Le monde opte massivement pour les plus restrictives des licences Creative Commons et c’est pire en France !

Classé dans : Libres Cultures | 27

Temps de lecture 4 min

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cc - Franz Patzig - CC BY

Ce titre un peu longuet c’est ce que je retiens péremptoirement d’une récente étude statistique sur les licences Creative Commons[1].

Ce n’est pas la première analyse sur le sujet mais la nombre croissant de ressources placées sous l’une des licences Creative Commons (dont le très impressionnant annuaire de photos Flickr[2]) ainsi que leur prise en compte dans les moteurs de Yahoo ! et de Google permet désormais d’obtenir des résultats plus fins. C’est du reste à partir des données fournies par Yahoo !, Google et Flickr que se base cette étude.

Ce nombre croissant de ressources placées sous licence Creative Commons serait d’ailleurs la première des remarques. Entre le tous droits réservés du copyright par défaut et le plus aucun droit réservé du domaine public, il y avait en effet à l’ère du numérique un espace béant à combler. Et l’on ne peut que se réjouir d’avoir aujourd’hui tant de créations à dispositon, l’auteur évoque un total de 60 millions, que l’on peut utiliser certes sous certaines conditions mais sans être obligé d’aller demander à chaque fois l’autorisation à l’auteur (sauf à vouloir lever certaines de ces conditons). Ceci dit c’est toujours sympa de prévenir et de remercier l’auteur mais là ce n’est plus du droit c’est du savoir-vivre.

Voilà pour les réjouissances parce que pour le reste, comment dire, je fais un peu la moue[3].

On constate en effet que les auteurs sont à peine plus de 30 % à adopter les seules licences Creative Commons qui soient compatibles avec celles des logiciels libres à savoir la Creative Commons BY et la Creative Commons BY-SA (on tombe même à moins de 20 % sur Flickr). Environs 70 % des ressources référencées possèdent la clause non commerciale NC (interdiction d’en faire profit sans l’aval de l’auteur) et 25 % la clause non dérivative ND (interdiction de modifier sans l’aval de l’auteur).

Soit. Bornons-nous au constat parce que si je me mets à commenter la chose, je vais me faire taxer illico de libriste intégriste qui n’a pas compris la spécificité d’un logiciel par rapport aux autres créations. Et puis il est vrai que 30 % de 60 millions, ça reste non négligeable ! Il n’empêche que dans la pratique la free culture de Lessig c’est beaucoup plus une free culture as in free beer qu’une free culture as in free speechCommonistes de tous les pays êtes-vous réellement unis en un seul et même mouvement ?

A propos de pays justement. L’étude a également cherché à les distinguer en analysant les ressources dont les auteurs ont fait un choix localisé (par exemple non pas la générique Creative Commons BY mais la nationale Creative Commons BY France). C’est plus sujet à caution et par la même moins significatif puisque seul 20 % de l’ensemble des ressources sous Creative Commons ont une licence localisée. On dispose donc d’un panel plus restreint.

Toujours est-il que, cool, la France se classe en seconde position (derrière l’Espagne) pour le nombre de ressources sous Creative Commons locales. Sauf que, pas cool, elle est carrément en queue de peloton (aux alentours de la trentième place !) pour ce qui concerne le choix des licences Creative Commons BY et BY-SA. Avec, j’en blêmis lorsque je compare avec la moyenne des génériques, moins de 10 % d’adoption !

Ce qui m’amène avec sagacité à émettre les conjectures suivantes :

  • Hypothèse 1 (politique) : La droite décomplexée a encore frappé !
  • Hypothèse 2 (sociologique) : Les français ont l’obsession de se faire spolier ou défigurer leurs biens
  • Hyothèse 3 (éducatique) : Ils cliquent au hasard sur le formulaire du choix de la licence[4]
  • Hypothèse 4 (artlibristique) : Ils préfèrent la licence Art Libre
  • Hypothèse 5 (pragmatique) : Il est par trop hâtif d’en tirer la moindre conclusion vu le faible échantillon analysé
  • Hypothèse 6 (nombrilistique) : Je pars en vrille

C’est malheureusement la dernière hypothèse la plus plausible puisque ma conclusion sera un vibrant : Commonistes BY et BY-SA de tous les pays unissons-nous pour réussir la librévolution !

Notes

[1] Creative Commons Statistics from the CC-Monitor Project par Giorgos Cheliotis, présenté lors du iCommons Summit de Dubrovnik (14-17 juin 2007). L’étude étant elle-même sous licence Creative Commons BY.

[2] L’illustration est une photographie de Franz Patzig intitulée cc issue justement de Flickr et sous licence Creative Commons BY

[3] Ma compagne, qui lit parfois dessus mon épaule, me souffle à l’oreille que c’est surtout la moule que je fais lorsque j’édite mon blog et une moule qui fait la moue n’est guère enclin(e) a susciter l’amour. Pff, elle est pénible avec ses bons mots… elle va finir par me déconcentrer !

[4] Sauf que cette hypothèse ne tient pas parce que par défaut le formulaire vous propose la Creative Commons BY, ce qui est une excellente initiative soit dit en passant.

27 Responses

  1. lordphoenix

    Personnellement je ne suis pas sur que ce soit vraiment significatif pour la simple et bonne raison que beaucoup des gens qui utilisent ces licences le font via des sites de partages de données types Flickr et ne savent pas vraiment de quoi il en retourne et la signification exacte de ces licences.

    Et pour ceux qui pensent le savoir une grosse majorité fait le raccourci libre = anti commercial dont une licence "sans usage commercial" leur parait évident.
    Quand aux autres la notion de licence et de ce que ça implique leur est totalement étrangère.
    Le boulot fait par creative-commons est très intéressant mais il doit s’inscrire surtout dans un premier temps dans une démarche pédagogique. Malheureusement cette pédagogie est très largement pervertie par l’utilisation marketing et commercial de l’image positive du libre.

  2. genium

    Hypothèse 6 (philosophique) : dommage que RMS ne soit que programmeur… Pourtant on retrouve l’esprit du Libre dans la licence Art Libre

    http://artlibre.org/

  3. Matt

    Mouais….
    personnellement je n’écris que du logiciel libre ; mais toutes mes photos sont en creative commons non commerciales.

    Pourquoi ? Car autant j’apprécie que les gens utilisent mon code et l’améliore, quitte à en faire du business : j’en profite directement, la communaute également (le logiciel s’améliore).

    Par contre avec les photos c’est different : je n’ai pas d’intéret a ce que quelqu’un fasse du business avec. On ne peut pas améliorer une photo, non ?

    J’ai peut être raté une étape, merci de me dire pourquoi je devrais mettre mes photos en CC BY ?

  4. Le Monolecte

    Je sais pourquoi j’ai choisi la licence CC NC ND.

    Pour la NC : une fois, je suis contactée par un entrepreneur qui construit des maisons de retraite de luxe, genre, celles que ni ma grand-mère aujourd’hui, ni moi plus tard, ne pourrons espérer obtenir un jour.
    Il voulait que je lui rétrocède gratuitement une de mes photos pour se faire une belle pub sur sa maison.
    Déjà, je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche et j’ai un loyer à payer. Ensuite, en cédant un travail gratuitement, je dévalorise le travail d’un photographe professionnel qui aurait pu gagner un peu d’argent avec son travail. Enfin, il ne s’agissait pas d’aider une œuvre de bienfaisance mais de participer à un business qui a des conséquences en terme de tissu social (aux personnes fortunées des maisons de retraite convenables, aux autres les mouroirs).
    Bref, aucune bonne raison de bosser gratos!

    Sur la clause ND : mon blog est sous CC ND NC. Si j’autorise n’importe qui à récupérer un de mes textes et à en faire ce qu’il veut, cela signifie qu’au final, quelqu’un peut prendre un de mes textes, le trafiquer et me faire dire l’inverse de ce que j’écris… pas cool.
    Je repense souvent à Rocard qui avait dit : "La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais en doit en prendre fidèlement sa part"!
    Il aurait du la classer CC ND, celle-là. Parce que ses adversaires politiques n’auraient pu reprendre à leur compte cette déclaration, la tronquer et en dénaturer ainsi totalement le sens, au point de faire dire à Rocard, l’inverse absolu de ce qu’il avait voulu faire passer ce jour-là!

    Maintenant, je suis membre APRIL et je défend ardemment la philosophie du libre, mais pas n’importe comment!

  5. Ankh

    Personnellement mon site web est sous Licence CC BY-SA-NC

    Etant donné que je ne suis pas le seul auteur du contenu, c’est plus simple pour moi de ne pas voir un auteur du site se plaindre.

    Cependant, je trouve assez normal que personne n’utilise de mes "créations" (au sens large du terme) pour faire de l’argent. Après tout ce que je mets à disposition est totalement gratuit et prend sur mon temps personnel.
    Bon après c’est peut-être pas vraiment une licence libre du coup, mais ça reste quand même assez permissif je pense. En tout cas assez pour permettre à quiconque de citer mon site, ou d’en reprendre les images.

  6. Fabien Cosse

    Bonjour,

    "une moule qui fait la moue n’est guère enclin(e) a susciter l’amour"

    faut voir… ça dépend de quel côté on se place 😉

    En tout cas, c’est vrai que la moule en vrille peut avoir les boules de constater que la droite décomplexée a l’obsession de se faire spolier ou défigurer ses biens… à moins que ça ne soit la gauche traumatisée qui clique au hasard…

    Sérieusement… chacun ses choix, dans le respect de la liberté de l’autre…. les licences creative ont au moins le mérite d’avoir permis à certains d’oser montrer leurs créations; il y a quelques années, on n’aurait pas imaginé ça.

    Elles sont où, les "free beers?" j’ai une petite soif

    N.B. Ce commentaire est sous licence CC by-nc-sa-nd-pc-ump-ps-lol

  7. yves

    Il y a plusieurs chose à dire:
    – framasoft a longtemps été sous NC. J’ai du participer aux attaques pour que ça cesse 😉 On peut peut-être essayer de comprendre pourquoi ce fut le cas, ce devrait être éclairant.
    – sur le ND. Dans l’esprit du libre, et en particulier de la GPL, le travail dérivé doit indiquer quelles sont les modifications. J’aime assez cette idée, elle pourrait rassurer Agnès sur la déformation du sens. Je ne sais pas quelles licences sur les textes ou les images demande cela. Je ne pense pas que les CC le fassent.

  8. aKa

    Tu fais bien Yves de nous rappeler qu’effectivement nous fûmes un temps sous licence NC (mais un temps seulement, huit mois pour être précis en 2004). Il faut dire que c’était le temps des toutes premières adoptions des licences Creative Commons. Et pour ce qui me concerne je reconnais avoir mis un certain temps à mieux les appréhender avec l’aide par exemple d’un site comme Libroscope.

    De la même manière que l’annuaire de logiciels fut d’abord un annuaire mélangeant logiciels gratuits propriétaires et logiciels libres.

    C’est un cheminement et c’est un apprentissage…

    Tout est dans la mémoire du Net que constitue le WayBack Machine d’Internet Archive : http://web.archive.org/web/*/http:/

    Mais merci pour cette petite leçon d’humilité 😉

    Sinon pour répondre aux autres commentaires je ne voudrais pas donner l’impression d’un mépris pour les licences Creative Commons avec clause NC ou ND quand bien même le ton du billet soit léger voire parfois satirique. D’ailleurs j’évite soigneusement l’écueil de les qualifier de "non libres" par rapports aux BY et BY-SA qui elles soit disant le seraient. Et à aucun moment me semble-t-il je ne fais dans le prosélytisme pour l’adoption de ces deux licences de la famille Creative Commons. On a effectivement, comme le disent certains ici, toutes les bonnes raisons du monde de choisir telle licence plutôt que telle autre.

    Par contre il est vrai que ma position est proche de celle par exemple de Benjamin Mako-Hill qui ne pense pas que les Creative Commons dans leur ensemble créent les conditions d’un véritable mouvement social.

    http://www.libroscope.org/Vers-une-

    Je pense également que l’avènement des Creative Commons a quelque peu contribué à brouiller par exemple le message clair et antérieur de la licence Art Libre qui elle est explicitement engagée dans un processus parallèle à celui des logiciels libres.

  9. Léviathan

    @Matt: une photo n’est pas améliorable? Et si tu as une photo un peu trop sombre ou un peu trop claire, avec un objet disgracieux ou un inconvénient mais que tu es incapable ou tu n’a pas le temps de la retoucher? J’ai vu des photos prendre énormément de qualité avec une très légère retouche sans pour autant en dénaturer l’objet. Voilà par exemple, un avantage à avoir une licence réellement libre

    @Le Monolecte: Des logiciels libres sont utilisés tous les jours pour des causes bien peu altruiste. Par exemple, des hébergeurs de site internet utilise chaque jour une base impressionnante de logiciel libre dans le but horrible de faire du profit. Militons alors pour une clause non commerciale à la GNU/GPL!!
    En plus la très large majorité des logiciels libres sont gratuits, cela dévalorise le travail des programmeurs, militons pour des logiciels libres payants pour rétablir la vérité sur le dur travail des programmeurs!!
    Enfin, l’argument selon lequel une modification implique l’auteur original est tout simplement fallacieux. Lors d’une modification d’une oeuvre sous licence libre, l’auteur de la modification doit indiquer: l’auteur original, la licence mais également où trouver l’oeuvre originale. A partir de ce moment comment peut-on dire que le message original est détourné? Et en rapport avec les logiciel: si un logiciel libre permet de faire des recherches sur le génome humain dans le but de rechercher des médicaments pour des maladies orphelines (cause ô combien noble), alors celui ci pourrait aussi être détourné pour en faire un logiciel de recherche sur une bombe chimique. En déduirait-on que l’auteur originel est belliqueux?

    Le libre, c’est l’échange. A partir de ce moment là, comment peut-on envisager un instant que cet échange puisse être restreint.

    Libérer un livre, c’est permettre à certaines personnes de se lancer dans l’écriture en n’ayant pas l’angoisse de la feuille blanche. Libéré une musique, c’est permettre à certaines personnes d’évoluer et de s’inspirer de technique mises au points par d’autres, …

    Lorsque je partage mes connaissances avec un nouveau développeur, c’est prendre le risque qu’il puisse me remplacer, je n’ai aucun bénéfice immédiat dans le partage. Pourtant c’est bien le partage intégral des connaissances mondiales qui font progresser le monde.

    Voir uniquement son propre bénéfice lorsqu’il s’agit de libérer son oeuvre est égoïste surtout lorsque l’on profite chaque jour de la libération d’oeuvre d’autres personnes.

  10. Gim

    Je suis récemment retourné sur flickr, que je vais de jour en jour augmenter de mes oeuvres numériques. J’y ai découvert la possibilité de "licencer" mes photos, et j’avoue trouver ça intéressant. A partir du moment où on licence ses oeuvres, c’est bien parce qu’on veut les partager, mais aussi et surtout parce qu’on veut que l’historique des modifications des oeuvres soient lisibles.
    Les clauses "non commercial" et "non dérivatives" ne sont pas pour moi une barrière, même pas un frein, mais plutôt une évidence : quand on emprunte une oeuvre, la moindre des politesses n’est-elle pas de demander ce qu’il en pense à l’auteur ? Et c’est valable autant du point de vue esthétique (dérivés) que du point de vue commercial.
    Dans cette idée là, une personne normalement constituée avec en elle suffisamment de d’éducation trouvera normal de demander l’avis de l’auteur de l’oeuvre qu’il recherche, et donc n’en sera pas géné (sans oublier qu’il peut s’ensuivre un échange intéressant qui n’aurait pas lieu avec un simple copier-coller)
    Toujours dans cette idée là, un petit troublion non respectueux du travail d’autrui y trouvera une once de bonne éducation (à travers l’obligation) et peut-être se rendra compte qu’une oeuvre est née de son auteur et qu’elle n’est pas sortie du chapeau.

    Si aujourd’hui vous me dites qu’être libre c’est oublier le savoir vivre, alors soyez libres, moi je préfère ne pas me mêler à ces oublieux des politesses élémentaires.

    On partage dans le respect, entre bonnes gens… mais il y a les autres, et c’est bien pour ces derniers que les licences existent.

  11. frenchy

    Dans ta *référence* du Libroscope que tu sites se trouve je crois l’origine du problème d’incompréhension.

    """
    CC fait partie d’un courant qui souhaite appliquer les principes du Logiciel Libre au-delà du code informatique. Ses acteurs et défenseurs le présentent comme une des plus importantes tentatives pour adapter les principes du logiciel libre à des formes d’expression moins « techniques » telles que la musique, la littérature ou les arts plastiques.
    """

    Bon ça fait longtemps que je le dis sur le forum donc je le redis encore un fois même si je sais que ça sert à rien:

    *Non* les Creative Commons ne se définissent pas en particulier par rapport aux logiciels libres mais pas rapport aux excès du copyright (les CC sont une réaction directe au Sonny Bono Copyright Term Extension Act de 1998 qui rajoute 20 ans à la durée du copyright aux US)

    Je me suis forcé à me taper la lecture de 70 % des bouquins de Lessig et je je peux garantir que les références aux logiciels libres dans ses bouquins sont très rares: en fait on y trouve une collections d’études de cas légaux sur les excès du copyright (plutôt normal vu que Lessig est un avocat et spécialiste sur ces questions).

    Si on replace les CC dans son véritable contexte alors on peu considérer que 30 % sur une telle masse de contenu est un énorme succès pour le libre (une bonne partie des 2/3 seraient de toute façon restés en Copyright).

    Je crois que la "haine" que porte certains libristes envers les CC se trouve là:
    les CC, qui n’ont pas leur source dans le logiciel libre, est aujourd’hui et de très loin le plus grand "producteur" de contenu libres (CC-BY et CC-BY-SA).

    30 % d’une progression exponentielle qui touche directement le grand public est à mon avis un vrai succès pour le libre.

    Ce qu’est arrivé à faire les CC avec ses objectifs larges (du free beer au domaine public) c’est à toucher le grand public.

    Il est probable que le logiciel libre soit un vrai mouvement social mais il touche à mon sens surtout les informaticiens, les geeks et maintenant les politiques (pour diverses raisons).

    Concernant le grand public le logiciel libre est très souvent considéré comme un simple "free beer" et n’est pas à mon avis une réussite totale en temps que mouvement social pour ce public.

    Si tu te sens plus proche des acteurs de la LAL pourquoi ne pas simplement utiliser la LAL et basta ? Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Pour ma part c’est du CC-BY par défaut (sauf dans quelques cas rares pour diverses raisons souvent indépendantes de ma volonté).

    Je ne pense pas que les CC on fait de l’ombre à la LAL qui comme tu dis existait avant les CC. Les CC ont simplement une origine et des objectifs multiples différents. Au contraire je pense même que la "haine" portée (à tort ou à raison) par la LAL envers les CC à regivoré son mouvement en lui donnant un ennemi commun à abattre.

    D’ailleurs les acteurs de la LAL ont plein d’idées innovantes comme par exemple faire tomber les textes brut du domaine public dans la LAL:
    http://mail.mekensleep.com/pipermai

    Bon c’est vrai qu’il est physiquement pas très "in", "geek" ou "art" notre Lessig par contre je pense que ce gars a vraiment des couilles et les politiciens américains ne vont pas forcement l’apprécier dans les 10 ans à venir:

    http://lessig.org/blog/2007/06/requ

    Chapeau Lessig.

  12. ComputerHotline

    Concernant les licences de mes photos, j’ai pris la décision il y a environ 1 an de placer mes photos sur Flickr et sur OpenPhoto sous CC by (certaines sont sous CC by-sa selon la date d’envoi sur le net) :
    http://www.flickr.com/photos/comput
    http://openphoto.net/gallery/index….
    (la plupart ont également été envoyées sur Wikimedia Commons http://commons.wikimedia.org/wiki/A…)
    car je considère une chose : une photo d’un élément naturel (fleur, insecte, nuage, lune, planète, fossile,…) (voir mes photos pour mieux comprendre) ne peut/doit être protégé par le full-copyright (on en voit que trop souvent : dans les livres sur la nature, l’astronomie, la météo,… , dans les forum web traitant de ces sujets (astrosurf notamment),…).

  13. Inkboy

    Désolé mais pour mes photos ça restera majoritairement NC/ND, car l’image est mon métier, et proposer des photos gratuitement c’est me tirer une balle dans le pied. Je vois mal une agence de pub utiliser mes visuels sans que je touche un seul centime, et sans qu’il n’aient rien eu à modifier. Celui qui veut faire un boulot commercial peut me contacter, et on verra pour les modalités, modulables évidemment.

    Une photo n’est pas comme un logiciel, et je nevois pas pourquoi quelqu’un qui ferait un "clic-droit/enregistrer-l’image" pourrait la vendre à une banque de photo online dans les secondes qui suit, sans même la modifier.

    Je trouve que ces licences sont un progrès énorme, même avec les clauses NC-ND, ça permet à tout un chacun de profiter des images, de les exposer, de les afficher ou de les réutiliser sans risquer un procès, c’est déjà énorme 😀

  14. flanker

    Ma musique est sous CC-BY-NC.

    Je ne pense pas être à l’image d’une droite décomplexée mais plutôt ressemblant à une pastèque (vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur). Peut-être c’est cette culture qui me fait considérer les entreprises commerciales comme une "incarnation du diable".

    Je n’ai pas non plus l’obsession de me faire spolier ou défigurer mes biens, mais sans doute celle de voir des grands groupes industriels sans morale ni vergogne s’accaparer une par une de toutes les richesses du monde.

    En fait je rêve d’une économie non commerciale et c’est de là que je suis venu au libre, tant en informatique que dans le domaine musical.

  15. Owl_Express

    Pour ma part, si mon site est en CC-BY-NC-SA c’est pour la simple raison que je ne veux pas risquer d’enlever le pain de la bouche au professionnels du domaine…

    N’oublions pas que les clauses NC et ND peuvent être levées par l’auteur sur simple demande.

    J’ai vu trop de monde abuser de la soit-disant gratuité absolue d’internet pour laisser faire n’importe quoi.

    Mais bon, que vaut-il mieux ? Un pied dans la liberté ou rien du tout genre SACEM ?
    😉

  16. aKa

    Pour répondre à frenchy, moi aussi j’ai une grande admiration pour Lessig. Je crois qu’avec Stallman on tient les deux grandes figures de proue de… la Cause 😉

    Je crois effectivement que si j’avais titré "20 millions de ressources sous licences Creative Commons BY et BY-SA !" alors cela aurait donné un tout autre billet ! L’angle était un peu celui de la douce controverse.

    Il y a cependant selon moi des commentaires qui mettent bien en valeur une certaine mentalité parce qu’on pourrait reprendre de nombreux arguments pour les appliquer aussi aux développeurs de logiciels. A ceci près qu’avec clauses NC et/ou ND nous n’aurions jamais connu l’essor du logiciel libre…

  17. DiChim

    Petit avis d’un partisan de la LAL et plus largement des licences Copyleft.

    Je comprends que l’on choisisse de mettre sa création sous CC avec la clause ND, lorsque l’on ne veut pas que quelqu’un se base sur celle-ci pour en faire une nouvelle. Mais pourquoi mettre cette clause seulement par peur de voir son oeuvre dénaturée et d’en être tenu responsable ? La paternité de la création originale devant être mentionnée, il est facile de voir qu’il y a eu changement. Non ? Et une oeuvre dérivée ne modifie pas son modèle.

    Pour le NC (clause que j’utilisais avant de passer en LAL), j’ai l’impression que c’est plus une gêne à la diffusion, qu’un moyen d’éviter qu’un indélicat deviennent millionnaire sur le dos du créateur. Là aussi la paternité devant être précisée, l’acheteur achète en sachant qu’il pourrait avoir l’oeuvre ailleurs, et peut être, gratuitement.

    Ceci dit, la diffusion libre, c’est déjà bien. 😉

  18. Florent V.

    « Commonistes de tous les pays êtes-vous réellement unis en un seul et même mouvement ? »

    Non.

    Mais la question était immensément naïve et la réponse, par conséquent, attendue. 😉

  19. Sucrepop

    <<c’est plus une gêne à la diffusion, qu’un moyen d’éviter qu’un indélicat deviennent millionnaire sur le dos du créateur.>>

    Bonjour
    – Je ne vois pas en quoi ce serai une gene à la diffusion d’etre en NC.

    – Le risque n’est pas qu’un indélicat devienne milionnaire avec mes musiques, le risque est que mes musiques soient choisies par d’eventuels diffuseurs commerciaux pour leur gratuité et non leur qualité, au détriment de musiciens qui eux vendent leur musique

  20. DiChim

    @Sucrepop
    Un exemple de gêne à la diffusion de la clause NC ?

    Ta musique ne pourrait pas faire partie d’un cd de musique libre donné avec un magazine qui lui serait vendu.

    Bien sûr, on pourrait te demander l’autorisation, mais à priori, avec la clause NC, tu dis non à ce genre de diffusion.

  21. Gim

    "Bien sûr, on pourrait te demander l’autorisation, mais à priori, avec la clause NC, tu dis non à ce genre de diffusion."

    Ben justement, c’est là que tu te gourres, ça c’est partir dans l’interprétation : NC signifie juste que la commerce de l’oeuvre doit passer par l’auteur, mais sûrement pas qu’elle ne peut se faire que par lui.
    D’ailleurs quel auteur est prêt à partir en procès pour quelques euros ? Surtout qu’il faut déjà en être témoin, de l’utilisation commerciale non souhaitée sans autorisation de son oeuvre… c’est pas depuis charolles qu’on saura si à Los Angeles un faux photographe a fait une fausse exposition avec de vraies rentrées d’argent…

    Non mais m…, on est dans un monde de communication ou quoi ? On peut quand même se parler pour emprunter une oeuvre, non ?

    Mais tu as raison, autant rester tout seul derrière son écran et piller les auteurs sans aucun scrupule…

    Libres, libres… on est bien trop nombreux.

  22. DiChim

    @Gim

    Je n’interprète pas la clause NC. Celle-ci signale que l’utilisation commerciale n’est pas autorisée sauf autorisation expresse de l’auteur. Donc à priori, cette utilisation est refusée, même si à posteriori (après demande à l’auteur) elle peut être accordée. Je ne préjugeais pas ici de la décision de l’auteur.

    Un auteur qui utilise la clause NC, tout en acceptant les utilisations commerciales après demande, pourquoi pas. Ça permet un certain contrôle de sa part.
    Mais c’est une étape supplémentaire que l’éventuel diffuseur de mon exemple avec son cd , s’il a plusieurs centaines d’autorisations à gérer, ne voudra peut être pas accomplir. Il préférera donc des oeuvres sans NC ou copyleft.

    Tant qu’à la communication, même si elle n’est pas obligée pour cause de demande d’accord. L’expérience m’a montré qu’elle marche aussi pour les utilisateurs de licences copyleft. On n’est pas des sauvages. 😉

  23. Sucrepop

    @Dichim
    Non a priori je ne dis pas non a cette utilisation, je dis que je veux le savoir, nuance.

    Parce que je veux être certain, si quelqu’un choisi de diffuser ma musique, que ce n’est pas pour sa gratuité, pénalisant ainsi un musicen professionnel.

    Par ailleurs, informer un auteur, quelque soit la license choisie me parait le minimum de courtoisie.

    Et veiller à l’usage qui est fait de sa musique et ne pas ‘abandonner dans la nature me parait plus sain.

  24. André Cotte

    Personnellement, je crois qu’il faut surtout se féliciter que tant de ressources soient sous CC, peu importe la licence choisie. Car, comparé à la situation antérieure, c’est déjà un sacré progrès.

    J’admets qu’il y a problème quand on veut incorporer une licence CC NC ou ND dans une autre ressource.

    Attention, à trop décrier les licences CC qui ne sont pas BY ou BY SA, on risque de jeter le bébé avec l’eau du bain. J’essaie d’initier les enseignants du Québec à CC, s’ils commencent à lire trop de critiques de CC, ils n’oseront pas s’y essayer. Ils ne font pas encore toutes les distinctions qu’un Framasoftiens fait facilement. Pour eux, c’est CC, point c’est tout.

    Ceci dit, comme tous, je préférerais qu’on utilise surtout le BY et BY SA mais un tien vaut mieux que deux tu l’auras.

  25. frenchy

    @ aKa 😉

    """
    Pour répondre à frenchy, moi aussi j’ai une grande admiration pour Lessig. Je crois qu’avec Stallman on tient les deux grandes figures de proue de… la Cause 😉
    """

    Pas de l’ "admiration" mais surtout du "respect" et un sentiment d’injustice à voir que le web francophone ne dispose d’aucun leader charismatique et disponible pour expliquer clairement ce que sont les CC (ce qui laisse la place ensuite à toutes sortes de dérives).

    Ensuite je pense que les CC sont loin d’êtres parfaites. Il aurait fallut par exemple introduire les logos distinctifs au niveau des droits dès le départ pour limiter les confusions.

    """
    Je crois effectivement que si j’avais titré "20 millions de ressources sous licences Creative Commons BY et BY-SA !" alors cela aurait donné un tout autre billet ! L’angle était un peu celui de la douce controverse.
    """

    Plus que la quantité à un instant t ce qui me semble surtout intéressant c’est son évolution:

    "The time it takes to double the number of free, Creative Commons licensed works: approximately 115 days."
    http://www.freesoftwaremagazine.com

    Je sais pas si tu avais vu ce graphe qui résume bien je crois la situation:
    http://www.freesoftwaremagazine.com

    """
    Il y a cependant selon moi des commentaires qui mettent bien en valeur une certaine mentalité parce qu’on pourrait reprendre de nombreux arguments pour les appliquer aussi aux développeurs de logiciels.
    """

    Je pense qu’on peut reprendre pas mal d’arguments malgrés tout le type d’effort est différent et ça fait une différence. Par exemple:

    Typiquement la création d’un contenu CC prends de quelques secondes (photo) à quelques heures (articles, etc.) ??
    Typiquement la création d’un logiciel libre prends de quelques centaines à quelques milliers d’heures ??

    On pourrait convenir que le bénéfice d’un travail collaboratif/coopératif dès la base est souvent plus important dans le cas du logiciel et c’est ce qui explique je crois la large dominance de la GPL parmis toutes les licences libres.

    """
    A ceci près qu’avec clauses NC et/ou ND nous n’aurions jamais connu l’essor du logiciel libre…
    """"

    Oui pour le logiciel parce que, comme dit, le bénéfice du collaboratif/coopératif dès le départ est très important (vu l’effort moyen nécessaire).

    NDLR: attention aux âmes libristes sensibles s’abstenir de lire la suite…

    Maintenant pour les contenus, et bien que cela paraisse contradictoire, je pense que sans les clauses NC et ND nous aurions aujourd’hui quantitativement *moins* de contenus libres…

    Ce qu’est arrivé à faire les CC c’est à toucher un public très large, en particulier le phénomène très populaire des mashups et autres remixes en tous genres en proposant des licences très "larges".

    Sans les NC et ND il est bien possible qu’un CC "BY et BY SA only" soit resté dans un certains anonymat.

    Par contre je suis d’accord avec toi dans le sens ou les CC ne sont pas un succès en tant que mouvement social (c’est probablement trop éclaté pour ça, dommage).

    Maintenant concernant le logiciel libre, comme dit précédemment, je ne pense qu’il s’agit pas non plus d’un succès remarquable en tant que mouvement vers le grand public (qui utilise "souvent", mais décrit le logiciel libre en tant que graticiel…). Il suffit d’aller aux Rencontres *Mondiales* du Logiciel Libre pour se rendre compte à quel point le grand public est absent du mouvement.

    Il y a pourtant danger lorsque ce mouvement évolue en milieu clos, ou chacun (acteur du libre à un niveau ou un autre) peut renforcer en boucle les croyances collectives implantées subtilement par quelques spécialistes de la rhétorique dont l’origine est plus souvent l’intolérance que de vraiment marquer les différences.

    Comme Jono Bacon je suis inquiet de cette montée en puissance des branches les plus vocales du logiciel libre. Je pense que plus l’image du logiciel libre deviendra intolérante aux autres et plus il perdra. Par contre, bien marquer les différences ne me pose bien sûr aucun problème, c’est même salutaire.

    C’est pour tout cela que je trouve le travail de Framasoft tellement remarquable, et important, tant que le site saura conserver cette passerelle de tolérance vers "les autres". 🙂

  26. Gim

    Je repense à la clause NC… c’est vrai que l’argument du temps passé, de la quantité de travail fournie est une chose, mais plus encore la quantité de services que peut rendre une application. Je pense que la clause NC se justifie plus (question d’effort, de mérite et d’efficacité) pour les logiciels que pour de "simples" photos… quand bien même les photos seraient le fruit d’un lourd investissement (studio, expédition, conditions délicates, matériel conséquent). On peut aisément situer les oeuvres musicales et les écrits entre ces deux extrêmes.

    Par contre, la clause ND se justifie plus pour les photos qui sont un média, au même titre que les musiques ou les textes qui peuvent être réutilisées hors de leur contexte…

    Le logiciel grandi par la collaboration, alors la ND ne le favorise pas vraiment.

    La photo comme la musique vivent par la diffusion, et il est vrai que la NC peut la freiner… mais c’est moins évident, car on peut la transmettre sans la vendre, puisque c’est en général une transmission "free of charges" qui la diffusera le mieux…. donc au final, pour diffuser, la NC n’est pas du un frein, surtout si on diffuse dans le même état d’esprit… libre et non commercial.

    Pour résumer :
    – logiciel : ND sclérosante – NC nécessaire (?)
    – médias : ND selon contenu (peut être dangereuse) – NC sans opinion

  27. aveldro

    Je discutais récemment avec un ami compositeur qui, déçu du peu de visibilité de ses deux albums, publiés sous copyright classique, SACEM en tout, envisageait (plutôt d’ailleurs par dépit) de mettre le prochain en "téléchargement libre" selon ses termes. Il n’avait jamais entendu parler de CC, ni de Dogmazic ou de Jamendo. Je trouve tout à fait normal et utile qu’il existe des licences intermédiaires entre le copyright classique et les licences de type Art Libre ou CC-by. Jusqu’à preuve du contraire, chaque créateur est libre de décider de l’usage qui peut être fait de ses œuvres. L’existence des clauses NC et ND permet de rassurer les gens qui viennent du copyright classique en leur permettant de garder une certaine maitrise sur l’usage qui est fait de leur travail, quitte pour eux de passer à une licence plus permissive dans un deuxième temps. Pour ce qui est de mettre un titre sur un CD de musique libre, n’oublions pas que la clause NC ne constitue pas une interdiction formelle d’usage commercial, mais l’obligation d’en demander l’autorisation à l’auteur. Celui-ci n’est pas obligé de refuser, mais au moins, il peut discuter des conditions.