Le Népal, le numérique et les logiciels libres

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Le Népal n’est pas forcément en avance dans le développement numérique du pays[1].

Raison de plus pour adopter d’emblée le logiciel libre…

Drnan Tu - CC by-sa

L’impact de l’open source au Népal

Nepal and the impact of open source

Carolyn Fox – 8 mai 2012 – OpenSource.com
(Traduction framalang  : Slystone, Cédric Corazza, Goofy et Kabaka)

Le Népal est l’un des pays les plus pauvres au monde. Il fait face à de nombreux problèmes liés à l’inégalité entre les sexes, à l’éducation, ou au retard des technologies numériques. Et pourtant le Népal se transforme peu à peu grâce à l’open source et aux technologies numériques. Mais à mesure que le Népal cherche à intégrer ses citoyens dans l’économie mondiale numérique, de nombreux obstacles se dressent en travers de son chemin  : instabilité politique, difficulté d’accès physique, infrastructures déficientes et pauvreté rurale. En avril 2012, le Forum Economique Mondial a publié un rapport qui a caractérisé le Népal comme l’un des pays les moins connectés au monde, tout en bas du classement mondial.

L’accès à l’éducation secondaire continue d’être un gros problème au Népal, particulièrement pour les filles. Environ la moitié des enfants du pays souffre de malnutrition chronique. Un enfant sur trois travaille et on estime qu’ils sont 2,6 millions à travailler entre cinq et quatorze ans.

La situation des jeunes Népalaises est plus que difficile. Le taux d’alphabétisation pour les filles va ainsi de 28 à 42 %, comparé au 65 à 87 % pour les garçons. La plupart des filles sont humiliées, opprimées et exploitées dans leur vie quotidienne. Les écoles publiques népalaises requièrent des frais de scolarité et beaucoup de parents ne peuvent se permettre d’y envoyer leurs filles  ; on attend souvent des filles qu’elles abandonnent leurs études pour aller travailler.

L’impact direct des logiciels libres et des technologies numériques peut sembler à des années-lumières pour beaucoup, mais le gouvernement népalais et les organisations non gouvernementales (ONG) commencent à apporter un peu de changements dans la vie quotidienne des enfants ruraux et pauvres, et particulièrement des filles. Le Plan pour l’éducation du gouvernement népalais, le Plan de réforme du secteur scolaire, l’Open Learning Exchange (OLE) Népal, le projet One Laptop Per Child (OLPC) et d’autres initiatives font de grands progrès pour résorber la fracture numérique — en dépit du récent rapport du Forum économique mondial. Le gouvernement népalais, OLE Népal et d’autres organisations aident à réduire la fracture numérique en mettant à disposition des technologies numériques et des supports open source qui sont absolument nécessaires au Népal pour accomplir un progrès significatif, ce que le Sommet mondial pour la société de l’information (SMSI) a souligné.

Depuis 2009, OLE Népal a distribué plus de 2500 ordinateurs portables dans 26 écoles népalaises et a œuvré à créer des supports libres pour éduquer et encourager les enfants népalais, particulièrement les filles. Les objectifs principaux de OLE Népal sont d’améliorer l’éducation publique et de réduire la disparité de l’accès à l’éducation. La distribution d’équipements n’était pas suffisante pour résoudre le sous-équipement numérique du pays selon OLE Népal. La création de supports éducatifs libres, avec l’aide des développeurs et programmeurs népalais locaux, a été la clé de voûte de la résolution du problème numérique du pays. En 2011, OLE Népal a collaboré avec le British Council pour créer « Learn English Kids », un programme ayant pour but d’enseigner gratuitement les fondamentaux de l’anglais aux enfants et adultes népalais . Environ 3400 étudiants dans 34 écoles à travers le pays ont utilisé l’application Learn English Kids. Auparavant, les possibilités et supports nécessaires pour apprendre l’anglais étaient rares.

Des initiatives comme celles de OLE Népal et de OLPC donnent aux filles rurales pauvres, en particulier, une chance d’accéder aux études et d’échapper à une vie de pauvreté. Le rôle des femmes népalaises et l’utilisation des technologies sont les clés du potentiel et de l’avenir du pays. OLE Népal s’est rendu compte de la nécessité d’une bibliothèque numérique libre et fondée sur un objectif d’éducation pour aider les citoyens à franchir la fracture numérique et à améliorer la qualité et l’accès à l’éducation. E-Pustakayla peut être installé à l’école ou dans un centre communautaire sans accès à Internet, offrant ainsi à tous une source d’informations et d’éducation ouverte et gratuite.

Ces initiatives ont contribué à augmenter le taux d’alphabétisation et ont encouragé la création de communautés numériques au Népal. Sambad par exemple, est un projet de recherche sur la façon dont la technologie peut bénéficier aux analphabètes et illettrés du Népal. Une des possibilités consiste à créer des communautés numériques basées sur des communications audio ou visuelles, plutôt que sur du texte. Ces initiatives permettent aux Népalais de participer pleinement à la société numérique et sont une source d’émancipation et de changement social.

ALISON montre comment le monde du libre a un impact direct sur la vie des gens ordinaires au Népal. ALISON est une ressource en ligne gratuite pour l’apprentissage des bases et fondamentaux du monde du travail, proposant des cours numériques, des certificats ou des diplômes gratuitement aux citoyens népalais. Ce projet a le soutien du gouvernement népalais.

Le gouvernement du Népal est conscient de l’importance de l’alphabétisation numérique et du pouvoir du e-learning dans l’amélioration de la vie de ses citoyens. Celui-ci considère ALISON et d’autres programmes comme un moyen d’émancipation pour les Népalais et une source d’espoir en un développement durable avec l’aide du monde du libre et des technologies numériques.

Notes

[1] Crédit photo  : Drnan Tu (Creative Commons By-Sa)

11 Réponses

  1. Tristan

    Environ la moitié des enfants du pays *souffre

  2. El Sif

    Les deux se disent d’après les grammairiens ; soit on fait référence à la moitié (ces enfants dont la moitié souffre…), soit on fait référence aux enfants (la moitié des enfants qui souffrent…).

  3. relatif

    dans mon quartier en France au milieu des HLM d après guerre , je perçoit pas mal
    de pauvreté aussi , alors qu un quart d heure de marche plus loin sisent de superbes immeubles ….

    bien à vous

  4. adamsky

    Comme la plupart du temps avec les articles mis en ligne sur Framablog, me vient la question : Et alors, vous voulez en venir où ?

    Vous vous contentez de relayer sans analyse et sans avis. C’est quoi votre but chez Framasoft, rester neutre ? Vous croyez qu’un medium peut rester neutre ? Si oui, vous vous trompez. Il se définie en filigrane une ligne éditoriale au fur et à mesure qu’on vous lit, une intention.

    Cet article sous-entend que le salut des pays en développement passe par l’ouverture sur le numérique. Cet article contient des informations sur les descriminations sexuelles au Népal, essentiellement vers les filles. On nous parle d’une alphabétisation faible et comme solution on nous désigne l’ordinateur, le numérique et les logiciels Open source. Je voudrais qu’on m’explique comment, avec quels moyens, quels protocoles on passe de l’un à l’autre et comment on réduit à la fois la pauvreté et la discrimination sexuelle par l’informatique ? Je suis curieux.

    Est-ce que Framasoft se veut le chantre béhat de la société numérique forcément plus juste, qui résoudrait tous les problèmes que rencontre l’espèce humaine sur cette planète ?

    Tout ça en faisant abstraction de l’Histoire des peuples, de la réalité économique mondiale, des injustices engendrées par cette réalité économique ( le Capitalisme financiarisé, par exemple ), des problèmes engendrés par la technologie soit-disant libératrice ( les guerres, déportations de masse, et génocides liés à l’exploitation des terres rares nécessaires à la fabrication des composants électroniques, les pollutions catastrophiques liées au dessossage dans les pays pauvres de nos produits hightechs à dates limites, et l’exploitation des travailleurs pauvres pour leur fabrication, par exemple ).

    Croire que l’informatique et le numérique pourrait permettre à des pays pauvres de sortir de leur misère et mettre fin à la discrimination envers les femmes, c’est comme croire que la bagnole rapproche les gens.

    Donc chez Framasoft, vous êtes dans le raisonnement scientiste, cette idéologie très proche du libéralisme dans ses applications et ses effets néfastes.

    Voici ce qu’en dit Wikipédia pour les curieux :
    Le scientisme est une idéologie apparue au XIXe siècle selon laquelle la science est le seul mode de connaissance valable et qu’elle est supérieure à toutes les autres formes d’interprétation du monde. Le scientisme a aussi comme vocation selon la formule d’Ernest Renan (1823-1892) d’« organiser scientifiquement l’humanité ». Il s’agit donc d’une foi dans l’application des principes et méthodes de la science dans tous les domaines. Dans cette perspective, le politique s’efface devant la gestion « scientifique » des problèmes sociaux et toute querelle ne peut dès lors que relever de l’ignorance ou d’une volonté de nuire : il existerait pour chaque problème une solution optimale s’imposant universellement sans que la volonté, les desiderata ou la subjectivité d’un décideur ni des populations concernées aient à intervenir ou à être pris en compte.

    Le scientisme accorde une grande importance à l’éducation qui, en libérant le plus grand nombre des illusions métaphysiques et théologiques, rend possible une gestion supposée rationnelle de la société. De même que Platon voulait que les rois fussent philosophes, les scientistes les plus radicaux estiment que le pouvoir politique doit être confié à des savants et non à des politiciens élus ou non et à leurs bureaucrates. Cette conception, qu’on peut rapprocher de la technocratie, est donc plus proche d’une aristocratie (« gouvernement par les meilleurs ») que d’une démocratie : une solution « scientifique » élaborée par des experts compétents n’a pas à être discutée, sinon par d’autres experts. Cette perspective enthousiasma Renan, mais inquiéta plus tard sérieusement Bernanos (La France contre les robots).

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Scient

  5. anti42

    je suis d ‘ accord avec adamsky : l avenir ne sera pas numerique , contrairement
    à la vulgate techno-scientiste libéral en  » vogue  » .

  6. @adamsky Si tous les articles du blog étaient du même acabit que celui-ci vous n’auriez pas forcément tort.

    Nous ne sommes pas neutres et l’assumons par le choix des publications qui ne forment pas nécessairement un tout cohérent mais restent globalement fidèles à la phrase mise en exergue : « mais ce serait peut-être l’une des plus grandes opportunités manquées de notre époque si le logiciel libre ne libérait rien d’autre que du code ».

    Pour ce qui concerne l’optimise béat, oui nous pensons que le logiciel libre a quelque chose à dire au monde qui nous entoure à commencer par le souci de contrôler la machine et non l’inverse.

    Je n’appelle pas cela du scientisme même si j’imagine qu’il est toujours plus pratique de le voir dans le jardin du voisin.

  7. adamsky

    >>>@adamsky Si tous les articles du blog étaient du même acabit que celui-ci vous n’auriez pas forcément tort.

    Nous ne sommes pas neutres et l’assumons par le choix des publications qui ne forment pas nécessairement un tout cohérent mais restent globalement fidèles à la phrase mise en exergue : « mais ce serait peut-être l’une des plus grandes opportunités manquées de notre époque si le logiciel libre ne libérait rien d’autre que du code ».<<<

    Moi je trouve qu’il se dégage une ligne éditoriale claire au contraire. Ce n’est pas parce que vous publiez toutes sortes de sujets qu’il n’y a pas homogénéité des idées. Je dirais même qu’il y a une idéologie qui se dégage de tout ça, un parti pris sous couvert d’une forme de neutralité. Vous le dîtes plus loin. Selon vous le logiciel libre aurait quelque chose à dire au monde.

    L’informatique est un produit de consommation de masse et qui dit consommation de masse dit aliénation par la publicité, sinon comment autant de gens en sont venus à posséder en à peine 15 ans autant d’outils électroniques qui leur soient ( croient-ils ) devenus aussi indispensables. Le logiciel libre nous libère-t’il du marketing et du discours unique des media de masse ?

    Ces biens de consommations sont fabriqués dans des usines géantes dans des pays où les travailleurs n’ont aucun droits et sont exploités, voire sacrifiés. Le logiciel libre les libère-t’il ?

    En bout de chaîne les outils passés de mode ou en panne sont envoyés, au mépris des toutes les conventions internationales sur le contrôle des déchets hautement polluants, dans des pays où les gens sont pauvres et exploités et n’ont d’autres choix que de les désosser en contaminant durablement et massivement leur terre, leur eau, leur air et leur adn. Le logiciel libre les libère-t’il ?

    Pour couronner le tout, les ressources naturelles qui servent à fabriquer les composants électroniques sont si rares et si précieuses, qu’on n’hésite pas à renverser des pouvoirs légitimement mis en place, provoquer des guerres qui engendrent massacres, déplacements de populations, misère, épidémies et famines.

    Tout ça pour nous vendre des smart phones, des PC, des tablettes, téléviseurs et consoles de jeux. tout ça pour alimenter des profils Facebook, se masturber sur des sites pornos, jouer à des jeux, fabriquer des contenus ad nauseum, avoir un semblant de relation humaine via des réseaux qui n’ont de sociaux que le nom. Toute cette souffrance humaine, cette injustice, cette pollution, juste parce que nous n’avons plus d’autres horizons dans la société de consommation que la consommation.

    Où est la libération promise par le logiciel libre ?

    En quoi le logiciel libre libère-t’il autre chose que du code ?

    >>> »Pour ce qui concerne l’optimise béat, oui nous pensons que le logiciel libre a quelque chose à dire au monde qui nous entoure à commencer par le souci de contrôler la machine et non l’inverse. »<<<

    Le logiciel libre n’a rien à dire à personne. Un logiciel n’est qu’un outil. Qu’on puisse en lire le code ou pas ne fait une différence que pour peu d’entre nous.
    Un logiciel est un outil de production, il est destiné à un travailleur dans le but d’augmenter sa productivité. Voilà ce qu’est l’informatique; une délocalisation du travail dans le cadre du temps libre et de la famille, un abaissement de la barrière qui existait avant entre le moment du travail et le moment du repos. L’informatique est le trojan qu’a inventé le Capitalisme pour faire de tout le monde tout le temps et dés le plus jeune âge un fournisseur de contenus gratuit pour faire tourner une économie basée sur du vent. C’est aussi un puissant vecteur diffusant 24/24, 7/7 l’idéologie dominante.

    >>>Je n’appelle pas cela du scientisme même si j’imagine qu’il est toujours plus pratique de le voir dans le jardin du voisin.<<<

    Penser que la technologie puisse libérer des humains qui étaient plus libres avant qu’aprés l’ère d’internet et de l’informatique familiale, moi j’appelle ça du scientisme, en tous cas, ça correspond bien à la définition.

  8. bravo-adamsky

    le soi disant  » software libre  » [ le matériel doux ] , le terme logiciel étant une aberration masturbatoire de vieux impuissants , libére surtout le Pognon et l esKlavage
    par de gros cons de Patrons trop bien relayé par une presse de l argent connivente et complaisante .

    un point c est tout .

  9. Ginko

    @adamsky,

    Ouille !

    Sans vouloir vous froisser, vous partez IMHO de base fortement biaisées.

    >L’informatique est un produit de consommation de masse et qui dit consommation de masse dit aliénation par la publicité, sinon comment autant de gens en sont venus à posséder en à peine 15 ans autant d’outils électroniques qui leur soient ( croient-ils ) devenus aussi indispensables.

    Sophisme. Inversion de la causalité. Les produits numériques sont devenus des consommables de base. L’informatique en elle-même n’est que le domaine qui étudie l’information. Ce truc franchement fondamental (genre encore plus fondamentale que l’énergie, elle-même plus fondamental que la matière, etc). Les dérives de la société de consommation ne sont que des contingences.

    >Le logiciel libre nous libère-t’il du marketing et du discours unique des media de masse ?

    Et l’écologie le fait-elle ? Pure rhétorique.

    >Pour couronner le tout, les ressources naturelles qui servent à fabriquer les composants électroniques sont si rares et si précieuses, qu’on n’hésite pas à renverser des pouvoirs légitimement mis en place, provoquer des guerres qui engendrent massacres, déplacements de populations, misère, épidémies et famines.

    On peut en dire de même de tellement de choses (de la culture du palmier à huile jusqu’à l’extraction de diamants). Pure rhétorique.

    >En bout de chaîne les outils passés de mode ou en panne sont envoyés, au mépris des toutes les conventions internationales sur le contrôle des déchets hautement polluants, dans des pays où les gens sont pauvres et exploités et n’ont d’autres choix que de les désosser en contaminant durablement et massivement leur terre, leur eau, leur air et leur adn. Le logiciel libre les libère-t’il ?

    Dumping environnemental. Relève de la politique, de l’économie, de la morale, de l’écologie… mais si peu de l’informatique en elle-même…

    >Tout ça pour nous vendre des smart phones, des PC, des tablettes, téléviseurs et consoles de jeux. tout ça pour alimenter des profils Facebook, se masturber sur des sites pornos, jouer à des jeux, fabriquer des contenus ad nauseum, avoir un semblant de relation humaine via des réseaux qui n’ont de sociaux que le nom. Toute cette souffrance humaine, cette injustice, cette pollution, juste parce que nous n’avons plus d’autres horizons dans la société de consommation que la consommation.

    Société de consommation, c’est vous qui le dîtes.

    >Le logiciel libre n’a rien à dire à personne. Un logiciel n’est qu’un outil.

    Aïe aïe aïe. Justement, c’est précisément parce que c’est un outil qu’il a de si profondes influences sur nous et tout ce qui nous entoure. Il faut revoir vos bases. L’outil n’est rien de moins que ce qui fait l’homme. L’illusion sur la nature de l’homme, la « Nature » elle-même, ne reflète que le manque de réflexion de la personne qui la pense.

    Tout est outil. Du revêtement des cellules épithéliales des poumons de nos vaches jusqu’aux centrales nucléaires.
    Les outils modèlent nos vies et nos environnements. D’eux découlent notre taille, notre poids, notre santé. Et surtout, nos capacités à communiquer. A mettre nos pensées en commun.
    Avez-vous eu vent de cette vieille histoire d’imprimerie. Un mec en Allemagne qui a fabriqué une presse capable de dessiner en série des chaines de glyphes sur du papier ? Ce machin a engendré des trucs comme les Lumières. Rien que ça. (Sans parler des sciences modernes, et tout ce bazar).
    Plus vieillot encore : l’écriture. Ce premier acte de libération (n’avez-vous jamais remarqué cette racine commune livre-liberté ?). Radical. Cela à radicalement changé le monde.
    Maintenant, soyez précis et regardez Internet. Vous ne voyez pas ? C’est tellement énorme, tellement subversif. Vous semblez justement bouleversé. Et donc en position défensive face à cet aliénation.

    >Qu’on puisse en lire le code ou pas ne fait une différence que pour peu d’entre nous.

    Au contraire, cela fait toute la différence. Comme le dit justement aKa : « [cela permet de] contrôler la machine et non l’inverse. »
    Il s’agit ensuite d’une histoire de confiance. J’ai plus confiance en mes semblables qu’en des entreprises à vocation de profit financiers. Même si moi-même, je ne sais pas lire le code (ou je ne fais pas l’effort de le faire), je sais que je pourrais le faire s’il m’en prenait l’envie. Et qu’il en est de même pour au bas mot des centaines de milliers de mes semblables.

    >Un logiciel est un outil de production, il est destiné à un travailleur dans le but d’augmenter sa productivité. Voilà ce qu’est l’informatique; une délocalisation du travail dans le cadre du temps libre et de la famille, un abaissement de la barrière qui existait avant entre le moment du travail et le moment du repos. L’informatique est le trojan qu’a inventé le Capitalisme pour faire de tout le monde tout le temps et dés le plus jeune âge un fournisseur de contenus gratuit pour faire tourner une économie basée sur du vent. C’est aussi un puissant vecteur diffusant 24/24, 7/7 l’idéologie dominante.

    Vision restrictive et symptomatique de votre idéologie. (cf. arguments précédents)

    >Penser que la technologie puisse libérer des humains qui étaient plus libres avant qu’aprés l’ère d’internet et de l’informatique familiale, moi j’appelle ça du scientisme, en tous cas, ça correspond bien à la définition.

    Ignorer la technologie, c’est croire que l’homme peut exister sans outil. Nous modelons nos outils, ils nous modèlent. Reste à choisir comment nous voulons les modeler et nous modeler en retour. Mais les nier, rejeter leur contrôle, ignorer leur potentiel est une source puissante d’aliénation. Car ceux qui en prendront le contrôle gagneront le pouvoir. Une vérité simple que de tout temps les hommes censés ont su appréhender.

    >Moi je trouve qu’il se dégage une ligne éditoriale claire au contraire. Ce n’est pas parce que vous publiez toutes sortes de sujets qu’il n’y a pas homogénéité des idées. Je dirais même qu’il y a une idéologie qui se dégage de tout ça, un parti pris sous couvert d’une forme de neutralité. Vous le dîtes plus loin. Selon vous le logiciel libre aurait quelque chose à dire au monde.

    IMHO, il y a évidemment une idéologie sur le framablog. Mais elle ne relève pas du scientisme tel que vous le définissez.
    En revanche, vous me semblez posséder une idéologie très affirmée contre la technologie.

    Bien cordialement,
    Ginko

    @bravo-adamsky : ;D

  10. Kalenx

    @adamsky

    « Selon vous le logiciel libre aurait quelque chose à dire au monde. »

    C’est aussi mon avis. Non seulement d’un point de vue technique (open-source, etc.), mais aussi d’un point de vue philosophique.

    « Le logiciel libre nous libère-t’il du marketing et du discours unique des media de masse? »

    Selon moi, oui, en bonne partie. Il faut dire également que j’inclus dans le « logiciel libre » des domaines connexes, tels que la neutralité des réseaux, la décentralisation des applications, l’ouverture des systèmes, etc.

    « Ces biens de consommations sont fabriqués dans des usines géantes dans des pays où les travailleurs n’ont aucun droits et sont exploités, voire sacrifiés. Le logiciel libre les libère-t’il ? »

    Pas directement, effectivement. Mais si on arrêtait de vouloir le dernier iPhone 4s+max parce qu’il a une fonctionnalité trop cool qui n’est évidemment pas portée sur le iPhone précédent datant de 6 mois (alors que techniquement, rien ne l’empêche), ça aiderait, c’est certain.

    « En bout de chaîne les outils passés de mode ou en panne sont envoyés, […] dans des pays où les gens sont pauvres et exploités et n’ont d’autres choix que de les désosser […]. Le logiciel libre les libère-t’il ? »

    Encore une fois, effectivement, ce n’est pas parce qu’ils utilisent GNU/Linux qu’ils vont éviter le saturnisme… Mais le logiciel libre empêche à toutes fins pratiques l’obsolescence programmée, et augmente considérablement la durée de vie du matériel.

    « Où est la libération promise par le logiciel libre ?
    En quoi le logiciel libre libère-t’il autre chose que du code ? »

    Le logiciel libre, je l’ai dit, est à la fois une philosophie et une méthode technique. Il est une barrière contre les limitations à la liberté d’expression, il est d’une utilité appréciable pour la diffusion du savoir et des connaissances, et il limite l’influence des grandes compagnies en permettant à plusieurs personnes de mettre en commun leurs connaissances pour produire, potentiellement, quelque chose d’exceptionnel.

    Au final, votre commentaire me rappelle un article publié en 2010 sur ce même blog, « Quand le hacker se découvre parasite » (http://www.framablog.org/index.php/…). J’ai beaucoup de difficultés à rester en objectif en lisant ce genre de textes, qui me semblent remplis de sophismes et de contre-vérités.
    Non, le logiciel libre n’apporte pas de solutions concrètes à la faim dans le monde. Non, le logiciel libre n’aurait pas empêché la 1ère guerre mondiale. Non, le logiciel libre n’a pas pour but de transformer la terre en un jardin d’Éden où les enfants gambaderont dans les prés en écrivant du code sous licence GPL. Oui, le logiciel (libre ou non d’ailleurs) est associé au matériel informatique, qui est la cause de désastres humains et écologiques.
    So what?

    Personne (même pas RMS) n’a jamais prétendu que le LL était une réponse universelle aux problèmes du monde. Et maintenant, on ne peut plus vouloir améliorer les choses parce que « ouais mais quand même les gars, le logiciel libre n’arrête pas les ouragans, donc c’est trop nul votre truc »?
    On peut être en accord ou non avec l’explosion technologique que nous vivons depuis 20 ans, tout comme on a pu être en accord ou pas avec les débuts de l’automobile ou de l’aviation, mais de là à accuser le logiciel libre d’être inutile et de se résumer à un scientisme vecteur de l’idéologie dominante, je trouve que c’est aller un peu loin dans le fallacieux…

  11. s4mdf0o1

    Bonjour,
    j’ai pas tout lu… J’aime pas les trolls …
    Et là y’en a un beau !
    Edit: si ça fait double emploi avec le post précédent, de réponse, disons que j’amène à ma manière mon grain de sel =)
    Le Libre est un mode de pensée en soi…
    Ce qui nous fait l’étendre à d’autres applications, voire domaines -la fin de la misère, par exemple- =)
    c’est bien, il me semble la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’on partage mondialement, constructivement, dans la transparence la plus totale !
    Ça c’est juste pour ceux qui n’ont pas encore réalisé, mais qui s’avisent de porter des jugements…
    Comme quoi quand on veut pas comprendre… -_-
    Par contre, l’étendre, disais-je, c’est tout naturel, lorsque cette-dite pensée est correctement assimilée. J’entends par là que démarrer de la GPL, pour aller jusqu’aux Creative Commons, en passant par Wikipedia, pardon, mais à mon tour, j’ai envie de dire : Wikiversity Ah? Pardon on me dit que ça existe… Alors « Revenu de base » !? Ah non, sensiblement il en est déjà question, et ça se propage gentiment…
    Bref… La structure économique hallucinante, qui consiste à affamer l’Afrique pour notre plus grand confort… La « dictature financière » (c’est un bouquin assez vieux…) est bien en marche, depuis longtemps !!! Le seul principe : la base de la pyramide se rétrécie sous la poussée de la gloutonnerie, voilà tout !
    Et voilà t’y pas que le Libre prend de l’essor !!!
    Oui, Monsieur permettez-nous de rêver !
    Et joignez-vous à nous en œuvrant intelligemment !
    Ah, et pour rappel : la violence est inversement proportionnelle à la culture 😉