Miroir de Valem : un projet artistique, libre et solidaire

Classé dans : Artiste, Libres Cultures | 1

Temps de lecture 6 min

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Valem est sculpteur et aime capter les portraits dans leurs scènes de vie. Durant ses voyages au Sénégal, elle a été touchée par La Teranga, terme wolof qui conjugue les valeurs d’hospitalité, de partage et de solidarité des Sénégalais. Elle a donc réalisé de nombreux dessins inspirés de ces voyages et a créé un dispositif solidaire pour venir en aide aux familles en situations précaires. Framasoft communique cet article, car ce projet regroupe les valeurs libristes, artistiques et solidaires que nous tenons à partager.

Famille sénégalaise rencontrée lors des voyages auquel ce projet vient en aide.

Le Miroir de Valem est un dispositif physique d’art numérique libre, solidaire, open-source, low-tech, interactif, contributif et évolutif.

Le concept est que ce miroir puisse renvoyer au spectateur son propre reflet composé, en une « mosaïque d’images », de portraits dessinés en noir et blanc d’après des souvenirs de voyages (environ une centaine réalisés à ce jour et d’autres encore à venir). L’enjeu de l’œuvre est avant tout d’aider les populations qui ont inspiré les dessins constituant les reflets en leur reversant les potentielles recettes générées (également grâce à la cagnotte en ligne).

« Votre reflet n’est pas un simple « selfie », mais plutôt un « altrie ». En reconstituant votre image à partir de portraits de personnes vivant dans une autre partie du monde, le Miroir tisse des liens entre les cultures et les individus pour dessiner une humanité à la fois plurielle et unie. »

Un groupe de 5 étudiants de l’UTC (Université de Technologie de Compiègne) a aidé l’artiste Valem sur le plan technique pour réaliser ce projet, notamment 2 étudiants en Génie Informatique, 1 en Mécanique et Design Produit et 2 en Design d’interface.

Ce dispositif a été mis au point de la manière suivante :

  • le châssis en bois a été fabriqué par un ébéniste (de l’Atelier des Bois Pérennes) sur la base des plans réalisés par les étudiants ;
  • ils ont créé l’application mobile et amélioré le logiciel libre Pixelize afin de pouvoir restituer une photo en mosaïque ;
  • ils ont également placé un écran d’ordinateur derrière un miroir sans tain ;
  • puis une tablette et un Raspberry Pi pour l’interface UX d’interaction.

Un autre groupe de 4 étudiants en gestion de projets a pu aider dans l’élaboration du projet. Ils se sont notamment occupés de la création de l’association Miroir de Valem, des statuts et donc des aspects juridiques, de la communication, de l’organisation économique et des voyages au Sénégal. L’association Miroir de Valem a pour mission de :

  • promouvoir cette forme de création artistique et les valeurs associées ;
  • apporter une aide financière aux familles sénégalaises qui l’ont inspirée.

De plus, en janvier 2020, 2 étudiants en Génie Informatique les ont rejoints à plein temps pour terminer les logiciels embarqués dans le miroir, sur une tablette Android et un Raspberry Pi. La tablette héberge une application qui permet à l’utilisateur·ice de communiquer avec le miroir. Elle communique elle-même avec le Raspberry qui est en charge de transformer la photo originale en reflet et de l’afficher sur le miroir.

Schéma d’usage du Miroir.

Pour Valem, le but du projet est d’avoir une double transmission des connaissances : elle dispose de compétences artistiques et de l’ouverture à la culture sénégalaise ; les étudiants ont les savoir-faire techniques qui lui manquaient pour la réalisation du dispositif et la communication. Le projet a été riche d’échanges et de partages de notions pour tous ces acteurs. Certains d’entre eux ont eu le privilège d’être accueillis dans une famille (d’environ 30 personnes) pendant une ou plusieurs semaines. Le but du projet est donc de partir de ce point d’ancrage, donc de cette famille, pour ensuite aider d’autres familles et le quartier entier. En effet, suite à la pandémie du Covid-19, le Sénégal a été très impacté économiquement car deux de ses principales sources de revenus sont le tourisme et la pêche. Afin de mieux répondre aux besoins de cette population qui a une façon de vivre et des besoins différents des nôtres, l’association bénéficie d’un contact de confiance sur place, afin de définir au mieux quelles solutions leur proposer.

Quelle est la dimension libriste de ce projet ?

Vous pouvez copier, utiliser, partager et diffuser les dessins, le dispositif physique, les logiciels et les contenus du site web selon les droits qui vous sont accordés par leurs licences libres (voir page Crédits du site web du Miroir de Valem). Le but est que chacun·e se serve du dispositif, partage les images comme il ou elle le souhaite. Les plans du châssis en bois, le code source de l’application, les réglages du Raspberry Pi ainsi que l’application à installer sur celui-ci sont disponibles sur Framagit. Le but est de pouvoir proposer des améliorations ou même, si l’on est artiste soi-même, de pouvoir réaliser un projet comparable avec ses propres œuvres, toujours dans un but de solidarité envers les plus démunis.

Où les rencontrer ?

À l’exposition Art Up programmée (et reportée) en février 2021 à Lille (salon d’art international) afin de confronter le Miroir à un public qui vient à la rencontre/découverte des artistes, mais qui est possiblement peu sensibilisé à la culture libre.

Aux Journées Des Logiciels Libres de Lyon reportées également en avril 2021. Cette fois, c’est pour toucher un public libriste averti (ou cherchant à se sensibiliser), mais qui ne s’attend pas forcément à ce que les valeurs du libre animent un projet artistique.

Ensuite, de belles rencontres sont envisagées : comme celle de travailler avec l’ambassade du Sénégal et des villes jumelées avec des villes sénégalaises afin d’organiser des événements plus généraux ou ouverts à tous types de public, comme une fête locale.

Enfin, le projet sera présenté à la Fête de la Science de l’UTC en octobre, à un public jeune qui n’est pas forcément sensible a priori à l’art ni au libre au départ.

Ce projet permet d’aborder plusieurs concepts pouvant être mobilisés pour la construction de sociétés soutenables : la solidarité, la création collective, l’approche low-tech, la culture libre, l’économie du don, les équilibres Nord/Sud, etc. Pour transformer la société au regard des enjeux environnementaux auxquels on fait déjà face, soutenez le Miroir de Valem.

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  1. Valérie

    Merci à toute l’équipe de Frama pour cet article !!! et à toutes les personnes qui ont contribué à ce projet et qui continuent à la faire vivre ;-)…

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