Temps de lecture 21 min
ReseauCulture.fr est une instance Mastodon initiée par des acteurs français du monde des arts et de la culture qui s’engagent à partager des informations culturelles de façon plus indépendante et plus éthique. Sur Framablog nous avons souhaité interviewer Maxime Guedj, qui accompagne le projet, pour en savoir plus sur la genèse de cette initiative et sur les enjeux liés à l’utilisation de Mastodon et du fediverse par les institutions culturelles.
Framasoft (ft. Pyg) – Bonjour Maxime, pour commencer, peux-tu te présenter ?
M.G. – Bonjour Pierre-Yves, merci pour cette invitation et un grand bonjour à toute la communauté Framasoft ! Je m’appelle Maxime Guedj et je dirige Pcfh Studio qui s’adresse à des organisations éclairées sur les enjeux contemporains et les accompagne pour concevoir, améliorer et faire grandir des solutions numériques à dimensions éthique, conviviale et émancipatrice.
C’est, à mon échelle, une façon de répondre à une question qui m’anime : « Que peut-on fabriquer aujourd’hui qui puisse être éventuellement ressource pour ceux et celles qui viennent ? ». Elle est issue d’un ouvrage de Isabelle Stengers, intitulé Résister au désastre.
Mon engagement a pris racine lors de l’écriture du livre Déclic aux côtés de la journaliste Anne-Sophie Jacques. Publié début 2020 par Les Arènes, nous nous attachions à y décortiquer les raisons de l’hégémonie des Gafam et les risques concrets que cela faisait peser sur nos démocraties, puis nous nous penchions sur les solutions pour y répondre, notamment en mettant en avant celles et ceux engagé·e·s depuis des décennies à faire advenir des outils numériques véritablement émancipateurs. Il y était question de Framasoft bien évidemment !
Pour revenir à Pcfh Studio, les problématiques auxquelles je réponds vont de la conception d’outils et plateformes, à de l’animation de communauté en ligne, de l’organisation de campagne de financement participatif, en passant par de l’accompagnement stratégique. J’ai la chance d’œuvrer auprès d’organisations de toutes tailles, du collectif associatif tel que IndieHosters, auquel j’ai contribué de 2020 à 2023, à plus récemment des acteurs institutionnels tels que l’ONDA – Office national de diffusion artistique, l’Atelier de Paris CDCN ou encore le service du numérique du Ministère de la Culture avec l’instance Mastodon reseauCulture.fr.
Framasoft – Peux-tu nous présenter rapidement reseauCulture.fr ?
M.G. – reseauCulture.fr est une instance Mastodon initiée par des acteurs français publics et privés du monde des arts et de la culture qui s’engagent à partager des informations culturelles de façon plus indépendante et plus éthique.

👉 Pause pour celles et ceux qui ne sauraient pas ce qu’est Mastodon
Mastodon est un réseau social dont l’expérience s’apparente à celle de X (un fil avec des publications courtes comportant du texte, des liens, des médias…) mais qui diffère fortement en termes de communautés et de fonctionnement, et donc de contenus. Il est opéré directement par une partie de ses usager·e·s de telle manière qu’il n’y a ni publicité, ni exploitation de vos données, ni algorithme qui trie votre fil pour abuser de votre attention. Les contenus sont modérés au sein de chaque communauté qui compose le réseau, ce qui contribue à limiter efficacement les situations de harcèlement en ligne et de prolifération de fakes news et slop IA. Et donc ce qu’on appelle une instance constitue en quelque sorte un « bout » de ce réseau.
Mastodon existe depuis près de 10 ans et ne cesse de croître avec près d’un million de personnes actives le mois dernier (sur 8,6 millions d’inscriptions) réparties sur quelques 8700 instances environ (voir ici). Plus largement, Mastodon est interconnecté avec d’autres réseaux qui proposent diverses expériences de partage en ligne (photos et stories sur Pixelfed, vidéos sur Peertube, critiques de livres sur Bookwyrm, évènements sur Mobilizon, etc.) formant ainsi ce qu’on appelle le fediverse (14 millions d’inscriptions réparties sur 42000 instances environ).
Pour aller plus loin et comprendre comment tout cela est possible, je suggère cette excellente vidéo de Elena Rossini et le guide introductif Bienvenue dans le Fédivers par Timothée Goguely et Dobody.
ReseauCulture.fr est une initiative du service du numérique du ministère de la Culture, porté par Myriam Fleuret, déléguée au Numérique Responsable du ministère de la Culture.
On retrouve parmi le cercle qui a monté cette instance le Muséum national d’Histoire naturelle, Paris Musées, le Palais de Tokyo, l’Odéon Théâtre de l’Europe, le 104, l’ÉNSA Versailles, les Champs Libres, PassCulture, ou encore Rennes Ville et Métropole.

Cette instance dédiée, libre, ouverte et indépendante a été lancée dès juillet 2025. Pensée comme un « pas de côté numérique », elle permet aux institutions culturelles de partager contenus, actualités, réflexions et dialogues dans un environnement respectueux et non intrusif.
Le projet vise à créer un espace convivial, bienveillant et indépendant, où la culture peut s’exprimer hors des logiques de viralité et de captation de l’attention. Les initiateurs souhaitent reprendre la main sur leurs communications et leurs liens avec les publics, tout en testant collectivement de nouveaux usages.
Chaque mois, ses membres se retrouvent en ligne lors d’une assemblée ouverte pour s’entraider, partager leur retour d’expérience et prendre soin du projet.
Les inscriptions sont ouvertes à toutes les structures culturelles désireuses d’explorer une voie plus éthique pour leur présence en ligne.
Framasoft – Pourquoi avoir créé reseauCulture.fr ?
M.G. – Sur fond de seconde investiture de Donald Trump aux États-Unis, du duo électrique Trump-Musk, et du soutien affiché de Mark Zuckerberg (Meta), Jeff Bezos (Amazon), Sundar Pichai (Google), Tim Cook (Apple) et d’autres patrons de la Silicon Valley à leur nouveau président (source) nombreux·se·s sont celles et ceux qui s’interrogent et un véritable mouvement d’exode, porté par le hashtag #helloquittex, s’engage pour quitter X.

Je pense par exemple à Ouest France, Le Monde et Libération du côté des médias. Du côté des politiques, nombreux·se·s tirent également la sonnette d’alarme et quittent collectivement X. Même chose du côté du monde associatif avec Emmaüs France qui porte une tribune signée par 86 associations et syndicats. Idem du côté des institutions muséales avec Paris Musées, le Centre Pompidou, le Muséum national d’histoire naturelle et d’autres qui décident d’arrêter de publier ; ou encore du côté des collectivités territoriales avec Paris, Lyon, Poitiers, Toulouse… (voir ici).
Bref, quitter X devient une évidence pour de nombreuses raisons probablement bien connues des lecteur·ice·s de ce blog et plus largement encore tant le sujet a fait (et continue de faire) débat. Quelques indices : désinformation, modération des contenus en berne, discours haineux et abusifs en hausse, ingérence…
Les interrogations montent aussi du côté de celles et ceux qui sont actif⋅ve·s sur les plateformes de Meta que sont Facebook et Instagram. Aux questions d’impact écologique du numérique et de lutte contre la désinformation, s’ajoute celle de la « souveraineté numérique ».
Les organisations qui s’appuient sur ces plateformes pour être en lien avec leur audience réalisent progressivement leur dépendance à une poignée d’entreprises opérées de l’autre côté de l’Atlantique : que se passerait-t-il si demain mon compte venait à être invisibilisé par leurs algorithmes voire supprimé arbitrairement ? Comment protéger ma communauté d’un raid de commentaires haineux ? Comment s’engager dans une démarche écoresponsable visant à publier moins de contenus vidéos ou à réduire mon rythme de publication pour préserver l’attention de mes abonné·e·s alors que l’algorithme qui m’est imposé par ces plateformes récompense précisément l’inverse ? etc.
En bref, les limites d’une présence en ligne réduite aux seuls réseaux sociaux dominants (X, Facebook, Instagram, Youtube, TikTok, etc), tous basés sur le même modèle centralisé d’exploitation des données suivant la logique du capitalisme de surveillance (cf. les travaux de Soshana Zuboff), se font sentir de plus en plus clairement.
Partant de ce constat, j’échange, au printemps 2025, avec Christine Debray, alors déléguée au Numérique Responsable au ministère de la Culture. Depuis 2021, elle y pilotait notamment la stratégie numérique responsable, qui a permis au ministère d’être la première administration à obtenir, dès 2024, le label « Numérique Responsable ». Les enjeux liés aux réseaux sociaux et à leurs alternatives plus éthiques relevaient alors directement des sujets couverts par sa mission.
C’est ainsi, sous l’impulsion de Christine, que se construit le Cercle d’exploration des réseaux sociaux indépendants, un programme d’accompagnement qui s’adresse à une douzaine de structures et se déroule sur 9 mois suivant trois cycles : 1) découvrir les atouts de ces autres réseaux sociaux, 2) faire exemple, 3) bifurquer ensemble.
Il me semblait particulièrement important que la proposition dépasse le cadre théorique d’une formation classique pour se muer en une invitation concrète à opérer un véritable pas de côté. Je souhaitais que les participant·e·s ne découvrent pas seulement les atouts de tel ou tel autre réseau social mais en fassent l’expérience, dans un cadre collectif et sur un temps suffisamment long à même d’accueillir les différents rythmes de chaque structure et d’offrir suffisamment de recul pour en tirer des conclusions informées.
C’est ainsi que l’idée d’organiser le programme autour de la création d’une instance Mastodon a émergé. Ça me semblait le plus adapté pour leur permettre de traverser une expérience collective et concrète : choisir le nom de l’instance, définir ses règles d’inscription et de modération, son mode d’hébergement (en France)…
Ça peut être assez vertigineux quand on y pense. Il faut bien réaliser que le travail principal d’un·e community manager c’est de s’adapter en permanence au diktat de Facebook, Instagram, Youtube, etc, dont les algorithmes ne cessent de changer et ce, sans aucune transparence. C’est ainsi que s’est construit ce métier depuis près d’une décennie. Et soudain, on vous propose non pas de créer un compte sur une énième plateforme mais de constituer votre propre bout de réseau social, de véritablement retrouver la main sur la relation que vous voulez construire avec votre communauté en ligne, d’être relié directement avec chacun·e de vos abonné·e·s, sans aucun intermédiaire. Voilà ce que cela veut dire que de rejoindre le réseau social décentralisé qu’est Mastodon, et plus largement le fediverse.
Framasoft – Il y a tout de même moins de monde sur Mastodon que sur Instagram ou Twitter/X. Cela n’a-t-il pas été un frein pour les structures de mettre de l’énergie pour être présentes sur un autre réseau social ?
M.G. – Certes, les équipes de communication de ces structures sont déjà très prises, voire sous tension, mais cela notamment aussi parce que les algorithmes d’Instagram, TikTok, etc. leur imposent de publier à un rythme toujours plus soutenu. À cela s’ajoute que la portée des publications (le ratio entre le nombre de personnes ayant « vu » une publication dans leur fil d’actu sur le nombre d’abonné·e·s au compte de la structure) ne cesse de diminuer. Sur Instagram par exemple, une entreprise spécialisée dans le marketing digital comme Hootsuite indique qu’une portée de 12 % est une bonne moyenne à atteindre en 2026. Concrètement, près de 88 % des abonné·e·s de votre compte ne sont en fait pas atteignables. Sans surprise, pour améliorer la visibilité d’une publication il faut alors passer par la case « sponsorisation » ce qui se traduit par des budgets de plus en plus significatifs. Une situation de plus en plus complexe à gérer à mesure que le secteur de la culture est par ailleurs fortement mis à l’épreuve sur le versant économique.
Outre cet aspect, les institutions culturelles constituent des remparts importants pour la liberté d’expression et des acteurs de vérité en ces temps de brouillage informationnel et de repli géopolitique. Ne compter que sur des plateformes américaines (Meta, Instagram, Youtube, Linkedin…) ou chinoise (Tiktok) n’est peut-être pas la meilleure voie pour répondre pleinement à ces enjeux.
Enfin, nombre de ces institutions ont une mission de service public qui implique une accessibilité à leurs ressources par le plus grand nombre. Or, les plateformes que sont Facebook, Instagram, X, etc. rendent de plus en plus difficile l’accès à leurs contenus aux personnes qui n’y ont pas de compte. De ce fait, concentrer sa communication sur ces plateformes revient à se couper d’une part significative du public qui a fait le choix de ne pas y être.

Pour autant, quitter Instagram par exemple leur semble encore trop risqué.
Nous avons donc fait le choix d’explorer un autre réseau social avec l’espoir de rendre leur présence en ligne plus robuste et de gagner en indépendance progressivement. Ou encore de préparer l’avenir quand tout indique que le fonctionnement de Meta, TikTok & co. suit la logique de merdification, concept forgé par Cory Doctorow. Rejoindre le réseau Mastodon/Fediverse s’est avéré aussi valorisant auprès d’un public sensible à des pratiques numériques plus éthiques.
In fine, l’angle qui a été suivi — et que des réseaux tels Mastodon et le fediverse permettent véritablement d’envisager — c’est de se départir d’une logique d’exploitation qui vise sans cesse à capter l’attention d’une masse d’utilisateur·ice·s pour aller vers une démarche constructive, qui se concentre sur la question essentielle de la relation que les structures culturelles souhaitent entretenir avec leur public, aujourd’hui et demain.
Framasoft — Parlons maintenant du processus de création du projet : comment ReseauCulture.fr s’est-il mis en place ? Quelle a été la méthodologie ?
M.G. – C’est un programme d’exploration qui s’est déroulé sur 9 mois. Dès le premier jour, il a été clairement énoncé que les membres du cercle décideraient ensemble de prolonger ou composter l’expérience à l’issue de cette période. Après un temps de présentation aux réseaux sociaux indépendants et plus particulièrement du fediverse (Mastodon, Peertube, Pixelfed, etc) nous avons créé une instance Mastodon. Lors d’un atelier en présentiel, les participant·e·s ont été amené·e·s à imaginer son intitulé, à en proposer les règles de modération, à penser sa raison d’être, à définir son logo (ensuite réalisé par Thibault Daumain.

Puis est venu le moment de se lancer : chaque membre a préparé son profil, publié son post d’introduction et, au fil des ses publications, s’est constitué une ligne éditoriale.

Enfin, les membres ont fait connaître leur nouvelle présence sur reseauCulture.fr auprès de leur public, en postant à ce propos sur Instagram et Linkedin, ou encore en ajoutant le lien vers leur compte Mastodon sur leur site officiel et leur brochure.

En parallèle, j’ai constitué un espace de documentation en ligne où l’on pouvait retrouver les comptes-rendus de chaque point d’étape et des fiches d’aide permettant aux participant·e·s de s’approprier Mastodon à leur rythme. Ce centre de documentation a été rendu public sur doc.reseauCulture.fr, j’espère qu’il pourra être utiles à d’autres !

On peut également y retrouver les résultats de l’enquête « Mastodon/fediverse, la culture et vous » qui permet de mieux connaître les attentes de ces communautés.
Le programme était par ailleurs ponctué d’interventions de personnes ressources. J’en profite pour remercier très chaleureusement Renaud Chaput (directeur technique de Mastodon), Gaëtan Lefeuvre (responsable social media chez Mediapart, Mehdi Jacques (à la communication numérique de la Ville de Blois, présente sur Mastodon depuis 2020), Francesca Musiani (chercheuse au CNRS et directrice du Centre Internet et Société) et Elena Rossini (réalisatrice et documentariste) pour leur précieuse contribution.
Globalement, les retours de cette exploration se sont révélés très positifs, au-delà de mes attentes, pour être tout à fait franc. Les institutions ont été très bien accueillies par les communautés Mastodon/fediverse, avec beaucoup d’enthousiasme et de soutien.

Une présentation publique de ces retours s’est déroulée le 15 avril dernier au Ministère de la Culture. Je vous invite à consulter le replay pour découvrir dans le détail ce que cela a apporté aux différentes structures, avec notamment les témoignages du Palais de Tokyo, de l’Odéon Théâtre de l’Europe et du Muséum national d’Histoire naturelle.
Framasoft — Comment ça se passe au quotidien ? Qui paie l’hébergement ? Qui fait la maintenance ? Qui modère ?
M.G. – Le Ministère de la culture soutient financièrement le programme, ce qui inclut mon accompagnement mais également mon temps à modérer l’instance et l’hébergement/maintenance qui est confié à Bearstech.
Au-delà de la coordination du groupe, j’opère la modération des contenus, le suivi et l’accueil des nouvelles inscriptions.
Chaque structure a trouvé son rythme progressivement. Les équipes ont par ailleurs découvert qu’animer sa communauté sur le fediverse n’a rien à voir avec les autres réseaux sociaux dominants. En effet, comme toutes les publications atteignent les abonné·e·s dans leur fil d’actu, un rythme de publication moins intense tel qu’un post tous les 3-4 jours est déjà suffisant. Tout dépend évidemment de la ligne éditoriale de chaque structure et de la nature de ses publications.
Framasoft — À ton avis, ce processus pourrait-il être appliqué à d’autres champs thématiques, avec d’autres structures (par exemple : le sport, l’éducation, la santé, etc) ?
M.G. – Oui tout à fait ! Il y aurait probablement des petites adaptations à penser selon les contextes mais ça me semble parfaitement déclinable pour d’autres champs d’intérêt. Ce serait une grande joie d’accompagner d’autres groupes ou bien de transmettre mon approche à des personnes qui voudraient proposer la chose autour d’elles.
Framasoft — Si vous deviez refaire ou revoir quelque chose dans le processus de création, qu’est-ce que vous changeriez ?
M.G. – On a perdu quelques structures durant le programme parce qu’elles ne pouvaient pas y investir le temps nécessaire à ce que cela donne des résultats intéressants. Il était crucial que chacun·e se sente libre de pouvoir arrêter l’expérimentation à tout moment. Si on l’avait mieux anticipé, je pense qu’on aurait pu accueillir quelques membres supplémentaires au démarrage.
Framasoft — Avez-vous envisagé de faire un équivalent, par exemple pour l’hébergement de vidéos, à base de PeerTube par exemple (oui, la question est orientée et notre curiosité est assumée ! ;-) )
M.G. – C’est une idée ! Il se peut que l’exploration d’autres applications interconnectées au fediverse telles que Peertube puisse intéresser les membres de reseauCulture.fr.
Au-delà de reseauCulture.fr, si la question est la possibilité de monter un tel programme d’exploration autour de Peertube, cette première expérience pourrait servir de base. Il faudrait pouvoir en discuter avec des structures qui voient un intérêt à rendre disponibles leurs contenus vidéo ailleurs que sur Youtube, Vimeo & co.
Framasoft — Quels sont les objectifs que vous vous fixez pour les prochains mois et, soyons fous, les prochaines années ?
M.G. – À l’échelle de Pcfh Studio, mon objectif est d’accompagner reseauCulture.fr dans son évolution aussi longtemps que ses membres le jugeront utile, et de mener ce programme avec d’autres groupes qui le souhaiteraient pour contribuer plus encore à l’essor de Mastodon et du fediverse.
À l’échelle de reseauCulture.fr, l’initiative se fait connaître et de nouvelles structures rejoignent l’instance. Je pense par exemple au Musée d’Orsay, à la scène musicale Les Cuizines située à Chelles, au Théâtre National de Bretagne ou encore au Réseau Chainon qui représente un maillage de près de 400 structures réunies dans 11 fédérations régionales sur l’Hexagone.
Les objectifs vont probablement être discutées dans les prochaines assemblées ouvertes lors desquelles se réunissent chaque mois les membres. Actuellement, l’enjeu principal est d’accueillir de nouveaux membres. À plus long terme, je souhaite à cette instance de devenir véritablement un commun à l’image des structures culturelles qui le portent pour faire advenir un espace en ligne résolument fidèle à l’éthique qu’elles partagent.
Framasoft — Si d’autres structures veulent vous rejoindre, quels sont les critères de sélection, et comment procéder ?
M.G. – Il faut simplement être en accord avec les règles décrites sur reseauCulture.fr et si ça convient à votre structure faire une demande d’inscription en suivant cette fiche explicative. Les structures qui sont déjà présentes sur Mastodon et souhaiteraient déménager d’instance sont aussi les bienvenues évidemment.
Pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir plus avant de se lancer, ne pas hésiter à consulter le centre de documentation doc.reseauCulture.fr et plus particulièrement cette FAQ / Argumentaire. Je réfléchis par ailleurs à organiser des webinaires de présentation, si ce format vous intéresse laissez-moi votre email dans ce formulaire et je vous tiendrai informé·e.

Et pour celles et ceux qui nous lisent mais ne font pas partie d’une structure culturelle, vous en fréquentez forcément ! Faites-leur connaître l’initiative ! Salles de concert, théâtres, musées, cinémas, bibliothèques, opéras, tiers-lieux, écoles d’art et j’en passe… On compte sur vous !
Enfin, pour suivre et interagir à titre individuel avec les structures membres, vous pouvez retrouver tous les comptes dans l’annuaire reseauCulture.fr) (certain·e·s sont fraîchement inscrits et n’ont pas encore publié, n’hésitez pas à les suivre tout de même, ça les motivera à se lancer !) Et si vous n’êtes pas (encore) sur Mastodon ou le fediverse, voici une fiche explicative.
Framasoft — Question relativement récurrente dans les interviews du Framablog : y a-t-il une question que vous auriez aimé qu’on vous pose ?
M.G. – reseauCulture.fr est un exemple d’instance Mastodon portée par une thématique commune et reliant des structures. Pour autant, il me paraît important dans le même temps de penser comment s’engager et soutenir des initiatives qui puissent favoriser l’essor d’instances qui s’adressent aux personnes à titre individuel.
Il y a évidemment l’instance généraliste francophone Piaille.fr qui fait un excellent travail et que nous recommandons dans cette fiche adressée aux personnes souhaitant se lancer sur Mastodon et le fediverse pour suivre les actus des membres de reseauCulture.fr. Il y a aussi des instances thématiques comme mastodon.design ou encore social·sciences.re.
Cependant, si dans 1 à 2 ans les structures qui se sont lancées aujourd’hui sur reseauCulture.fr ne voient pas leurs communautés grandir significativement, il est probable que tout cela s’essouffle. Le moment n’a jamais été aussi opportun pour favoriser un réseau social plus éthique tel que Mastodon et plus largement le fediverse. La grande majorité de la population est au fait des limites et dérives néfastes des réseaux sociaux dominants, c’est maintenant que ça se joue.
Donc plutôt qu’une question qui me serait posée, voici celle que je souhaite partager en conclusion : comment fait-on pour nourrir et faire grandir ce mouvement en-dehors de nos communautés techniques/libristes déjà convaincues ?
Si certain·e·s ont des idées et projets à ce sujet, retrouvez-moi sur @imacrea@mamot.fr pour échanger :)
Laisser un commentaire