Argos Panoptès : la supervision de sites web simple et efficace

Temps de lecture 2 min

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Un nouvel outil de supervision de sites web vient de sortir de la forge de Framasoft, tout beau, tout neuf, tout simple. Mais pourquoi ? On vous explique tout !

Le problème

Chez Framasoft, nous avons beaucoup de sites web. Vous connaissez les adresses de nos services, https://framacarte.org pour Framacarte, https://framapad.org pour les pads, etc.

Mais il y en a bien plus sous le manteau : nos outils associatifs (un Nextcloud, un Odoo, des wikis…), les versions de test des services (soit pour tester un nouvel outil, soit pour vérifier que la mise à jour se passera bien…), les sites des amis qu’on héberge (coucou Grisebouille, Affordance et les autres 👋), etc.

Comme je (nda : Luc) suis quelqu’un de plutôt méticuleux, tous nos sites sont supervisés, c’est-à-dire que nous avons un système qui vérifie périodiquement qu’ils fonctionnent bien, de façon à détecter rapidement un souci et le résoudre au plus vite.

Jusque là, nous utilisions Shinken pour toute notre supervision : aussi bien celle des sites web que celle des serveurs. Mais nous commencions à nous heurter à différents problèmes :

  • Shinken est en Python 2, une version totalement obsolète de Python, ce qui n’augure pas bien de la pérennité de l’outil (il est question d’une version en Python 3, mais qui se fait largement attendre)
  • nous avons trop de sondes (c-à-d de choses à superviser) pour que la vérification des sites se fasse suffisamment régulièrement à mon goût (je veux des tests toutes les 5 minutes, pas tous les quarts d’heure)

Nous devons migrer vers une autre solution de supervision, mais pour ça, il faut du temps que nous n’avons pas. Et Shinken fonctionne toujours, donc ce n’est pas une chose que je juge urgente.

Cependant, avec l’ouverture de Framaspace, le nombre de sites à surveiller allait nécessairement exploser (plus de 1 000 espaces à l’heure actuelle).

Il nous fallait donc une solution de supervision pour les sites pour éviter d’augmenter les problèmes de délai entre chaque vérification de site.

Anakin : « J’ai besoin d’un logiciel de supervision ». Padme, tout sourire : « Donc tu vas en prendre un qui existe ? ». Anakin ne dit rien et la regarde avec un rictus. Padme, inquiète : « Tu vas en prendre un qui existe, hein ? »

Une devise du monde Unix est « Un outil qui fait une chose et qui le fait bien ». Suivant cela, j’ai cherché des outils de supervision de sites web et de rien d’autre. J’ai trouvé statping-ng et Uptime Kuma.

Malgré leurs qualités, ces solutions souffrent du même problème : l’affichage sur la page d’accueil des résultats de toutes les sondes, avec l’historique des résultats sous forme d’une petite frise chronologique. Avec quelques sites à superviser, pas de souci. Avec plus de 100 sites, soit c’est l’affichage qui ne fonctionne plus, soit c’est le service lui-même qui peine… très fort !

Il nous fallait donc créer nous-même notre outil de supervision !

La solution

Comme la plupart des développeurs, j’ai commencé par le plus important : trouver un nom à notre logiciel ! 😅

Pour rester dans la thématique de la mythologie grecque des développements faits pour Framaspace, j’ai cherché sur le web et suis tombé sur Argos Panoptès, géant aux cent yeux, dont l’épithète Panoptès signifie « celui qui voit tout » (on se contentera de l’appeler « Argos » dans cet article)

La deuxième chose la plus importante dans le développement est… le temps disponible. Et nous n’en disposions pas. C’est pourquoi nous avons pris un prestataire, Alexis Métaireau, développeur entre autres du générateur de site statique Pelican, et de l’outil de gestion de dépenses à plusieurs I Hate money (repris dans l’app cospend sur Nextcloud), pour poser les bases d’Argos, en suivant notre cahier des charges.

Pour voir comment s’est passée notre collaboration, je vous renvoie à l’interview croisée d’Alexis et de votre serviteur.

La simplicité

Argos devait être simple pour être efficace. L’écran d’accueil est donc dépouillé du superflu et n’indique que le nombre de sites surveillés regroupés par état (inconnu, OK, attention, critique).

Capture d’écran de la page de statut d’Argos

Les mêmes informations sont aussi disponibles en JSON via un point d’API. À vous d’en faire ce que vous voulez, comme par exemple afficher une notification sur votre bureau si tout n’est pas au vert, déclencher un son… voire intégrer le résultat d’Argos dans votre solution de supervision pour tout avoir au même endroit ! L’API est auto-documentée sur le logiciel (la documentation est accessible depuis l’interface d’Argos).

La simplicité d’Argos réside aussi dans son mode d’installation : un simple pip install argos-monitoring aussi bien pour le serveur central que pour l’agent, une création d’une base de données PostgreSQL, un fichier de configuration en YAML et c’est tout. Avec ça, on a tout ce qu’il faut pour faire tourner le service.

La robustesse

Un mot : PostgreSQL. J’ai toute confiance en PostgreSQL pour encaisser une forte charge comme pourrait lui envoyer Argos.

Quelqu’un susurre « PostgreSQL » à l’oreille d’une autre personne, on voit un bras couvert de chair de poule

Plus concrètement, nous sommes passés de ±300 vérifications avant Framaspace à près de 2 000 en surveillant les espaces créés et Argos ne bronche pas.

Cela fait plusieurs mois maintenant que nous utilisons Argos en conditions réelles et passé la phase de débogage, ça se passe parfaitement bien 🥰

L’évolutivité

Vous ajoutez plein de sites et l’agent qui s’occupe de faire les vérifications et de les envoyer au serveur central ne suffit plus ? On peut ajouter autant d’agents supplémentaires que nécessaire en quelques minutes.

Vous voulez créer une nouvelle manière de vérifier que votre site fonctionne bien ? Le site de documentation est riche d’informations pour les développeur·euses et vous tend les bras 🙂

Les moyens de notifications actuels (mail et Gotify à l’heure de l’écriture de cet article) ne vous conviennent pas ? Le code, en Python, est très propre et il est très simple d’ajouter… à peu près n’importe quel moyen de communication, d’un webhook Mattermost à un SMS via une plate-forme quelconque.

Conclusion

Nous avons maintenant une solution de supervision spécialisée simple et efficace, flexible de par la simplicité de son code et qui nous donne déjà entière satisfaction.

Moins de fonctionnalités, moins de code. Moins de code, plus facile à modifier. Plus facile à modifier, plus facile à modifier.

Si Argos est déjà pleinement fonctionnel, il ne tient qu’à nous (et à la communauté !) de l’améliorer. Il y a déjà quelques tickets, majoritairement pour améliorer la documentation, mais pas que.

Est-ce qu’Argos Panoptès sera adopté par les administrateurices systèmes, du dimanche ou pas ? On verra bien !

Liens

Pour celleux qui se demandent pourquoi une queue de paon en image d’illustration de cet article : la déesse Héra a préservé, sur une queue de paon, les cent yeux d’Argos Panoptès après sa mort.

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Debianeux convaincu, Perliste fou, administrateur système de métier, je passe mon temps à mettre les machines de Framasoft à jour ou à coder.

3 Responses

  1. Booteille

    J’ai beaucoup ri en lisant l’article et ses mêmes.

    Merci Luc !

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