Le défi du livre libre et gratuit est relevé

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Breaking news…nouvelles cassantes…molto straordinario…Donner und Blitzen…urbi et orbi

Nous vous avions pourtant mis en garde, mais rien n’y a fait  : bien avant la date limite qu’il avait ululée, Pouhiou a récolté les 2200 € qui vont servir à rendre son premier tome du cycle des Noénautes non seulement libre (il est déjà en CC0) mais en plus gratuit  !

Et ça continue… Plus on contribue et plus nombreux seront les livres libérés  !

On attend dans les prochaines heures le témoignage d’une victime collatérale – restez tunés  !

Goofy

je lis des livres et mange des nouilles.

9 Responses

  1. Philémon Labulle

    Si j’ai bien compris, le livre n’a plus de droits d’auteur et peut donc être commercialisé (exploité ?) et modifié (mutilé ?) par n’importe qui sans que l’auteur n’en soit informé, ni rémunéré. Il existe d’autres licences « Creative commons » qui me paraissent plus respectueuses d’un auteur et surtout de son travail, non ? (Lâchez les trolls !)

  2. @Philémon,
    Les choses que tu cites sont déjà permises par les licences libres classiques concernant le logiciel.

  3. Philémon Labulle

    Je suis simplement très étonné qu’un auteur puisse TOTALEMENT abandonner le contrôle sur une œuvre littéraire. Qu’on la laisse libre d’accès et gratuite, je n’y vois aucun problème mais renoncer à tous ses droits… Un roman n’est pas amené à être un wiki (sauf expérimentation littéraire évidemment), c’est une œuvre personnelle, une expression d’un talent, d’un style. C’est ce qui en fait un objet artistique unique et précieux (que l’on peut partager bien sûr).
    Mais ceci n’engage que moi. 🙂

  4. Quentin THEURET

    Philémon, le droit d’auteur reste le droit d’auteur (au moins en France). Et donc la licence CC0 n’enlève pas le droit d’auteur, mais elle donne un maximum de liberté à l’œuvre : http://fr.wikipedia.org/wiki/Licenc

    Ce qui veut dire que l’on peut faire ce que l’on veut de l’œuvre, mais si tu regardes sur la page de la CC0, il est clairement indiqué :
    «Quand vous utilisez ou citez l’œuvre, vous ne devez pas sous-entendre le soutien de l’auteur ou de la personne qui affirme.»

    Mais je ne suis pas juriste ! Le débat reste donc ouvert…

  5. Philémon Labulle

    Cette licence me parait très floue car elle ne peut qu’être sous l’influence de la législation du pays de l’auteur. L’avis d’un légiste serait ici intéressante (y a-t-il un juriste dans la salle ?). Mais au delà de la forme légale, c’est le fond qui m’interpellait. Je trouve cette licence très risquée pour l’intégrité d’une oeuvre littéraire ou artistique. Mais je crois que l’auteur qui l’utilise sait ce qu’il fait… je l’espère du moins.

  6. Justement, c’est un combat entre les personnes qui veulent faire reconnaître l’application de la CC0 et celles qui ne le veulent pas. Law may change.

  7. Oh le beau débat ! Merci !
    Quand j’utilise la CC0, je fais usage de mes droits d’auteur, puisque je les ouvre. Les licences ne s’articulent qu’à l’intérieur de droit national, qui est souverain. De fait toutes les licences libres sont très floues. (ainsi il me semble que la composante morale de la propriété intellectuelle française inclut non seulement le droit à la paternité, mais aussi le droit à l’intégrité de l’oeuvre. Le quasi-équivalent d’une ND ! Si ça c’est pas de l’appel au gros troll des montagnes !)

    Pour te répondre, Philémon, c’est justement abandonner ce contrôle sur mon oeuvre qui a fait de moi un auteur. Se lâcher-prise judiciaire me permet de ne plus regarder l’oeuvre en ce qu’elle dit de moi (un reflet de mo égo ? No way ^^) ou en ce qu’elle m’apporte (ni me rapporte), mais juste en ce qu’elle est : une histoire qui se construit et à laquelle j’essaie de donner mots.

    En me collant à ce roman feuilleton, un épisode par jour, 5 jours/semaine, j’ai très vite eu à observer quotidiennement ce processus d’inspiration. Je me suis rendu compte que c’était une digestion. Mes histoires publiées ne m’appartiennent pas plus qu’un enfant adulte n’appartient à ses parents, ou que le fertile crottin appartient au cheval (de chez findus, of courses.) Comment pourrais-je pisser au quatre coin du roman et dire qu’il m’appartient ? De plus, c’est ton attention qui va donner vie au bouquin. J’écris des mots, et c’est toi qui applique la recette pour créer en toi un décor, des personnages, des dialogues et des sensations. Tu compiles. Tu interprète tout comme tu donnes une forme à un nuage en le regardant… De quel droit irai-je mettre une barrière entre ce paysage imaginaire (qui ne tient qu’à ton attention) et toi ?

    Du coup j’ai lâché mes droits. Exploite. Mutile. Tu en as le droit, et moi aussi (ce crowdfunding est une sorte d’exploitation même si c’est un détournement commercial ^^) Toute attention que tu attireras sur l’oeuvre ne pourra que lui servir (et moi par ricochet). Si un dérivé me plait ou me plait pas, j’ai une gueule et je sais l’ouvrir. Mais je préfère déposer les armes judiciaires, partir sur la confiance plutôt que sur la peur (et je vis pas au monde des bisounours, hein : suffit de lire le bouquin pour comprendre que je crois aux connards) et faire ce voeu de non-violence légale sont parle Nina Paley.

    D’ailleurs, je suis en train d’écrire tout cela dans les addenda qu’on retrouvera à la fin de chaque chapitre de #MonOrchide. Parce que non seulement y’a de la fiction, mais en plus y’a du documentaire-making-of avec. L’idée c’est que c’est pas de l’abandon. C’est du lâcher prise. Le lacher prise m’est -ô combien- source de création.

    Ou en tous cas d’une belle discussion comme celle là !
    (PS : à suivre biental sur le framablog ;))

  8. Philémon Labulle

    Je comprends vos arguments. J’ai commencé à lire votre oeuvre (« les néonautes ») : je fréquente le forum du Team Alexandriz 😉 J’aime beaucoup mais, voyez-vous, je respecte votre oeuvre, je ne permettrais pas d’y toucher parce que toute la richesse de ce texte c’est vous qui l’avez créée pas moi. Je considère que le roman vous appartient, mon imaginaire va l’utiliser comme terreau mais c’est avant tout grâce à vous que je peux me plonger dans cette histoire, lui donner de la chair. C’est en cela qu’un livre m’intéresse : au-delà du plaisir de lire un histoire bien écrite, il y a la découverte de celui qui « parle » caché derrière le paravent des mots. Imaginons que quelqu’un modifie votre texte sans le dire, n’y a-t-il pas un risque de perdre l’intérêt du roman, d’avoir des « distorsions » du style, une disparité qui détruirait l’unicité de l’ensemble, de tout ce qui fait sa particularité ? Néanmoins l’expérience est intéressante et je reconnais que vous avez du courage de la tenter. 🙂 Personnellement, je publie les textes de mes 2 blogs en ebook et sous licence Creative Commons mais sans autorisation de modification… mais peut-être qu’un jour, moi aussi, je serai tenté par l’échangisme textuel. 😉

  9. Philémon Labulle

    Oups ! Je voulais dire les « Noénautes »… #fuckingkeyboard