Quand les musées anglais adorent Wikipédia !

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Britain Loves WikipediaD’un côté vous avez le « copyright » qui fait semble-t-il perdre la tête de certains musées lorsque l’on en vient à interdire à un enfant de dessiner une œuvre ou lorsque l’on menace d’une action en justice un contributeur bénévole de Wikipédia souhaitant enrichir l’encyclopédie avec des reproductions de peintures du domaine public.

De l’autre côté vous avez le « copyleft », qui pousse les gens à se rencontrer pour faire de belles balades dans le but d’améliorer l’iconographie photographique de leur ville dans Wikipédia.

Gardons l’état d’esprit du second pour pénétrer dans le premier et vous obtenez l’opération « Britain Loves Wikipedia » dont nous partageons l’enthousiasme de Glyn Moody sur son blog.

Et ce n’est rien moins que le prestigieux Victoria and Albert Museum qui inaugure l’évènement.

Je me prends à rêver de manifestations similaires en France où l’enseignant que je suis pourrait emmener ses élèves découvrir des musées tout en les sensibilisant à ce bien commun qu’est Wikipédia…

La Grande-Bretagne adore Wikipédia. Pas trop tôt…

Britain Loves Wikipedia – And About Time, Too

Glyn Moody – 1 février 2010 – Open…
(Traduction Framalang ; Don Rico)

L’un des rôles majeurs des musées est de participer à l’éducation en permettant au public de découvrir et d’étudier les chefs d’œuvres que recèlent leurs collections. Il pourrait donc paraître logique que ces institutions ne demanderaient qu’à voir des photographies de ces œuvres exposées dans la plus grande galerie en ligne au monde, Wikipédia. Pourtant, cette idée rencontre une certaine résistance çà et là, en raison, vous l’aurez deviné, d’une crispation maladive concernant le « copyright ».

C’est inepte à deux titres : d’une part, il s’agit d’œuvres anciennes, aussi l’idée que leur image devrait être protégée par le copyright est aberrante; d’autre part elle est contradictoire, car ce serait empêcher les visiteurs potentiels de savoir ce que proposent les musées, ce qui va à l’encontre de leurs intérêts.

Face à cette situation regrettable, je ne peux évidemment qu’applaudir cette initiative :

« Britain Loves Wikipedia » (La Grande-Bretagne adore Wikipédia) est une compétition et une série d’évènements qui se tiendra pendant un mois dans les musées partenaires à partir du 31 janvier 2010. La compétition, ouverte aux participants de tous âges, tous milieux et toutes origines, encourage le public à photographier les trésors de nos musées d’art et les incite à prendre une part active dans l’archivage numérique des collections nationales. Toutes les photographies qui entreront en lice pour la compétition « Britain Loves Wikipedia » seront mises à disposition sous licence libre sur le site Wikimedia Commons et pourront alors servir à illustrer les articles de Wikipédia.

Quel dommage que cette initiative ne soit pas systématique partout dans le monde.

10 Réponses

  1. Souhaitons que cet intérêt pour Wikipédia soit plus qu’une mode passagère… La (relativement) récente affaire de la National Portrait Gallery n’est, à ce titre, pas de nature à nous rassurer : http://en.wikipedia.org/wiki/Wikipe

  2. Bonjour et merci pour cette information. Il y avait eu une opération similaire aux Etats-Unis : "Wikipédia loves art" initiée par le Brooklyn Museum. Effectivement cela fait sens pour un musée de partager ses richesses auprès du plus grand nombre et de participer à l’enrichissement du savoir en s’engagent dans ce type de démarches ouvertes et collectives…mais les réticences sont multiples à mon sens. En plus d’une question pratique de droits, archaïque, sur les images il y a également des raisons culturelles, en France notamment. C’est ce qui fait la nature même des musées depuis toujours qui est contradictoire (pour faire très vite, si le musée est diffuseur, il est peu "partageur").. Il y aussi tout bêtement les critères d’évaluations des financeurs qui traduisent parfois les missions affichées à une billetterie un peu réductrice…Au final les ambitions du musée et de wikipédia sont similaires, mais les moyens opérationnels très différents…et au détriment des visiteurs-internautes…
    Samuel

  3. Merci pour ce billet. C’est en diffusant en France ce type d’initiatives que nous parviendront (nous = Wikimedia France ) à influencer et nouer des partenariats pour des actions de ce type avec les musées et institutions françaises.

    Je suis certaine que ça va commencer à bouger cette année, les contacts que nous avons commencent à aller dans ce sens, même s’il y a encore beaucoup d’incompréhensions, d’a priori et de préjugés à dépasser.

  4. @Adrienne Alix
    Et quand nous parviendrons à afficher des commentaires enfin débarrassés de fautes d’orthographe, notre langue française retrouvera sans doute un peu de sa noblesse perdue ; ça fait désordre tout de même !

  5. Adrienne Alix

    Oh mon Dieu, j’ai laissé traîner une faute en effet : nous parviendron »’s »’ … (c’est tout le problème du commentaire fait trop vite…)

    Que je sois damnée jusqu’à la 77e génération pour cela, et pour ce massacre de la langue française, en effet ;-)

  6. elbereth

    @jpe44
    Et quand on sera débarassé des trolls velus, la vie sera bien plus agréable.

  7. @jpe44 : Entre ceux qui nous chient une pendule si on a n’a pas 100% de logiciels libres dans notre ordinateur (pas 99%, j’ai bien dit 100%) et ceux qui nous font la morale orthographe alors qu’il est évident qu’il s’agit d’une inattention, c’est pas évident de s’exprimer dans les commentaires des sites de la communauté du libre !

  8. @yaelle: c’est vrai, mais il ne faut pas généraliser. Le Framablog reste un espace de libre expression où on peut (encore) avoir des discussions constructives.

  9. Il serais temps que les endroit culturel physique se soigne en partenariat avec les sites qui sont sur la même thématique.

  10. jalex

    Concernant les "Musées de France" donc les collections publiques , musées nationaux et territoriaux. Le "copyright" n’existe pas sur les images des oeuvres du domaine public soit 70 ans après la mort de l’artiste – auteur, mais les musées souhaitent que lors de la publication d’une représentation de l’une de ces pièces l’origine de l’oeuvre soit mentionnée cela en application du principe de la "citation des sources". dans ce cas le (C) peut être utilisé. Cela est pratique court et explicite.
    Attention si vous publier ou utiliser une image d’une oeuvre d’un artiste vivant ou mort depuis moins de 70 ans , vous devez payez des droits d’exploitation (même pour une vignette sur le web ). Ces royalties sont perçus par héritiers ( Picasso, Matisse , …) ou par des Sociétés d’auteurs (sacem , sdrm, etc.) Vous devez demander une autorisation écrite de publication même si les artistes-auteurs ou leurs représentants vous donnent gracieusement cette autorisation.
    Les musées peuvent percevoir des droits d’exploitation basés sur une participation au frais de numérisation des collections et à la gestion des bases de données. je peux vous assurer que cela à un coût considérable.
    L’accès aux images est gratuit pour le monde de l’éducation, avec autorisation si publication.

    Les véritables problèmes sont le manque de moyen financier des musées et aussi le manque de culture technique. Les musées restent généralement au niveau de la documentation iconographique des oeuvres dans les inventaires (usage réservé au dans le musée) et ne passe généralement pas le pas de la mise en ligne des données via le web , site à faire ou utilisation des moyens existants de type wiki.
    Il s’agit là d’un travail énorme (la mise en ligne) , supposant la disponibilité de personnels compétents pour correctement documenter les oeuvres, numériser et mettre en ligne en basse définition.
    La mise à disposition en ligne d’images vignettes des oeuvres génère des demandes de fichiers haute définition. La gestion de cette demande du point de vue technique et administratif suppose aussi du temps de travail (généralement inexistant dans les musées).

    Etant donner la situation économique , les collections patrimoniales des musées ne pourront plus numériser ou très faiblement pendant à minima les 10 années à venir faute de financement publique.
    Faut-il changer de modèle économique en faisant payer la numérisation et la mise en ligne des données par des droits d’exploitation donc d’usage du patrimoine ?

    Salutions , désolé d’être aussi "court " pour un sujet aussi complexe..