Framaconfinement semaine 4 – tout parler pour repartir sur des bases saines

Cette fois-ci, c’est moi, Pouhiou, qui raconte la semaine avant-dernière. Parce ouais, j’ai pris du retard. J’ai beau me dire bavard professionnel du clavier, y’a des moments, ça sort pas tout de suite.

Il faut dire que la période que l’on vit invite à peser sur pause, à prendre un indispensable recul sur nos manières d’agir, de réagir. Et c’est un peut tout cela qui me saute au yeux alors qu’on commence à y voir plus clair au sein de Framasoft…

Ce récit est donc basé sur notre histoire vraie, vécue entre le 6 et le 12 avril ;).

L’accès à l’ensemble de nos articles « framaconfinement » : https://framablog.org/category/framasoft/framaconfinement/

Ne nous laissez pas un clavier entre les mains…

Cette semaine, à la technique, ils ont érodé des touches et usé leurs mulots. Ça a très très mal commencé pour Luc. Dimanche soir, un serveur est tombé en rade, entraînant dans sa chute une bonne dizaine de sites et services importants (dont notre blog, notre forum, etc.). C’est la panne mécanique bête et méchante d’un serveur vieillissant, qui a demandé à Luc une bonne grosse journée de boulot (du genre 6h-21h) pour tout remonter. C’est ce que les technicien·nes appellent, dans leur jargon spécialisé, un bon gros lundi de merde.

Résumé des faits, selon Luc.

Durant cette semaine, Chocobozzz a, entre autres, travaillé à améliorer Etherpad (le logiciel qui fait tourner nos Framapads). Je comprends pas trop ce que ça veut dire, mais il paraît que suite à son ajout d’une fonction à l’API d’Etherpad Lite, Luc a mis à jour son module Perl Etherpad puis a créé une sonde Munin qui exploite cette nouvelle fonction. Ce que je comprends, c’est que grâce à eux on pourra mieux voir quand une horde de scribes vient écrire des Framapads, et qu’il faut qu’on assure pour accueillir cette montée en charge.

Theo, c’est notre stagiaire qui s’est attaqué à l’amélioration de Framaforms, un service que tout le monde utilise mais un code auquel personne ne contribue. Enfin, jusqu’à son arrivée messianique. D’ailleurs il parait que spf, qui voit augmenter le nombre de demandes d’aides face aux bugs de Framaforms, brûle secrètement des cierges à l’effigie de Théo. Mais faut pas le dire. Bref, cette semaine, notre héros a vaillamment essayé de réinventer un module Drupal avant d’apprendre qu’il existait. La morale de notre conte : même quand t’es héros, y’a des jours, c’est pas ton jour…

Par soucis d’équité, nous publions ce résumé des faits, mais cette fois-ci selon les serveurs eux-mèmes.

…on risquerait de s’en servir

Non parce que y’a pas que du code qui est sorti de nos claviers. Avec ce confinement, nous enchaînons les articles Framablog comme d’autres enchaînent les pains-cocotte au levain maison. Moi-même, je suis rentré d’une semaine de congés-Animal-Crossing pour direct lâcher sur un pad 2500 mots d’un article très intime sur les solutions technologiques vues comme autant de baguettes magiques.

Je sais que quand un texte va chercher dans mon expérience profonde, intime, dans le vécu un peu dur à sortir, c’est que le propos est d’autant plus important pour moi. Ben là, franchement, même moi j’ai été surpris d’à quel point j’avais besoin de dénoncer cette diversion de merde qu’est StopCovid. Plus on avance et plus j’ai l’impression que ce projet est utilisé pour montrer « qu’on fait quelque chose » parce que « il vaut mieux ça que rien » (demandez aux fab-labs et collectifs #VisièresSolidaires si y’a rien à faire, qu’on rigole).

Mon retour de congés, allégorie.

A priori, je ne suis pas le seul que ce solutionnisme technologique titille. Sur le Framablog, Framalang s’active à traduire les recommandations de l’association Algorithmwatch et la BD explicative de Nicky Case. Pyg et Goofy se démènent pour reprendre l’article d’Hubert Guillaud (InternetActu.net), démontrant les risques de signose et de glissement. Pendant ce temps chez la #TeamChauves, Framatophe replace cette crise et ses « révélations » dans le contexte de la surveillance généralisée et du Capitalisme de Surveillance.

Alors qu’Angie combat sa leucosélophobie afin d’écrire notre journal de la semaine précédente, elle participe, en plus et sur son temps libre, à l’encadrement du Libre Cours de Stph sur la culture libre. Stph, qui, en plus de son libre cours, propose deux articles à ajouter dans les tuyaux du Framablog. Et c’est là que Marien arrive avec l’idée d’une interview factice de la #TeamMemes afin d’organiser un lâcher de conneries sauvages sur le Framablog.

Faut pas nous laisser un clavier entre les mains, j’vous dis. C’est une grande règle chez Framasoft : si on a un clavier et du temps, on va s’en servir !

Business as unusual

C’était bien mon problème, lorsque je suis rentré d’une semaine de confinement sur mon île vidéoludique : les potes de Framasoft se sont servi⋅es de leurs claviers, genre… beaucoup. Pour rattraper le fil, y’a deux écoles : soit tu lis tout (toutes les listes de diffusion, les canaux de notre framateam, les articles blogs, etc.), soit tu ne lis rien, en mode Yolo.

Sauf que j’ai pas mon CACES.

C’est plus fort que moi : j’ai tout lu. J’ai lu le gentil message qui rappelait que Le Monde a Changé©, et donc en ce moment plus que jamais, on s’autorisait à ne rien relire, en mode Yolo. J’ai aussi lu l’échange entre Pyg (notre directeur) et le comité RH (pour « relations humaines ») qui nous enjoint de travailler moins pour travailler mieux, parce que le monde a changé, parce qu’on s’inquiète pour nos proches, parce qu’on fait la queue au supermarché.

J’ai enfin lu la proposition de Maiwann de faire une framapapote, plébiscitée par le reste de l’asso. On lance donc un framadate pour choisir quel soir de la semaine prochaine on se retrouvera, sur notre Mumble, pour papoter. Non pas pour bosser ou pour imaginer des actions… Mais juste pour être ensemble. Maiwann nous propose d’y exprimer ce qu’on veut, dont ce qui nous énerve. Parce que oui, entre nous on s’aime et on se fait des câlins, mais en ce moment la vie c’est pas forcément youpi-les-petits-oiseaux-cuicui.

Sauf dans le puit de jour de mon immeuble, où ça nidifie tranquillou.

S’autoriser à ne pas être à la page sur tout ce qui se passe en interne, s’autoriser à prioriser le soin de soi et des siens sur le boulot, s’autoriser à partager notre convivialité comme nos colères… Putain, je suis privilégié dans mon boulot. Je dis pas qu’on a trouvé le secret qui fait que « les DRH les détestent !!!! », d’ailleurs je suis moi-même déjà allé trop loin dans mon investissement pour Framasoft…

Mais si d’autres se demandent comment avec une toute petite équipe de 35 membres dont 9 salariées on abat tout ce boulot, je pense que la première piste à explorer c’est ce soin apporté aux humain·es, cette confiance en nos autonomies, ce respect de chacun·e qui s’exprime dans beaucoup de détails. Je me demande sincèrement pourquoi y’a en pas plus qui copient ce modèle : il marche. Même d’un point de vue bassement « productiviste » : faire passer l’humain en preums, ça marche.

On cherche pas la productivité, à Framasoft. Je dis pas qu’on produit rien, hein… Je dis que c’est pas l’but !

Parler, parler encore, puis on en reparle

S’il n’y a pas de « méthode Framasoft », nous avons tout de même acquis des manières de faire qui nous ressemblent. Cette semaine, un des gros travaux de fond a été de re-imaginer ce que nous allons faire en 2020, et comment, sachant que Le Monde a Changé© et que les conséquences de cette pandémie (qui risque fort de durer longtemps) sont encore imprévisibles.

Nous entamons cette réflexion dès le lundi avec un appel de 2h entre Pyg et moi (après les 2h30 de réunion sur Mumble avec les collègues Salariés). Notre duo est bien rôdé : l’un lance des idées, l’autre tente de les démonter, on regarde ce qui tient debout et on recommence. Après deux heures de papote créative à jouer au mutatis mutandis, (et près de 5h de réunion dans la journée), nous sommes rincés.

Un jour, il faudra qu’on raconte comment toute notre AG de février 2020 a été commentée par des mèmes.

Le lendemain, je padifie nos élucubrations pour en rendre compte aux collègues. Quel projet serait retardé, quelle action transfigurée, comment on sent la fin de l’année, est-ce qu’on changerait pas notre fusil d’épaule sur cette idée… Toutes ces notes sont ensuite passées aux collègues pour qu’iels les lisent le mardi et qu’on en discute ensemble mercredi.

Le mercredi matin, réunion Mumble avec les collègues que ça intéresse pour présenter nos propositions. C’est parti pour un nouveau tour de mutatis mutandis : Pyg et moi affichons les idées, tout le monde joue à les démonter, on voit ce qui nous enthousiasme, ce que l’on modifie et ce qui n’est pas du tout mûr, pas prêt dans nos têtes… et on note tout cela au clair.

L’après-midi même, Pyg présente ce plan d’action par un email sur la liste asso, qui sera l’opportunité d’un dernier tour du jeu du « ce qui doit changer changera ». Vu qu’il s’agit d’un échange par email incluant des bénévoles (qui ne contribuent pas au même rythme que des salarié·es), on laisse en général une semaine (dont le temps d’un week-end) pour que naissent les réponses et remarques.

J’aime observer nos mécaniques

On va pas se la péter : Framasoft n’a rien inventé. Procéder par itération, en élargissant à chaque tour le cercle de paroles et d’avis, c’est pas nouveau. Le jeu du Mutatis Mutandis, qui sert à éliminer ce qui est foireux, édifier ce qui va et acter ce qui n’est pas prêt, c’est relativement proche de la méthode scientifique.

Je vois bien, que pour chaque action que nous menons, même lorsque les personnes au cœur de l’initiative sont différentes (et elles changent pour chaque action), nous procédons ainsi, de manière quasi intuitive. Parce que nous sentons que c’est efficace.

Faux, ô sire Loth, il s’agit du refrain lithanique dans une magnifique chanson de Juliette Nouredine !

C’est un autre point qui nous rassemble, dans cette association. Nous avons toustes une expérience préalable des collaborations collectives, nous nous sommes toustes mangé les écueils du travail en groupe, donc nous savons qu’un collectif sera forcément soumis à des lois, relevant a priori de la psychologie sociale (la loi de futilité de Parkinson, par exemple, est bien identifiée, dans l’asso).

C’est justement en admettant l’existence de ces mécaniques de groupe et en acceptant que l’on est pas au-dessus de tout cela qu’on peut essayer de les repérer quand ça nous arrive, et de les déconstruire pour ensuite mettre en place les balises et manières de faire qui nous éviterons de tomber dans le panneau la prochaine fois.

On sait que la route est longue. Alors si on peut éviter de buter deux fois sur chaque caillou qui se dresse, autant se faciliter le cheminement !




Framaconfinement semaine 3 – Ralentir pour ne pas s’épuiser

Et oui, c’est encore moi (Angie) qui m’y colle pour vous raconter cette troisième semaine de confinement ! Je prends vraisemblablement goût à vous raconter nos petites aventures ! Même si c’est toujours un peu douloureux pour moi de me lancer, c’est aussi un moyen de prendre de la hauteur, comme pyg l’a magnifiquement expliqué dans son dernier article.

En parlant de syndrome de la page blanche, je viens de découvrir qu’il y avait un terme technique pour cela : la leucosélophobie. Moi qui était déjà atteinte d’ochlophobie, me voilà dotée d’une nouvelle pathologie ! Décidément cette période de confinement nous en apprend beaucoup sur nous-mêmes !

Alors, je me force un peu, c’est pas toujours facile, mais en tant qu’ancienne bibliothécaire, j’ai à cœur de documenter ce que nous vivons : c’est dans mon ADN de laisser des traces. Dans quelques années, ces articles nous permettront de mieux saisir comment nous avons réagi et géré collectivement et individuellement cette situation exceptionnelle.

L’accès à l’ensemble de nos articles « framaconfinement » : https://framablog.org/category/framasoft/framaconfinement/

Travailler moins pour travailler mieux

Pour moi, cette troisième semaine a en fait commencé dès le dimanche 29 mars quand j’ai envoyé un mail à pyg lui indiquant que je me sentais épuisée et que je ne me sentais pas de continuer au rythme que nous avions eu ces deux premières semaines de confinement. La première semaine était incroyable : des sollicitations de partout, de chouettes projets à soutenir et à mettre en place, bref j’étais dans une dynamique hyper positive. La charge de travail avait considérablement augmenté mais ce n’était pas pour moi un problème au regard du contexte. Durant la seconde semaine, le rythme a continué à être le même : il fallait réagir vite, coordonner beaucoup d’initiatives, gérer toutes les sollicitations que nous recevions. Et ça a été trop pour moi, ce qui fait que j’ai été incapable de quoi que ce soit le week-end qui a suivi. J’ai passé mon dimanche au fond de mon canapé à demander à mon cerveau d’arrêter de tourner, mais en vain. Je me suis sentie submergée.

C’est une chance de travailler dans une association où en tant que salarié⋅es, nous pouvons exprimer comment nous ressentons les choses. Et c’est une chance d’être écouté⋅es ! Dès le lundi matin, pyg m’a appelée et a validé le fait que j’adapte mon rythme de travail si j’en avais besoin. Lors de la réunion hebdomadaire de l’équipe salariée, nous avons échangé collectivement sur comment chacun⋅e pouvait vivre au mieux cette période particulière, l’important étant avant tout notre bien-être individuel. C’est sûrement une banalité de le dire, mais quand on va bien, on travaille mieux. L’équipe salariée s’est montrée plus qu’à la hauteur du « challenge » des 2 premières semaines. Cette prise de température collective a mis en évidence que je n’étais pas la seule dans cette situation. Le confinement est une épreuve douloureuse pour tout le monde, et plus ou moins bien vécue par les un⋅es ou les autres. Plusieurs de mes collègues ont elleux aussi exprimé leur volonté d’adapter leurs rythmes de travail.

Et le discours a été clair : faites du mieux que vous pouvez tout en vous préservant au maximum. Un message a été envoyé à notre comité RH pour lui faire la proposition suivante : que pour le mois d’avril, chaque salarié⋅e soit rémunéré⋅es à 100% mais puisse, si iel le souhaite, réajuster ses horaires afin de pouvoir gérer au mieux l’angoisse, le stress, la fatigue, ou tout simplement les tâches quotidiennes générées par le confinement. En effet, s’obliger à être présent de 8h à 18h face à un écran quand on a un coup de déprime, quand on a besoin de 2h pour aller faire des courses, ou tout simplement si on a envie de « s’éloigner d’internet », semble totalement contre-productif. Et, vous vous en doutez, notre comité RH a validé cette proposition. Merci à elleux de leur compréhension !

Cette image trouvée au gré de mes pérégrinations sur Twitter m’a beaucoup parlé !

Quand je pense à toutes les personnes que je connais qui se retrouvent en situation de télétravail sans avoir des horaires et des outils adaptés et devant en plus gérer leurs enfants toute la journée, je me dis que je suis vraiment chanceuse. Certain⋅es m’ont même indiqué qu’iels travaillaient avant le lever et après le coucher de leurs enfants. Je n’imagine même pas dans quel état d’épuisement iels doivent être. Et je leur envoie plein de bonne énergie pour faire face au mieux à cette situation.

 

On ne se tourne pas les pouces non plus 😉

Vous vous en doutez, ce n’est pas parce qu’on a décidé collectivement de ralentir qu’on est resté sans rien faire cette troisième semaine. Voici donc une petite liste à puces des activités réalisées :

[adm]

  • Traitement des tickets concernant les dons
  • Virement des salaires et des gratifications de nos stagiaires pour le mois de mars
  • Préparation de l’envoi des reçus fiscaux à tou⋅tes les donateur⋅ices
  • Pointage / lettrage des relevés bancaires

[tech]

  • Corrections de bugs sur Etherpad et Framapad
  • Mise en production d’Etherpad 1.8 sur l’instance hebdo
  • Mise à jour des instances du pool pour Framapad et Framatalk
  • Reprise du développement de PeerTube (maj des dépendances)
  • Reprise du développement de Mobilizon ( discussions au sein des groupes et intégration)
  • Débugages de Framaforms

[communication]

[interventions]

[relations publiques]

  • Échanges avec Marc Chantreux de Renater
  • Échanges avec Sylvain Lapoix de Datagueule
  • Échanges autour du projet Liiibre
  • Échanges avec Florence de Captain Fact
  • Échanges avec les admin d’une future instance PeerTube consacrée aux vidéastes Queer

[CHATONS]

Oui, c’est pas très sexy comme ça, et sûrement très incomplet… Mais ça donne une idée générale de tout ce qu’on a pu faire en cette troisième semaine de confinement.

 

Nos stagiaires sont formidables

Je me suis dit qu’on ne vous avait pas beaucoup parlé de nos quatre stagiaires dans ces journaux de confinement et que ce serait bien qu’on vous raconte un peu comment elleux vivent cela.

On a trouvé un nouveau générateur de GIF qui s’appelle Pulp-O-Mizer et c’est vachement classe !

Cette semaine, Lise, en stage à raison d’une seule journée par semaine depuis janvier, passe en stage à temps plein. Étudiante en licence pro Colibre, son stage porte sur l’animation de la communauté du CHATONS. C’est pour moi une grande aide car mon rôle de coordinatrice m’occupe habituellement un tiers de mon temps et plus de la moitié depuis l’entrée en confinement. La coordination de la mise en place d’entraide.chatons.org m’a particulièrement occupée ces deux dernières semaines. Lise s’est donc chargée de réaliser les visuels du site à partir du générateur de chatons de David Revoy, d’animer les comptes du collectif sur les médias sociaux et et s’est lancée dans l’enrichissement des contenus des fiches de présentation des logiciels sur la litière. Cet espace de documentation est une ressource essentielle, à la fois pour les membres du collectif, mais aussi pour tous les internautes qui recherchent de l’information sur ces outils. Un grand merci à elle pour l’aide apportée !

Arthur, notre stagiaire en deuxième année de Master Langues, littératures et civilisations étrangères et régionales / Parcours Traduction spécialisée, rédaction technique, localisation (les universités aiment décidément bien les noms hyper compliqués), passe depuis plusieurs semaines une grande partie de son temps à produire des sous-titres pour nos vidéos. Parce que j’avais intégré au premier module du MOOC CHATONS Internet : pourquoi et comment reprendre le contrôle ? la vidéo The Age of Surveillance Capitalism, une interview de Shoshana Zuboff en anglais qui dure plus d’une heure, on s’est dit que ce serait quand même plus aisé pour les non-anglophones d’avoir des sous-titres en français. Après avoir transcrit l’intégralité en anglais, il s’est attaqué à leur traduction en français. C’est un travail de fourmi, d’autant plus que le sujet est très technique ! Il a aussi en parallèle traduit la nouvelle version de la charte du CHATONS en anglais et en espagnol. Un grand merci à lui pour le taf réalisé !

Maiwann, qui est aussi membre de Framasoft, et qui n’est d’ailleurs pas vraiment en stage, mais en observation pour son master d’ergonomie au CNAM, analyse actuellement les activités de notre service de support pour en limiter la pénibilité. La première partie de son stage a consisté en l’observation des pratiques actuelles. En effet, afin de pouvoir proposer des améliorations, il est essentiel de passer par cette phase de diagnostic des pratiques. En contact régulier avec spf, en charge de cette mission de support au sein de l’association, ses observations vont lui permettre de passer dorénavant à l’analyse de la pratique pour fournir ensuite des pistes d’amélioration et des recommandations. Un grand merci à elle pour son investissement !

Quant à Théo, étudiant en cinquième année à l’INSA de Lyon au département Télécommunications, Services et Usages, son stage porte sur l’amélioration du service Framaforms. En effet, ce logiciel propulsé par le logiciel libre Drupal associé au module Webform a été développé il y a 4 ans par pyg mais n’avait pas évolué depuis, faute de temps. Plusieurs bugs nous avaient été remontés et Théo est donc en charge de les résoudre. Et il s’en sort vraiment bien le bougre ! Sa seconde mission est de trouver un moyen pour faciliter l’installation de Framaforms. En effet, les modalités d’installation et de configuration de cet outil ne sont pas très simples (et c’est un euphémisme), ce qui fait qu’à ce jour il existe peu d’instances de ce service en dehors de la nôtre. Alors qu’il connaissait très peu le logiciel Drupal au début de son stage, Théo a mis les mains dedans avec succès. Il rencontre quand même quelques difficultés du fait que certains modules Drupal utiles sur Framaforms ont eux aussi des bugs. Il a donc pris contact avec la communauté de développement de cet outil pour les lui faire remonter. En parallèle, il s’occupe de répondre à toutes les demandes d’aide que nous recevons à propos de ce service via notre formulaire de contact et intervient sur notre forum d’entraide. Un grand merci à lui pour son implication !

Framasoft, on l’a répété maintes et maintes fois, c’est d’abord une bande de potes. Lorsque nous acceptons des stagiaires, le défi est double : assurer un encadrement qui leur permette d’apprendre de leur stage, tout en accueillant ces stagiaires dans la bande de potes ! Et cette adelphité est d’autant plus importante ces temps-ci. On se serre les coudes, on prend des nouvelles les un⋅es des autres, on partage des trucs débiles sur notre outil de messagerie instantanée pour se donner le sourire et on prend soin de nous.




Prendre de la hauteur

Aujourd’hui, nous vous proposons une petite (hum) analyse à chaud du processus de maturation des stratégies de Framasoft. Forcément incomplète et bancale, pyg essaie d’y dessiner — à partir du contexte actuel et des actions menées en réaction au confinement — le périmètre des actions à venir.

L’accès à l’ensemble de nos articles « framaconfinement » : https://framablog.org/category/framasoft/framaconfinement/


Il y a quelques jours, notre collaboratrice et amie Marie-Cécile Godwin Paccard demandait à quelques personnes quelles étaient les lectures qui selon elles, éclairaient le mieux le moment présent (et, en creux, ceux qui allaient venir).

J’ai failli lui répondre « La stratégie du choc, la montée d’un capitalisme du désastre » de Naomi Klein, un livre qui reste toujours d’une grande actualité pour comprendre comment quelques personnes influentes avaient pu – et continuent à – influer le cours de l’histoire en utilisant la psychologie des foules, la peur et les états de sidération pour faire mettre en applications des doctrines néolibérales qui accentuent les inégalités.

Mais cela me paraissait un peu trop dense, et surtout pas forcément en connexion directe avec les moments inédits que nous traversons en ce moment et les solutions à y apporter.

J’ai donc proposé l’article du Financial Times « Le monde après le coronavirus » du professeur d’histoire Yuval Noah Harari. Une version traduite automatiquement par Deepl s’est retrouvée plus ou moins par hasard en ligne ici, et le magazine Usbek et Rica en a aussi fait une analyse.

Bien que je sois loin d’être un grand fan d’Harari, je lui reconnais volontiers le talent de mettre en perspective les situations, afin d’entrouvrir des portes d’avenirs possibles.

Dans ce texte, dont je ne partage pas l’ensemble de l’analyse, la phrase qui m’a le plus marqué est celle-ci « En cette période de crise, nous sommes confrontés à deux choix particulièrement importants. Le premier est entre la surveillance totalitaire et la responsabilisation des citoyens. Le second est entre l’isolement nationaliste et la solidarité mondiale ».

Il est encore un peu tôt pour en tirer des conclusions, mais force est de constater que le numérique est lui aussi infecté par un virus : celui de la surveillance et de l’autocontrôle. Les voisins qui se dénoncent, la Pologne qui demande aux personnes contaminées d’envoyer régulièrement des preuves photographiques de leur confinement, la Hongrie qui bascule silencieusement en dictature, les applications censées vous prévenir si une personne malade est proche de vous (spoiler : ça marche très mal, même BFMTV le dit, et heureusement), la police qui envoie des drones surveiller le confinement, les startups qui proposent d’utiliser la reconnaissance faciale, etc.
Les exemples se comptent par dizaines chaque semaine. La (formidable) équipe d’e-traces permet de faire une veille via leur (moins formidable) site web. Et ça n’est pas rassurant. Du tout.

« Ainsi s’éteint la liberté. Sous une pluie d’applaudissements. » © Film (trop) célèbre

 

Les raisons de cette surveillance sont nombreuses, et l’une des plus probables fait probablement jouer ce bon vieux « putain de facteur humain » : les dirigeants gouvernementaux ont lâché l’affaire, et ne se voient plus que comme des « managers » de leur pays et de leurs concitoyens. Et de leur point de vue, pour manager, il faut contrôler.

Pris au dépourvu, et pas dupes du fait qu’il leur sera demandé des comptes dans quelques semaines ou mois, ils sont probablement pris de panique à l’idée d’être jugés pour leur inaction ou leur mauvaise gestion de la crise (et oui, « Gouverner, c’est prévoir ». #onnoublierapas. On ne pardonnera pas.). Après avoir fait l’autruche les premiers jours en demandant au peuple de continuer à travailler comme si ce n’était qu’une mauvaise grippe, ces « personnes en responsabilité », notamment politiques, ont fait ce qu’elles font le mieux : agiter les bras, donner de la voix, brasser de l’air, et faire quelques annonces tonitruantes, le tout en laissant les acteurs de terrain prendre des décisions dans l’urgence pour éviter qu’il n’y ait trop de casse. Cela a rassuré, un temps. Mais la crise étant amenée à durer, voire à se reproduire, ces personnes sont aussi conscientes que cela ne fera pas illusion longtemps.

Emmanuel Macron quand il aura compris qu’on a pris au premier degré son « Qu’ils viennent me chercher ! » — Allégorie

 

Il leur faut soi-disant combattre un « ennemi » invisible (spoiler : un virus n’a pas d’intention belliqueuse, il fait sa vie de virus, point barre), microscopique, qui est pourtant aujourd’hui capable de mettre un coup d’arrêt à la sacro-sainte croissance des plus grandes économies mondiales. Se sentant sans doute un peu morveuses (ben oui, la réduction de nombre de lits d’hôpitaux, la précarité de celles et ceux qui sont aujourd’hui « au front », c’est bien eux qui l’ont organisée), elles doivent trouver un bouc-émissaire. Et quel meilleur bouc-émissaire que l’individu ? Celui qui ne respecte pas la loi, pas le confinement, pas le lavage des mains, pas les applaudissements quotidiens certes nécessaires et qui procurent un sentiment d’utilité, mais qui détournent notre attention d’une vigilance et d’une critique collective. Celui qui oserait dire : « Il y a eu du retard dans les mesures de confinement. ». C’est lui, celui qui refuse de prendre les armes pour mener une guerre qui n’en est pas une, qui pourra être incriminé par la suite, masquant d’autant plus facilement les atermoiements, et – disons-le – les erreurs bien plus importantes commises par d’autres.

« Il y aura dès la prochaine génération une méthode pharmaceutique pour faire aimer aux gens leur propre servitude, et créer une dictature sans larmes, pour ainsi dire, en réalisant des camps de concentration sans douleur pour des sociétés entières, de sorte que les gens se verront privés de leurs libertés, mais en ressentiront plutôt du plaisir ». – Aldous Huxley, notamment auteur du « Meilleur des mondes »

 

Surveiller et punir, ça n’est pas très disruptif

Mais pour cela, ces responsables vont avoir besoin d’une alliée : la technologie.
En mettant en place ici une plateforme, là des outils de surveillance, ils pourront toujours dire « Regardez, nous avons agi. Et nos actions démontrent que grâce à nous, … [inventez la fin de la phrase : « La réserve citoyenne a pu aider les agriculteurs en sous nombre », « nous avons pu éviter que de mauvais citoyens contaminent des innocents », etc.] ». Décidément, surveiller et punir, ça n’est pas très disruptif.

Là où se situe, peut-être, la nouveauté, c’est dans la massification, l’hypertechnologisation et l’hypercentralisation de ces mécanismes de surveillance. L’État peut dès demain contraindre les opérateurs téléphoniques à fournir les données de géolocalisation de votre téléphone [edit: zut, le temps d’écrire cet article, et il semblerait qu’Orange le fasse déjà], afin de savoir qui vous avez croisé, à quelle heure, etc. Entre les mains de scientifiques, ces données pourraient être qualifiées de « données d’intérêt général ». Entre les mains de politiques fuyant leurs responsabilités et cherchant des boucs émissaires à sacrifier en place médiatique, elles composent une dystopie totalitaire.
Il sera alors simplissime de basculer d’une société de surveillance à une société de contrôle, ce qui est le rêve humide de pas mal de dirigeants politiques.

À partir de là, tout ce qui n’est pas sous contrôle — qu’il s’agisse d’un logiciel libre diffusant une information non contrôlée, ou d’un pays voisin qui ne serait pas parfaitement aligné avec leurs valeurs et leurs idées — deviendrait alors au mieux subversif, au pire ennemi. C’est en tout cas l’un des risques soulevé dans le texte d’Harari.

Alors évidemment, puisque « nous sommes en guerre » (non), tous les moyens seront permis, « quoi qu’il en coûte » (non plus).

Le positionnement des GAFAM & compagnie

Cette pandémie pose aussi la question de la place des plateformes comme soutien à la « continuité » qu’elle soit pédagogique, informationnelle, sociale (ah, les « CoronApéros » sur Whatsapp…) ou économique et organisationnelle.

Et là, plus que jamais, nous devons être vigilant⋅e⋅s et conscient⋅e⋅s du pouvoir que nous sommes en train de donner à quelques entreprises. Certes l’État fut défaillant. Il l’est encore. Mais Whatsapp, Facebook, Google Docs, ou les lives Youtube ont permis à nombre d’entre nous de rester connectés avec nos élèves, nos collègues, nos ami⋅e⋅s, nos familles.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître pour le directeur d’une association d’éducation populaire qui, depuis des années, alerte sur la toxicité du modèle économique des GAFAM, je leur suis reconnaissant.
Bon, je n’irai tout de même pas jusqu’à leur envoyer des cookies, mais je reconnais le rôle positif qu’elles ont eu dans un moment de panique mondiale qui aurait pu dégénérer.
En nous permettant de rester en lien, de se rassurer les un⋅e⋅s les autres, de partager de l’information, de réfléchir ou d’agir ensemble, ces plateformes ont – peut être – participé à éviter des situations « pires » que celles que nous avons vécues.

À Framasoft, nous essayons, autant que possible, de ne pas porter de jugement sur les pratiques ou les usages numériques, mais plutôt de donner des clés de compréhension et des moyens d’action. Afin que chacun⋅e puisse faire son choix en toute connaissance de cause, librement.
Ces dernières semaines, nous avons donc vu des flots de personnes se ruant sur Zoom, Discord, Google Docs, etc. Et nous nous sommes bien retenus de leur faire la morale, car la situation nous semble déjà suffisamment complexe comme cela.

Mais si notre rôle est de partager des grilles de lecture, alors j’aimerais partager les suivantes avec vous.

1. Un périmètre de surveillance accrue

La première, c’est celle de la capacité de surveillance accrue des plateformes. Tout un pan des interactions sociales qui leur échappait jusqu’à présent leur est aujourd’hui révélé. Whatsapp (qui appartient à Facebook), sait avec qui vous prenez l’apéro. Discord sait qui sont vos élèves. Netflix a pu affiner sa connaissance de vos goûts en termes de séries. Microsoft Teams connait les projets sur lesquels vous travaillez.
Bref, la taille du graphe social vient, en quelques jours, d’augmenter d’une taille significative.

« Et alors ? Leurs outils fonctionnent, et je n’ai rien à cacher. ». Bon, d’abord c’est faux : tout le monde a quelque chose à cacher, quand bien même il ne s’agirait pas de choses illégales. Ensuite, un grand nombre de ces entreprises opère un « capitalisme de surveillance » c’est-à-dire un processus qui transforme nos comportements présents en prédictions monnayées de nos comportements futurs .

Tout agent économique rationnel devrait donc, à minima, se poser la question suivante : « Comment des entreprises comme Google, Facebook ou Zoom, arrivent-elles à se financer ? Qui paie ? ». La réponse « Par la publicité » est beaucoup trop partielle par rapport à la réalité. Ces entreprises sont en fait des structures d’orientation de nos comportements. Donc des structures de contraintes, et non émancipatrices. C’est ce que l’un des administrateurs de Framasoft, Christophe Masutti, expose dans son livre « Affaires privées — Aux sources du capitalisme de surveillance », en montrant que les choix qui ont abouti à ce capitalisme de surveillance ont été depuis longtemps motivés par la construction d’une économie prédatrice (de nos vies privées et de nos identités) et prescriptive (l’obligation de conformer nos comportements au marché).

Accroître nos usages sur ces plateformes, c’est donc augmenter le pouvoir qu’elles ont – et qu’elles auront – sur nous.

2. Substitution à l’État

La seconde grille de lecture, c’est celle de la substitution aux États, aux services publics, aux autorités administratives.

Il n’aura échappé à personne que nos représentants et élus nationaux, qui vivaient déjà une crise de confiance, sont aujourd’hui pointés du doigt pour leur gestion approximative de la crise. Dans ce cadre-là, il ne parait pas absurde de supposer que les organisations et les individus se retournent vers « ce qui marche, même quand le monde est à l’arrêt ». Et sur ce plan, nul doute que la confiance dans les plateformes vient de gagner pas mal de points. Tout agent politique rationnel aura donc intérêt à s’adosser aux plateformes, afin de profiter de l’effet de confiance qu’elles auront accumulé.
Leur utilité à la vie publique, économique et sociale était déjà importante, elle est devenue aujourd’hui centrale et essentielle.
L’importance des GAFAM est devenue à ce point critique qu’il devient assez simple de comprendre que celui qui les contrôlera contrôlera le monde.
Si l’on regarde l’autre face de cette pièce, on peut déduire qu’au vu de l’accroissement de la puissance de ces plateformes, on constate un affaiblissement du pouvoir des États et des institutions qui les composent.

On va donc probablement voir dans les prochaines semaines/mois une tension entre deux courants.

D’un côté, la poursuite de la « plateformisation » de nos vies (et pas seulement de l’État). En période de confinement, obtenir un créneau de livraison – qu’il s’agisse d’une paire de chaussettes via Amazon ou d’un plat Thaï par Uber Eats – devient une gageure. D’autant plus que derrière le bouton « Commander », c’est bien un être humain qui doit conduire ou pédaler dans des rues désertées pour vous livrer, parfois au risque de sa vie.
D’un autre côté, il y aura probablement pour les États la volonté d’utiliser le régime d’exception de « l’état d’urgence sanitaire » et son cortège d’ordonnances pour restreindre les libertés fondamentales, notamment en contraignant les plateformes à fournir des données et des outils de surveillance.

Entre la peste et le corona, l’ami Antonio Casilli en vient à évoquer une troisième voie, en rupture totale avec les précédentes : « certaines de ces grandes plateformes sont en réalité des infrastructures d’utilité publique qu’on a intérêt a minima à réguler de manière contraignante, et a maxima à collectiviser. Je ne parle pas forcément de nationalisation, j’y suis même assez opposé, mais de retrouver la vocation initiale de ces plateformes, un terme qui évoque un projet commun. Cette approche par les communs serait un profond changement de nature qui pourrait émerger de l’urgence. ».

Ça, c’est certain, c’est une solution qui aurait de la gueule, du panache même ! Et qui profiterait vraiment à plusieurs milliards d’êtres humains, hormis la petite dizaine de multi-multimilliardaires qui contrôlent ces entreprises. Mais bon, même si à 7 milliards contre 10 personnes, l’affaire serait vite pliée, je ne suis pas dupe du fait que les mentalités ne sont pas encore prêtes à envisager une telle bascule de la propriété privée vers les communs.

« Le Peuple venant réclamer la collectivisation d’Amazon à un Jeff Bezos chevelu » — Allégorie

Et on fait quoi, nous, libristes, là dedans ?

« Les libristes », ça n’existe pas plus que « les profs » : les communautés et individualités sont multiples. Mais je me suis permis ce long détour, essayant d’entrevoir des avenirs possibles, afin de tenter d’expliquer quelle pourrait être la stratégie de Framasoft dans les semaines et les mois à venir.

Sortir de la sidération

Pour l’instant, et comme notre « Journal du confinement » vous en a donné les bribes, notre principale réaction a été, eh bien… de réagir. Ce qui est bien plus facile à écrire qu’à faire.

« Sidération des libristes apprenant le confinement » — Allégorie

 

Il s’agissait surtout de sortir de l’état de sidération dû aux chocs des annonces de confinement. Chocs dus aux répercussions sur nos services, mais aussi répercussions psychologiques sur les équipes salariées comme bénévoles. Cela s’est mis en œuvre de la façon suivante :

Axe 1 : prendre la mesure

Les trois premières actions, immédiates, furent :

1. de mettre au clair le fait que la santé (physique, mentale, psychique) et le bien-être de chaque membre passait en priorité devant toute autre mission ou engagement. C’était évidemment déjà le cas avant, mais cela a permis de mettre tout le monde à l’aise : si on est angoissé, malade, fatigué, qu’on a des courses à faire, les enfants à qui il faut faire la classe, ou même si on est juste en colère après la situation, eh bien on peut arrêter de travailler ou de bénévoler, ne plus répondre aux notifications ou messages. Et ce, sans autre justification que la situation exceptionnelle vécue en ce moment. C’est bête, mais le rappeler nous a, je pense, fait du bien à tou⋅te⋅s.

2. de suspendre tous les projets en cours : crowdfunding, PeerTube, Mobilizon, Framacloud, etc. Et d’affecter toutes les forces bénévoles et salariées sur la problématique COVID-19. Cela nous a permis de ranger dans un placard tous les « onglets mentaux » qui seraient venus nous rajouter de l’anxiété ou de la charge mentale. Avoir un et un seul objectif clair (pouvoir accueillir la vague qui nous tombait dessus) nous a évité de nous disperser, ce qui serait immanquablement arrivé si nous avions essayé de jongler en plus avec nos tâches « pré-confinement ».

 

3. dire temporairement non à l’Éducation Nationale. Nous l’avons évoqué à de multiples reprises ici ou ailleurs, cela n’a pas été une décision facile à prendre. Mais faire ce choix et inviter profs et élèves à se référer à leur Ministère n’a eu quasiment que des effets positifs !

  • Il a participé à mettre en lumière l’impréparation du Ministère (qui affirmait que « Tout était prêt »).
  • Il a permis à toutes les associations, collectifs, particuliers, petites entreprises, syndicats qui utilisaient nos services de pouvoir continuer à les utiliser. En cas de panne due à l’afflux brusque et soudain d’élèves, toutes ces structures se seraient retrouvées sans accès à leurs données, ou sans capacité de se coordonner avec leurs outils habituels.
  • Il a rappelé que Framasoft n’est pas un service public, et ne souhaite pas s’y substituer. Non, parce qu’en vrai, on aime les services publics et voir des entreprises, des startups ou même des associations prendre leur place est à notre avis une très très mauvaise idée, et concourt à les affaiblir plus qu’à les renforcer.

Sur ce dernier point, il est à noter 1) que nos services viennent de rouvrir aux enseignant⋅e⋅s, tout en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’une ressource partagée dont il ne faut pas abuser ; 2) qu’en dehors de deux ou trois grincheux, l’immense majorité des enseignant⋅e⋅s ont compris et même soutenu notre démarche. Merci à elles et eux pour tous les messages d’encouragement reçus.

 

Quelques remerciements de profs (ou pas) reçus ces derniers jours. <3

 

Axe 2 : renforcer le collectif CHATONS :

Site https://entraide.chatons.org.

Axe 3 : améliorer les perfs et la stabilité de nos services

  • Nos équipes techniques ont travaillé d’arrache-claviers à l’amélioration des performances des logiciels qui étaient stressés. Ainsi, il est probable que Framasoft soit l’organisation qui opère le plus de pads et de calcs dans le monde (500 000 pads et 200 000 calcs, qui dit mieux ?). Du fait de cette position, la moindre amélioration des performances sur le logiciel original, permet de rendre nos services plus performants, mais aussi d’améliorer à terme les performances et la stabilité de tous les pads ou calcs de la planète. Dit autrement : les améliorations apportées à Framapad.org pendant le confinement (ici, ) profitent aux pads April, aux pads Infini, aux pads de La Quadrature ou de la FFDN, etc. ;
  • Nous avons réparti la charge entre nos services pris d’assaut par ceux identifiés et validés. Cf. par exemple https://framatalk.org/ qui redirige vers plusieurs dizaines d’autres instances de façon aléatoire ;
  • Nous avons loué une dizaine de nouveaux serveurs et commencé à répartir les services surchargés dessus.

Et un, et deux, et trois serveurs pour Framatalk ! \o/

 

Axe 4 : accompagner par des outils, des savoirs-faire, des savoirs/expérience.

Il s’agissait de répondre aux besoins et aux appels à l’aide.

Mémo « Télétravailler avec des outils libres » – Accédez au site web ou téléchargez le PDF.

Nous avons besoin d’un plan

Bon, c’est déjà pas mal.
Surtout en 15 jours. Surtout en pleine pandémie.

Mais cela ne fait pas vraiment une stratégie. Ni un plan.

Je ne suis pas tout à fait certain d’assumer ce meme… — pyg, #TeamChauve

 

Il faudra évidemment dénoncer les lois liberticides qui ne manqueront pas d’arriver. Il faudra garder traces de tous les mensonges. (je le répète : #onnoublierapas. On ne pardonnera pas.)

Il faudra aussi pousser les institutions à prendre conscience du fait qu’il faut prendre soin de nos infrastructures numériques. Développer ou contribuer activement aux alternatives libres à Zoom (coucou Jitsi) ou à Google Docs (coucou Nextcloud et LibreOfficeOnline) coûterait peu. Très peu. Trop peu ? Car c’est à se demander comment une micro-association comme Framasoft peut se retrouver à développer, de front, des logiciels comme PeerTube, Mobilizon, Framadate, Framaforms et bien d’autres tout en contribuant en parallèle au code d’Etherpad, d’Ethercalc ou de Nextcloud, sans que ces mêmes institutions, qui utilisent ces logiciels, ne les perçoivent comme des « communs stratégiques ».

[Edit : le temps de publier ce billet, nous apprenons par hasard que PeerTube sera déployé par 35 académies. Tant mieux, vraiment. C’est exactement ce qu’il faut faire. Maintenant, cela ne fera sens et ne sera résilient (encore un terme absorbé par le capitalisme) que si l’État contribue au développement de ce logiciel, porté à bout de bras par une petite association Française, si des moyens financiers sont débloqués pour héberger les données en interne (Scaleway, c’est anciennement Online, filliale à 100% du groupe Illiad détenue majoritairement par le multimilliardaire Xavier Niel), et si le ministère embauche et rémunère correctement des équipes informatiques pour gérer les services. Sinon, on revient exactement à la situation de l’État-prédateur-gestionnaire-irresponsable pré-COVID19.]

L’État et les collectivités paient (et c’est tant mieux, car c’est aussi leur rôle, même si l’État s’est fortement désengagé ces dernières années) pour entretenir les espaces publics, les voiries, les chemins, les espaces naturels. Mais quand il s’agit de produire des briques publiques en logiciel libre, les initiatives restent bien timides. Inviter les développeurs et développeuses du libre à produire des alternatives à Zoom ou Google Docs en mode Startuffe Nation ou même en mode communautaire/associatif, puis à en devenir simple consommateur, revient quelque part à nier le caractère essentiel de ces infrastructures numériques.

Numérique et effondrement

Il y a un an quasiment jour pour jour, mon camarade Gee et moi-même donnions une conférence lors des JDLL 2019 sobrement intitulée « Numérique et effondrement » et cyniquement sous-titrée « La bonne nouvelle c’est que le capitalisme va crever. La mauvaise nouvelle, c’est qu’on risque fort de crever avec lui. ».

La vidéo fut perdue, mais nous avons pu remettre la main sur la bande son et, du coup, on vous a refait un montage avec le son et le diaporama, sans nos trombines. Franchement, vous êtes gagnants.
C’était un peu foutraque (nous ne sommes pas experts du sujet). On y parlait dérèglement climatique, perte de biodiversité, risque de pandémie (bon, rapidement, nous ne sommes pas devins non plus), inaction politique et, évidemment, numérique.

 

 

Cela avait été pour moi l’occasion de réfléchir à ce que nous pourrions faire, nous, libristes, dans un monde où l’Etat serait en grande partie absent.
Cette réflexion était loin d’être aboutie (il faut dire qu’on espérait peut-être avoir quelques années pour l’affiner), et surtout, elle ne présentait qu’une stratégie parmi des millions de stratégies possibles, des milliers de souhaitables, et des centaines qui pourraient être mises en œuvre.

Elle se résumait en gros en 6 points. Ces points ne constituent ni un plan de bataille (on n’est pas très belliqueux), ni une stratégie (qu’on vous exposera dès qu’on l’aura conçue 😉 ), mais ils constituent à mon avis une ligne directrice, un fil rouge, qu’il pourrait être intéressant de suivre dans les mois à venir.

1. Convivialité

Il faudra poursuivre le développement d’outils conviviaux (au sens d’Ivan Illich).
Pour Framasoft, cela signifie reprendre le développement de Mobilizon et PeerTube, actuellement suspendus. Et voir si nous avons toujours les moyens humains et financiers de produire notre projet « framacloud » (un Nextcloud blindé d’extensions, avec du LibreOfficeOnline, ouvert à toutes et tous, mais avec un espace disque volontairement très limité).

Mais il y aura sans doute de nouveaux outils à inventer et à construire dans un monde post-confinement.
Nous resterons attaché⋅e⋅s à ce que ces outils soient libres et émancipateurs.

2. Communs

L’épisode Coronavirus aura montré qu’en tant que société, le choix entre intérêts privés et intérêt général est d’autant plus clivant, et n’est pas sans conséquence sur la vie de milliards d’individus.

Et si on passait de la société de (sur)consommation à la société de contribution ? — Diapo tirée de la conf « Peut-on faire du libre sans vision politique ? ».

 

Le discours « TINA » ne tient plus : il y a une autre voie entre une gestion privée et le tout-État, et ce sont les communs, ces multiples communautés se fixant des règles pour partager et pérenniser des ressources communes. La théoricienne des communs, Elinor Ostrom, a montré qu’une gestion collective peut être plus efficace qu’une gestion publique ou privée. La propriété exclusive est également à remettre en question, les communs mettent en lumière des formes de propriétés collectives variées et inventives.

Distincts du public et du privé  — en tout cas en échappant à la propriété strictement privée et en ouvrant des propriétés « d’usage » — ils nous semblent la meilleure piste à développer pour prendre conscience de nos interdépendances (entre humains, avec la nature, avec les non-humains, etc.).

À Framasoft, nous continuerons à promouvoir les communs, notamment numériques.

3. Coopération, collaboration et contribution

Faire, c’est bien. Faire ensemble, c’est mieux.

L’un des plus grands défis que nous avons à relever en tant qu’association d’éducation populaire aux enjeux du numérique et des communs culturels est peut-être de rappeler qu’il faut prendre soin d’Internet en général et du logiciel libre en particulier, car il s’agit de communs essentiels. L’immense majorité des gens n’ont aucune idée de la façon dont est conçu et développé un logiciel libre. Et pour celles et ceux qui le savent, très peu osent contribuer. En conséquence, l’épanouissement de logiciels libres repose beaucoup sur une forme de « caste de développeurs et développeuses », qui détiendrait l’espèce de pouvoir magique de transformer des lignes de codes en logiciels.

C’est entre autres pour contribuer à changer cet état de fait que Framasoft a initié sa campagne « Contributopia ». Il s’agit de rendre chacune et chacun légitime et capable face au numérique. Et cela ne pourra se faire qu’en accueillant, en mettant en confiance, en donnant des clés, en partageant nos savoirs et nos pouvoirs.
« La route est longue, mais la voie est libre » est un des slogans de Framasoft. Soyons honnêtes : nous tâtonnons et itérons encore sur ce chemin, mais nous savons que c’est la voie à suivre.

4. Collectif, et communauté

Faire c’est bien. Faire ensemble, c’est mieux. Se (re)connaître, c’est se donner les moyens d’aller plus loin.

Non, on ne va pas se mentir : le collectif, parfois, c’est la merde. On est pas d’accord, on se dispute, on peste après les engagements non tenus des uns, ou après les modalités de prise de décision des autres. C’est parfois épuisant.
« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » dit l’adage. Et parfois, eh bien on a juste envie d’aller plus vite.

Cependant, une communauté ça vous soutient, ça vous nourrit. Parfois au sens littéral, car à Framasoft, nous ne vivons que de vos dons. À titre personnel, on peut donc dire que c’est la communauté Framasoft qui remplit mon frigo et paye mon loyer (merci !). Construire ou rejoindre un collectif ou une communauté, c’est un travail long, lent, parfois fastidieux. Ça nous bouscule. Mais là encore, dans « le-monde-d’après-mars-2020 », c’est probablement dans ces communautés, qu’elles soient locales ou virtuelles, que vous trouverez la force d’agir.

5. Confiance.

Wikipédia nous apprend que la confiance serait « un état psychologique se caractérisant par l’intention d’accepter la vulnérabilité sur la base de croyances optimistes sur les intentions (ou le comportement) d’autrui ». C’est un poil compliqué dit comme ça, mais on peut en retenir qu’il s’agit de se fier à quelqu’un.

Là encore, pour Framasoft, la confiance est essentielle. La confiance que notre communauté nous porte. Celle que nous plaçons dans les valeurs du libre.
La « crise de confiance » que nous vivons, notamment envers les responsables politiques ne doit pas nous amener à nous replier sur nous-mêmes.
Nous continuerons donc à tisser des liens au sein de notre archipel. Tout simplement parce que nous ne voulons pas d’un monde où la méfiance serait le comportement par défaut.

6. Culture

« Mais qu’est-ce qu’elle vient faire là, la culture ? On parle bien de logiciel libre, non ? »

Eh bien elle a tout à faire là, la culture. Parce que c’est elle qui nous relie. Mais aussi parce que c’est elle qui nous différencie. Et que sans ces différences, tout serait normalisé, lissé… triste en fait. Mais aussi, parce que le logiciel libre, nous l’avons dit et répété, est un moyen et non une fin.
« Pas de société libre sans logiciel libre » avons-nous souvent l’habitude de dire. C’est donc bien cela que nous voulons, c’est bien cela notre objectif : une société libre.
D’après Wikipédia (toujours elle), « En sociologie, la culture est définie de façon plus étroite comme « ce qui est commun à un groupe d’individus » et comme « ce qui le soude », c’est-à-dire ce qui est appris, transmis, produit et créé. ». Ca tombe bien, Framasoft est classée — puisqu’il faut aux administrations une case pour chaque chose — dans la rubrique « associations culturelles ».

« En cette période de crise, nous sommes confrontés à deux choix particulièrement importants. Le premier est entre la surveillance totalitaire et la responsabilisation des citoyens. Le second est entre l’isolement nationaliste et la solidarité mondiale » disait Harari.

Face à ces choix, parce que le monde a changé, Framasoft devra donc inventer de nouvelles façons d’apprendre, transmettre, produire et créer.




Framaconfinement semaine 2

Le temps passe à une vitesse en cette période de confinement ! On est déjà jeudi de cette troisième semaine de confinement et on ne publie que maintenant le résumé de nos aventures de la semaine dernière ! Il est vrai que cette seconde semaine a été autant chargée que la première pour Framasoft et que la rédaction de cet article n’était pas notre plus grande priorité. Pouhiou en a commencé la rédaction en cours de semaine et c’est Angie qui se charge de la terminer. Voici donc un article à 4 mains pour garder une trace de ce qui nous anime ces jours-ci.

L’accès à l’ensemble des articles : https://framablog.org/category/framasoft/framaconfinement/

Lundi 23 mars en brèves par Pouhiou

On va pas se mentir : ouvrir son ordinateur le lundi matin, tout lire et tout rattraper quand on a passé le week-end sur une île déserte numérique : wow. Tout le monde chez Framasoft a participé au travail et aux échanges communs, et il y a 42 000 notifications à rattraper. Je n’imagine même pas comment JosephK, qui rentre de 4 semaines de congés, va réussir à s’y retrouver dans tout ce broll !

Aujourd’hui, Lise a pris le temps d’aider AnMarie pour paramétrer son application Plumble sur son smartphone : la carte son de son ordi déconne et l’isole d’autant plus. Désormais, elle est de toute voix avec nous lors des réunions, et ça fait du bien !

Pyg a mis en place un pad de c’est quoi qu’on veut faire, la boite à envies. L’idée, c’est de prendre le temps de ne plus faire pour se poser et réfléchir… et ça, c’est pas gagné ! Mais le monde a changé (c’est notre nouveau mantra), donc c’est le moment d’interroger nos envies et de voir ce que l’on voudrait changer. Par exemple, est-ce qu’on va remettre en question nos plans pour l’année ? Avec le chamboulement que nous venons de vivre, il va falloir faire l’inventaire : qu’est-ce qui va être retardé ? Qu’est-ce qu’on va remettre à plus tard ? Qu’est-ce qu’on va modifier ? Mais ça nous semble encore trop tôt pour être sûr·es de quoi que ce soit.

Le lundi, c’est le jour de la réunion des salarié⋅es, sur notre Mumble. Celle-ci est longue, près de 3 heures, mais on a besoin de parler. J’en sors avec un sentiment de lourdeur, une tristesse (que je crois partagée) qui ne me quitte pas pendant deux trois jours. On ne le dit pas forcément entre nous, ou en tous cas on n’appuie pas dessus, mais le confinement, c’est pas la joie…

Luc ne va vraiment pas mieux niveau santé mais il fait du pain et nous partage ses recettes. Il met à jour Gitlab. Il installe une interface web à Mumble qui le rend d’autant plus pratique, du coup ! (sauf qu’on ne peut pas y créer de salon, mais bon si une personne le crée sur le logiciel pendant que 9 rejoignent le salon depuis l’interface web, ça simplifie 9 fois sur 10 l’usage, alors c’est déjà ça).

Dans la série #LesGens ont du temps, il y a plein de personnes qui essaient d’installer Framaforms (ce doit être une espèce de défi confinement level master ninja du serveur), et qui partagent leurs erreurs avec Théo, ce qui lui permet d’améliorer grandement le process et la doc.

Le projet entraide.chatons.org avance, le forum du collectif fourmille et occupe beaucoup Angie, Pyg et Lise (ainsi que tcit qui bidouille de la démo). Angie sort de chez elle pour la première fois depuis une semaine : aller dans un hypermarché c’est pas la folie, mais se rendre compte qu’ils ont coupé la musique ça fait un bien fou. #UnAutreMondeEstPossible

Mardi 24 mars en brèves et en groumph (toujours Pouhiou)

Depuis hier, Chocobozzz a le nez dans Etherpad et cherche à l’optimiser. Ainsi que MyPads. Et le pire c’est qu’il y arrive le bougre. Genre on a des stats et des graphiques… Comme on le dit dans le métier (et si vous nous pardonnez ce terme technique) : ça poutre !

Avant / après les miracles réalisés par Chocobozz sur nos instances Framapad <3

tcit y travaille avec lui, quand il ne bidouille pas sur l’instance de prise de rendez-vous pour les médecins. Et quand il n’aide pas sur la page entraide.chatons.org . C’est pas possible d’être partout à la fois comme ça : je soupçonne de plus en plus tcit de voyager dans le temps avec le Docteur.

Luc installe un troisième vidéobridge pour Framatalk. Si j’ai bien tout compris, c’est ce qui permet de répartir la charge des vidéo-conférences sur trois serveurs, sur 3 machines à la fois. Et il trouve quand même la pêche pour patcher MyPads et faire des gâteaux au matcha.

Angie, Pyg et Lise sont à fond sur le CHATONS. Et que ça crée des fiches dans la base de données (sous Drupal) pour alimenter la page du projet entraide.chatons.org, et que ça crée des visualisations, et que ça coordonne, et que ça réunionne… Angie trouve quand même le temps de mettre en page l’article annonçant l’ouverture du librecours Culture Libre sur le blog et de faire le point avec Arthur sur son stage de traduction.

Pyg, quant à lui, ouvre aussi une page de notre wiki interne pour y noter les statistiques de fréquentation des services qui se font assaillir depuis le confinement. Histoire de documenter l’écart. Oh, et cet enfoiré (je l’aime, mais c’est un enfoiré) nous fait découvrir le compte twitter de MalaiseTV. On a les yeux qui saignent.

Théo a du mal à s’en remettre et à finaliser son beau README pour Framaforms. Spf s’en remet suffisamment pour intégrer des contributions à la documentation de Jitsi et ajouter la doc écrite par tcit de l’outil de prise de rendez-vous pour les médecins.

Moi, ce mardi, j’arrive à rien et ça me groumphe. J’ai l’impression de passer ma journée à être payé pour tweeter. Pourtant je sais comment ça se passe, hein. Quand j’ai un gros texte à rédiger (genre le journal du framaconfinement de la fin de semaine), je sais que je ne vais arriver à rien le temps que mon cerveau prémâche le boulot en tâche de fond. Mais c’est un problème qu’on a souvent, chez Framasoft : quand on voit tout ce qui est fait par les autres, on a parfois cette peur de ne pas être à la hauteur, d’être dans l’imposture. Alors oui : pour contre balancer on se dit entre nous combien c’est OK de ne pas produire, de ne pas y arriver, voire de rater des trucs. Mais on a beau le savoir, on a beau avoir les mots qui réconfortent, c’est toujours aussi rageant à vivre que de se sentir bloqué dans son boulot… Surtout quand je vois tout ce que font mes collègues.

Mercredi 25 mars par Angie

Ce mercredi, Pouhiou a plus d’énergie qu’hier et prend donc du temps pour rédiger l’article Framaconfinement de la fin de la semaine 1, le faire relire aux membres de l’association et le mettre en forme pour sa publication. Il continue en parallèle à animer nos comptes sur les médias sociaux et fait le constat qu’il trouve #LesGens bien plus sympathiques lorsqu’il est en forme !

Pyg a pris connaissance du long billet de blog d’un de nos membres, Framatophe, et en fait une synthèse pour les autres membres de l’association. Il a aussi continué le travail entamé mardi sur les statistiques de fréquentation de nos services. Et a répondu à de nombreux mails laissés en attente.

25 minutes de la lecture intense ! Il nous fallait bien un résumé de pyg !

Avec tcit, ils ont continué à aider MrFlos, en charge des services de Colibris Outils Libres et ljf de ARN sans-nuage.fr sur la création de la page entraide.chatons.org et j’ai continué à alimenter la base de données afin que tout ce dont nous avons besoin pour cette page soit bien renseigné. C’est une tâche un peu ingrate, très répétitive, qui m’a rappelé mon premier job dans une SS2I au début des années 2000 où je m’étais retrouvée à entrer manuellement en bdd un catalogue papier de modèles de WC à poser !

Du côté de l’équipe technique, le travail pour améliorer les performances d’Etherpad continue : Luc et Chocobozz mettent en place des patchs dans tous les sens ! Tcit continue à mettre à jour la liste des instances sur Framapad et Framatalk. Quant à Théo, il continue à s’occuper de Framaforms, avec l’aide ponctuelle de tcit.

Spf (aka « What’s up doc? »), passe une partie de sa journée à rédiger la documentation sur la version web du logiciel Mumble. C’est quand même bien pratique de pouvoir utiliser Mumble depuis un navigateur sans avoir à installer le logiciel sur son ordinateur ou une application sur son smartphone, même si une partie des fonctionnalités ne sont pas disponibles dans cette version web.

Je passe une partie de la journée à discuter avec des gens ! Maxime du Cinéma Nova m’a appelée pour prendre des nouvelles et m’indiquer que mon intervention au sein de leur structure prévue en mai sera reportée. J’ai aussi eu une réunion sur Mumble avec Stph, Framatophe et pyg pour parler d’un projet tuteuré pour des étudiants de l’UTC.

Jeudi 26 mars en brèves, mais toujours à fond !

Le projet entraide.chatons.org avance toujours : après un point téléphonique entre les protagonistes pour faire le point sur les avancées du projet et lister ce qu’il reste à faire, tcit et pyg continuent à donner un coup de main sur la partie technique tandis que je continue à compléter la base de données et le wiki. Lise nous concocte de très belles petites images de chatons pour illustrer chaque service ! Ça avance bien et ça fait du bien de voir ce chouette projet devenir réalité.

AnMarie continue ses activités administratives et comptables tout en papillonnant de canal en canal au sein de notre messagerie collaborative pour suivre les différents échanges au sein de l’association. Elle a parfois le sentiment d’être un peu submergée par tous ces échanges car depuis le début du confinement, la majorité des discussions au sein de l’association se déroule sur notre Mattermost et ça part un peu dans tous les sens.

Côté technique, Luc installe et paramètre une nouvelle instance de Framadrop, notre outil de partage temporaire de fichiers. Après avoir patché la version française de web.mumble.framatalk.org, il s’occupe aussi de changer le disque dur d’un de nos serveurs et fait du ménage sur un autre qui n’avait pratiquement plus de place. Chocobozzz fixe des plugins Etherpad pour prévoir une mise à jour de nos instances vers la version 1.8. Pouhiou et tcit se chargent de rédiger et mettre en ligne un nouveau message d’information pour le nouveau serveur Framadrop. Et parce que nos services Framatalk et Framapad vont mieux, ils s’occupent aussi de modifier le message existant sur ces services.

Spf, Théo et des membres bénévoles continuent à répondre aux nombreuses demandes des utilisateur⋅ices de nos services, que ce soit sur notre forum ou via notre formulaire de contact.

Pouhiou est très enthousiaste aujourd’hui car l’article Un librecours pour mieux contribuer à la Culture Libre et le mémo sur le télétravail semblent très appréciés sur les médias sociaux. Ça lui donne l’énergie de se mettre à la rédaction du début de cet article (journées de lundi et mardi) avant de prendre connaissance des commentaires publiés sur les derniers articles du Framablog.

De mon côté, j’ai réussi à me bloquer 2 heures pour préparer une intervention prévue demain. Cette intervention, prévue depuis plusieurs semaines, a lieu dans le cadre de la formation continue diplômante DIPCO (diplôme en Codesign) proposée par le CNAM, le collectif Codesign-it! et le CRI aux professionnel⋅les pour qui la dynamique collaborative est un enjeu pressant. La session sur laquelle j’interviens traite de gouvernance distribuée et des nouveaux modèles d’organisation. Je tenterai donc d’y expliquer la gouvernance de Framasoft.

Vendredi 27 mars : on ne chôme pas !

Le vendredi est toujours un peu particulier parce qu’une partie d’entre nous (pyg, Pouhiou et moi) ne travaillent pas. Alors que Pouhiou s’est déjà réfugié dans son île merveilleuse d’Animal Crossing et que pyg s’est chargé d’aller faire les courses pour ses voisins et de faire un petit break, j’ai pris le relais sur l’animation de nos comptes sur les médias sociaux pour la matinée, tout en continuant à préparer mon intervention sur la gouvernance de l’association.

AnMarie a fini sa semaine en beauté puisqu’elle a terminé la saisie dans notre logiciel de comptabilité des relevés de dons des mois de janvier et février : ça peut paraître anodin, mais cela représente plus de 80 pages de relevés bancaires à vérifier et c’est un boulot de dingue. D’ailleurs elle se réjouit déjà des relevés de mars qui ne vont pas tarder à arriver 😉

Côté entraide.chatons.org, tcit a passé une bonne partie de la journée sur la résolution d’un bug coriace et pyg a bidouillé sur Drupal pour avoir de nouvelles vues de la base de données. J’ai aussi commencé à rédiger l’article annonçant la sortie officielle du projet, histoire de prendre un peu d’avance et qu’on puisse diffuser l’information dès que la page sera prête.

Côté technique, Luc a testé, mergé et publié les patchs des plugins du logiciel Etherpad réalisé hier par Chocobozzz afin de rendre compatible l’outil pour une migration vers sa version 1.8.

Et ce week-end ?

Côté salarié⋅es, je pense qu’une grande partie d’entre nous a vraiment fait un gros break ce week-end. Ces deux dernières semaines ont été très intenses : il a fallu réagir dans l’urgence et réorganiser nos activités respectives. S’y est ajouté pour nous tou⋅tes le fait de vraiment vivre la situation du confinement, dans des contextes propres à chacun⋅e. Chocobozzz a quand même pris du temps sur son samedi pour redévelopper le système multi threads de Framacalc qui commence à peiner lors des heures de pointe et un moment de son dimanche pour mettre à jour les serveurs sur lesquels sont installés nos instances du logiciel JitsiMeet (mises à jour mineures pour le client, majeure pour le bridge vidéo).

Et bien sûr, pyg n’a pas pu s’empêcher d’aller rédiger un nouvel article : une façon pour lui de prendre du recul sur la situation ! Mais ça on vous en parlera la semaine prochaine…




entraide.chatons.org : des services libres en ligne sans inscription

Suite au confinement dû à l’épidémie de coronavirus, vous êtes nombreu⋅ses à avoir besoin d’outils pour continuer à communiquer avec vos proches et/ou télétravailler. Le Collectif des Hébergeurs Alternatifs Transparents Ouverts Neutres et Solidaires – CHATONS – (dont fait partie Framasoft) met en place https://entraide.chatons.org/, un portail d’accès simplifié à des services en ligne sans inscription et répondant aux besoins les plus courants.

On vous a déjà parlé de CHATONS, non ?

Initié en 2016 par Framasoft, ce collectif rassemble à ce jour plus de 70 structures qui proposent des services en ligne libres, éthiques, décentralisés et solidaires afin de permettre aux internautes de trouver rapidement des alternatives aux services proposés pas les géants du web. Les structures membres du collectif s’engagent notamment :

  • à n’utiliser que des logiciels libres ;
  • à ne pas exploiter les données des bénéficiaires de leurs services (= ne pas transmettre ou exploiter vos données) ;
  • à ne pas utiliser de régies publicitaires (ou autres services de pistage).

Très souvent, on explique que CHATONS, c’est un peu un réseau d’AMAP des services en ligne. Vous connaissez le principe des AMAP ? Ces associations qui proposent aux habitants des villes des paniers de légumes (ou autres denrées) issus de la production agricole locale (et souvent biologique) ? Là où les géants du web représenteraient l’industrie agro-alimentaire, les structures membres de CHATONS seraient des « paysans informatiques » proposant des services en ligne « bio » :

  • sans OGM (= sans logiciels privateurs ne garantissant pas vos libertés),
  • sans pesticide (= sans baser leurs revenus sur la vente de vos données personnelles),
  • sans marketing agressif (= sans régie publicitaire pistant vos comportements),
  • sans une « course au pouvoir d’achat », qui en réalité porte tort aux petits agriculteurs (= prix équitables entre les chatons et leurs bénéficiaires)

Des chatons qui font leur part

Parce que plusieurs structures au sein du collectif proposaient déjà aux internautes des services en ligne facilement accessibles depuis leur site web, nous avons pensé qu’il serait pertinent en cette période de les identifier et de les valoriser. Dès l’annonce du confinement, nous avons donc commencé à créer des pages sur notre litière pour lister les instances publiques d’outils répondant aux besoins les plus courants pour les personnes en situation de télétravail.

C’est en listant les adresses web de ces services qu’il nous a semblé judicieux de créer une nouvelle page sur chatons.org qui donnerait un accès direct à ces services, sans obliger les internautes à consulter une page sur notre wiki et à ensuite devoir aller sur la page du chaton pour accéder au service. D’autant plus que nous étions conscients que les internautes ne sauraient pas forcément quelle instance choisir parmi cette liste. C’est de là qu’est né entraide.chatons.org, un portail d’accès simplifié à des services en ligne sans inscription et répondant aux besoins les plus courants.

Pour la petite histoire, un petit groupe agile composé de membres du collectif, en particulier Angie, Lise, Thomas et Pierre-Yves de Framasoft, ainsi que Valentin d’ARN / Sans-nuage, et Florian des Colibris s’est retrouvé à faire des petits points réguliers en audioconférence à leurs heures perdues, à avancer par petits pas asynchrones sur le développement de cette nouvelle page web, et à se concerter par tchat (avec les outils libres que l’on préconise 😉 ), pour réaliser cette plateforme en une grosse semaine. Dans un contexte où tout le monde n’a que le mot solidarité à la bouche, nous vivions là une belle expérience irréversible de coopération !

Des services en ligne facilement accessibles

Sur entraide.chatons.org, nous vous proposons l’accès à 9 outils différents :

  • la rédaction collaborative avec l’outil Etherpad (alternative à Google Docs)
  • la visioconférence avec l’outil Jitsi Meet (alternative à Skype, Zoom, etc.)
  • la prise de rendez-vous avec l’outil Framadate (alternative à Doodle)
  • le tableur collaboratif avec l’outil Ethercalc (alternative à Google Sheets)
  • le partage temporaire de fichiers avec les outils Lufi, Firefox Send ou Plik (alternative à WeTransfer)
  • le partage d’images avec l’outil Lutim (alternative à Imgur)
  • les tableaux de post-it avec l’outil Scrumblr (alternative à Padlet)
  • les raccourcisseurs de liens avec les outils Polr, LSTU ou rs-short (alternative à bit.ly)
  • le partage de textes sécurisé avec l’outil PrivateBin (alternative à Pastebin)

Et comme pour chaque outil, il existait plusieurs instances chez les chatons, nous avons mis en place une interface qui ne vous oblige pas à choisir chez qui vous utilisez ce service. Techniquement, on vous propose l’accès à une instance de chaque outil de manière aléatoire, chaque chaton pouvant indiquer son niveau de disponibilité pour chaque service.

Ainsi, sur entraide.chatons.org, lorsque vous souhaitez créer, par exemple, un pad pour y prendre des notes de manière collaborative, vous est indiqué le nom du logiciel utilisé (en l’occurrence Etherpad) et chez quel chaton ce pad sera créé. Cela permet de répartir la charge de création de nouveaux pads entre les 19 chatons qui proposent ce service. Ainsi, aucune structure ne se retrouve à devoir gérer une affluence trop massive d’internautes sur ses services.

Ainsi vous pouvez découvrir et utiliser librement ces services avec des garanties de respect votre vie privée, et autres valeurs rendant l’informatique moins dystopique, comme indiqué dans le manifeste et la charte du CHATONS.

Et après le confinement ?

Nous prévoyons de maintenir cette page au-delà du temps de confinement et même de l’enrichir dans les semaines / mois qui viennent afin de vous proposer à terme d’autres outils libres fournis par les chatons, y compris ceux nécessitant inscription ou ceux nécessitant un accès payant.

Nous espérons que ce sera pour vous l’occasion de découvrir et soutenir des structures locales qui œuvrent à nous rendre plus autonomes et souverains sur nos outils de travail en véhiculant des valeurs de solidarité et de partage.

 

Découvrir entraide.chatons.org




Solidarités numériques : le Libre se mobilise

Le Libre et ses acteurs et actrices, associatifs ou individuels, se mobilisent davantage encore dans les conditions compliquées si particulières du confinement.

Empruntons cette mise au point initiale à Pascal Gascoin, chargé de mission éducation-numérique aux Ceméa, notre allié dans l’Éducation populaire :

La situation de confinement que nous traversons nous oblige à repenser, à inventer nos modes de communication, nos façons de travailler pour continuer, malgré tout, à mener à bien nos projets, nos activités tout en gardant le lien, avec les bénévoles et les équipes de nos organisations, nos élèves et les accompagner au mieux.

Aux CEMEA, nous sommes choqués de recevoir quasi quotidiennement dans nos boîtes mails de soi-disant « guides de survie numérique en période de confinement », provenant souvent de « start-ups associatives » qui nous proposent pêle-mêle des solutions payantes, d’autres gratuites, sans jamais faire référence à la façon dont seront traitées nos données, ni faire la différence entre le service “gratuit” d’une multinationale et celui volontairement éthique et fraternel d’une association.

Donc essayons de « dégoogliser le confinement ». Voici quelques-unes des initiatives récentes du numérique libre pour aider à franchir ensemble les semaines houleuses de la crise sanitaire.

Nous allons forcément en oublier, mais vous pouvez nous faire signe pour que nous puissions compléter et mettre à jour la liste ci-dessous.

C’est parti pour une recension rapide sans souci hiérarchique particulier.

C’est où/c’est ouvert ?

Sur ce site https://www.caresteouvert.fr vous pouvez savoir sur une carte (openStreetMap, la cartographie libre et collaborative qui fait la nique à googlemaps) quels sont les services « encore ouverts », ça peut être utile. Et c’est également collaboratif : signalez vous aussi les ouvertures/fermetures de lieux utiles en période de confinement.

Dépannons avec des panneaux

copie d’écran exemple d’affiche généréeLe site http://revolf.free.fr/local-pad-sign/# permet d’imprimer facilement des affiches et panneaux d’affichage avec des informations utiles pour vos voisins de balcon, de hall d’immeuble, de zone pavillonnaire, dans la rue sur le trajet du ravitaillement etc. Vous pourrez inclure automatiquement un QR code et l’adresse d’un pad dans votre affiche.

Enseignant⋅e⋅s dans l’urgence

logo de l’asso solidaire scenariL’association Scenari qui milite pour les usages de la chaîne éditoriale du même nom, vous propose une opération spéciale.
Que vous permet Scenari ? De pouvoir publier vos cours facilement avec une chaîne éditoriale : vous rédigez une seule fois pour publier sous de multiples formats, et vous n’aurez qu’un seul document à modifier /mettre à jour.
N’ayez pas peur de l’apprentissage d’un nouvel outil numérique, vous aurez l’appui et le soutien d’une personne de l’association : parrainage pour rédiger des cours, couplage avec Canoprof pour le primaire et le secondaire, parrainage d’apprentissage de la plate-forme. Accès offert à l’hébergement et à la mise en ligne des contenus que vous aurez produits (services en temps normal réservés aux adhérents de l’association)

 

logo des Zourits (pieuvre souriante)Des Zourits pour l’école
les CEMEA proposent l’accès gratuit à de nombreuses ressources libres pour l’école adresses mail, audioconférences avec jitsi, etc. mais aussi un accompagnement pour les enseignant⋅e⋅s etc. Tout cela est expliqué sur cette page.
2 plaquettes informatives et pour les contacter (liens directs vers .pdf) :
pour les écoles
pour les petites assos

Urgences numériques

Vous faites partie des acteurs locaux stratégiques : un support et dépannage numérique vous est proposé par un collectif de plus de 200 personnes bénévoles, professionnelles des technologies d’information, qui peuvent vous aider à faire face à vos urgences : pharmacies, cabinets médicaux, mairies, établissements scolaires, commerces d’alimentation, associations, indépendants. Vous pouvez donc demander de l’aide mais aussi participer pour en fournir à votre tour (c’est ça l’esprit Contributopia, hein)…

Le Big Boinc

Boinc, c’est le calcul collaboratif pour la recherche médicale, nous signale Tikayn. Votre ordinateur ou votre ordiphone s’ennuient avec leurs puissantes capacités généralement en sommeil ? Contribuez par leur puissance de calcul à la recherche médicale, comme le font déjà plus de 4 millions de personnes.

proposition sur Mastodon : contribuer avec vos appareils numériques à la recherche médicale

Github spécial Covid

Bastien recense sur ce Gthub les ressources libres et open source d’info et solidarité autour de la pandémie :

https://github.com/bzg/covid19-floss-initatives/blob/master/index.org

Insolite

Même les Balkany veulent contribuer ! (ah non zut ils ne sont pas libres)

Et du côté de Framasoft ?

JCFrog et l’interface de jitsi meet

  • Nous avons renforcé les capacités des serveurs et de l’infrastructure de Framatalk et Framapad qui peuvent donc à nouveau accueillir les besoins de communication des particuliers et associations qui doivent se joindre. Non, les enseignants qui souhaitent faire une visioconférence pour des classes de 35 ne sont pas les destinataires prioritaires de ces outils, pour des raisons compréhensibles de tenue de charge. Ces services peuvent être utilisés par des personnes qui, souvent, n’ont pas d’autres moyens (dont des malades isolé·es de leur famille). Prenez soin de ne pas monopoliser cette ressource afin qu’elle reste partagée.
  • https://rdv-medecins.framasoft.org/login est un outil libre de prise de rendez-vous médicaux à destination du personnel médical exclusivement. Vous avez un bout de serveur ? Vous pouvez héberger le même outil (Nextcloud + ses applications « rendez-vous » et « calendar ») pour le mettre à disposition de votre médecin. Et voilà la documentation utilisateur/trice !
  • Vous avez hélas ou tant mieux davantage de temps libre ? Profitez-en pour vous former en ligne aux arcanes du numérique : c’est parti pour Librecours Voir l’article du framablog qui vous explique tout. Les inscriptions sont ouvertes par ici

 

à suivre …

 

 




Framaconfinement fin de la semaine 1 : regrouper ses forces

J’ai cette impression étrange que la semaine dernière, c’était il y a un an. Il y a tellement de choses qui se sont passées depuis jeudi matin que ça me semble impossible (donc inutile) de vouloir tout dire, tout résumer.

Cependant, il y a quelques grandes lignes que l’on peut écrire pour garder la trace des chamboulements vécus dans Framasoft.

Après la tempête

Après la « journée des petits trucs » de mercredi, jeudi me fait penser à ce moment de flottement où on retrouve ses esprits après le passage de la lame de fond.

Ce matin-là, les membres de l’équipe salariée ne sont pas déboussolé·es à devoir s’adapter face à l’urgence… Au contraire, tout le monde semble avoir pris ses marques : Luc, tcit et Chocobozzz bichonnent les serveurs, paramètrent les jitsi et les MyPads, ajoutent des instances volontaires au pool des Framatalks et Framapads possibles… Spf navigue entre le forum d’entraide et les tickets, tandis que Pyg, Angie et moi répondons sur les médias sociaux et rédigeons à qui mieux mieux.

Pendant ce temps, au frama-comité des memes…

Je m’inquiète un peu pour AnMarie, moins à l’aise avec nos outils d’échanges à distance, et qui peut être d’autant plus isolée que ses tâches administratives et comptables n’appellent, finalement, que peu d’interaction. Il y a aussi Théo, Lise, Arthur, Maiwann qui voient leurs stages et sujets d’étude prendre une tournure « autonomie » qui ne doit pas virer à l’abandon.

Regrouper ses forces…

Pour bien comprendre la suite, il faut savoir que Framasoft est une association par cooptation. N’importe qui est bienvenu·e pour contribuer aux projets, et s’amuser à faire et décider de les choses ensemble, hein ! Mais les membres de l’association, celles et ceux qui « ont signé pour en chier », les personnes qui mettent un peu de cathédrale dans notre bazar… Bref nos membres se choisissent entre elles et eux.

C’est grégaire, certes. Mais, selon mes 20 et quelques années d’expérience des assos, collectifs, troupes et communautés (expérience qui ne vaut que ce qu’elle vaut), ces regroupements où on se rassemble par la reconnaissance de l’affection et des valeurs communes sont en général les plus sains, les plus efficaces. On se fait plus confiance, on agit sans perdre trop de temps en réunionite, et les dramas s’y désamorcent plus aisément.

Tout ça pour dire que les membres de Framasoft sont avant tout liés par un sentiment d’amitié et de camaraderie qui n’a, encore une fois ici, pas fait défaut. Dès lundi 16, un fil « Une grosse pensée pour nos salarié·es » partageait plein d’encouragements dans notre liste de diffusion principale, par exemple. Et dès jeudi, les membres bénévoles de Framasoft, qui ont aussi un travail, des familles, des angoisses… bref tout un confinement à gérer, dès jeudi donc, ces membres ont en plus trouvé du temps et de l’attention pour prendre soin de Framasoft.

Nous sommes aussi lié·es par l’humour. Par exemple, si on nous reproche d’utiliser l’anglicisme « gamer », on contre-trolle en parlant de chocolatine. Vous voilà prévenu·es

… renforcer le groupe

Que ce soit par des relectures des multiples textes que nous produisons, par de nombreuses réponses aux tickets de notre support et sur le forum d’entraide, par des mots d’encouragement des memes illustratifs ou des partages de veille sur les canaux de notre équipe Framateam… Cette présence, bienveillante et chaleureuse, crée une ambiance où on trouve plus facilement de l’énergie pour corriger ce bug revêche ou répondre à la frustration d’une personne confinée et perdue face à cet outil numérique devenu indispensable.

Non, les linuxien·nes ne sont pas mieux protégé·es contre tous les virus.

C’est aussi jeudi que nous avons pris notre premier café virtuel, en audio-conférence dans le salon « Framachine à café » de notre serveur Mumble. Organisé par Pyg (merci à toi !) ce moment de simple convivialité permet de lutter contre l’isolement face à un monde qui s’emballe. Nous ne dirons pas qui d’entre nous a découvert que le bouton 42 de la Framachine à café permet de servir une pinte de bière, il vous suffit de savoir que c’est la même personne qui avait brassé une Framabière artisanale dont on se souvient encore ;).

Ce jeudi enfin, Angie, Lise et Pyg ont travaillé à animer un autre groupe, le collectif des hébergeurs alternatifs CHATONS afin d’aboutir à une réunion via Mumble le soir même, où de nombreuses décisions ont été prises. Et c’est justement pour cela qu’on a besoin de se regrouper. Une période aussi exceptionnelle appelle de nombreuses décisions, exceptionnelles, dont on ne sait jamais si elles sont les bonnes, mais qu’il faut bien prendre. Renforcer le groupe, c’est aussi faire en sorte que des personnes ne se retrouvent pas seules face à des décisions, mais se dire qu’on va expérimenter ensemble, en groupe.

Des outils numériques que nous n’imaginions pas la semaine d’avant

Car des décisions pas faciles à prendre, il y en a eu !

Est-ce qu’il faut répondre à ce message de soignant·es qui nous demandent un outil pour que leurs patient·es puissent prendre des rendez-vous en ligne et ainsi gérer un agenda ? En ce moment, on pourrait croire que la question « aider des soignant·es » remporte un « oui » automatique. Mais la question est plus de savoir si nous avions les épaules, si nous saurions les accompagner, si nous ne risquions pas de les mettre dans une dépendance dangereuse par la suite…

Voilà comment tcit et Luc ont mis en place rdv-medecins.framasoft.org, aidés de spf pour le tutoriel d’utilisation. Si vous êtes médecin et avez besoin d’un outil pour votre prise de rendez-vous, vous pouvez nous contacter, mais notez bien que nous ne sommes pas un fournisseur de service professionnel, juste une asso loi 1901 qui essaie d’aider de son mieux, durant cette période exceptionnelle. L’avantage, c’est que l’outil utilisé (Nextcloud + ses applications « rendez-vous » et « calendar ») est libre, donc vous avez la liberté d’installer le même outil ailleurs, qui peut être aisément maintenu par des professionnels de l’infogérance.

On a toustes besoin d’un tcit chez soi.

Autre décision : faut-il publier dès cette semaine le mémo sur le télétravail, même s’il est encore imparfait ? Là aussi, nous avons décidé de publier sans fanfare ce mémo dirigé par Pyg où il y recueille les bonnes pratiques et les astuces concrètes (en plus des outils libres) de plus de 10 ans d’expérience en télétravail au sein de Framasoft. Vous pouvez le lire ici, le partager, et si vous voulez nous aider à le parfaire, cela se passe sur ce dépôt git.

Pendant ce temps, nous restons persuadé·es que l’audio-conférence est un outil bien plus efficace pour les réunions à 5, 10 ou plus… Je finis de rédiger et publier l’article annonçant l’ouverture de serveur Mumble, mis en place par les efforts conjoints de Luc, Pyg, spf (pour l’indispensable tutoriel d’utilisation illustré). Mumble, voilà un outil qui ne nous rajeunit pas ! Si son look est vintage, il est toujours aussi diablement efficace !

Un week-end où il est difficile de déconnecter

Quand la connexion numérique fait partie de votre outil de travail, mais qu’en plus elle devient le seul lien avec les proches… C’est dur de se déconnecter, et de se déconnecter de son boulot. Et on le voit bien parmi nos salarié·es, qui durant leur week-end en profitent pour organiser la semaine à venir, pour publier des articles ou des textes qui étaient en cours ou pour tester des scripts optimisant le partage de charges entre les instances des Framapad et Framatalk…

cliquez sur l’image pour lire le mémo du télétravail où Pyg partage ses plus de 10 ans d’expérience sur la question.

On voit aussi ce moment où les bénévoles de l’association prennent le relais sur les forces salariées, assurant une présence sur le forum d’entraide et dans les réponses aux tickets du support, ainsi que sur les réponses aux commentaires du blog.

Le collectif CHATONS est, lui aussi, essentiellement composé de bénévoles. Une nouvelle réunion se tient, en audio conférence, durant le week-end, pour trouver comment mettre en place les outils numériques de l’entraide. On va encore avoir des choses à préparer et annoncer pour la semaine prochaine, ça va être compliqué de ne pas y penser durant le week-end.

Gérer l’amplification des voix numériques

Il n’y a plus de café du commerce où on peut librement pester sur ce monde, plus de machine à café pour s’indigner des actualités, plus de coin de rue où on taille la bavette pour être sûr·e que d’autres que soi peuvent entendre le son de notre propre voix.

Alors on tweete. On pouette. On publie sa story sur Facebook et son poteau sur Reddit. L’afflux de monde sur les médias sociaux est sensible, c’est dur de ne pas intervenir. Chez Framasoft, nous tenons particulièrement à ce que nos choix soient compris, à s’assurer que nous les avons bien expliqués. C’est dur de ne pas répondre à cette énième injonction à rendre des comptes sur les arbitrages difficiles que nous avons faits cette semaine.

C’est d’autant plus frustrant que certains tweets commentent nos décisions plus pour râler un bon coup que pour parler avec nous. Framasoft et ses décisions n’y ont (en vérité) qu’une importance accessoire : le message, c’est qu’une personne est frustrée, fatiguée, esseulée.

Moi j’ai trouvé comment garder pour moi un coin de mon esprit : je sacrifie mes données à Nintendo, et je m’enfuis sur une île déserte dans une version vidéoludique de Playmobil. Le monde n’en va pas mieux, hein, mais au moins, je prends le temps de sourire.

Moi, ce week-end. Tout va bien.
Illustration de u/nathas sur Reddit




Framaconfinement Jour 03 – La journée des petits trucs

L’association Framasoft tient à partager, même de manière irrégulière et foutraque, le résumé de ce qu’il se passe lorsqu’on héberge des outils d’échange et de collaboration en ligne en pleine période de confinement.

Ce journal, nous l’écrivons pour lever un coin de voile sur Framasoft, mais aussi pour nous, parce que ça nous fait du bien. Ne vous attendez donc pas à ce que tous les éléments de contextes vous soient systématiquement donnés, on livrera les choses comme elles viennent, plus cathartiquement que pédagogiquement.

L’accès à l’ensemble de articles : https://framablog.org/category/framasoft/framaconfinement/

Voici notre journée d’hier vue par Angie.

Je suis impressionnée de me retrouver à rédiger le texte de ce journal, car contrairement à Pouhiou et Pyg qui ont le verbe (et la langue) bien pendus, ça m’a toujours demandé de prendre beaucoup sur moi-même pour écrire (du moins dans l’optique d’être publiée). Mais à contexte exceptionnel, mesures exceptionnelles. Je me mets donc un grand coup de pied au derrière pour vous raconter notre journée d’hier. Cet article sera sûrement plus court que les deux premiers billets (vous allez me dire : tant mieux !) car ma plume est plus concise que celle de mes chers collègues. De plus, n’ayant pas une formation informatique (même si bon, je ne suis pas complètement nulle en la matière), je suis parfois bien incapable d’expliquer ce que font mes collègues de l’équipe technique : c’est un peu du charabia pour moi tous ces gros mots ! Mais je me lance quand même !

« Faire court » …? Ouiiiii, on sait faire, à Framasoft. C’est même une spécialité locale !

La journée des petits trucs

Cette troisième journée de confinement a donné à une partie d’entre nous, une drôle de sensation. Comme me le disait ce matin Pouhiou, « la journée d’hier c’était pour moi plein de petits trucs qui ne donnent pas l’impression d’en avoir fait un gros » et SpF qui ajoute « Perso, j’ai pas eu l’impression d’avoir fait grand-chose alors que je n’ai pas manqué de travail » . Et pyg d’ajouter : « je n’ai pas eu l’impression d’être hyper efficace, mais au final, c’était une « bonne » journée » . Moi aussi, j’ai eu cette sensation d’éparpillement, de multiplier de toutes petites activités, sans vraiment m’arrêter durablement sur l’une plutôt que l’autre, un peu comme une abeille butinant de fleur en fleur. J’ai eu plusieurs fois dans ma journée l’impression que ce que je faisais n’était peut-être pas la priorité. Mais il m’était vraiment difficile d’établir des priorités dans cette masse de petites tâches, alors j’ai fait au mieux. Souvent, on ne voit pas à quel point régler les petits trucs peut être efficace et avoir de l’effet. Ça ne laisse pas le sentiment de satisfaction du travail bien fait, mais en prenant du recul, on s’aperçoit que toutes ces petites actions nous ont permis de pas mal avancer.

Je me suis donc demandée comment vous raconter cette multitude de petites activités sans tomber dans la liste sans fin. Mais comme ce quatrième jour de confinement arrive déjà à sa fin, je me suis dis qu’il ne fallait pas que je me prenne trop la tête non plus et que finalement, j’allais juste vous raconter tout cela le plus simplement possible.

Même pas peur.

Commençons donc par ce qui prend le plus d’énergie à l’association actuellement : le maintien et le renforcement de nos services. Dès mardi, Luc a migré semestriel.framapad.org vers un nouveau serveur pour accueillir les pads semestriels de notre service Framapad et ainsi laisser davantage de place à mensuel.framapad.org sur un serveur dédié. Dorénavant, lorsque vous créez un pad public sur https://framapad.org/, nous vous permettons de créer ce pad sur une instance du logiciel Etherpad qui n’est pas hébergée chez nous. C’est transparent pour vous, mais ça nous permet de reporter la charge entre plusieurs structures. Tcit ajoute chaque jour de nouvelles instances à la liste de celles vers lesquelles vous êtes redirigé⋅es lors de la création d’un nouveau pad. Vous pouvez ainsi consulter la liste de ces partenaires sur https://framapad.org/fr/info. Nous en profitons pour remercier toutes les structures et individus qui nous permettent d’utiliser leurs services. C’est beau et rassurant de voir une telle entraide !

Chocobozzz et Luc ont travaillé à l’amélioration des performances de MyPads, le service qui permet la création de dossiers de pads par utilisateur⋅ice, illimités et partageables. En effet, depuis lundi, vous êtes très nombreu⋅ses à utiliser ce service et il a rencontré quelques soucis. Luc a donc installé une nouvelle instance de ce service sur nos serveurs et nous proposons dorénavant 2 instances de MyPads :

Nous incitons les nouveaux utilisateur⋅ices à se créer un compte sur la nouvelle instance plutôt que sur l’instance historique, sauf dans quelques cas :

  • si vous voulez accéder à des pads déjà créés sur cette instance historique
  • si vous voulez partager des pads avec des utilisateur⋅ices déjà inscrit⋅es sur l’instance historique

 

Notez qu’il s’agit là d’un autoportrait, vu que ce meme a été généré par Framasky.

Notre service de conversation audio / vidéo Framatalk a lui aussi vu débarquer en masse de nouveaux utilisateur⋅ices. Tout comme pour notre service Framapad, nous avons fait appel à la communauté des hébergeurs de services en ligne afin de pouvoir vous renvoyer sur leurs instances du logiciel Jitsi. Vous pouvez ainsi consulter la liste de ces partenaires sur https://framatalk.org/accueil/fr/info. Nous remercions à nouveau toutes les structures et individus qui nous permettent de renvoyer vers leurs services.

Chocobozzz a passé une partie de sa journée à débuguer Framacalc, notre instance du logiciel Ethercalc, qui permet la réalisation de feuilles de calculs de manière collaborative. Luc, parce qu’il avait, dès mardi, installé et configuré un serveur Mumble pouvant accueillir 1200 personnes en temps réel (nous en avons fait l’annonce tout récemment), a aussi mis le nez dans la documentation Mumble qu’avait rédigée SpF pour y ajouter quelques éléments.

Pour Théo, notre stagiaire sur Framaforms, c’était une bonne journée puisqu’il a enfin pu résoudre les erreurs de mail de confirmation qu’il rencontrait sur ce service (ne me demandez pas de quoi il s’agit, je n’en ai aucune idée). Ça faisait plusieurs jours qu’il galérait dessus et ça a un peu été la délivrance pour lui que de résoudre ce problème. Ça a même fait danser SpF (pour qui c’est aussi un soulagement au niveau support) :

Pyg a, comme chaque jour, coordonné les activités de l’ensemble de l’équipe salariée et des membres bénévoles. Pour cela, on utilise principalement le logiciel Mattermost, un service de discussion instantanée conçu comme un chat interne. Ces derniers jours, les échanges ont été bien plus nombreux dans les différents canaux de discussion de cet outil. Lire l’ensemble des conversations et y répondre, ça prend sacrément du temps dans une journée.

Mais ça ne l’a pas empêché de :

  • finaliser le texte de l’article Framaconfinement Jour 02 – Prendre la mesure,
  • remettre le nez dans le mémo sur le télétravail qu’il avait entamé ce week-end,
  • suivre toutes les informations sur Framasoft,
  • faire de la veille sur les besoins numériques pendant la crise sanitaire (outils et accompagnement),
  • faire le point sur l’état de nos services,
  • prendre des nouvelles de ses collègues…;)

Pouhiou a animé toute la journée notre présence sur les différents médias sociaux en y diffusant de nouvelles publications, en partageant des informations et en répondant à celleux qui nous posent des questions ou qui réagissent à nos publications. Hier, l’un de nos tweets a été repartagé plus de 2000 fois. Pouhiou faisait le constat que sur Twitter, nos tweets les plus repartagés sont ceux où l’on exprime notre mécontentement face aux pratiques des géants du web et/ou débordements de propriété intellectuelle. Alors que lorsqu’on publie des contenus positifs, ils sont moins repartagés. On le sait, Twitter est le lieu d’expression de l’indignation et de la colère. Mais on a là la confirmation que les algorithmes de cet outil mettent davantage en valeur des contenus qui vont nous faire réagir.

Pouhiou s’est aussi chargé de la mise en forme et de la publication sur notre blog de l’article Framaconfinement Jour 02 – Prendre la mesure rédigé par pyg. Pour illustrer cet article, il a fait un appel à l’ensemble des membres de l’association afin de produire des mèmes. Ah, ça quand il s’agit de créer des mèmes, on a des spécialistes dans l’asso ! Les mèmes sont arrivés en pagaille et il en a sélectionné quelques-uns pour les inclure dans l’article.

Nous, on fait les deux.

Et en vrac, il a aussi fait tout cela dans sa journée :

AnMarie a continué ses activités habituelles en cette troisième journée de confinement, alors que nous savons qu’elle ne vit pas très bien le fait de télétravailler. Tout en répondant aux tickets de support concernant les dons, elle a fait de la saisie dans notre logiciel de comptabilité. Elle s’est aussi occupée de prendre des abonnements à deux nouveaux médias pour l’association : Le Monde et Médiapart. En effet, on en parlait depuis plusieurs mois de cette nécessité pour nos pratiques de veille de s’abonner à ces deux titres, sachant que nous avons déjà de longue date un abonnement à NextINpact. C’est dorénavant chose faite grâce à elle. Nous n’avons dorénavant plus aucune raison de ne pas être informé⋅es 😉

Hier, SpF est revenu à une activité plus habituelle que les jours précédents. Il a répondu aux tickets de demande de support et répondu aux nombreuses publications sur notre forum. Il est épaulé dans cette tâche par une partie de l’équipe salariée (coucou Tcit, Pouhiou et Théo) ainsi que par plusieurs membres bénévoles de l’association (coucou Gavy, Fred, lamessen, fat115 et celleux que j’oublie). Et comme me le disait SpF, répondre aux demandes, c’est vivre beaucoup d’émotions dans une même journée : entre les messages de remerciements qui vont droit au cœur, les messages de personnes qui sont complètement perdues et qu’il faut accompagner au cas par cas et les messages de celleux qui nous insultent, c’est un peu le yoyo émotionnel. D’où l’intérêt pour l’ensemble de l’association de se soutenir au quotidien !

Notez bien que les mots gentils sont plus nombreux que les râleries des facheuxses.

Quant à ma troisième journée de confinement, elle a été bien morcelée. J’ai continué tout au long de la journée à coordonner l’animation du CHATONS en prenant connaissance des échanges se déroulant sur notre forum, en échangeant directement avec certaines structures ayant des besoins spécifiques, en créant de nouvelles pages recensant sur le wiki les instances des outils les plus utiles au télétravail et en animant les comptes du collectif sur les médias sociaux. J’ai proposé la tenue d’une réunion spéciale pour les membres du collectif afin de définir la stratégie du collectif durant cette période. J’ai aussi passé un peu de temps sur la rédaction et la mise en forme de l’article Une mobilisation citoyenne pour la continuité pédagogique en lien avec le collectif Continuité Pédagogique. J’ai pris connaissance des articles et informations transmises par les membres de l’association. Et en fin de journée, j’ai rédigé les textes d’explications qui apparaissent sur nos instances MyPads en lien avec l’équipe technique. Au final, la journée était encore bien remplie.

Le monde a changé. — Pyg, hier, 2020

Mais ce que je voulais souligner, alors même que dans les circonstances habituelles je ne suis pas en télétravail, c’est que je ne me suis jamais aussi sentie en lien avec les membres de l’association. C’est un paradoxe assez intéressant que d’être confinée seule dans mon appartement lyonnais, de travailler seule face à mes écrans toute la journée et de me dire chaque soir que je n’ai pas eu une seule fois dans ma journée la sensation d’être seule.