des autres, mais aussi de nous-mêmes…

    Tout ça pour dire que tous les commentaires auxquels je réponds sont intéressants, certains mêmes très pertinents, mais aucun n’a abordé, à priori, le fond… Quelle société voulons nous pour demain? Dans quel projet global vais-je pouvoir exercer ce que je décris comme « démocratie »? Le sujet que nous sommes entrain d’examiner concerne une méthode. Avant (ou en parallèle), ne faut-il pas « dire la loi »? Je pense à la constitution…

    Pour conclure, j’aimerais rappeler toutes les initiatives, plus ou moins intéressantes, qui circulent déjà et se mettent en place : laprimaire.org, Bastille.org, ma voix, pouvoir au peuple, civilTech, démocratie ouverte…..j’en oublie bien sûr… Pourquoi ne pas les recencer et les regrouper pour compléter l’information?

    Personnellement, je mets en place le projet Union & Mouvement 2017, projet politique pour tous.
    Dans les prochains jours, je vais ouvrir un meetup sur Paris, mais prévu pour l’ensemble de la France.
    J’en parle ici car, en tant que militante du logiciel libre depuis le début des années 90, je tiens absolument à ce que l’esprit du libre soit au coeur de l’initative. Pour cela, tous les soutiens mais aussi tous les promoteurs et défenseurs intéressés doivent pouvoir participer selon leurs envies, motivations. Je n’en dis pas plus… Le nom du projet est déjà présent sur le net et cela est suffisant pour me trouver et participer… mamygeek93 vous salue bien…

    • Merci à Framasoft pour l’article……

    • Si je peux me permettre une suggesition : changer de nom

      Voici ce que donne la recherche web pour « Union Mouvement 2017 »
      https://duckduckgo.com/?q=Union+%26+Mouvement+2017&t=ffab

      Que des liens UMP. Ça va être difficile de se positionner dans les moteurs de recherche, en sus d’avoir une connotation certaine, en reprenant des mots déjà utilisés dans un contexte similaire.

      Ensuite le point de se mettre d’accord sur « tout » (quelle société voulons-nous ?) avant de faire quoique ce soit, je trouve que c’est mettre la charrue avant les bœufs. Cet article vise principalement à pointer sur des alternatives à l’aspect vote du système institutionnel français actuel. On voit bien que la vieille Vème République et son dispositif de scrutin visant à contenir l’électorat PC des années 50-60 (en assurant un pouvoir concentré à même de lutter contrer la décolonisation) n’est pas en mesure de permettre le dialogue et la prise de décision collective par consentement de nos jours.

      À partir de là, et à la lumière du paragraphe précédent, le choix de société est tout vu : dépoussiérer les institutions pour faire en sorte que le débat démocratique existe, lutter contre la corruption et en finir avec les chèques en blanc de 5 ans renouvellables qui engendrent la défiance et la frustration. Assainir la base, et permettre le contrôle des citoyens sur la vie politique. Effectivement il existe plein d’idées et de pistes, mais les commentateurs de framasoft ne sont en rien légitimes pour établir une nouvelle Constitution, pour celà il faudrait une démarche d’Assemblée Constituante (processus non défini dans le Constitution actuelle).

    • > Par ailleurs, ne mettons pas la charrue avant les boeufs. Mettons nous d’accord sur la société que nous voulons… Les solutions techniques nous apparaitront alors comme coulant de source.

      C’est exactement ce qui me semble être le principal problème de cette présentation. La solution proposée me paraît très intéressante… mais pour résoudre quel problème ?

      Trop souvent, en entreprise, ou dans la vie courante, on nous propose des outils pour résoudre nos problèmes, sans avoir auparavant analysé les problèmes, et trouvé des pistes de solutions.

      Soyons honnêtes, et reconnaissons qu’ici, on nous présente juste un outil, qui pourrait être pertinent, mais qui, selon moi, porte mal son nom. « Démocratie liquide », c’est une expression bien trop grandiloquente pour nommer une simple solution technique.

      Sur ce, je m’empresse de rechercher « Union & Mouvement 2017 ». Merci Mamygeek93.

  26. La démocratie liquide, en fait c’est ce que j’ai appliqué (sans le savoir) en participant à la consultation sur le projet de loi pour une République numérique en m’appuyant sur des conseils (délégués) éclairés.

  27. Parmi les expérimentations concrètes intéressantes, la gestion participative de la commune de Saillans https://www.youtube.com/watch?v=ah1gEPngNEQ&feature=youtu.be

  28. Pour résoudre (partiellement) le problème de confiance dans le vote électronique, une solution envisagée pour les prochaines élections bruxelloises serait de délivrer un « reçu » papier (genre ticket de caisse) reprenant les informations du bulletin de vote. A charge de l’électeur de vérifier que ça correspond à son choix.
    Le vote est anonyme, mais un numéro est attribué à chaque électeur. Le décompte se ferait à partir d’une liste de type:
    électeur 001 : vote pour la liste A
    électeur 002 : vote pour la liste B
    etc.

    Un tirage au sort « humain » (et donc pas un algorithme aléatoire, qui peut demeurer suspect) permet ensuite d’échantillonner la concordance entre les résultats enregistrés sur le tableau et les preuves de vote imprimées conservées par les électeurs.

    (Voilà. Je ne connais pas les détails mais j’en ai entendu parler)

    • http://oumph.free.fr/textes/vote_electronique_issy.html

      Le « reçu papier » ne vaut rien : je peux très facilement faire une machine où tu appuies sur A, qui t’affiche que tu as voté A, qui te sors un reçu « vous avez voté pour A », mais qui, une fois transmis à la BDD finale, enregistre un vote pour B.
      Le problème avec l’informatique, c’est que la vérification des votes ne peux pas être contrôlée simplement par des citoyens lambda (contrairement aux urnes). Peut être qu’un système de blockchain permettra à terme d’y remédier, mais on en est encore loin.
      En attendant : un vote électronique pour une décision importante est une très mauvaise idée…

  29. C’est un élément de réflexion très intéressant.

    Mais on est très loin d’une proposition fonctionnelle à l’échelle même d’une commune actuellement. …d’où la nécessité d’expérimenter dès maintenant !).
    On a là une proposition intéressante de mécanisme de vote. Mais le vote est une infime partie des mécanismes du pouvoir.

    Ci-dessous les problèmes que je visualise. Je me place dans le contexte national (gouvernement, parlement, etc) pour faciliter le vocabulaire et se permettre de visualiser plus facilement.

    – Il y a le vote des lois mais je pense qu’on sous-estime tout ce qu’il y a autour. D’abord et principalement, le pouvoir de proposition et d’écriture des lois et la maitrise du calendrier et ordre du jour. Va t-on devoir voter pour décider du sommaire de chaque loi ? il faut bien une proposition de départ à amender… Les commissions parlementaires votent plusieurs fois au cours de chaque étapes d’écriture avant de présenter les textes à la chambre entière.
    De même va t-on voter pour décider du calendrier des votes ? C’est sans fin. C’est le problème que nous avons dans nos organisations horizontales (asso, etc.) il faut toujours un leadership un peu actif qui propose la base de travail et donne les manettes aux membres… ici c’est bcp bcp de boulot (probablement à temps plein et nécessairement rémunéré) nous avons donc besoin de l’institutionnaliser pour le maitriser sinon ce sera fait par les groupes ayant les moyens d’organiser le débat, préparer des documents d’informations, etc. -> le lobby directement à destination du particulier = la pub
    Bref, quoiqu’il arrive nous aurons toujours besoin d’un *service public du pouvoir législatif*, même si les citoyens se réapproprie le pouvoir législatif d’une manière ou d’une autre.

    – Au delà des lois, l’exercice du pouvoir consiste principalement à exécuter les lois ! Ou à ne pas les exécuter. Ou à en favoriser une sur l’autre. On le voit avec l’état d’urgence : devra t-on voter à la place du préfet pour envoyer un car de CRS faire une perquisition ? Il applique la loi, il a le droit actuellement de le faire. Mais a t-il raison dans ce cas précis ? Au vu des éléments dans tel dossier précis.
    C’est la même chose avec l’application d’une nouveauté règlementaire fraichement votée pour les retraites, les hôpitaux, l’école, etc. On vote une loi et ensuite il faut envoyer des consignes aux fonctionnaires qui appliquent. Leur donner les nouveaux outils pour appliquer (ou non!), sélectionner les logiciels qu’ils utilisent, décider si telle ou telle option (c-a-d tel ou tel droit de l’usager) est facilement accessible dans le logiciel etc…
    Bref l’exécutif est majeur. Et il me semble qu’il y aura toujours des représentants de ce côté là non ?
    En tout cas il y aura toujours des fonctionnaires de terrain et donc des cadres, des directeurs et des haut-fonctionnaires. Je pense que le concept du ministre politisé et contrôlé démocratiquement (=représentant) est une forme inévitable de maitrise de la machine administrative de terrain. Comment faire mieux qu’actuellement ? Comment contrôler l’exécutif et à la fois ne pas décapiter les administrations tous les 6 mois ?
    Bref, Que propose la démocratie liquide pour l’exécutif ?

    En général : se rappeler du vote sur le traité constitutionnel de 2005 (je ne reviens pas sur le déni démocratique qui a suivi). Avant le vote, la campagne… c’était long ! Et très intéressant ! Mais on ne peut pas faire ça pour tout !
    On pourrait par exemple se dire que certaine grandes lois puissent être votées de façon liquide (exemple le mariage pour tous, tout le monde a débattu, chacun avait une idée, on aurait pu voter nous même)

    Pour conclure, en lisant l’article j’ai trouvé que ce mode de scrutin était intéressant mais c’est une approche extrêmement limitée pour prétendre changer la démocratie. Le scrutin ne fait pas tout.
    Par contre c’est une idée à creuser et je pense que la solution va consister à l’hybrider avec ce qu’on a déjà sous la main. L’introduire dans le système actuel.

    • La démocratie liquide, ce n’est rien d’autre qu’une façon d’automatiser la démocratie directe en organisant une division nécessaire du travail. Or la démocratie directe, c’est sans élus, c’est sans mandat. C’est envisageable pour tous rôles, exécutif, législatif, judicaire, car c’est d’abord un outils pour prendre des décisions, de façon collaborative, d’égal à égal, efficacement.

      • @Jean Hugues Robert:

        La démocratie directe n’exclut aucunement la démocratie représentative: Les Athéniens élisaient leurs stratèges et les landgemeiden suisse ont des institutions élues.

        En revanche, il serait intéressant de tester la démocratie liquide dans le cadre d’une réseau d’entrepreneurs individuels, de coopératives et d’entreprises libres (sans encadrement).

        Ce système permettrait sans doute aux acteurs du réseau d’élaborer efficacement des projets entrepreneuriaux communs avant de recourir au financement participatif. Et, là, il n’y aurait plus de problème sde motivation comme dans le Parti pirate.

  30. Je viens de m’apercevoir que j’ai fait une traduction du même article une semaine avant la publication sur framablog: https://www.abondance.info/democratie-liquide-la-vraie-democratie-du-21e-siecle-medium/
    La prochaine fois je devrais travailler pour vous 😉

  31. il est possible de faire une application web pour mettre en oeuvre ou au moins tester le principe? non ?

  32. L idée est intéressante mais je lui quelques défauts importants:
    -on y trouve le même défaut que le démocratie directe. La galère de faire voter tout le monde.
    -l absence de cohérence de la politique dans l ensemble. Chaque catégories dirigé de manière indépendante c est le naufrage assuré
    – le fait que des citoyens ne soient experts dans tous les domaines et donc ne sachent quel délégué choisir
    – les délégués auront les mêmes problèmes que les élus. Corruption électoraliste mensonges
    Etc.

    • En gros on retrouve à la fois la plupart des défauts de la démocratie directe et de la démocratie indirecte

    • En gros on retrouve à la fois la plupart des défauts de la démocratie directe et de la démocratie indirecte.

  33. Dufour Gérard

    Juste sur cette phrase pour le moment !…. « voire dangereuse (proposer le vote électronique même chiffré peut susciter des inquiétudes) » Allons-y franchement nous sommes sur la bonne voie pour faire de l’homme un parfait robot physique, matériel.
    Il y a une entité qui rêve de ça !… prendre connaissance de ce que nous donne et révèle Paul Emberson dans ses ouvrages « La machine et l’esprit humain » éditeur The DewCross Centre For Moral Tecnology Scotland et « De gondishapur à Silicon valley »

  34. Un exemple d’implémentation des principes de Démocratie liquide sur une blockchain est le « Flux party » en Australie

    cf. https://voteflux.org

  35. LeCassandre

    Trop révolutionnaire 🙂 Le peuple fait trop peur, déjà arraché le suffrage universel ce fut dur, alors une vrai démocratie oula vous vous rendez pas compte le peuple est capable de n’importe quoi. Il aurait pas voté pour cette europe, il aurait pas voté pour la surveillance de masse, il aurait pas voté pour les traitées transatlantiques, il aurait pas voté pour la loi el kohmeri….
    Sérieusement, je pense à système comme cela depuis des années, et c’est un vrai bonheur de se sentir moins seul à votre lecture.
    Démocratie liquide drôle de nom tout de même.
    Sur ce, aujourd’hui c’est une utopie, demain ce sera une réalité, aucun doute la dessus, c’est le sens même de l’histoire. La fin du monde de l’imprimerie, et l’arrivé du monde des réseaux.
    Enfin, quand nous sommes capables de maitrisé la complexité nécessaire à ce monde de façon écologique. Cela peut prendre du temps.

  36. La démocratie liquide présente trois problèmes:
    1° Les modalités d’application (initiative, vote, délégation, révocation) sont toujours présentées, au mieux, en terme vague. On est par exemple bien mieux renseigné sur les modalités d’application de la stochocratie.
    2° Elle est trop dépendante du vote électronique, les fraudes éventuelles étant trop difficiles à déceler.
    3° Elle sollicite trop d’effort de l’électeur.

    Ma préférence va donc vers l’exercice démocratique de chacun des trois pouvoirs: élection des institutions dirigeantes au suffrage direct, droit de révocation des élus, dissolution d’initiative populaire, droit d’initiative populaire, référendum d’initiative populaire, référendum obligatoire sur les traités déléguant une partie de la souveraineté et les révisions constitutionnelles, organisation d’un plebiscite sur l’action du gouvernement parallèlement à chaque référendum national ou scrutin territorial.

    C’est la logique d’une tutelle ascendante où les citoyens délèguent les affaires courantes à des élus mais peuvent reprendre les affaires en main quand ceux-ci ne les servent pas de façon optimale.

    La technique de délibération liquide n’est pas pour autant dénuée d’intérêt. Deux applications possibles:
    – Consultation des élus locaux sur la politique régionale.
    – Consultation des administrés sur les stratégies des centres d’aide sociale.

  37. L’article a le mérite de clarifier en partie la distinction entre démocratie directe et démocratie liquide. Il serait sans doute opportun de le compléter en établissant une distinction entre démocratie liquide et démocratie référendaire (de type suisse ou californiennes par exemple) ainsi qu’entre démocratie liquide et démocratie délibérative.

    Sur la démocratie délibérative, les intéressés peuvent consulter le site « Pour une gouvernance partagée dans ma commune », notamment la page sur la démocratie délibérative ( https://www.autre-chose.fr/2016/09/04/note-3-la-democratie-deliberative/ ) qui est suivie d’une page sur la démocratie liquide (https://www.autre-chose.fr/2016/09/04/note-3-la-democratie-liquide-ou-delegative/ ). On relèvera, à cette occasion, que si certains partisans de la démocratie liquide sont séduits par les perspectives de démocratie directe, d’autres marginalisent cet aspect et s’y intéresse avant tout en tant que mode de représentation amélioré, plus légitime.

    Ceux qui veulent expérimenter la démocratie délibérative trouverons différents sites spécialisés tel que LiveDem ( http://www.livedem.org/ ). Ce sont sans doute de bons « sites-écoles » avant de passer à la démocratie liquide, système plus complexe.

  38. Bonjour,
    il y a quelques éléments intéressants dans la démocratie liquide. En faire l’alfa et l’Oméga de LA démocratie est un peu juste. Je crois par exemple que la sociocratie propose aussi de très solution au problème de la prise de décision dans un contexte de pouvoir. La démocratie liquide me semble un peu juste sur
    – le choix des domaines, qui sont quasi toujours transversaux,
    – le système technologique de pilotage (qui le contrôle, comment…)
    – reste sur le principe de l’antagonisme des choix et non sur la collaboration pour construire
    – enfin, l’expert, dans une démocratie citoyenne me pose aussi problème par la fragilité qu’il a souvent face aux lobbys

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