Ubuntu et Mozilla : l’inévitable alliance pour résister à Google ?

Temps de lecture 8 min

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Jane Rahman - CC byJe suis de ceux qui pensent que le futur Chrome OS de Google est susceptible de bousculer les hiérarchies établies.

Pour rappel Chrome OS sera un système d’exploitation reposant uniquement sur le navigateur Chrome. Tout se fera en ligne, dans les nuages, et si vous n’allumez plus votre machine que pour aller sur Gmail, Reader, Twitter ou Facebook, alors vous êtes une cible toute indiquée.

Imaginons en effet que les premiers ordinateurs Chrome OS, prévus pour la fin de l’année 2010, soient un succès. Hypothèse plausible parce qu’un netbook sexy, peu cher, rapide au boot (on parle de 5 secondes) et rapide à la navigation (et encore plus rapide sur les services Google  : Gmail, Docs, YouTube, Maps,etc), ça peut tenter même les plus rétifs.

Si le succès est donc au rendez-vous alors vous pourrez toujours arriver avec vos beaux (mais anciens) discours de migration vers des alternatives libres (change ton Internet Explorer pour Firefox, change ton Windows pour GNU/Linux), les gens s’en foutront complètement. Cela n’aura aucune prise sur eux, s’ils ont déjà entre les mains ce nouveau terminal véloce et sécurisé, qui se met à jour tout seul, et qui ne demande aucune installation classique du moindre logiciel (du reste la notion même de logiciel disparait, quant à nos bons vieux fichiers ils ne se portent guère mieux).

D’ailleurs si on se regarde un peu le nombril, c’en est également fini du service global que rend le réseau Framasoft, mais j’y reviendrai dans un futur billet[1].

La menace est réelle (d’autant que Google met le paquet comme jamais niveau marketing pour le faire connaître). Il eut été rassurant qu’elle vienne du Grand Méchant Microsoft, mais c’est ici bien plus complexe que ça, puisque c’est du plus grand contributeur mondial open source qu’il s’agit. Et pour couronner le tout il existe une version libre du navigateur Chrome et de Chrome OS avec la sous-couche Chromium.

Certes, en terme de parts de marché, le navigateur Chrome tient toujours une place modeste. Mais comparons les statistiques du Framablog il y a un an  : Firefox 68 %, Internet Explorer 21 % et Chrome 1 % à celles d’aujourd’hui  : Firefox 66 %, Internet Explorer 14 % et Chrome 7 %. La croissance est significative. Bien sûr c’est avant tout Internet Explorer qui en a pâti, mais Firefox a stagné et même, pour la première fois, un peu baissé.

Or le public de ce blog est un public disons… «  averti  ». Il est sensibilisé au Libre et compte aujourd’hui, parmi ses visiteurs, 32 % de GNU/Linux. Comment expliquer cette forte avancée de Chrome au détriment de Firefox  ? J’ai un peu peur d’en connaître la raison  : bien que fort jeune Chrome est déjà un excellent navigateur qui dépasse techniquement et ergonomiquement Firefox dans bien des domaines (surtout ne l’essayez pas sous Linux avec la rapidité de Firefox en tête  !). D’accord, le panda roux vient de sortir en version 3.6 mais Chrome n’est pas en reste puisque son nouveau millésime 4.0 vient faire tomber l’un des dernières barrières que constituait l’absence d’extensions.

Donc la qualité est là. Et puisque nos usages informatiques se concentrent désormais presque exclusivement sur Internet, la situation est mûre pour que Chrome OS vienne se faire rapidement une place au soleil, en court-circuitant complètement le parcours balisé qui souhaitait inciter les utilisateurs à substituer leur Windows pour du GNU/Linux. Comme dans le même temps Mac OS X continue sa progression (10 % sur le Framablog), on pourrait bien se retrouver à terme avec une situation où les trois géants que sont Microsoft, Apple et Google se partagent le marché des OS grand public en laissant totalement à la marge GNU/Linux.

GNU/Linux abandonnerait alors son ambition grand public pour revenir à la case départ des serveurs et n’être plus qu’un OS pour «  experts bidouilleurs  », ce qu’il avait un peu cessé d’être pourtant avec l’avènement de la populaire distribution Ubuntu.

C’est pourquoi non seulement Firefox est en danger mais également Ubuntu. Du coup, l’article ci-dessous tire le bilan de la nouvelle donne et suggère fortement une association Mozilla Ubuntu pour tenter de contrarier la marche triomphante de Google (on aurait pu s’attendre à une association Mozilla Canonical plutôt, soit dit en passant).

Ce n’est pas idiot. Pour Mozilla et Ubuntu d’abord, mais aussi pour le logiciel libre dans son ensemble qui a beaucoup à perdre dans l’histoire. Parce qu’au final quelle est la plus grande différence entre Mozilla et Google  ? Comparer Le Manifeste de l’un et Les conditions d’utilisation de l’autre vous donnera peut-être un début de réponse…

Ubuntu et Mozilla  : L’inévitable alliance

Ubuntu and Mozilla : The inevitable alliance

Ronnie Whisler – décembre 2009 – Buntufu.com
(Traduction Framalang  : Olivier et Goofy)

Les spéculations sont au journalisme technique ce que sont les prophéties à la religion. Elles n’ont d’importance, de crédibilité ou de génie que si elles se révèlent exactes. Il ne nous viendrait toutefois pas à l’idée de publier un article technique sans y risquer quelques spéculations. Spéculez sur quelques idées folles, c’est l’étincelle qui enflammera la créativité de certains individus ou de certaines entreprises. Vous voyez où je veux en venir  ? Tant mieux, parce que cet article est entièrement conçu à partir de cela. En d’autres termes, tout ce que vous trouverez dans cet article n’est que pure spéculation, je n’ai aucune preuve pour étayer mes dires.

Commençons par une revue des forces en présence. À ma droite, vous avez Mozilla qui nous a prouvé que la guerre des navigateurs n’est pas terminée et que Microsoft n’est pas intouchable. À ma gauche, vous avez Ubuntu qui nous a prouvé que Linux sur l’ordinateur personnel n’est pas une utopie, qu’il peut être simple et populaire. Et finalement, il y a Google qui s’est inspiré des succès des deux autres protagonistes et qui travaille sur son propre système d’exploitation basé sur Linux, dont la pièce maîtresse est le navigateur Chrome.

Certains vous diront que c’est l’évolution. J’appelle plutôt ça tacler ses concurrents en s’appuyant sur leurs points forts et en insistant bien sur le fait que c’est un système d’exploitation tourné vers le Web dédié aux netbooks. Ça n’est, pour moi, rien d’autre qu’un stratagème pour éviter que la concurrence ne réagisse en formant des alliances avant que Chrome OS ne dévoile tout son potentiel.

Est-ce à dire que je pense que Google c’est le mal  ? Non. Cependant, un grand pouvoir implique de lourdes responsabilités, mais leur puissance est telle que céder à la tentation serait facile. La tentation étant ici de tuer toute compétition pour faire rentrer plus d’argent plus facilement et faire gonfler les bénéfices. Dieu seul sait le retard qu’a pris l’Ère du Numérique parce que les hommes et les femmes à la tête de certaines grosses entreprises ont cédé à la tentation. Honte à vous tous.

Ceci étant dit, considérons les points de friction qui pourraient naître entre Google d’un côté et Mozilla et Ubuntu de l’autre si le système d’exploitation Chrome OS devenait populaire. On pense évidemment en premier lieu aux revenus de Mozilla, dont Google est la principale source. Google pourrait commencer à réduire sa rétribution au clic ou à la recherche. Google pourrait étoffer les fonctionnalités de Google search et réserver ses innovations à son navigateur pour vous pousser à utiliser Chrome, etc. On pourrait encore spéculer longtemps comme ça. Mais on a mieux à faire, non  ?

La situation entre Google et Ubuntu me rappelle celle de Microsoft et Sega. Vous souvenez-vous de ce qui s’est passé quand Microsoft a aidé Sega à créer la Dreamcast  ? Moi je m’en souviens  ! Sega n’a pas tenu longtemps et Microsoft a lancé la Dreamcast 2… pardon, la Xbox. Quelque chose me dit que ce scénario pourrait bien se reproduire ici. Canonical devrait rester sur ses gardes. Rien n’empêcherait Google de racheter Ubuntu/Canonical évidemment. Ça ne serait pas si surprenant, après tout, si Mark Shuttleworth sait faire quelque chose, c’est bien créer une société avec le vent en poupe et la revendre avec un joli profit.

Maintenant, si Mozilla et Ubuntu/Canonical venaient à s’allier, ils devraient avoir le poids pour rivaliser avec Google ou n’importe qui d’autre. De toutes façons face aux autres grosses entreprises, ils ne peuvent pas se contenter d’être passifs au risque de se faire écarter du marché qu’ils ont aidé à créer. Fini le temps des «  On verra  ». L’heure est venue de se préparer pour le futur et de choisir des alliés solides.

Notes

[1] Crédit photo  : Jane Rahman (Creative Commons By)

50 Responses

  1. antistress

    Bof.

    2 remarques :

    1°) Pourquoi Ubuntu ? Mozilla est déjà alliée à GNOME. Après, que ce soit Ubuntu ou une autre distribution, ça n’a pas tellement d’importance. Par exemple Intel fournit aussi une bonne base technique avec Moblin que Canonical surveille de près d’ailleurs.

    2°) Finalement l’article préconise l’alliance d’une fondation à but non lucratif et d’une entreprise commerciale : permettez moi de penser que Mozilla, en temps que fondation à but non lucratif, est la plus forte des deux http://libre-et-ouvert.blogspot.com

  2. Hybrid Son Of Oxayotl

    «sécure» est un vilain anglicisme…
    Le mot français est sûr, ou éventuellement sécurisé ;?).

  3. Gillou

    Il est sur que Google prend de plus en plus de puissance.
    Cependant, je ne vois pas ce qu’une alliance Canonical/Mozilla pourrait faire. Ils n’ont pas la même puissance de marque et certainement pas les fonds pour faire contrepoids. De plus ubuntu intègre déjà firefox. Ca fait des années qu’ils essaient de trouver des partenariats pour être installés par défaut.
    On a bien vu l’exemple des SE mobiles. Ca fait des années que des fondations (LiMo etc…) essaient de proposer des Systèmes d’Exploitation basés sur linux. Mais c’est la version de google développée en juste 2 ans qui fini par aller vers le grand public, tout simplement parce que c’est la marque google.

    Il faudrait surtout que les grands distributeurs proposent ubuntu préinstallé sans gonfler le prix de la facture (chez dell, les ordinateurs sous ubuntu sont plus cher à matériel égal !) Un système d’activation donnant le choix du système d’exploitation à l’achat sur tout ordinateur serait la solution idéale.

  4. MotoGL

    Bonjour,
    Je ne crois pas que Google et son ChromeOS joue dans la même cours que MS et GNU/Linux. ChromeOS est dédié aux Netbooks et je ne vois pas l’intérêt de l’installer sur une station de travail. C’est fait pour aller vite, en voyage, sur une aire d’autoroute, au McDO, dans une chambre d’hôtel… Lire et envoyer de mails, créer ou corriger quelques documents avec Google Docs. Reste ensuite la compatibilité entre les documents et OOo sous GNU/linux fonctionne très bien. Même si la part de marché des Netbooks augmente, seul un idiot (moi) n’a qu’un Netbook comme ordi. Donc pour le moment, je crois, ChromeOS n’arrêtera pas la marche de FF ou de GNU/Linux. Et puis si vous êtes venu sous GNU/Linux pour les bonnes raisons, vous ne partirez pas chez Google.
    Cordialement (EeePC 901/eeebuntu base 3.0).

  5. jmax

    tout va dépendre de l’évolution de l’informatique. Quand on regarde autour de soi, les gens s’en servent majoritairement pour envoyer/recevoir des mails, voir des photos, consulter le Net. Le succès des notebook le montre bien. Pour ma part, je pense que c’est la TV branchée sur Internet avec un navigateur Web comme interface à tout faire qui s’imposera (avec le téléphone en appoint). Vous avez pris des photos, vous les envoyez via Wifi vers la TV, un navigateur et hop sur FB, Flick ou Picasa. Des mails ? gmail ou toute autre interface Web. On voit bien que l’OS disparait, au moins dans sa visibilité et que le débat n’a plus lieu. Exit aussi les flash au profit de HTML5 🙂

  6. philippe

    flus rss de ce matin sur le même sujet :
    – installer firefox 3.6 sur ubuntu est un telle galere qu’il illustre le fait que linux n’est pas pret pour le grand public
    http://blogs.computerworld.com/1544
    – canonical signe un partenariat avec yahoo pour que ce soit le moteur de recherche par defaut dans le navigateur firefox d’ubuntu (a la place de google donc)

  7. steph@ne

    le gars n’a pas vu que pour mettre à jour les softs mozilla, il y a un paquet ubuntuzilla qui fait tout tout seul 🙂

  8. -Fred-

    Je rejoins ce qu’a écrit JMAX.

    Je pense que chromeOS se fera rapidement une place au soleil. La majorité des gens qui utilisent leur ordinateur uniquement pour le web, les mails, diverses appli google en ligne, facebook, youtube et autres… regarderont uniquement les avantages immédiats. Pas de prise de tête à installer ou maintenir le système à jour, temps de démarrage super rapide et accessibilité totale n’importe où de ses documents.

    Google, quoi qu’on en pense, fait des services de qualité. Le vrai problème si je puis dire, c’est l’utilisateur justement qui n’a pas une vision à long terme de son utilisation des outils informatiques. Le "cloud", c’est tendance et ça fonctionnera (d’ailleurs, les netbooks sont fait pour ça) mais c’est aussi la perte de contrôle de ses données personnelles. Tant que Google jouera le jeu il n’y aura pas de problème mais le jour où les règles changeront, il sera peut être trop tard.

    Alliance Ubuntu / Mozilla ? Je n’y crois pas trop mais bon, je ne suis pas un expert en la matière. Canonical a participé au développement de ChromeOS, non ?

  9. agustin

    "-installer firefox sur ubuntu est une telle galere qu’il illustre le fait que linux n’est pas prêt pour le grand public"

    Je ne suis pas du tout d’accord sur ce point, je t’explique les raisons:
    – Le grand public auquel tu fais allusion, sait-il quelle version de FF il utilise en ce moment? Est-il au courant que FF 3.6 est sorti il y a quelques jours?
    – En admettant que la réponse aux deux questions précédentes soit oui, a-t-il réellement besoin d’installer FF 3.6 tout de suite? Ne peut-il attendre qu’il lui soit proposé dans une mise à jour de sa distribution? Il a quand même déjà un navigateur qui tourne bien.. certes, il préfèrerait sûrement, comme moi, un navigateur qui tourne mieux, mais bon.
    – Finalement, un lien vers un billet sur lequel je suis tombé par hasard pas plus tard que hier:
    http://www.road2mayotte.org/blog/?p

    Effectivement, j’aimerais moi aussi desfois revenir à mes bonnes vieilles habitudes windows, télécharger ff 3.6, l’installer, et hop, le tour est joué. Mais Linux fonctionne autrement. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas prêt pour le grand public. Dans un sens il est même plus prêt que Windows, puisque toute distribution Linux vient avec une foultitude de logiciels préinstallés (dont le navigateur, même s’il n’en est pas à sa toute dernière versio), pour pouvoir faire quasiment tout ce dont le grand public a besoin. Alors que sous Windows il faut tout installer sur la base d’un système "nu", avec quelques logiciels Microsoft.

  10. Elessar

    @jmax : Ce serait surtout la vie privée et la maîtrise de ses propres données qui disparaîtrait. Avec de grosses régressions en terme de fonctionnalités, quand on compare des logiciels comme OOo et Google Docs¹. Mais après tout, ceux qui ne maîtrisent pas leurs données l’ont choisi de leur plein gré.

    C’est donc à mon avis surtout un défi et une opportunité pour expliquer mieux aux gens les notions, concomitantes a la liberté, de contrôle et de dépendance. Confier ses données à un logiciel qu’on ne maîtrise pas, c’est déjà lui confier leur contrôle et en être dépendant si son format n’est pas ouvert. Les confier à un prestataire comme Google, c’est lui céder entièrement leur contrôle.

    ¹ Google Docs n’implémente aucune notion de style logique. Que les gens s’y habituent serait évolution catastrophique pour les pratiques de rédaction de documents.

  11. Elessar

    @philippe : Non-sens, le grand public se moque d’avoir la toute dernière version, la preuve, il utilise encore pas mal d’Explorer 6 et 7. Il la mettra à jour quand sons système lui proposera.

  12. libre 2009

    Hello !

    En tout cas la fois où j’ai installé le navigateur de Google c’était lorsque la navigation sur le site lemonde.fr était si lente sous Firefox (10 secondes pour avoir une page) que je me suis empressé d’installer Chrome d’autant qu’une pub sur ledit site proposait un encart publicitaire de téléchargement dudit navigateur. De là à penser que la lenteur de Firefox (qui s’est résolu comme par miracle) était une stratégie publicitaire de Google n’est pas à mon sens une vue de l’esprit, car pour Google, Chrome rapportera plus que Firefox, qui rapporte déjà plus que IE… Il en sera de même avec les Systèmes d’exploitation !

    Toutefois il est fort possible que l’intérêt de Google est avant tout de prendre des parts de marché à MS, et à promouvoir le libre afin de surfer sur la vague, d’un océan qui lui "appartient" en parti.
    A+

  13. sylware

    webkit est GNU LGPL, donc je switch à Chromium ou autre basé sur webkit (ex:midori, epiphany quand gtksettings/dconf seront là…) dés que possible…
    Oui, la license à de l’importance pour moi. Si Gecko passe en GNU LGPL… alors là… faudra que je trouve un autre discriminant.
    Euuuh… et aux dernières nouvelles, ChromeOS est construit sur GNU/Linux debian ubuntu… donc si google fait bien les choses, on pourra délocker son PC ChromeOS (sans le cracker) pour se retrouver avec un GNU/Linux debian ubuntu. Si Google met bien la pression sur les constructeurs de matos pour avoir du hard qu’avec les manuels et spécifications… à la fin GNU/Linux est gagnant très méchament.

  14. Elessar

    @sylware : GNU/Linux n’est pas une fin en soi. La liberté des gens est bien plus importante. Et si ça a pour conséquence que plein de gens sous-traitent le stockage de leurs données à Google, c’est une régression majeure.

  15. modagoose

    C’est bizarre de voir le libre en terme de parts de marché.
    C’est bizarre de comparer le libre et l’open source comme si c’était la même chose.
    C’est bizarre de ramener Gnu/Linux à Ubuntu / Canonical.
    C’est bizarre de ne jamais se demander si c’est bien que Ubuntu devienne LA distribution pour les utilisateurs d’Os privateurs passant à Gnu/Linux.
    Le grand public, si tant est que ce terme veuille dire quelque chose, recherche la facilité d’utilisation, au même titre que celui qui utilise son téléphone mobile comme terminal pour surfer sur le Web. Si la solution la plus appropriée vient de Google, il utilisera Google. Il s’agit d’utiliser un outil, il s’agit de performance, d’accéssibilité et de prix.
    Hors le logiciel libre n’est pas qu’un outil, c’est un moyen de réfléchir le monde. La démarche pour l’adopter est très éloignée de la conception de Marché.
    Google ne sera qu’une possibilité d’utiliser un ordinateur, de même que Ubuntu n’en est qu’une, ou un autre Os privateur.
    C’est quoi le but de cet article ?

  16. -Fred-

    @modagoose :
    – Le libre en terme de parts de marché, c’est pour mieux comparer son impact par rapport au proprio. Comment faire autrement ?
    – La comparaison Libre / Proprio aura de moins en moins d’intérêt à l’avenir sans doute. Perso, ça ne me choque pas que l’on fasse la comparaison Libre / Open Source.
    – L’assimilation GNU/Linux en Ubuntu / Canonical est parfois chiante à lire, surtout quand on a conscience de la grande diversité des distributions GNU/Linux. Après Chaque distribution fait des choix qui lui sont propres et là, on parle justement d’un choix hypothétique que pourrait faire le mainteneur d’Ubuntu, à savoir Canonical.
    – Ubuntu en position largement dominante peut avoir quelque chose de dangereux mais pas vraiment de la part de Canonical. Ce serait plutôt lié à l’uniformisation et au formatage qui résulte de ce quasi monopole. Par défaut, on va te dire "sudo apt-get install ton_paquet" par exemple sans même te demander quelle est ta distrib. Les utilisateurs de Debian, Gentoo, Mandriva, etc… devront faire avec.

    On a tord de penser que le grand public est près à passer au logiciel libre pour justement l’aspect libre. A part une petite minorité, il se fout totalement de tout ça. Le grand public est un ensemble de consommateurs et qui réagit en tant que tel. Ubuntu est populaire, non pas parce que c’est une distribution GNU/Linux mais parce que ça répond à des attentes par rapport à d’autres OS de chez Microsoft. C’est aussi pour ça que ChromeOS sera sans doute un succès.

    L’article me semble pertinent même si dans le fond, tu as raison sur bien des points.

  17. Clément Toulemonde

    Je rejoins assez le commentaire de Modagoose. Le libre pour moi est une philosophie, une idéologie je dirais. Cet article pose de bonnes questions, mais compare deux choses différentes. (je ne m’attarderai pas sur la différence entre l’open source et le Libre).
    Il faut prendre en compte la notion de facilité d’utilisation. Finalement, pourquoi Google réussi t’il aussi bien ? il propose des produits simple, et qui sont meilleurs que les autres. Chacun son tour.
    Firefox a toujours été meilleur que IE, maintenant, c’est au tour de Chrome. Il est donc normal qu’il gagne en part de marché.
    Malheureusement, le "grand public" ne connait pas le Libre et s’en fout ! pour lui tant que ça marche et que ça lui simplifie la vie… le coté vie privé lui semble moins important. En fait si le service est bon, l’utilisateur paye en donnant des infos sur sa vie privée.
    Après, tout est en effet une question de confiance mutuelle. Google, tout comme Facebook, ne pourra pas se permettre d’écart important, sans quoi, il risque de voir l’ensemble de ses clients partir. Le problème du libre, c’est que par défaut, il utilise des arguments dont l’utilisateur lambda se fout. Pour gagner des utilisateurs, il faut aller au delà de l’idéologie, et parler d’arguments concrets, tel que la rapidité, fiabilité et l’"usabilité".
    Aucune alliance ne tiendra la route, tant que les produits qui en sortent ne sont pas meilleures que les solutions propriétaires.
    A quand un service équivalent à Gmail (en terme de qualité) qui respecte l’idéologie du libre ? même payant ? le jour ou cela existe, je signe !

  18. gnuzer

    Si Window$ perd des parts de marché, ce n’est pas parce qu’il est privateur, mais parce qu’il est bourré de bugs et absolument pas ergonomique : il associe le manque de liberté et le manque de confort. Mais si Madame Michu quitte windows pour un autre OS, ce n’est absolument pas pour des raisons de liberté, mais bien pour des raisons de confort. Les preuves? C’est le confortable MacOS qui gagne du terrain sur windows, et non le libre GNU/Linux. Si Windows possède encore 90% de parts de marché, c’est parce que sa vente liée apporte plus de confort à Madame Michu que le choix d’une alternative.
    Donc oui : c’est Gogole ChromeOS, axé sur la rapidité, la fiabilité et la facilité (c’est à dire le confort) qui va finir par s’imposer face à Window$, et non GNU/Linux, qui, basé sur la liberté avant tout, sera éternellement réservé aux libristes.
    Si l’on considère la chose comme une guerre des OS dont le but est de grapiller des parts de marché, alors les OS entrés dans cette guerre vont suivre les choix de Google : proposer quelque chose de commercial, confortable, user-friendly, et certainement rentable, mais certainement pas libre. L’essentiel est que ça plaise à Madame Michu.
    Canonical aura donc deux choix : soit rester à l’écart de cette guerre commerciale et continuer à proposer du libre aux geeks libristes barbus à lunettes, soit devenir rival de Google et proposer du confort à Madame Michu.
    Étant donné que les dernières décisions de Canonical se rapprochent plus de la notion de confort que de la notion de liberté (ubuntu One, App Store…), j’ai un pressentiment plutôt pessimiste sur le choix qu’ils vont faire.
    En ce qui concerne Mozilla, c’est un peu plus compliqué : cette fondation semble tout autant impliquée dans la guerre des navigateurs que dans l’idéal du logiciel libre. D’un côté on imagine bien Mozilla déclarer la guerre à Google (l’association Mozilla-Google étant critiquée au sein même de Mozilla), d’un autre côté on imagine mal Mozilla rompre avec l’un de ses principaux contributeurs financier.
    En ce qui concerne Mozilla, donc, wait and see…
    En ce qui concerne l’évolution du marché : il me semble que la seule "arme" (pour peu que le but soit d’avoir des parts de marché plus grandes que les autres) dont disposera le libre face à Google sera la même que celle dont il disposait face à Microsoft : le manque de confort présent chez ses adversaires. Le jour où Madame Michu se tournera vers du libre, ce sera soit parce que ChromeOS aura perdu en qualité, soit parce que des évènements largement médiatisés lui auront fait prendre conscience de l’importance d’avoir le contrôle sur sa vie privée.

  19. modagoose

    Ma question est la suivante : Les consommateurs sont-ils vraiment des cons de base incapables de venir au libre pour autre chose que sa gratuité ou bien est-ce qu’une partie du libre les prend d’emblée pour des cons et décide que pour que le consommateur vienne à lui, il est indispensable que ça ressemble à Windows, en zappant au passage, les vrais raisons du libre ?

    Est-ce que finalement, le libre n’a pas fini par créer madame Michu ?
    Est-ce que le consommateur lambda incapable de s’adapter à autre chose que ce avec quoi on le gave dés qu’il achète un pc n’est pas juste un stéréotype qui n’existe que dans la tête des utilisateurs du libre ?
    Est-ce que finalement le pire ennemi du libre n’est pas le libre qui invente quelque chose qui n’existe pas ?

    Je demande ça parce que je n’observe pas de gens bornés autour de moi. Dés qu’on discute, qu’on argumente et qu’on part du postulat que si on y est arrivé soi-même, n’importe qui peut le faire, les interlocuteurs acceptent de tenter l’expérience du libre. Alors oui, il y a beaucoup de pédagogie à faire auprés de personnes qui n’ont pas le vocabulaire minimum pour comprendre de quoi on parle, mais le logiciel libre est un concept pourtant relativement simple. Partage, mise en commun, contrôle de sa machine, de ses données, liberté.

    Je me demande donc si les choix de Canonical sont si pertinents et s’ils ne sont pas en train de mettre le libre dans l’embarras en donnant à Ubuntu l’apparence de l’Os qu’il prétend concurrencer.

    L’innovation consiste à proposer du plus performant, du différent, du mieux pensé, du configurable. Que je sache Mac Os ne singe pas Windows.

    Je trouve juste étrange de prendre les utilisateurs lambdas pour des imbéciles incapables de sortir des sentiers battus et en même temps de vouloir qu’ils grossissent les rangs des utilisateurs du logiciel libre. Dans quel but ?

  20. modagoose

    Le libre ne consiste pas à libérer des machines en installant un Os dessus mais des gens en leur expliquant pourquoi. Enfin, je crois…

  21. Changaco

    Si ceux qui utilisent GNU/Linux uniquement parce que c’est gratuit veulent passer à ChromeOS, ça ne me dérange absolument pas. Surtout que voir Ubuntu présentée tous les jours sur le web comme étant la référence en matière de GNU/Linux ça me saoule, or plus de gens sur ChromeOS c’est autant de moins sur Ubuntu, ça nous fera des vacances.

    Les libristes ont toujours été isolés des autres; Ubuntu n’a pas apporté plus de libristes, elle a apporté plus d’utilisateurs de GNU/Linux, et encore si ça n’avait pas été Ubuntu ça aurait été une autre.

  22. alec

    Ah j’oubliais,
    Il se base aussi sur les packages de Mozilla Prism.

    L’idée est là, nul besoin d’avoir les protagonistes impliqués (Mozilla, Ubuntu) ce qui compte c’est que la technologie soit disponible (i.e. libre) au service de la créativité…,

    Donc, prophétie réalisé, ou bien?

  23. Elessar

    @alec : Rien de réalisé du tout, sauf si la prophétie en question annonçait une perte de contrôle totale des gens sur leurs données, avec un système libre dont la liberté ne sert à rien puisque ce qui est important est ailleurs.

  24. alec

    @Elessar : Je fais référence au point que soulève l’auteur de l’article. En court, il suggère que l’alternative à libre/opensource à ChromeOS passe par une alliance entre Mozilla/Ubuntu.
    La spéculaion/prophétie que porte l’auteur de l’article soutient que le salut est dans l’alliance de ces deux acteurs majeurs.
    Jolicloud propose déjà une alternative en associant seulement les techniques. Pour un prophétie alpha je trouve ça notable.

    Pour ce qui est de l’accès aux données, où "l’important est ailleurs", ça concerne plus le modèle de consommation du web de demain et la liberté de l’utilisateur. Mais ça ne vient pas remettre en cause le développement d’application comme chromeOS et Jolicloud

  25. gnuzer

    @modagoose :
    Je suis d’accord pour dire que les dérives au sein du libre viennent moins du désintérêt de Madame Michu pour les valeurs du libre que des choix des organismes développeurs, qui, dans le but de démocratiser leurs softs, tombent dans la démagogie avant de renier leur objectif d’origine : faire du code libre.
    Il n’y a qu’à voir le dernier sondage de Canonical concernant les applications windows dans Ubuntu : les gens veulent du ‘toshop parce qu’ils préfèrent payer des sommes colossales plutôt que d’apprendre à utiliser TheGIMP.
    Loin de moi l’ambition de traiter l’utilisateur lambda de gros con, mais il y’a une règle qui ne changera pas dans l’esprit du consommateur ordinaire : le confort prime toujours sur la liberté. C’est valable en politique comme en informatique.
    Pour avoir évoqué la question du libre dans mon entourage je me suis rendu compte que le seul argument qui comptait vraiment n’était ni la liberté, ni l’égalité, ni la fraternité, mais la sécurité des données personnelles mise à mal par Window$, RealPlayer, Skype, etc… Et encore. Cet argument effleure à peine le jeune génération, qui, partageant largement sa vie privée sur les réseaux sociaux sans même faire un tour sur les paramètres de confidentialité (ne serait-ce que par curiosité, mais non, trop technique, pourquoi se faire chier), se contrefout de savoir que Krosoft recueille des informations sur leur ordinateur.
    C’est pourquoi je pense que se lancer dans du libre grand public et commercial est un jeu risqué : le libre s’adresse avant tout à ces philosophes-geeks marginaux et étranges qui considèrent que la liberté prime sur le confort.
    Quant à MacOS, bien sûr qu’il ne ressemble pas à Windows. Windows a d’abord été conçu pour les entreprises, puis a essayé de s’adapter, alors que MacOS a tout de suite proposé ce que les gens voulaient : un bidule qui marche à peu près bien et qui n’est pas trop dur à utiliser. Le succès de Windows sur MacOS s’explique par le fait que Mac ne soit vendu que sur les machines d’Apple et que celles-ci ne soient pas vraiment grand public en terme de prix. Steve Ballmer a d’ailleurs raison de dire que GNU/Linux et ses 1% sont plus menaçants pour Microsoft que MacOS et ses 10% : le public ciblé est le même.

  26. Bigpapa

    Je suis peut être un peu hors sujet mais depuis quelque temps je réfléchi à ce qui semble être un énorme paradoxe dont on a l’air de faire peu de cas :

    – Chrome OS est un système dont les sources sont disponibles et gratuites ;
    – il est destiné à être préinstallé sur bon nombre d’ordinateurs ;
    – son fonctionnement est indissociable du navigateur internet maison Chromium ;
    – il est pratiquement impossible d’y ajouter une quelconque application.

    Donc ma préoccupation est que cet OS qui s’inspire (s’il ne les repecte pas complètement) des principes du Libre révèle (s’il ne s’en inspire pas) des travers proche de ceux de Windows.
    Google a-t’il trouvé le moyen de créer du Libre aussi verrouillé que du propriétaire sans en avoir l’air ?

  27. -Fred-

    @ Bigpapa

    ChromeOS est sous une licence opensource. Il n’est donc théoriquement pas obligé de respecter l’éthique des logiciels libres.

    — Fred —

  28. sylware

    @Elessar:
    Oula… c pas du tout là que mon message se positionne. Je parle des licenses des logiciels open source, en focalisant sur ceux sur lesquels sont basés les logiciels de google. ChromeOS *est* basé sur ubuntu (basé lui-même sur GNU/Linux Debian). Chrome est basé sur webkit qui est GNU LGPL que je favorise dés que possible (je suis GPLien)… donc sachant que gecko (firefox) est sur une BSD-like… je switch dés que possible *sauf* si mozilla change la licence car je n’ai plus de discriminant (je préfére le C systématiquement au C++… mais là les 2 sont en C++… donc faute de mieux…)
    Pour la liberté des gens: il est bien trop pénible pour le quidam standard de se libérer des OS prisons numériques. Le mal absolue en ce moment dans l’informatique est là. Il faut que cette pénibilité d’accés soit ramenée à celle des OS prisons numériques–>bras de levier=vente liée, mais le chantage sur le prix de la license OEM (voir pire…) semble faire plier les constructeurs/intégrateurs de matos. À ce rythme… on en sera quasiment au même point dans 10 ans… google donnera un coup de boost énorme là dessus… si ils font proprement les choses (délockage de leur PC sans crackage ou manipulation pénible pour le quidam standard).

  29. Tristan

    @Sylware : Gecko (et tout le code Mozilla) est sous triple licence GPL/LGPL/MPL. Donc sous LGPL comme tu le souhaites. Précisons que MPL est très proche de LGPL, avec des différences liées à une protection contre les brevets logiciels.

    @Bigpapa : Google est déjà un grand utilisateur et contributeur de code sous GPL et autres licences libres et Open Source. Pour autant, t’es pas prêt de voir le code qui fait tourner Google Search ou Adsense 😀 .

  30. nouben

    Non mais, en fait, le mythe de Madame Michu, c’est différent de ce que vous dites.

    En fait Madame Michu, ce ne sont pas des madames qui veulent tout le confort sur leur pc, et qui vont, ou non changer d’os si ce n’est pas assez bien.

    En réalité, les gens ne s’interresse PAS aux ordinateurs, et ne veulent PAS !
    Sans parler des arguments stipulant la geekerie du fait de s’interresser à son ordi, la plupart des gens ne veulent surtout pas s’y connaitre. Ils s’en foutent. Tant que ça marche, ça va.
    Tu as beau essayer de les convaincre des bienfaits de patati patata, il te répondront :"naaan mais moi tu sais ça me sert pas tout ça" (ex:" ie c’est de la merde pour l’affichage des sites internet (en clair)" aura pour réponse "naaaaaaan mais tu sais FB ça marche alors ça va".

    Tu peux leur mettre n’importequoi sur leur pc, si ça marche c’est bon. Et si c’est payant c’est mieux (sinon ça fait pas sérieuxe :p )
    En fait, Canonical, il faut qu’il se remuent les miches et fournissent les fabricants de hardware, et qu’ils les arrosent de royalties. C’est tout.

    Le jour ou les gens comprendront que s’interresser à son pc, ce n’est pas geek et que c’est juste du bon sens de connaitre son outil de tout les jours, le monde changera ! (un peu visionnaire ça o_O )

  31. sylware

    @Tristan: GNU GPL/GNU LGPL/MPL c’est un peu comme les drivers kernel Linux GNU GPL/BSD… la MPL comme la BSD autorise la fermeture du code aux dernières nouvelles (on m’aurait menti?). Pour le cas des drivers, c’est bien simple: le code peut être utiliser dans des kernels fermés et vérouillés comme pommeOS voir même fenêtres. Pire encore: des versions fermées dont les améliorations seraient gardées fermées. Sur le moyen long terme, c’est très dangereux car on fini avec les versions open source inférieures à leur contreparties fermées et améliorés (syndrôme darwin/pommeOS, lzo). La BSD nullifie la linux GNU GPL.
    Pour être sûr, il s’agirait de passer gecko en GNU LGPL et firefox en GNU GPL sans MPL/BSD-like… mais ça doit être pire que Linux et la GNU GPLv3.
    M’imaginer une version fermée et améliorée de firefox est effrayant… appelée "l’explorateur d’internet"… par exemple

  32. Zebre91

    Il y a plus de gens qui ont un téléphone que de gens qui ont un ordinateur.
    Sur un téléphone "à la mode" on accède au web sur l’internet, mais on ne se soucis pas de savoir comment.
    On échange des messages, que ceux-ci soient des SMS, MMS ou mail, pas d’importance.
    On se connecte sur les sites de l’opérateur telecom et de ses partenaires.
    De lien en lien on arrive sur d’autres sites mais la technique du favori ou signet est peu connue.
    Le téléchargement l’est plus mais la mise à jour du firmware du telephone est inutilisée : on change de telephone avant.
    C’est ainsi que la masse des gens aborde l’informatique, c’est ainsi que le minitel a eu du succès : un terminal simple connecté sur des serveurs.
    Je crois que l’avenir de l’informatique "domestique" grand public passe par des serveurs domestiques sur lesquels se connecteront les terminaux genre ChromeOS, plutôt que dans un cloud.
    Ce sera pour des gens qui seront méfiants envers les déclarations de respect de confidentialité, qui voudront conserver leur photos, vidéos et mails au chaud chez eux, faire de la domotique à distance, à condition que ces machines soient simples à utiliser : une appli web de home server qui intègre la gestion d’alarmes et d’actions domestiques.
    Il y aura encore une partie des gens qui aura un ordi classique à la maison, j’en serais, question d’habitude, de génération (hé oui le temps passe!).

    ChromeOS, Mozilla, Ubuntu, Windows : l’utilisateur majoritaire s’en fout, ce qui se voit c’est Youtube, facebook, twitter. Si ça rame c’est la faute au logo le plus voyant, alors que rien ne s’affiche à l’écran, par exemple Nokia sur un telephone, ou Logitec sur le clavier d’un ordi (véridique!).

  33. TchorT

    Le consommateur lambda n’est qu’un con formaté par ce qui l’entoure. Il n’en n’a rien à fiche que ça soit libre ou pas, gratuit ou pas, il veut quelque chose qui marche pour ses besoins sans qu’il ait besoin de taper dans une console. Le libre n’a pas inventé le syndrôme de Madama Michu, c’est une réalité bien réelle. Moi j’ai beau essayer d’argumenter, de prouver, de convaincre à passer au libre, à la limite les gens concèdent que c’est beau comme philosophie, qu’il y’a des avantages indéniables, ils ne tentent pas pour autant l’expérience. "Oui mais…"

    Quand à Gogole ChromeOS, j’ignore si ça restera cantonné au netbooks mais je le souhaite. Confier toutes ses informations et documents à un serveur bien lointain, faut pas pousser mémé dans les orties. Je vous conseille de changer aussi de moteur de recherche, moi je suis passé à Lycos.

  34. xavivax

    Ce qui me surprend dans ces histoires d’alliance c’est qu’on quitte le chemin de l’esprit du libre pour entrer dans celui des manoeuvres. C’est quoi la stratégie de Mozilla ? Mettre un PLUS MAUVAIS moteur de recherche dans son navigateur parce que le groupe d’intérêt Mozilla est en conflit avec Google ? A quand la vente lié de Mozilla à ce rythme, ou autres joyeusetés et manoeuvres ?

    Il me semble que la piste à explorer est devant nos yeux mais qu’on ne la voit pas. Le succès de Chrome c’est la dimension sociale. La faiblesse de Chrome c’est sa dimension politique (propriété et contrôle de nos propres données).

    Rares sont ceux aussi qui parle du peer-to-peer et du libre, je veux dire en même temps, pas séparément. Mais face au cloud, quoi d’autres au fond à part le P2P comme PRINCIPE. Si le libre, au sens de copyleft, ou même d’open source, vaut comme principe, il me semble que sa base matérielle c’est cette architecture décentralisée du net, je veux dire le P2P comme architecture même du net depuis les origines et l’invention de TCP/IP. Je parle pas du P2P au sens sulfureux que veulent lui donner les majors mais en tant qu’architecture informatico-sociale qui est l’essence même du net. Sans le net et son architecture décentralisé, le libre n’aurait pu prospérer. Ce qui se passe aujourd’hui avec le cloud a ainsi toutes les choses d’asphixier le logiciel libre en opérant un déplacement HORS de son terreau vital pour recacher la production derrière de nouvelle barrière. Pas celle de M$ mais celle des nuages et des silots de données fermées. Cela touche à l’essence même du net, même sans en avoir l’air, parce que Google peut en mettre temps rendre open source son navigateur, défendre la neutralité du net etc, ce qui montre bien que le problème se situe AU-DELA de ces éléments. Ca recréé le principe d’une SEPARATION entre des industries (les fermes de serveurs du cloud) et les individus dont la base industrielle avait été décentralisé par le modèle P2P du net, des ordinateurs personnels en réseau. Ca ne touche pas à la question de la propriété directement, mais opère directement sur celle de la possession, autrement dit de la capacité réel à user des choses, ce qui d’une certaine manière est pire pour l’avenir du libre.

    Il me semble que toutes ces évolutions, et les manoeuvres auxquelles sont réduits les acteurs du libre pour se défendre, indique la fin d’un cycle, et la nécessité de se renouveller, donc dépasser l’état antérieur, ou périr. C’est un défi mais pas seulement un défi de programmeur, c’est aussi un défi social, et politique, au sens large, c’est à dire aussi économique, et structurel, sociétal.

    Est-ce impossible ?

  35. gnuzer

    @nouben : C’est bien de cette Madame Michu là que je parle. Lorsque j’évoque un meilleur confort, je ne parle pas d’une meilleure expérience utilisateur mais bien confort au sens large, c’est à dire tout ce qui permet à l’utilisateur lambda de ne pas avoir à "se prendre la tête". Or Madame Michu n’aime pas réfléchir : la preuve elle est bien plus attirée par fessebouc que par le framablog. Supprimez fessebouc et elle éteindra son PC pour rallumer sa télé.
    @TchorT : Tout à fait d’accord. C’est une vision pessimiste mais réaliste. Et si le libre ne veut pas se tirer une balle dans le pied, nous nous devons d’être réaliste et d’arrêter de chercher à séduire les troupeaux de non-pensants.
    ChromeOS est optimisé pour les netbooks, mais quand les constructeurs verront que ce truc là plaît aux gens, ça se retrouvera tôt ou tard sur les PC. Après est-ce que ce sera le même ChromeOS ou une version plus complète, l’avenir nous le dira. Mais ce qui est sûr c’est que ce sera du Google.

  36. TchorT

    Moi je vais vous dire une chose les gars: le libre ne s’imposera jamais sur le capitalisme informatique et l’idéologie du pognon, jamais. Au pire on grapillera des parts de marché, de plus en plus de gens utiliseront (et peut-être penseront) du libre, mais rien qu’avec la puissance financière des grandes entreprises, nous resteront toujours derrière la scène. Enfin c’est mon avis.

    Quitte à rivaliser avec les autres, ils faut jouer sur le même terrain. L’idéologie du libre en pâtirait fortement. Mais Gogole ChromeOS ou Microchiasse 7, GNU/Linux et le reste continueront a avoir leur "clientèle".

  37. Anonyme

    L’OS de google, est trop "simplet", on ne peut qu’ouvrir chrome, on ne peut rien installer.
    Il ne peut donc pas remplacer un "vrai" système d’exploitation mais par contre si les applications web se développent, l’os de google pourrait prendre de l’avance grâce à sa légèreté et sa rapidité.
    Donc tant que les applications webs ne se développent pas, aucun risque pour linux et firefox !
    Donc aucune alliance !

  38. gnuzer

    Merci aKa pour le lien.
    C’est un sujet sur lequel j’avais déjà un peu réfléchi : j’aurais aussi beaucoup de mal à me passer de Gmail et de Google Reader. L’idéal serait pour moi d’avoir mon propre serveur mail, mon propre agrégateur…ça viendra j’espère. Quant à Google Search, je ne vois pas d’alternative… j’ai essayé Scroogle pendant un temps mais c’est pas la panacée…

  39. modagoose

    J’ai lu l’article en lien de Aka. Je n’ai pas bien compris le rapport avec le sujet. Bon, le garçon qui a écrit l’article il est gentil mais pathétique. Il fait des choix et après il se demande comment faire autrement. A part le webmail dont il est difficile de se passer à moins de monter sont propre serveur mails, en quoi Google est-il incontournable ?

    J’utilise Thunderbird mais je suis quand même obligé de passer par un webmail, Gmail en l’occurence. Le problème n’est pas Google dans ce cas. Google Chrome, personne ne m’oblige à l’installer, je ne l’installe pas. Firefox est mou du genoux parce qu’il devient un peu lourd, pas grave, sur ma Debian j’ai Midori qui tourne très vite. Youtube n’est pas incontournable, et de toute façon je n’ai pas le flashplayer sur ma machine, je ne me sens pas isolé pour autant. Au pire, si un de mes amis avec lesquels je communique via un serveur Jabber veut m’envoyer le lien d’une vidéo sur Youtube, je la télécharge avec Clive en ligne de commande.
    Mon site est hébergé chez Free et j’utilise un cms libre ( pluxml ). Pas besoin d’un blogspot ou autre. A noter que mon site peut être installé lui aussi sur un serveur maison en deux temps trois mouvements, je n’ai qu’un dossier à copier.
    En moteur de recherche, j’ai laissé tombé Google par défaut depuis un moment. J’utilise Altavista, Ixquick et Ask.com, plus le moteur de wikipédia et ça me suffit largement.
    Voilà, je n’utilise aucune applis en ligne, à part le webmail, je n’ai pas besoin de synchroniser mon iphone vu que je préfèrerais perdre un oeil que d’utiliser cette merde. Si on veut un truc performant qui soit un vrai ordinateutr miniature et qui surfe vraiment sur le net, on achète un Nokia N900 avec une distrib Linux dessus qui rend l’interface gadget de l’iphone aussi préhistorique que son Os mono tâche. Là on a un smartphone, un vrai, pas un machin fashion qu’on jette quand la batterie est arrivé en fin de vie.

    Bref, à force de dire que Google est incontournable, on fini par le croire et c’est surtout là qu’est le problème. Google n’est qu’un épiphénomène lié au net, il disparaîtra un jour, remplacé par autre chose de bien plus bandant.

  40. gnuzer

    @modagoose : C’est bizarre, tu n’utilises pas Google Search, mais tu as ton mail chez Gmail… Il me semble que c’est au niveau de la messagerie que Google est le plus intrusif (à moins que tous les mails que tu envoies et reçois soient chiffrés). Tu me diras que quitte à avoir un webmail autant prendre ce qu’il y’a de moins pire (comme dirait Benjamin Bayart : Je vois pas pourquoi j’aurais plus confiance en laposte.net qu’en google.com pour s’occuper de ma messagerie.), mais le même argument ne s’applique-t’il pas aussi aux moteurs de recherche ? Après tout la différence se situe juste au niveau du temps de conservation des données (en tout cas celui qu’ils communiquent).
    PS : c’est toi le modagoose qui a lâché les excellents commentaires présents ici : http://www.korben.info/les-applicat… ?

  41. chiro

    Coucou, et bien, pour les webmails, ce n’est pas forcément très compliqué vous avez soit l’option http://www.no-log.org même si ce n’est pas forcément gratuit vu que pour l’instant ils sont dans la tourmente, et il va falloir les aider avant de pouvoir ouvrir un compte, sinon il existe squirrel mail qui permet, en quelques clics, d’installer un web mail sur ton serveur.

    Et enfin, pour la rapidité de Firefox, firefox est lent parce que trop moderne : Sur le web tel qu’on le connait, il existe un protocole qui s’appelle ipv4, mais on sait déjà qu’à terme il sera remplacé par ipv6, et donc firefox interge ipv6 de base.. Le seul problème est que ipv6 n’est, pour l’instant, pas utilisé, et donc, notre renard envoie tout ses requêtes en ipv6 et c’est seulement suite à quelques échec qu’il passent en ipv4 et que là ca marche… Donc pour régler le problème de la lenteur de FF c’est assez simple :

    Dans la barre d’adresse, tapez about:config

    Délectez vous du message à la Firefox, et cliquez "je ferai attention, promis" ^^

    Dans le filtre, tapez ipv6 et ensuite (là, c’est tiré par les cheveux) vous n’avez plus qu’une entrée dans la liste, et vous devrez double cliquer dessus pour activer la désactivation d’ipv6,et croyez moi, ca fait des miracles, sous buntu comme sous losedows…

  42. sornico

    Je ne suis pas sûre que chrome OS soit une si mauvaise chose.
    Si j’ai bien compris, chrome OS c’est un navigateur avec des options spécialement conçues pour internet mais très limité au niveau des programmes.

    Si google lance en grande pompe son OS, il va conquérir une part de marché, montrer quelque chose de nouveau aux gens, cultiver leur curiosité.

    Seulement, ça n’empêche que l’OS reste très limité. Ils vont peut être se tourner ensuite vers d’autres distributions Linux qui apportent plus de possibilités.

    Je suis à fond pour linux, car je me débrouille niveau informatique. L’idée du libre me plait.

    Par contre, il y a quelques trucs à changer pour des utilisateurs novices :
    – Les avantages ne sont pas mis en valeur
    Par exemple, ce cube qui permet de parcourir les différents bureaux, c’est limite magique à mes yeux et c’est méconnu de tous quasiment.

    Solution : les créateurs des distributions devraient faire une présentation de ce qui est possible de faire avec leur distribution. Ce que veulent les gens c’est un truc jolie, facile à utiliser et meilleur que windows.
    (la vie est injuste, c’est gratuit et ils doivent faire plus d’efforts que les concurrents payant)

    Un truc du genre : Commencer avec ubuntu 9.10
    Contenant les meilleurs choses avec des images etc.

    Il y a bien une section aide mais elle devrait apparaitre au premier démarrage, accompagnée d’images, de conseils, illustrée, etc

    Les plus :
    Les paquets c’est pas mal et la logitèque ubuntu par exemple, c’est une superbe idée.

    Il reste aussi à convaincre toutes ses personnes comme moi avant, de passer le cap.

    Je passe le mot autour de moi,

    -> ma copine est sous linux et se porte bien.
    -> prévision de passer tous les pc de chez moi sous ubuntu.
    -> J’encourage les gens à passer le cap en leur montrer des trucs.

    Voila comment aider à contrer microsoft, google et Mac.

    Une chose positive pour la fin.

    Une personne passe le cap, ne reviens que rarement sur windows.

    Il faudrait un gros coup de pub.

    Sinon je pense que la progression de mac est une bonne chose pour linux.
    Je ne dis pas que MAC, c’est le bien, je pense totalement le contraire, c’est encore pire que microsoft mais étant donnée qu’ils utilisent openGL, c’est une bonne chose.

    Le problème de linux c’est son manque de jeu aussi.

    Le jour ou linux aura les jeux en plus, je supprime définitivement mon windows.

    Comment arriver à faire entrer linux dans les supermarchés ?

    à bientôt

  43. Elessar

    @sornico :
    > Comment arriver à faire entrer linux dans les supermarchés ?

    En mettant un terme à l’obligation qui est actuellement faite à tous les acheteurs de PC d’acheter une licence Windows avec, pour commencer.

  44. JM

    Je trouve qu’on enterre Linux un peu vite ces temps-ci ! Si le concept de ChromeOS marchait vraiment, rien n’interdirait de sortir des distributions Linux ultra dépouillées pour faire la même chose sans dépendre d’une société côtée en bourse. Il est probable que ça finisse par intéresser les constructeurs de PC, pour éviter la trop forte dépendance envers 1 ou 2 fournisseur(s). À quand un Cloudinux, un Cloudzilla ou un Cloudbuntu ?

    Par contre ce que je trouve regrettable, c’est que les fers de lance du libre comme Mozilla fasse si peu de promotion pour le libre, je les trouve vraiment trop discret, comme si ça allait faire peur au client. Mais maintenant ils sont là les clients, et ils ne vont pas partir de suite, surtout si on leur explique pourquoi il ne faut pas partir !

    Enfin comme je l’ai déjà écrit, le problème que solutionne l’informatique dans les nuages, c’est principalement celui de l’administration de sa propre machine dans la vision Microsoft du marché : chercher des logiciels, les installer, les configurer, les mettre à jour, sauvegarder ses données, être interopérable avec ses amis, etc. Le libre a une carte à jouer car je pense que tout est là pour offrir un service similaire mais local, pas dans les nuages, charge à nous d’expliquer ensuite pourquoi il vaut mieux que tout reste local. Tout le monde n’aime pas avoir de la publicité dans son ordinateur, au contraire, on doit donc pouvoir convaincre.

  45. gnuzer

    @JM : "comme si ça allait faire peur au client"…
    C’est pas Stallman qui disait que paradoxalement, le mot liberté fait peur aux gens ? ^^
    Madame Michu utilise un logiciel ou un service lorsque c’est pas trop compliqué : si il faut réfléchir, y’a plus persone. Et commencer à parler de liberté sous-entend qu’il va falloir réfléchir.
    "il vaut mieux que tout reste local"
    Pas forcément : l’avenir c’est de pouvoir accéder à toutes ses données partout : l’idéal serait que chacun ait son propre serveur : on ferait du cloud mais sur une machine qui nous appartient. Mais notre bon vieux réseau asymétrique donnera toujours raison au cloud de Google et autres.
    "Tout le monde n’aime pas avoir de la publicité dans son ordinateur"
    Le fait que Adblock soit maintenant disponible sur Chrome montre que Google a compris que sa publicité n’est manifestement pas un problème pour l’utilisateur lambda.