Une appli de traçage du COVID 19 qui échappe à Big Brother ?

Temps de lecture 2 min

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Ou plutôt pas de traçage du tout ? Oui bien sûr, ce serait sans doute la meilleure solution compte tenu des inévitables « glissements » que redoute comme nous Hubert Guillaud dans cet article.

 

Mais à l’heure même où se profile l’appli gouvernementale, véritable agneau innocent qui sera inévitablement converti un jour prochain en outil d’espionnage pur et simple, voici une proposition alternative de protocole qui permettrait de freiner la diffusion de la pandémie et d’échapper à la surveillance invasive.

Voici pour comprendre le principe de cette application une bande dessinée, qui est l’œuvre de Nicky Case (son siteson patreon), elle est destinée à expliquer le fonctionnement du protocole DP-3T à un public plus large. Elle n’est pas une représentation exacte du protocole, comme elle le précise :

Cette BD présente des aspects qui vont au-delà des spécifications de notre protocole, tels qu’un score de risque lié à une instruction de rester à la maison, un exemple ludique de ce à quoi pourrait ressembler un algorithme de calcul de risque local.

Bien que notre protocole soit conçu pour protéger la vie privée et pour contribuer à protéger un large éventail de libertés contre les détournements de fonction, il nécessite un déploiement réfléchi dans un environnement avec des politiques informées et protectrices des droits de l’homme afin de fonctionner pour tous les membres de nos communautés.

La bande dessinée ne doit donc pas être lue comme fournissant des suggestions de politiques au-delà du protocole de l’équipe DP-3T.

Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, beaucoup de précisions sur son fonctionnement, ses limites et ses conditions sont dans cette étude proposée par un pool de scientifiques dont la lecture demande un certain bagage technique.

La présente publication ne signifie pas que Framasoft promeut une quelconque application ni ne la présente comme une solution miracle. Il s’agit seulement d’éclairer le fonctionnement d’un protocole.

Bande dessinée originale en anglais : https://ncase.me/contact-tracing/

La traduction française que vous pouvez parcourir ci-dessous est due aux efforts conjugués et patients de Michel « Meï » Mancier, et de Samuel Hackwill. Qu’ils en soient vivement remerciés !

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15 Responses

  1. Raph

    Méga cool mais si je comprend bien ce n’est pas une appli encore, c’est un protocole. Y’a t’il déjà une appli fonctionelle qui pourrait être utilisée par toutes et tous ?

    • Amic

      Alors si je comprends bien, c’est exactement ce qui a été dit dans l’article d’Hubert Guillaud (le thread twitter qu’il recommande de lire) et pas du tout une alternative…

      • Goofy

        Ce n’est pas ici qu’on va défendre le solutionnisme technologique et considérer que c’est une solution magique. Comme le dit Rand Hindi https://twitter.com/randhindi/status/1248247737511903234 les concepteurs du protocole savent que tout dépend d’un nécessaire taux élevé d’adoption de ce processus et qu’on en est loin, y compris à Singapour ou en Corée. et que par ailleurs ça ne peut fonctionner que si en effet on « impose » la quarantaine aux personnes en contact avec d’autres personnes contaminées. On voit vite que le problème relève d’une politique de santé plus que du fonctionnement de l’application.

    • Mathieu

      Il faudrait du coup ne pas simplement diffuser un message, mais qu’il y ait à chaque fois un échange chiffré entre deux téléphones

    • Claire

      Pourtant Hubert Guilleau l’explique si.bien un signe n’est pas un diagnostic…

      Croiser 6 personnes malades dans la rue ne fait pas de moi une personne contaminée…

      Plus généralement une probabilité (qu’on.ne saurait manifestement pas calculer) n’est pas une réalité.
      Un outil numérique n’est pas capable de se substituer au diagnostic médical…

      De fait je ne comprends pas le propos général de l’article qui me parait contradictoire avec les autres (dont celui de Pouhiou ou celui de H Guilleau)

      • Pouhiou

        Le propos général de l’article est une traduction d’une explication technique d’un outil de traçage. Nous considérons Framasoft comme une association d’éducation populaire aux enjeux du numérique, donc il nous semblait important de transmettre cette vulgarisation des mécanismes techniques envisagés.

        Cependant, cet article est justement à contextualiser dans la série d’articles que nous consacrons au sujet, puisqu’il ne traite pas des risques de signose (un signe statistique n’est pas un diagnostic) et de glissement, des conséquences sociales et psychologiques (quelle serait la réaction d’un agresseur familial à une notification « ooops ! Mettez vous en quarantaine. »…? Et que doit faire une travailleuse précarisée qui craint pour son emploi si elle reçoit cette notif ?), de l’acculturation à l’espionnage étatique de nos intimités, etc, etc.

        Pour lire l’ensemble des articles que nous consacrons à ce sujet : https://framablog.org/tag/stopcovid/

    • Webmust

      Salut geeknik,

      J’ai été lire l’article que tu as mis en lien.

      Alors effectivement, si on balance son identité partout (Compte Google, Facebook, etc.) il est certain que toutes les mesures qui permettent de protégé l’anonymat tombe à plat !

      C’est comme utiliser le réseau TOR pour se connecter à son compte Google ou Facebook. Utiliser un système préservant l’anonymat pour le se dés-anonymiser sois-même est tout à fait ridicule.

      Ce n’est pas le système qui est en cause, mais uniquement les pratiques individuelles.

      De plus, dans le cas précis de ton article, l’application n’a en réalité rien à voir, parce qu’avec un ordiphone ayant le Bluetooth et/ou le Wifi activé en permanence, dès lors que vous avez fourni votre identité avec une une carte fidélité ou autre, le rapprochement, n’est pas que possible, il est automatique et systématique !

      Bonne journée.

  2. Mathieu

    Dans la BD, Alice qui est malade envoie à l’hôpital la liste des codes qu’elle a émit.

    Est-ce qu’il y aurait un avantage / inconvénient à envoyer la liste des codes qu’elle a reçu ?

    • Webmust

      Salut Mathieu,

      Dans la pratique ce ne change rien, il faut juste que tout le monde fasse la même chose (dans le même sens). Soit le malade donne aux serveurs public (à l’hôpital) les codes émit et la population compare avec la liste perso des codes reçu, Soit le malade donne aux serveurs public (à l’hôpital) les codes reçu et la population compare avec la liste perso des codes émit.

      Mais il est impératif que ce soit la même chose pour tous.

  3. Pierre

    La première case avec le nombre de jours n’est pas clair du tout. Voilà ce que je comprends en considérant J0 comme le jour où on est infecté. On est donc contagieux à J3 et détectable à J5. Donc où est la journée d’avance ?

  4. Dowser

    Quid de la note de bas de page sur les asymptomatiques qui ne seraient … pas contagieux? Aucune référence à ça dans les sources en bas de la BD…

  5. natacha

    euh moi j’ai une question qui paraîtra un peu naïve, mais il me semble à lire ceci que les conditions sociales n’auraient pas d’influence sur la possibilité de se protéger de la maladie, ce qui est vraiment biaisé.

    L’utilisation d’une application de traçage de contact ne permettra pas à tous ceux qui ont été en contact avec quelqu’un de malade de se confiner si ils le souhaitent…. Je veux dire, comment est-ce que cela se passe pour une caissière de supermarché, un.e enseignant.e, des collègues qui travaillent dans le même entrepôt j’en passe… Est-ce que toutes ces personnes pourront se confiner si (comme il y a de fortes chances que cela se produise) elles ont été ou seront rapidement au contact de quelqu’un de malade…. Et bien entendu toutes ces personnes pourront recevoir une compensation financière de maladie (au moins) pendant leur confinement, quel que soit leur statut.
    Malheureusement, j’ai peur que l’usage d’une application ne soit pas ce que je viens de décrire, et que certaines personnes puissent continuer à télétravailler alors que d’autre devront continuer à aller au travail quelles que soient les conditions. Au lieu de protéger les personnes à risque, une application de traçage risque de beaucoup de contribuer à augmenter les inégalités face à la maladie, et surtout de cacher les responsabilités des pouvoirs publics qui continueront à sous financer les secteurs essentiels de notre société comme la santé, en installant des applications sur nos smartphones au lieu de prendre leurs responsabilités.
    A mes yeux cette la question de la responsabilité sociale est largement aussi essentielle et ne peut être résolue par la technologie.

    Nous ne voulons pas de traçage, nous voulons des tests, des masques, des moyens pour les hôpitaux, et l’indépendance de la recherche publique.

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