Écriture du blog : nous ne transigerons pas sur les libertés.

Classé dans : Framasoft | 41

Temps de lecture 10 min

image_pdfimage_print

Attention, cet article va parler d’un sujet qui a été tellement polarisé qu’il transforme de nombreuses personnes en troll·e·s : l’écriture inclusive. Mais en fait on ne va pas du tout parler de ça. On va parler de Liberté et de libertés, tiens !

Premièrement : vous avez raison

On va mettre tout le monde d’accord d’un coup (quitte à vous mettre d’accord pour nous taper dessus)… quoi que vous pensiez sur l’écriture inclusive : vous avez raison.

Vous pensez que cela va changer les esprits et permettre de réduire les inégalités ? Vous avez raison. Vous pensez que c’est inefficace et inutile ? Vous avez raison.

Vous pensez que c’est une mode ? Vous avez raison. Vous pensez que c’est une évolution ? Vous avez raison.

Vous pensez que c’est un juste contrepoids à une masculinisation de notre langue par l’académie française lors de sa création au XVIIe siècle ? Vous avez raison. Vous pensez que l’académie française actuelle l’ayant officiellement comparée à un péril mortel, il ne faut pas l’utiliser ? Vous avez raison.

Vous vous en foutez royalement, tyranniquement ou démocratiquement… ?

Vous. Avez. Raison.

Vous avez raison parce que vous avez vos raisons (ou même vos absences de raisons, pour les personnes qui s’en cognent). Vos opinions sur l’écriture inclusive peuvent être étayées par des faits, des autorités, des réflexions et de fait vous semblent parfaitement valides, mais elles restent cela : des opinions (ou absences d’opinions, n’oublions pas le droit de s’en foutre).

Car nos manières de pratiquer une langue vivante restent des choix : personnels, collectifs, politiques, poétiques… Mais des choix subjectifs. Ou des absences de choix, parce que saperlipopette, on a aussi le droit de se laisser porter !

L’informatique est-elle poétique ?
Vous avez une heure.
“School for Poetic Computation” par Roͬͬ͠͠͡͠͠͠͠͠͠͠͠sͬͬ͠͠͠͠͠͠͠͠͠aͬͬ͠͠͠͠͠͠͠ Menkman sous licence
CC BY 2.0

Deuxièmement : nous aussi

Chez Framasoft, cela fait plus de trois ans que ce choix est fait.

Le 27 février 2015, on pouvait lire dans cet article du Framablog :

On le sait, les libristes s’ennuient durant les week-end, tant ils croulent sous le temps libre, tant elles n’ont rien d’autre à faire que jouer à SuperTuxKart.

Quelques jours avant, c’est le mot « les rêveureuses » qui s’y affiche , quand on n’y parle pas carrément des « barbu-e-s » (déc. 2015) afin de désigner les informaticiennes et informaticiens libristes (pour tirer la langue à cette expression communautaire excluant, de fait, les visages glabres).

Quant à notre newsletter, suivie par plus de 95 000 inscrit·e·s, c’est pas mieux : dès 2015 les « ils et elles » y fleurissent, on y évoque « nos salarié-e-s » en 2016, ou on y imagine carrément les « chef-fe-s » du petit village libriste !

En fait, nos usages et manières ont progressé au fil de nos réflexions, et ce n’est que le 22 février 2017 que, suite à de rares commentaires ici ou là, notre comité communication décide d’ajouter cette réponse dans notre foire aux questions, afin de répondre par avance à toute interrogation, et d’expliquer pourquoi nous laissons des graphies novatrices s’exprimer dans nos communications.

Votre Contributopia est-elle riche de diversités ?
Vous avez deux heures.
Le monde des services de Contributopia, CC-By David Revoy

Troisièmement : ça pique un peu au début…

Alors oui, on le sait, lire de tels bidouillages de la langue française, ça perturbe. Nous le savons parce que nous aussi nous l’avons vécu. On est là, installé·e·s pépères dans une utilisation d’une langue que l’on s’est fait ch#£§ à apprendre durant de longues années, quand soudain des graphies nous rappellent que mémère existe aussi. Sans compter que, derrière tout cela, y’a une question -presque une accusation- qui vient se chuchoter dans nos pensées…

Aurais-je été sexiste tout ce temps, sans le savoir, juste en faisant des phrases… ?

Alors là, c’est non : notre esprit se défend et sort les griffes… C’est normal, hein : il fait son boulot d’esprit. La neuro-biologie nous apprend que, lorsque nous sommes confronté·e·s à quelque chose qui remet en questions nos croyances les plus profondes, notre cerveau réagit comme si nous étions physiquement agressé·e·s.

Or les croyances « je ne suis pas sexiste » ou « je sais comment s’écrit le bon Français » sont souvent chères à nos esprits : elles sont identitaires. Nos esprits se défendent donc avec de multiples objections bien connues : « c’est moche », « c’est illisible », « c’est pas français », « c’est la novlangue de la pensée unique », « c’est excluant », etc. C’est un mécanisme de défense que les libristes connaissent bien. Qui n’a jamais entendu un « Je n’ai rien à cacher » après avoir remis en question la croyance « mes pratiques numériques sont saines »… ?

Chez Framasoft, nombre de nos membres ont vécu ces objections : nous les connaissons intimement. Nous en avons discuté, débattu, argumenté (la question de l’accessibilité, par exemple, mérite que l’on se penche dessus, donc nous l’avons fait). Nous en avons déterminé qu’il ne s’agissait pas de nous, mais de Liberté.

Est-ce qu’une égoïste, c’est quelqu’une qui ne pense pas à moi ?
Vous avez trois heures.
“estupid ego” par !unite sous licence CC BY 2.0

Quatrièmement : …mais après ça passe

Parce qu’en fait, si on parvient à mettre en sourdine le « scrogneugneu, mais c’est pas comme ça que ça s’écrit » qui crie très fort en nous… eh bien on s’habitue ! Ne sous-estimons pas nos cerveaux : ils ont une capacité de résilience qui peut nous surprendre nous-mêmes…

D’expérience (et qui vaut ce qu’elle vaut, hein, z’avez le droit de ne pas être d’accord), on peut très vite s’habituer, ne plus trébucher mentalement sur des nouveautés linguistiques. De nos jours, écrire ou dire que « c’est relou », ne choque plus les esprits (sauf dans un contexte où on doit parler soutenu), mais à une époque pas si lointaine, lorsque l’on craignait les « loubards » en blousons noirs, le verlan était socialement choquant…

Car la seule chose qui nous empêche de nous habituer à des graphies novatrices : c’est nous.

C’est quand on ne veut pas, qu’on en a pas envie. Et pourquoi pas : vous avez le droit de refuser de voir votre langue, un outil profondément lié à nos identités, écrite de manière X ou Y. Vous pouvez ne pas en avoir envie…

Comme nous, dans notre association, nous pouvons avoir envie d’user de points médians (ou de smileys :p… ). Car, dans un cas comme dans l’autre, nous faisons un choix personnel, nous usons de notre Liberté.

Doit-on détester les emoji quand on ne supporte pas le point médian ?
Vous avez quatre heures.

Cinquièmement : pourquoi maintenant ?

Au-delà de ce débat qui, pour nous, se résume en une phrase (nous ne transigerons pas sur les libertés), il y a une question à se poser. Depuis plus de trois ans que nous expérimentons avec la langue (tout en faisant des efforts typographiques, orthographiques, et grammaticaux que personne ne vient saluer, snif !), les remarques et commentaires trollesques ne pleuvent que depuis environ neuf mois.

En novembre 2017, il y a eu un débat soulevé dans les médias de masse. Depuis, nous voyons quotidiennement combien il n’est plus possible de discuter paisiblement.

C’est comme s’il y avait une guerre, qu’il fallait choisir son camp, et pis si t’es pas avec nous t’es contre nous… La question s’est polarisée au point de caricaturer les pires personnages de jeux de baston :

HystéroFémiNazie VS FachoMascuMacho,
Round 1,
FIGHT !

Vous trouvez pas qu’on s’est un peu fait embourber nos esprits dans une ambiance de merde… ? Combien de personnes, aujourd’hui, revendiquent le droit d’en avoir rien à foutre du point médian, de s’en cogner de la double flexion, et de n’avoir aucun avis sur la règle de proximité ? Qui pense encore, dans ce débat, au fait que dire « chacun et chacune » (la double flexion, donc) est tout autant une marque du langage inclusif que « chacun·e »… ?

Mais surtout : où étaient nos critiques littéraires ces trois dernières années ? Que faisaient ces personnes, et pourquoi ne veillaient-elles pas à notre salut linguistique auparavant ? Il peut être bon de se demander, chacun et chacune (tiens !) en son for intérieur, pourquoi est-ce que l’on a commencé à avoir un avis sur la question (en novembre dernier)… plutôt que de bidouiller avec, juste pour voir comment ça fait, pour voir ce que ça change.

 

Est-ce qu’on n’aurait pas un peu le syndrome du grand méchant monde ?
Vous avez plus le temps, allez directement lire la réponse de Hacking Social.

Finalement : la liberté n’est pas négociable

Chez Framasoft, nous sommes attentifves : croyez-le ou non, mais nous veillons à rester intelligibles. Si nous publions un texte de telle ou telle manière, c’est que nous avons estimé, collégialement et dans notre entière subjectivité, qu’il est intelligible.

Intelligible ne signifie pas confortable, hein. Utiliser les dissonances cognitives que provoquent les expressions inhabituelles peut être un outil pour communiquer ce que l’on souhaite transmettre. C’est un choix dans la méthode, qui peut sembler approprié à l’auteur·rice d’un texte, et aux personnes qui relisent.

La Liberté, chez Framasoft, c’est pas négociable. Nous en avons parlé lors de notre dernière assemblée générale : nous faire aimer/apprécier/bien voir, vouloir séduire/éduquer/convertir les gens à la cause du libre, cela ne se fera pas à tout prix. Ce serait chercher une universalité quasi-impossible, et qui (à nos yeux) mène sur le chemin du plus petit dénominateur commun, celui des idiocraties googlesques qui nous rebutent. Bref, on va pas se renier, pas au prix de nos libertés ni de nos convictions.

Et les libertés des personnes qui, volontairement, refusent de supporter le langage épicène, les pauvres … ?

Nous avons fait en sorte que vous ayez le droit de reprendre nos publications (sous licence CC-By-SA, sauf mention contraire) et les traduire en langage traditionaliste (comme d’autres les traduisent en italien, en anglais, et merci !). Nous avons fait en sorte de n’obliger aucun·e membre, aucune personne qui contribue à nos actions, à utiliser telles ou telles règles (d’ailleurs, nombre de nos textes sont aussi en langage traditionnel, et c’est OK pour nous).

Nous savons les internets assez grands pour que chacun·e (tiens !) puisse y trouver son bonheur… Sans forcément aller faire les gros n’yeux aux autres parce que « ielles ne font pas comme il faut, c’est à dire comme moi je veux ! ». On peut même renvoyer les ronchonchons aux conditions générales d’utilisations de nos services (dont le blog, la newsletter, etc. font partie), clause « si ça vous va pas, vous êtes libres d’aller voir ailleurs » (allez lire, ça prend 3mn et c’est bel et bien écrit dedans).

Extrait de ce que, entre nous, nous avons appelé « le post Framasphère du Démon », tant il a atteint des sommets trollesques.
Ceci n’est qu’un exemple. Un seul.

Offrons-nous la paix

C’est un peu violent, comme conclusion, non… ? Il faut dire que le cumul des remarques trollesques et de mauvaise foi que nous essuyons depuis des mois est franchement frustrant, et cette accumulation, nous la vivons comme une violence… Il est temps de briser ce cercle vicieux.

Là où nous sommes d’accord avec nos détracteurices (soyons fous… et folles : hop, un mot-valise !), c’est que les questions de genre et de linguistique ne sont pas le but premier de Framasoft… Alors pourquoi venir les commenter ? Pourquoi détourner l’attention de ce que nous faisons en faisant remarquer quelques pauvres signes de ponctuation… ?

Ne pourrait-on pas vivre, et laisser vivre… ?

Peut-on passer à autre chose… ?

Nous l’espérons, et vous faisons confiance.

Suivre framasoft:

Réseau d'éducation populaire au Libre. Nous souhaitons faire le trait d'union entre le monde du Libre (logiciel, culturel, matériel, etc...) et le grand public par le biais d'une galaxie de projets à découvrir sur framasoft.org

41 Responses

  1. Dominique Prieur

    Tout y est : le positionnement, la liberté, la tolérance et… l’humour.
    Merci pour ce texte éclairant.

  2. Dominique Hebert

    Au début, j’étais réticent par cette nouvelle forme d’écriture et petit à petit, je m’y suis habitué.
    Ce texte propose de nouvelles formes (ielles, détracteurices, …) que je découvre pour la première fois et je trouve cela plutôt bien vu alors qu’il y a encore un ou deux ans, j’aurais pensé « c’est vraiment n’importe quoi ! ».
    Merci pour ce texte que je vais contribuer à faire connaître.

  3. Yves

    Merci pour ce bel article. Exercice rédactionnel difficile sur un sujet miné, réussi haut la main.

  4. Stéphane Faussadre

    Au début ça pique un peu… les yeux. Sauf que je n’en ai plus l’usage. Et je peux garantir que pour un aveugle, le site ou plus précisément les articles du blog sont incompréhensibles. Le lecteur vocal ne déchiffre par le point médian.
    Essayez et vous verrez que j’ai raison 😉
    Pour l’exemple : inscrit·e·s est lu inscrit-multiplié-par-e-multiplié-par-s
    chef-f-es est lu chèfesse
    Ça déchire plus les oreilles que ça ne pique les yeux 🙂

    • Frédéric Urbain

      Salut

      Quelle solution pourrions-nous trouver pour améliorer l’accessibilité ?

      Ça nous tient à cœur au moins autant que l’inclusivité.

      • Pierre Rudloff

        Je ne suis pas expert du sujet, mais il me semble qu’on peut contourner le problème avec du HTML du style « inscrit.e.s » (mais c’est bien plus long à écrire).

        • Pierre Rudloff

          Ah le blog a retiré mon HTML du commentaire, j’aurais du m’en douter.
          En gros je disais qu’on peut utiliser l’attribut aria-label pour indiquer une forme plus prononçable par les lecteurs d’écran (« inscrites et inscrits », par exemple).

    • JosephK

      Comme indiqué dans l’article, « chef-f-es » est issu d’un ancien article avant que ne soit favorisé l’usage du point médian.

      Quel lecteur d’écran utilisez vous ?

      D’après l’article référence de Sylvie Duchateau (datant de mars 2017), la plupart des lecteurs d’écran récents (y a peut-être eu des changements depuis) ne vocalisent pas le point médian. Seuls VoiceOver sous iOS et Orca sous Linux les vocalisent « point médian ».

  5. EpicZ

    En même temps vous décrédibilisez votre propos, votre Asso, votre combat et toutes vos idées, tout ça pour vous ranger derrière un délire temporaire qui n’apporte rien à la société (relisez ce poste 5 ans et dites-moi comment se porte l’écriture inclusive, déjà qu’elle représente moins de 0,1% des contenus écrits de nos jours).

    J’aime bien Framasoft. Vos idées sont très bonnes. Mais je ne viendrais plus chez vous, vous n’aurez plus mon soutient plus car vous utilisez le prétexte de la liberté non négociable pour imposer votre mode d’écriture dégueulasse, que personne ne veut adopter à par quelques illuminés dans votre style (on se demande pourquoi, à croire que les gens ont compris que le respect de la femme et l’écriture française n’ont strictement rien à voir ?).

    • Frédéric Urbain

      Je suis assez classique dans mes lectures et dans mon écriture, voire vieux jeu, mais quand j’utilise le terme « visiteureuses » pour désigner les personnes qui viennent sur nos sites, ce mot-valise, le bonheur qu’il contient, la tolérance qu’il implique, me ravissent.
      J’ignore combien de lecteurices s’en réjouissent avec moi, et combien de grincheu-pas-heureux-ses grognent devant leur écran.
      De toute façon, il est tout aussi important, à mes yeux, d’apporter le sourire que de faire grincer quelques dents
      Si Framasoft, que tu apprécies par ailleurs, te dérange dans tes convictions, alors nous avons fait notre job de poil à gratter.
      Et si ça nous place avec Rabelais, Villon, Hugo, Dard, Céline, Duras, Godard, Desproges, Cavanna, Coluche et Charlie, nous ne serons pas en si mauvaise compagnie.
      On en reparle dans cinq ans ?

    • Pouhiou

      Réponse Hors-Sujet @EpicZ : J’ai supprimé le site que vous avez renseigné dans votre commentaire (samair.ru), car il redirige vers la page des tarifs d’un service de proxy, or il nous ne voulons pas de publicité, pub clandestine ni de spam chez Framasoft. Si cette redirection n’était pas volontaire de votre part, c’est probablement que votre site s’est fait pirater. Bon courage à vous.

  6. Vive La France !

    Les magiciens de la langue essaient de nous imposer une écriture « inclusive » laide à lire et impossible à prononcer. Mais pire, c’est une attaque sur les fondements de la langue française et par la suite, sur la pensée.

    Arnaud Upinsky continue son combat pour obliger l’Académie française et le Président de la République à tenir leur rôle, défendre notre langue en grand danger, menacée de mort par l’idéologie « néo-libérale ». Il a son franc parler bien à lui mais il aborde à travers son combat, les enjeux d’une mondialisation qui est en train de ravager toutes les cultures, toutes les langues, toutes les nuances jusqu’à l’entropisation finale, la mort de tout et de tous… Sans concessions ! […]

    http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-inclusive-au-genre-humain

  7. anita

    Les fondements de la langue française n’existent pas. Quant à Macron, je sais bien qu’il se prend pour un monarque mais son rôle n’est certainement pas de défendre la langue française.

    Petit rappel, la langue française n’est pas l’exclusivité de la France, elle est la langue officielle dans d’autres pays à travers le monde. Il n’existe pas un canon de la langue française. Alors le délire sur les fondements, argument des identitaires virilistes, merci, mais non. Ça va avec le roman national si cher à l’extrême droite et aux conservateurs de tout poil.

    Le Français standardisé que vous croyez être la langue française n’est qu’une invention récente imposée par le pouvoir central parisien et la bourgeoisie pour qui les patois et les accents sont des ignominies et non des richesses.

    Une langue vivante évolue non par le haut mais de manière transversale par ceux qui l’utilisent au quotidien pour s’exprimer.

    Une langue vivante est un logiciel libre, totalement libre concernant le Français, qui appartient aux utilisateurs qui ont tout loisir d’en faire des forks, des déclinaisons, des remixes, d’inventer des mots et de nouvelles formes grammaticale.

    Qu’il existe un Français standard utilisé par les agents de la fonction publique entre eux et avec les usagers, c’est souhaitable en république mais en dehors de ce cas de figure et de tout ce qui a trait à la technique chacun a le droit de s’exprimer comme il l’entend et d’enrichir le Français avec ses sensibilités.

    L’écriture inclusive vous dérange ? Ça ne peut être que pour des raisons idéologiques et pour des raisons pratiques.

    Je ne suis pas d’accord pour dire que quelle que soit l’opinion des uns et des autres tout le monde a raison.

    L’écriture inclusive est un choix politique, c’est une vision des rapports entre les êtres et donc une vision de la société. C’est par conséquent clivant et comme on est dans une république démocratique ça doit ouvrir un débat et faire réfléchir.

    • Stéphane Faussadre

      @Frédéric Urbain
      Quelle solution pourrions-nous trouver pour améliorer l’accessibilité ?

      Une solution simple serait d’opter pour la double flexion. C’est compréhensible, accessible à ceux et celles qui ne maîtrisent pas correctement le Français ou qui ont des difficultés de lecture.

    • Stéphane Faussadre

      @Anita
      Vous avez raison.
      Vous écrivez que le Français est une langue vivante qui évolue selon les usages qu’en font les Français. Certes, mais le sujet de cet article n’est pas le Français, c’est sa transcription.

      Vous avez raison.
      Vous écrivez que la langue française n’est pas exclusive à la France. C’est exact et c’est pourquoi l’usage de la double flexion est à mon sens préférable au point médian. Comment les jeunes enfants ou les personnes souffrant de troubles « dys » à qui on apprend qu’une phrase se termine par un point peuvent-ils gérer des ponctuations au milieu de mots qu’ils ne comprennent pas.

      Vous n’avez pas tout à fait raison.
      Vous prétendez que le Français standardisé est une invention récente. Vous oubliez que c’est l’ordonnance de Villers-Cotterêt qui impose l’usage du Français dans le Pays et en fixe les règles en 1539. Comparé à l’Anglais notre langue n’a que peu évoluée.

      Vous avez raison.
      L’écriture inclusive me dérange si elle n’est pas faite intelligemment.
      Ne pensez-vous pas qu’une femme mérite plus de considération qu’un point médian et un e au bout d’un mot ?
      L’usage de la double flexion me paraît plus adaptée et plus respectueuse.

    • Epicz

      « L’écriture inclusive vous dérange ? Ça ne peut être que pour des raisons idéologiques et pour des raisons pratiques.  »

      « Ca ne peut être que…  » dans votre imaginaire ? Dans votre petit monde personnel ? Ou parceque vous avez décidé qu’il en est ainsi… ?

      « L’écriture inclusive est un choix politique, c’est une vision des rapports entre les êtres et donc une vision de la société.  »

      Malheuresement vous catégorisez les gens suivant le camp qu’ils choisissent sur le probleme de l’écriture inclusive… ce qui est une grave erreur. Je suis pour le respect total de la femme, l’égalité des salaires etc etc… et totalement contre l’écriture inclusive. Réduire le respect de la femme a une façon d’écrire dessert votre combat. Quand vous l’aurez compris vous pourrez peut etre enfin vous attaquer au vrai probleme.

  8. anita

    Rectification après coup. Il fallait lire :

    « Ça ne peut être que pour des raisons idéologiques et pour des raisons pratiques. »

    Ça ne peut être que pour des raisons idéologiques et >NON< pour des raisons pratiques.

  9. jjj

    C’est bien l’écriture inclusive, ça occupe du monde à ne pas faire grand chose et à peu de frais.

  10. Creak

    Je pense qu’une langue écrite doit refléter la langue orale qu’elle transpose. L’inverse me semble être une mauvaise pratique visant à privilégier les gens qui ont eut le droit à une éducation soutenue.

    Dans le passé, toutes les petites subtilités de la langue française, comme « oignon » (qui a heureusement été fixé depuis près de 20 ans), ne sont que des pièges qui permettent de trier le noble du paysant.

    C’est pourquoi je suis plutôt contre l’écriture inclusive telle que proposée par Framasoft. Mais j’apprécie la double flexion, qui est inclusive et qui reste compatible avec la langue parlée.

    Mon autre point est aussi que je pense que ça n’aide en rien le message de Framasoft, plutôt le contraire même… Je trouveque ça fait juste passer la bande de Framasoft pour des excentriques, et que les messages de fond des articles passent complètement à la trappe.

    Mais le plus important, c’est que j’ai raison 😀

    • Epicz

      « Mon autre point est aussi que je pense que ça n’aide en rien le message de Framasoft, plutôt le contraire même… Je trouveque ça fait juste passer la bande de Framasoft pour des excentriques, et que les messages de fond des articles passent complètement à la trappe. »

      C’est exactement la problématique que j’ai soulevée dans mon commentaire juste avant. C’est totalement vrai. Vous desservez votre cause pour un délire temporaire qui n’apporte quelque chose qu’à ceux qui sont déjà convaincus par l’écriture inclusive ,vous prêchez des convaincus. Personne ne comprend le rapport entre le respect de la femme et l’écriture, à part quelques illuminés sur Twitter. Malheuresement vous vous êtes rangés de ce côté là.. en laissant tomber votre combat originel. Je ne vous félicite pas 🙁 Le libre repassera hein….

      • JosephK

        Malheuresement vous vous êtes rangés de ce côté là.. en laissant tomber votre combat originel.

        C’est faux.

        On ne fait que répéter qu’on accepte l’écriture inclusive sur nos pages pas qu’on l’adopte unilatéralement ni qu’on la défend bec et ongle.

        Parce qu’effectivement vous avez raison ce n’est pas le rôle de l’association Framasoft ni ne fait parti des missions qu’elle s’est fixée. « L’association a pour objet la diffusion et la promotion de la culture libre en général et du logiciel libre en particulier. »

        Où voyez vous dans notre campagne précédente Dégooglisons Internet ou dans notre feuille de route Contributopia pour les 3 années à venir ou encore sur notre page de présentation de l’association et dans nos statuts que nous laissons tomber notre « combat originel ».

        L’objet de cet article est simplement de clarifier le fait d’assumer que les auteurs et autrices du Framablog ont la liberté d’écrire leurs articles selon la forme et le style qu’ils ou elles veulent dès lors qu’ils/elles ne sortent pas de notre ligne éditoriale et que c’est intelligible.
        Que le style ou la forme plaise, déplaise ou laisse indifférent n’a finalement pas beaucoup d’importance.

        Peut-être devriez vous relire l’article de manière un peu plus posée et moins manichéenne.

      • Nom complet

        <>

        Une affirmation de cette envergure requiert une solide démonstration.
        Merci de partager vos preuves.
        En ce qui me concerne, c’est Framasoft qui m’a interpellé sur ce sujet, puis informé, puis convaincu.
        Serais-je une aberration ?

        • Nom complet

          Hum… Les guillemets étaient censées contenir la citation suivante :

          « Vous desservez votre cause pour un délire temporaire qui n’apporte quelque chose qu’à ceux qui sont déjà convaincus par l’écriture inclusive ,vous prêchez des convaincus. »

          … Un mode de prévisualisation serait le bienvenu pour l’édition de commentaires.

          À bon•ne•s entendeurs•euses 🙂

  11. artorix

    la liberté… mais libéré de quoi?
    salut,
    mon titre suffit, je suppose
    c’est une vrai question de fond : la liberté suppose une « ennemi » qui empêche de la pratiquer
    mais s’il n’existe pas d’autres ennemis que ceux qu’on crée pour l’occasion?
    ps : une réaction virulente n’est pas (encore) un ennemi, c’est une réaction

  12. JosephK

    Je trouve qu’il manque à l’article, en plus du verlan et des smileys, un autre exemple de déformation de la langue qu’on voit partout, qui pique tout autant les yeux, qui pose aussi des problèmes d’accessibilité et qui pourtant est consensuel parce qu’il n’est pas connoté politiquement : le hashtag.
    #JÉcorcheMaLangue sur #Twitter #Facebook #Instagram #VuÀLaTV… #CapitalismeDeSurveillance
    #EtToutLeMondeSEnFout

    Il n’est pas connoté politiquement alors que ça pourrait tout autant faire débat : on pourrait considérer cet usage comme un outil du capitalisme pour segmenter et réduire la pensée afin de mieux contrôler et manipuler la population (c’est bien une sorte de novlangue quoi !).
    Pourquoi accepte-t-on aussi facilement de s’imposer de s’exprimer à coup de punchlines 🥊 hashtagguées en 144 caractères et regrette-t-on ensuite que ce genre de plateformes deviennent des nids à trolls, hater, etc alors qu’elles sont pensées pour nourrir le cerveau « reptilien » à coup de dopamine ?
    #EtEnMêmeTemps, pourquoi s’écharpe-t-on uniquement quand c’est un groupe politique qui met le sujet de l’écriture inclusive sur la table médiatique (juste après avoir réformé en force le code du travail) et pas avant ?

    C’est l’objet de la cinquième partie de l’article et, bizarrement, personne dans les commentaires n’a encore trouvé utile de répondre à cette question.

  13. Adrien

    Il ne reste plus qu’à rajouter un bouton et du Javascript pour afficher / masquer les formes inclusives. Mais ça veut dire taper le texte en deux langues. Par contre, pour les lecteurs d’accessibilité, ça peut être efficaces.

    C’est de l’humour « réaliste » 🙂

  14. RenéT

    je cite : « n’obliger aucun·e membre, aucune personne… »

    Pas très logique tout ça. Pourquoi « personne » n’a t-il pas droit à son masculin ?

  15. Jojo

    Texte illisible, trop long, trop chiant. En plus je ne comprends pas la moitié des Mots…

  16. Réchèr

    Je propose l’écriture méta-inclusive, afin de ne pas faire de discrimination entre les personnes qui sont pour l’écriture inclusive et celles qui sont contre.

    Ils/Iels ont tou·te·s/tous été ravis/ravi·e·s d’apprendre cette bonne nouvelle !

    Attention de bien alterner les formulations inclusif/non-inclusif et non-inclusif/inclusif, pour éviter que l’un ou l’autre groupe de personnes disent : « booouuhh, c’est toujours le même groupe qui est cité en premier ! ».

    On envisagera bien évidemment l’écriture méta-méta-inclusive, pour ne pas discriminer qui est pour le méta-inclusif de qui est contre.

    Et sinon, merci pour votre blog, parce que je l’aime beaucoup.

  17. UnExMembre

    Je viens de prendre connaissance de cet article. Je suis triste, en tant qu’ancien soutien de Framasoft qui est parti de à cause de l’inclusive.

    Framasoft : « c’est que les questions de genre et de linguistique ne sont pas le but premier de Framasoft… Alors pourquoi venir les commenter ? »
    Moi : Oui ce n’est pas le but premier de Framasoft, pourquoi vouloir l’utiliser quand même ? Pourquoi avoir cassé votre communauté pour cela ? Vous pensez sérieusement que l’écriture inclusive ne nuit pas à votre but premier ? J’ai peur que vous vous ne soyez pas rendus compte, qu’extérieurement, on voit que Framasoft à 2 dadas : le libre ET l’écriture inclusive (par son utilisation et ses justifications d’utilisation).

    Framasoft : « Pourquoi détourner l’attention de ce que nous faisons en faisant remarquer quelques pauvres signes de ponctuation… ? »
    Moi : Ils ne sont pas pauvres pour vous en tout cas, car vous continuez de les utiliser malgré une franche indignation que cela soulève. Malgré la polémique, ils sont toujours là, ils sont devenus vos symboles. Vous ne voulez pas vous passer de vos « pauvres signes de ponctuation ». Vous y êtes attachés. Vous pensez qu’ils rendent le monde meilleur. Moi, je pense que c’est le libre.
    Je pense que vous avez perdu des gens qui soutiennent le libre à cause de « pauvres signes de ponctuation ». Cela fait : « Tant pis pour le libre, on veut pouvoir continuer d’écrire comme cela ! »
    Rappelez moi le but premier de Framasoft ?

    Framasoft : « Offrons-nous la paix »
    Moi : Oui, je vous fous la paix.

    • pyg

      (sauf erreur de ma part, vous n’avez jamais été membre de l’association)

      « Rappelez moi le but premier de Framasoft ? »
      Faire de l’éducation populaire.
      Et promouvoir du logiciel libre pour **une société libre**. (et non pas « faire du libre pour… faire du libre »)

      Bref, vous n’aimez pas et vous partez fâché ?
      Pas de souci. Nous, nous ne le sommes pas. Bon vent pour la suite.

  18. MCMic

    «Mais surtout : où étaient nos critiques littéraires ces trois dernières années ? Que faisaient ces personnes, et pourquoi ne veillaient-elles pas à notre salut linguistique auparavant ? Il peut être bon de se demander, chacun et chacune (tiens !) en son for intérieur, pourquoi est-ce que l’on a commencé à avoir un avis sur la question (en novembre dernier)…»

    Je voulais juste répondre là-dessus parce que l’argument revient plusieurs fois dans l’article.

    Personnellement j’ai pas râlé les premières fois que j’ai vu de l’écriture inclusive parce que c’était justement anecdotique, j’ai pensé à une mode qui passerait vite ou resterait cantonné à certains milieux (franchement un truc aussi mal foutu j’aurai jamais pu prévoir que ça aurait du succès, mais bon j’avais dit pareil de l’ipad…).

    Donc si les gens ont mis du temps à râler, c’est parce que c’était pas hyper génant tant que c’était rare, ya certains sites que j’ai juste arrêté de lire s’ils en faisaient trop c’était pas handicapant. Mais maintenant que ça devient omniprésent (je sais pas à quel point ça l’est mais on en croise quand même beaucoup), on se dit qu’il faut ptet commencer à râler avant qu’il ne soit trop tard et qu’il n’y ai plus que ça.

    (Je reviens volontairement pas sur les arguments contre l’écriture inclusive le débat a été fait et refait un peu partout)

  19. stragu

    Merci beaucoup pour cet article judicieux, bien écrit et marrant 🙂
    Bon courage pour la suite !

  20. H-CN

    Bonjour a tous,
    en voilà un sujet qui déchaîne les passions!
    La phrase la plus sensée de toute la page: Ne pourrait-on pas vivre, et laisser vivre… ?
    ça inspire les mots tolérance et maturité.
    Presque tous les autres se lèvent comme un seul homme pour déffantre l’a lank frenssèsse avec des tournures parfois précieuses et alambiquées.
    ça inspire les mots conformisme et snobisme.
    La vérité est ailleurs, les amis.
    jeu, set et match framasoft. Restez comme vous êtes et bonne continuation.

  21. Simon

    Si mes souvenirs sont bons, dans Framasoft, c’est celui qui fait qui a raison, tout simplement car il n’y a pas assez de monde pour tout gérer. C’est une bonne solution pour avancer.
    Donc comment être contre ce positionnement sur l’écriture inclusive.

    Mais le fait est que certaines personnes ont choisi la forme la plus dure de l’écriture inclusive (le point médian) alors qu’il existe bien d’autre forme :
    * doubler les mots pour mettre l’autre genre quand cela est nécessaire
    * la règle d’accord en fonction de la proximité
    * …

    Dans le logiciel libre, lorsque l’on participe à un projet, on doit argumenter ses choix techniques, ergonomiques, graphiques. Ce que j’aurais aimé voir dans cet article, c’est le pourquoi du choix de cette forme d’écriture inclusive au lieu d’une autre plus douce.

    Lorsque j’ai repris mes contributions à un service Framasoft que j’avais contribué à lancer, je me suis retrouvé confronté à l’ajout de l’écriture inclusive. J’avais vainement essayé d’exprimer cette idée : « pourquoi ce style d’écriture inclusive ? c’est de la merde ! » (oui la communication n’est pas forcément mon point fort :))
    Mais dans tous les cas, jamais une réponse n’a été apportée et cette forme d’écriture inclusive a été ajoutée sans discussion.

    La langue est une arme, bien des contributeurs le savent et même plusieurs initiatives sont lancées pour améliorer le langage dans le logiciel : suppression des mots offensants (master/slave, …) dans de grands projets comme Python ou Symfony (https://symfony.com/doc/current/contributing/community/review-comments.html). Il existe même des vérifications automatique de code sur les termes considérés comme pouvant être offensant !

    Mais pour chacun des projets que j’ai pu voir pour lesquels il y avait une remise en question de la langue, les choix étaient argumentés et facilement compréhensibles, pas un simple : car on a la liberté de le faire.

    Jamais, je n’ai vu d’arguments cohérents sur ce style d’écriture inclusive. De plus dans les différents liens présents sur votre FAQ, l’usage du point médian n’est recommandé que dans le cas des textes ayant des contraintes de place (ce qui est rarement le cas dans un blog ou un logiciel)

Laissez un commentaire à Gilles Annuler la réponse