Un jeune libriste part à l’asso des mauvaises habitudes

Temps de lecture 27 min

image_pdfimage_print

Neil vient de finir un stage d’étudiant au terme duquel il a réussi à faire adopter des outils libres à une association. Il livre ici le récit de ses tribulations, c’est amusant et édifiant…

On aimerait bien qu’il y en ait beaucoup comme lui pour s’engager de façon aussi déterminée et efficace. Nous espérons entamer une série d’interviews de libristes qui comme lui sont particulièrement impliqué⋅e⋅s dans la diffusion des valeurs et des pratiques libristes.

avatar de Neil, un pigeon sur la tête
Avatar de Neil, image d’après Tunaniverse

Bonjour à tous,

N’ayant encore qu’assez peu d’expérience dans le domaine du libre et s’agissant de mon premier article sur Internet, je sollicite votre bienveillance et vous invite à me signaler toute éventuelle erreur ou mauvais usage des termes dans cet article.

Contexte

Les études

Avant de commencer, un peu de background. J’ai 20 ans et je suis en première année de BTS SIO (branche SLAM), formation post-bac orientée sur l’informatique de gestion et le développement d’applications.

Au bout d’un mois dans cette filière, j’ai senti qu’elle n’était pas pour moi en constatant notamment un retard assez grave dans les notions du référentiel. Mais pour des raisons financières (bourses, appartement, etc.) j’ai dû finir mon année, ce qui implique l’obligation de trouver un stage d’un mois en juin.

Le choix de l’association

J’ai donc choisi une association que je vais appeler Ciné-Asso, qui propose des tarifs réduits pour des séances au cinéma pour les établissements scolaires et ses adhérents. Ses responsables disaient avoir besoin de retravailler leur système d’information.

C’était pour moi une chance que de pouvoir mettre mes connaissances à disposition d’une association, ce qui m’attirait bien plus que les stages choisis par mes camarades de classe (stage en banque, en dépannage/réparation informatique, au supermarché, en startup French Tech qui développe sous WinDev1. Choix judicieux que de choisir un stage WinDev en BTS SIO : WinDev fait partie des logiciels étudiés et utilisés tout comme WordPress, Microsoft Visio, Win’Design, PC Wizard 2015 et plein d’autres. (Vous comprenez pourquoi je n’aime pas cette filière ?)

Et je préférais travailler pour une asso en rapport avec l’art et la culture. Le choix était donc déjà fait.

Un peu de technique

En ce qui concerne les outils utilisés, mon ordinateur tourne sous Debian Buster (prerelease) depuis Janvier 2018. Je code exclusivement sous Vim, mon éditeur préféré. Pour le développement web, j’utilise Apache et MariaDB côté serveur (en local, donc sur mon propre poste). J’utilise souvent MySQL Workbench (la version sous licence GPL par Oracle) pour éditer la BDD, sinon en CLI. Je travaille tout le temps avec draw.io (licence Apache), un logiciel vraiment pratique pour réaliser des schémas en tous genres, des cartes mentales aux modèles relationnels. Je m’estime par ailleurs libriste et refuse, lorsque la situation le permet, de travailler avec des logiciels propriétaires. Vous allez voir que défendre ses valeurs n’est pas facile…

Tâches assignées

Principalement deux tâches me seront confiées durant ce stage d’un mois :

  • Retravailler le site web de Ciné-Asso Leur site web tournait sous une très ancienne version de Joomla ! et franchement, ce n’était pas beau à voir. Bref, un site des années 2006. Ma mission sera de développer un site vitrine pour le remplacer, avec une gestion d’évènements planifiés (de séances de films, en l’occurrence) pour l’association. Cela inclut évidemment la formation des bénévoles à l’outil ;
  • Retravailler la base de données, reconstruire la base de données utilisée pour enregistrer les adhérents et les donateurs de l’asso. La base de données actuelle a été créée il y a 10 ans sous Access 2003 (si ce n’est 98…) et elle est encore utilisée jusqu’à présent. La base n’est pas relationnelle alors qu’elle devrait l’être. Résultat : 35 champs dans une table avec les adhérents et donateurs mélangés, des doublons, des couples sur un seul enregistrement et de sérieuses limites. Je vais donc devoir créer une nouvelle base, migrer toutes les données et former les bénévoles.

Le tout, donc, en un mois, avec la contrainte personnelle de n’utiliser que des logiciels libres.

capture de la liste des entrées de la base de données ancienne
La base d’adhérents au départ…

Présentation de Ciné-Asso

Je vais donc vous présenter brièvement l’équipe de Ciné-Asso. De faux noms leur seront attribués afin de préserver leur anonymat.

M. Touron est le président de l’association. Un esprit juste et logique.

Mme Nougat est la trésorière et celle que je dois convaincre. Elle est très réticente à l’intégration de mon travail au sein de l’asso. Elle sera aussi l’une des principales utilisatrices du logiciel de gestion de base de données. J’ai donc intérêt à faire du bon travail afin de satisfaire ses attentes.

M. Réglisse s’occupe de la communication auprès des adhérents. Il utilise tout le temps l’outil informatique dans son travail, pas toujours comme il le faudrait.

Mme Caramel est une jeune bénévole qui soutient mes idées. Elle s’occupe principalement du site web.

M. Calisson est un bénévole octogénaire et maintient la base de données Access. C’est un autodidacte de l’informatique. Il racontait fièrement qu’il avait programmé en COBOL pour le gouvernement à une époque désormais révolue.

M. Prunelle est un prestataire de services extérieur à l’association et jouera un rôle crucial.

Une réunion est organisée entre deux ou trois bénévoles et moi deux fois par semaine afin de présenter l’avancée de mon travail et de m’ajuster à la demande. En dehors des réunions, je travaille en autonomie.

Un détail important à relever : aucun membre de Ciné-Asso n’est assez compétent en informatique pour s’occuper du côté technique du site après mon départ.

Le site web

J’ai consacré les 15 premiers jours à la réalisation du site web. Et parmi tous les CMS possibles, j’ai choisi… Allez, devinez… WordPress.
Vous avez le droit de jeter vos tomates pourries ; mais je n’avais aucune expérience, ni avec Drupal, ni avec Joomla ! et je n’avais clairement pas le temps de tester les solutions (rappelons que j’ai seulement 15 jours pour finaliser le site, formations incluses). De plus, je connaissais déjà bien WordPress pour l’avoir utilisé par le passé. Et croyez-moi, j’ai regretté de ne pas avoir été assez curieux, car ces 15 jours mêlèrent ennuis et souffrance.

Le décor

On commence par le design. J’ai choisi la version gratuite d’un thème qui leur plaisait bien. Je leur conçois une jolie bannière d’en-tête (avec GIMP, bien évidemment). Au final, j’ai dû la refaire 16 fois dans une réunion de 4 heures pour satisfaire aux demandes de M. Touron, président. Mais passons. J’ai dû bidouiller le CSS afin de convenir à leurs attentes, au risque de tout casser à la prochaine mise à jour. En guise de solution, je leur ai demandé de tout mettre à jour, sauf le thème.
C’est sale, ça contourne le problème, mais je ne vois pas d’autre option dans le temps imparti ; de plus, les thèmes souffrent rarement d’une faille de sécurité. J’ai donc jugé le pari suffisamment sûr.
Travailler sur WordPress n’est pas jouissif. Ça me servira de leçon pour mes stages futurs.

Les plugins

Je choisis le plugin WP Theater pour programmer les séances de cinéma.
Évidemment, les fonctions les plus intéressantes sont payantes. Je me contente des fonctions de base et réussis à convenir à leurs demandes. M. Touron m’a proposé d’acheter la version payante du plugin, mais j’ai insisté en disant que n’était pas nécessaire et que pour le prix de la fonctionnalité, ça relevait plutôt de l’escroquerie.

Les deux semaines s’écoulèrent (trop) paisiblement avec quelques ajustements par-ci par-là. La formation fut terminée en une après-midi. L’intéressée, Mme Caramel, appréciait l’interface conviviale du logiciel.

Choses vues

En un mois, j’ai appris à connaître les membres de l’association : leur personnalité, leur empathie et surtout, leur usage de l’outil informatique. J’ai tout de même quelques anecdotes qui font peur.

M. Réglisse et Micro$oft Office

J’apprends que l’un des membres de l’association, M. Réglisse, utilise MS Office 2003 pour travailler sur les documents de l’asso. Malheureusement, ce logiciel de Micro$oft n’arrive plus à exporter en PDF sur son poste, pour une raison inconnue (tout autant à lui qu’à moi). Sans compter que Office 2003 ne lit pas les nouveaux formats MS Office (depuis 2007 : xlsx, docx, etc.) ni les formats libres (odt…). Et ainsi, à chaque fois que M. Réglisse souhaite lire ou éditer un fichier incompatible, il envoie ce fichier par mail à sa collègue qui le convertit en PDF (à l’aide d’Apache OpenOffice) et qui lui renvoie par mail, et ce depuis longtemps.
Il fallait quand même que je me retienne de sourire en écoutant ça.
On me demande conseil.
En bon libriste, j’explique que le logiciel est trop vieux et qu’il faut passer à LibreOffice gratuitement ou acheter le pack Office tous les 3 ans, en insistant bien sur la première option.
« Oui, mais j’ai déjà essayé, ça marche pas, y’a des bugs et c’est pas toujours compatible… » Finalement, j’ai réussi à le convaincre. Ça a changé un peu la mise en forme de ses fichiers et il ne s’est pas gêné de me faire remarquer qu’un pixel dépassait par-ci par-là, mais il devrait s’en satisfaire pour le moment.

Vive le libre !

M. Réglisse et le mailing

Dans les aventures de M. Réglisse, j’ai aussi celle où il souhaite envoyer une newsletter à tous les adhérents de l’association. Il ouvre sa base Access 2003, et demande au logiciel de lui donner tous les mails des membres de l’asso. Il ouvre Thunderbird en parallèle, crée un nouveau groupe… et ajoute tous les mails en les réécrivant un par un à la main ! On m’explique que c’était parce que certains mails peuvent avoir été entrés dans la base de données avec des erreurs (une virgule au lieu d’un point, par exemple…) et que copier coller pose alors des problèmes… Car la base de données ne détecte pas les erreurs de saisie…

Je promets à M. Réglisse que le mailing sera beaucoup plus facile avec ma solution.

La réunion à mi-chemin

Les réunions furent assez régulières avec moi au sein de l’asso, mais celle-ci fut de très loin la plus importante. Je rencontre M. Prunelle, expert en informatique, retraité. Il s’agit d’un prestataire de services extérieur à l’association, contacté par Mme Nougat dans l’idée de contrôler mon travail et de m’aiguiller. Pour la première fois, M. Calisson, mainteneur de la base de données, est présent. M. Prunelle commence donc par parler de son parcours ; il a fondé une entreprise d’informatique pendant sa jeunesse et a déjà programmé en COBOL et en assembleur, raconte-t-il avec nostalgie.

M. Prunelle joue un rôle crucial : il s’engage à maintenir mon travail à mon départ en tant que bénévole si le projet correspond à ses attentes. Il s’agit donc d’une personne avec laquelle je devrais collaborer.

Les deux premières heures

On parle beaucoup du site web. Je l’ai présenté, il était déjà globalement fini, prêt à être basculé en production. M. Prunelle approuve mon choix du CMS WordPress et raconte qu’il a de l’expérience avec. On discute des quelques bidouillages sur le CSS (peu nombreux mais hélas impératifs conformément aux demandes).
Mon code étant commenté et mes modifications légères et peu nombreuses, il les approuve et se propose même de les maintenir si ça casse après une mise à jour. Super, ça m’arrache une épine du pied !

Les deux dernières heures

J’aborde le sujet de la base de données. Il faut savoir que la trésorière, Mme Nougat, s’oppose assez fortement au fait que je travaille sur la BDD. Elle souhaite que je me consacre pleinement au site et veut plutôt confier la base à un intervenant extérieur aux frais de l’association. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a fait appel à M. Prunelle…

J’explique mon projet. Un intranet maison, développé from scratch, une BDD relationnelle. Le tout fait à la main. J’avais déjà préparé un schéma relationnel que je lui montre.

« Ta base m’a l’air bien, relationnelle, tout bien comme il faut, c’est du bon travail. Par contre, je ne suis pas trop d’accord avec ta solution pour l’hébergement de la base de données, Maria DB… Je connais de nom mais ce n’est pas très utilisé dans le domaine professionnel… »

Il sort son cahier. Puis son stylo. Je le remarque alors… Un stylo rose fluo, avec le fameux logo de WINDEV dessus. Gulp. Je sais ce qui m’attend.

M. Prunelle me demande alors d’aller voir sur une page cachée d’un site web sur lequel il avait récemment travaillé. Il m’épelle l’adresse, quelque chose du genre « xalex-xpert.com/xalex_expert ».
S’affiche alors une vieille interface de connexion sans TLS, et je reconnais rapidement WEBDEV, de la même boîte. Je fais la moue. J’explique alors que je ne souhaite travailler qu’avec des logiciels libres, par éthique. Un sourire en coin s’affiche sur le visage de M. Prunelle :

« Ha ha ha, moi aussi, quand j’avais ton âge, j’étais un rebelle et je votais à gauche ! Mais aujourd’hui sur le marché du travail, dans un contexte professionnel de l’industrie informatique, jamais je ne me permettrais de présenter une verrue de Linux chez un client ! »

Hein ? L’industrie professionnelle de l’informatique ? Le marché du travail ? Qui a parlé de Linux ? Une verrue ?
La rébellion gauchiste ? Ce n’est pas un #MercrediFiction ni une exagération. C’est mot pour mot ce qu’il m’a dit. Je suis resté bouche bée pendant quelques secondes avant de passer à l’offensive en défendant mes arguments.

Et là, tout de suite, la grosse condescendance. En puissance. Limite, s’il m’avait versé un coulis de caca sur la tête, ça aurait été plus respectueux.

« Non mais de toute façon voilà, c’est comme ça qu’on débute, on fait tous des erreurs, on progresse ensuite, moi j’en ai vu, c’est pas le premier, je sais comment ça se passe »

Et alors évidemment Mme Nougat s’incruste et en rajoute une couche…

« Moi je pense qu’on a la chance d’avoir un professionnel parmi nous, M. Prunelle sait ce qu’il faut faire. Quand on est jeune, on ne connaît pas le marché du travail, on ne sait pas comment bien faire les choses pour répondre aux demandes du client, c’est normal »

(Allez-y, pissez-moi dessus encore, j’aime ça.) Mais avant que je ne me fasse totalement recaler, M. Touron et Mme Caramel interviennent au moment opportun et insistent pour me laisser une chance. Ouf, c’est sauvé. Par contre, du coup, inutile de compter sur lui pour maintenir ma « verrue de Linux ». Plus qu’à me débrouiller tout seul.

Résultat, les deux solutions seront proposées au conseil d’administration et c’est le conseil qui tranchera. J’ai intérêt à bien faire le boulot.

La veille technologique, ou comment j’ai changé d’avis

Ok, j’ai donc 15 jours pour réaliser une solution convaincante à partir de rien, migrer la solution actuelle vers la mienne et enfin former les nouveaux utilisateurs… Bon, j’ai des bouts de code de prêts pour ça, je suis assez expérimenté en PHP pour me débrouiller comme un grand. Mais 15 jours…

État des lieux

Tout d’abord, le lendemain de la réunion, M. Calisson (mainteneur octogénaire de la BDD) s’est présenté à moi. Il a fait l’effort de se déplacer dans les locaux pour me proposer personnellement son aide.
Face à une telle bienveillance, je ne pouvais refuser. Il m’a donné une documentation utilisateur d’une vingtaine de pages (datant de quelques années), très détaillée, qui m’a beaucoup appris. Il a ensuite pris le temps de m’expliquer chaque détail flou de la base actuelle et décrit les attentes particulières de Mme Nougat, qui attend d’être convaincue par ma solution.

Il n’était pas obligé de faire tout ça et je lui en suis grandement reconnaissant. Avant de le rencontrer, je pensais que ça allait être un esprit conservateur qui considère que sa solution (une table, 35 champs, rappelons-le) est la meilleure de toutes… et je me suis bien trompé. Comme quoi, le code ne fait pas le développeur…

À l’aide, Mastodon !

Dans le doute, je fais appel au réseau des réseaux. Et dans la panade, je fais appel au Fediverse.

Appel à l’aide sur Mastodon…Voyez tous les conseils reçus suite à ma demande !

 

Amis, camarades, connaissances, merci à vous. Vous avez été d’un précieux soutien dans cette situation difficile, vous m’avez aiguillé quand M. Prunelle m’avait lâché. Je savais que je pouvais compter sur vous ! Et j’ai attentivement écouté vos conseils.

Alors que choisir ?

Je peux dire beaucoup de mal (à tort et à raison) de mes professeurs de BTS SIO, mais c’est l’un d’eux qui m’a conseillé Galette en premier (en l’occurrence, ce professeur revendique des valeurs libristes mais enseigne WinDev et Win’Design aux élèves, ironiquement. Il enseigne Merise aussi, en 2018. Mais passons !)

Galette est un CMS libre de gestion d’adhérents pour les associations, inscrit sur Framalibre, l’annuaire contributif où j’aurais dû chercher en premier. Le logiciel a été créé en 2004 et est toujours maintenu à l’heure actuelle via des mises à jour régulières. Il est utilisé par des dizaines d’associations et reste un choix à considérer pour un déploiement rapide et efficace.

La Fediverse m’ayant conseillé (entre autres) Galette, j’ai décidé de m’y intéresser de plus près. Je connaissais déjà Galette (de nom seulement) avant que mon professeur m’en parle, mais tout écrire de soi-même avait l’air tellement plus amusant…

Et la solution avait l’air vraiment sympa. Il m’a fallu quelques jours pour m’assurer qu’elle collait bien au cahier des charges de Mme Nougat, mais tout avait l’air d’aller comme il faut. Et comme je n’ai plus le temps, il vaut mieux choisir cette option plutôt que de partir de zéro et rendre un travail insatisfaisant ou incomplet.

Partons donc pour Galette !

Galette

Abordons un peu l’aspect technique. La formation WordPress et quelques autres tâches ayant un peu débordé sur le planning, il me reste 10 jours pour déployer la solution et former les utilisateurs.

Le cahier des charges

Je rencontre un problème. Le cahier des charges n’est pas respecté sur un point : les statistiques. L’asso a besoin de stats assez précises pour la comptabilité et Galette ne fournit que deux ou trois pauvres camemberts. Galette tournant sous PHP, je prends la décision d’écrire un plugin.

Le plugin

C’est ce qui va prendre le plus de temps. Je travaille dans un environnement avec lequel je ne suis pas familier du tout, même si c’est du PHP, car je n’ai jamais touché à des frameworks PHP ni utilisé une API conçue pour des plugins. Ma première rencontre avec Zend Framework se passe… mal. Très mal, au point où j’interroge directement la base de données avec des requêtes en dur pour faire le boulot.
J’aurais aimé apprendre comment m’en servir, mais « je n’ai pas le temps ». Bon, j’ai moins d’excuses pour le switch à 90 cases avec des requêtes SQL et les 80 lignes de HTML dans un string… Mais chut…

Blague à part, je commence à être vraiment à la bourre. Plus que quelques jours de stage déjà, et c’est fini. Je me débrouille comme je peux pour coder quelque chose qui fonctionne. Qui a parlé de maintenabilité ?
Le prochain qui passera derrière moi sera probablement un stagiaire de BTS SIO, ça lui fera les pieds :) (Il va me retrouver et me tuer pour avoir écrit ça, et je ferai moins le malin quand je tomberai sur un cas similaire. Bon au moins, j’ai mis plein de commentaires)

La demande de dernière minute

J’ai présenté le plugin de stats à Mme Nougat et il a fallu s’adapter à une demande de dernière minute. Totalement justifiée cela dit, ça faciliterait grandement la comptabilité. Il s’agit encore de stats.
J’applique des quickfixes sur le code dégueulasse que j’ai pondu juste avant. Il me reste trois jours. (Comment ça, ce n’est pas une excuse ? Au moins ça fonctionne !)

Bon allez, on plie ça vite fait et on passe à l’importation, qui n’est même pas commencée !

Préparation pour la migration

Un peu plus de technique.
La base de données est sous forme de fichier. MDB (Access), format propriétaire. Elle pèse 8.5 Mo. J’ai des frissons dans le dos. J’utilise le paquet mdb-tools pour convertir la structure et les données en requêtes SQL et je crée une nouvelle DB en local (MariaDB) et j’importe le tout.
Vive le libre.

Voilà la table à 35 champs… Ma première tâche va être de séparer les entrées des couples (M. et Mme) qui ont été enregistrés en une seule entrée.
Sur le coup, LibreOffice Calc est mon ami. J’importe tous les enregistrements où Sexe=« M. et Mme » et je les sépare à coups de Chercher/Remplacer. Une fois le boulot fini, j’importe tous les autres adhérents enregistrés dans la base jusque là sur le tableur, c’est plus facile que sur Workbench. Et nous y voilà, un total de 1275 lignes.

La grande migration

Allez, c’est parti. Je saisis 1275 adhérents à la main, depuis l’interface de Galette.

Bien sûr que non. Vous croyez vraiment que j’allais faire ça manuellement ?
Je me remémore ce que disait l’un de mes professeurs de BTS SIO :

« Un développeur, c’est un branleur. Une quiche molle. Alors à un m’eng donné, il faut savoir optimiser son traitemeng ou on va se retrouver avec une KYRIELLE de travail à faire. »

Il reste 2 jours. Comptant un jour de formation et d’installation du logiciel, j’ai 24 heures pour réaliser la migration. Admettons que je prenne trois minutes par entrée (adhérent + contribution). (1275 x 3) / 60= 63h45 de travail. C’est hors limites !

La seule solution est donc d’automatiser le tout. Mais il ne s’agit pas d’un simple INSERT INTO dans une table, hélas. Galette utilise un système de champs dynamiques qui permet d’avoir des champs personnalisés par l’association. Il les gère d’ailleurs assez mal : lorsqu’on supprime un adhérent ou une contribution, les champs dynamiques associés ne se suppriment pas avec. Encore un bug à signaler, tiens. Mais passons.

Formatage des données

Je commence par ajouter un adhérent et une cotisation annuelle pour ce dernier et j’identifie dans la BDD les tables mises à jour. Il y en a trois : galette_adherents, galette_cotisations et galette_dynamic_fields.

Ensuite, ça reste quand même assez trivial. J’identifie à quoi correspondent les champs dans les tables et je prépare mes inputs selon mes besoins. Je n’oublie pas de m’adapter au logiciel. Exemple, Galette interdit les adresses mail dupliquées dans la BDD. Je supprime tous les duplicatas depuis LibreOffice avant de commencer quoi que ce soit. Puis vient le plus
pénible. Le formatage des inputs. LibreOffice est pratique pour ça, mais je préfère tellement Vim qui s’avère bien plus efficace quand on a l’habitude du logiciel.

Vérification des données

Je vérifie encore mes inputs. Les erreurs les plus courantes :
– Doubles espaces (un coup de regex et c’est fini)
– Accents dans les adresses mail
– Virgules à la place de points un peu partout
– Formatage pas toujours standardisé du numéro de téléphone… J’étale le champ adresse, unique jusque là, sur deux lignes. C’est long et pénible, un bon travail de stagiaire. Par superstition, j’enlève les guillemets placés inutilement dans les adresses physiques.
– Au passage, je découvre des adresses Yahoo, AOL, Cegetel, Alice, Wanadoo, Neuf et même quelques .gouv.*.
Ça fait un peu peur.

– Le champ galette_adherents.login_adh contient des caractères aléatoires servant d’identifiant pour l’adhérent. L’asso n’utilise pas cette fonctionnalité, mais pour ne pas contrarier Galette, je vais insérer des caractères aléatoires dedans : SUBSTRING(MD5(RAND()) FROM 1 FOR 15)
Ce n’est pas censé être un identifiant hexadécimal, mais ce n’est pas grave.

Enfin, je prends soin de distinguer les champs vides des champs NULL. On peut maudire SQL pour ça, je suppose.

Je termine la migration le 28 juin au soir, soit 24 heures avant la fin du stage. La journée de demain commencera à 09h00.

Déploiement de la solution

Ah oui, à ne pas oublier. Avant de former les utilisateurs, il faut d’abord déployer Galette sur leur réseau (en intranet). Je choisis l’utilisation de XAMPP sur l’un de leurs postes Windows.
Je configure le serveur DHCP de leur box pour que l’IP du poste en question soit fixe. Ma méthode est probablement discutable mais je ne vois pas d’autre option possible, surtout qu’héberger Galette sur le “cloud” ne leur aurait pas servi car ils ne travaillent sur la BDD qu’en local. Enfin, je déploie Galette, j’exporte la BDD depuis mon poste et je l’importe sur le leur. Je transfère aussi les fichiers de mon plugin. Évidemment, l’opération ne s’est pas déroulée sans accroc – surtout sur des postes Windows. J’ai perdu une à deux heures dans la migration.

L’imprévu fatidique

En formant l’une des deux bénévoles, on s’aperçoit ensemble que de nombreuses données de l’ancienne base sont erronées depuis quelques mois (suite à une maintenance de M. Calisson) et que ces erreurs ont été (évidemment) reportées sur la nouvelle base. Nous arrivons à une conclusion terrifiante : il faut repasser manuellement derrière chacune des 1275 adhésions à partir des bordereaux d’adhésion, conservés par précaution. Cette opération nous a coûté 4 à 5 heures. La bénévole a eu la gentillesse de m’apporter une pizza pour que je puisse finir mon travail d’esclave le plus vite possible sans sortir du bureau.

fig.1 Travailler en équipe pour résoudre un problème. La théorie.
fig.2 Travailler en équipe pour résoudre un problème. La réalité.

La formation

Vous imaginez qu’il ne me reste plus beaucoup de temps pour former les utilisateurs. La première bénévole était assez familière avec l’informatique, mais la deuxième ne l’était pas du tout – au contraire, elle détestait l’informatique. J’ai dû abréger beaucoup de points que je préciserai dans une documentation utilisateur à rédiger après mon départ. Ce fut très laborieux, mais l’essentiel a été vu. Il est 18h00, mon stage se termine et ma mission avec. Je remercie M. Touron qui m’offre une gratification de stage de 150 euros.

Le suivi

Le libre, c’est bien, mais quand il est encadré et suivi, c’est mieux. Le site web de l’association est hébergé par la Ligue de l’Enseignement, ce qui leur permet de profiter de tarifs très préférentiels. J’ai pu rencontrer l’un de leurs membres avec M. Touron dans le cadre de la migration du site de Joomla ! vers WordPress.
Ce monsieur, aux antipodes de M. Prunelle, était clairement fâché de mon choix de WordPress, en disant que les webmasters oublient souvent de mettre à jour le CMS et qu’il est généralement considéré comme une usine à gaz trouée par des failles de sécurité. Je ne peux qu’être d’accord avec lui sur ces points-là, malheureusement.
M. Touron aborde finalement la question de la gestion de la base de données (Galette, donc) et ce monsieur semble non seulement connaître le CMS, mais exprime sa satisfaction quant au choix d’un logiciel libre. Quand je lui ai dit que ce choix était par éthique, nous sommes rapidement partis dans une discussion libriste mentionnant La Quadrature du Net, l’April, Framasoft, les RMLL 2018 qui approchent à grands pas…

C’était ma première discussion avec un libriste dans la vraie vie et elle ne pouvait pas tomber à un meilleur timing. La personne idéale pour reprendre le projet était déjà trouvée, je peux dormir sur mes deux oreilles !

Ressenti personnel

Cet article est déjà beaucoup trop long, mais je tiens à exprimer mon ressenti sur ce stage. La rencontre avec M. Prunelle fut très parlante pour moi : j’ai réalisé à quel point les esprits peuvent être conservateurs dans le domaine de l’informatique.

Être libriste, c’est avant tout avoir des convictions que l’on défend au quotidien. Je ne m’attendais pas à entrer en conflit d’éthique avec qui que ce soit pendant ce stage, tout comme je ne m’attendais pas à rencontrer des personnes défendant les mêmes valeurs que moi. C’est aussi inciter les utilisateurs moins familiers vis-à-vis de l’outil informatique à découvrir les outils libres, faire face à leurs réticences dues à la peur de l’inconnu, à leur habitude d’utiliser des outils propriétaires et parfois, à leur manque de confiance en votre personne au prétexte de votre jeune âge et de votre supposé manque d’expérience.

Ce stage fut un véritable combat au nom de l’éthique et de mes propres convictions, mais il fut aussi porteur d’espoir : les libristes sont plus nombreux que je ne le pensais, et mon déplacement à mon tout premier meeting (les RMLL 2018) va probablement m’aider à mieux connaître (et sympathiser !) avec les différentes communautés et me permettre de définir plus précisément mon parcours professionnel en vue, dans l’idéal, d’un métier dans ce domaine.

Vive le libre !

@Neil@shelter.moe

  1. WinDev est un environnement de développement propriétaire et payant développé par la startup française PC SOFT. De nombreuses ESN françaises développent sous WinDev
Suivre framasoft:

Réseau d'éducation populaire au Libre. Nous souhaitons faire le trait d'union entre le monde du Libre (logiciel, culturel, matériel, etc...) et le grand public par le biais d'une galaxie de projets à découvrir sur framasoft.org

15 Responses

  1. Roka

    J’ai commencé la lecture de cet article, en me disant « Houla ça va être bien technique je vais rien comprendre » et je finis conquis. Alors certes j’ai pas tout compris à ce que tu as fait mais l’esprit du job est vraiment bien retranscrit et rend l’article captivant. Bravo pour ce job et j’ai hâte de lire la suite de tes aventures ici où sur mastodon !

  2. Frédéric Urbain

    Goofy, le cachottier, a géré la pré-publication de cet article. Je le découvre donc dans sa version définitive, et je ne peux que te féliciter. 🙂

  3. Jacques

    C’est top comme témoignage et encourageant. La condescendance que l’auteur a subie est atroce tout en étant courante. Il ne faut pas se laisser démonter. La sacro-sainte expérience n’est pas toujours une réalité avancée par ceux qui font un procès en jeunesse et si elle s’avère parfois pertinente, cela ne les dispense pas d’écouter ce que des jeunes ont à dire ! Il me semble que les nouvelles idées ont plus de chances d’émerger de ce côté-là que d’esprits rigides et sclérosés, verrouillés par 20 ou 30 de pratiques.

  4. Youri

    Bien joué. C’est difficile de faire ses débuts, car l’argument de l’expérience (c’est beau la jeunesse, tu dois encore apprendre) t’attends toujours au tournant. La solution? Bosser, maintenir un haut niveau de compétences… et vieillir de quelques années.

    Quand tu seras vieux comme moi, ce sera à ton tour d’être bienveillant face à un jeune. Tu verras aussi qu’il y a 36 façons de faire. Par exemple, j’adore le logiciel libre. Réalité : je bosse sur Mac et développe pour l’instant sur iPad, pcq la finalité de ce que je fais me plais. Rester souple, même face à DB2 ou Access 2003.

    Ah oui, et surtout, éviter les pièges des délais infernaux qui ne peuvent être tenus qu’au prix d’une dette technique abominable et d’une honte du code que tu écris =)

  5. Jenn

    Bonjour :p

    Neil, je n’ai pas trouvé ton post trop long, bien au contraire :p
    (Oui, je me permets de te tutoyer, j’ai tendance à tutoyer toute personne que je respecte et dont je me sens proche, car ce que tu racontes « me parle »).

    Et les dessins qui l’illustrent sont juste géniaux :p

    D’où je parle :
    J’ai 50 ans environ (moins technique que toi en 2018) et un certain nombre de fois, je me suis retrouvée dans la position « technique » et libriste :
    – au sein d’associations (non ou mal structurées, j’y reviendrai plus tard car c’est important)
    – au taf (je travaille depuis des années dans l’IT, à divers postes)…

    Etant une femme, je connais bien le soucis de la condescendance dont parles Jacques :p
    Elle peux prendre diverses formes (agiste, raciste, sexiste, de classe sociale, anti-moche, …) et souvent ces diverses formes se cumulent 🙂
    J’ajoute que j’ai longtemps été une musicienne – et le machisme et divers aprioris du milieu « zicos des années 80/90 » équivaut amplement celui des équipes IT au boulot ; très pratique pour comparer :p
    Enfin, il faudrait bien des articles au sujet des jeux… il faudrait que je m’y atèle un de ces 4 :p

    Par ailleurs, professionnellement, j’ai travaillé dans une grande entreprise, où mon supérieur hiérarchique se perdait dans des manipulations manuelles répétitives, faisant un nombre incroyables d’heures… et qui me disait que JE devais prendre du recul et du repos :p

    — Pour ajouter au propos de Jacques (dans le commentaire à https://frama.link/frama-stage-062018, qui m’a bien plu aussi).

    La condescendance est fréquente dans les milieux du pouvoir – et le secteur IT en est un, et un gros (dans les banques, l’armée…).

    De plus, avec l’avancée rapide des technos :
    1. on est vite largué techniquement (coté castrateur), d’où peur du chômage, + la peur des 35 ans (où on doit quitter le secteur si on n’a pas « grimpé » – ie si on n’a pas évolué dans l’organigramme hiérarchique – pas technique),
    2. la peur des délais et l’effet des nouvelles techniques GRH…

    font que, souvent, face à des utilisateurs lambda, habitués à avoir « tout, tout de suite » (= pour qui « t’appuie sur un bouton et c’est fait », qui ne savent pas ce que c’est que de mettre à jour un CMS… typiquement, une asso) rend la chose difficile :p
    Et au boulot, c’est pas forcément mieux :p
    J’admire ta rigueur (les commentaires dans le code) et ton humour (qui sera ta meilleur arme).

    Oui, ce n’est pas facile de tenter de structurer un truc qui ne l’est pas (ou pas/mal définit).

    — Dans le désordre :
    * Mon cursus universitaire est bien loin… En quoi évoquer MERISE est gênant ? cf « Il enseigne Merise aussi, en 2018. Mais passons !) »
    Est-ce au programme ? (j’ai aussi été formatrice, je sais à quel point « un programme » peux être contraignant pour l’enseignant).

    * A mon avis (qui vaut ce qu’il vaut) :
    1. symboliquement, l’humain « de base » est castré, car il ne comprend rien aux enjeux actuels, qu’ils soient :
    techniques (randsom/malware, failles intel…),
    économiques (système financier mondial et pb écologiques, guerres et migrations massive d’humains…)
    ou sociaux (libertés individuelles, propriété privée/soucis OMC ADPIC…) etc…
    – et GAFA est dans les 3.

    En d’autres termes : les algorithmes (mis en place par une « certaine classe » sociale) déterminent la notion de valeur (de plus en plus abstraite, voir par ex Baudrillard), Le $ et le Yan remplacent les religions, 4 ou 5 grosses entreprises dictent les lois aux « démocraties », tous les hommes deviennent des femmes :p

    2. La vie n’est pas binaire. La pensée unique conduit la planète à une impasse.

    3. « … la principale source de pouvoir pour un acteur organisationnel est la conservation et le maintien de son interprétation, donc, de son organisation. »
    cf https://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_(sociologie)

    Or, sans compréhension (savoir), pas de pouvoir – et comme les 2 sont liés, on n’est pas sorti du conflit de « l’œuf ou de la poule »… et de rester les bras croisés :p

    * Pour finir (moi aussi je pensais faire court… je trouve mon galimatías bien trop long), une ressource utile à tous ceux qui sont bénévoles dans des collectifs mal ou non-structurés, je recommande la lecture de ce texte : https://infokiosques.net/spip.php?article2

    Il a été écrit par une américaine dans les années 70, pour le milieu féministe (qui ne voulait pas se structurer, pour des raisons anar et féministes).
    Je pense qu’il est néanmoins hyper pertinent dans une équipe mal (ou pas) structurée – et c’est bien le cas de beaucoup de réseaux sociaux, non ? :p

    Vive le libre !
    Erroristas (Parce que faire des erreurs est humain, et même indispensable, certainement dans une société capitaliste.)

  6. Gilou

    Ce genre de comportement est de plus en plus marginal, tu as bien fait de ne pas baisser les bras !
    Et la prochaine fois que tu dois migrer des données, pense aux ETL comme Talend 😉

  7. Dam

    Les gars,

    Il y a Reporterre ( https://reporterre.net/ ) qui aimerai basculer son parc informatique vers l’ open-source, seulement ils ne s’ y connaissent pas et donc ne savent pas comment s’ y prendre. Ils recherchent de l’ aide !

    Si vous connaissez une ou plusieurs personne(s) qui pourraient les accompagner, ce serait cool ! Merci. 🙂

  8. moulinux

    Cet article rappelle l’importance de rencontrer les équipes avant de s’engager dans une formation. En vous rendant aux portes ouvertes (et même sur Internet !), vous vous apercevrez que toutes les formations SLAM / SIO n’ont pas 15 ans de retard et une passion dévorante pour les technologies fermées…

    Sinon quid de la maintenance du nouveau site WordPress ? Pas l’impression que ça a été prévu dans le « cahier des charges »

  9. libristedudimanche

    bonjour
    j’ai lu avec intérêt cette histoire et bravo pour tes convictions.
    Lors de mon BTS informatique de gestion (option développeur); cela s’appelait comme ça il y a 20 ans.
    Je n’avais pas vraiment existence des alternatives libres. Du chemin a été fait. C’est bien.
    Je pense que ton stage a été vraiment bénéfique et t’a permis de voir de multiples facettes du métier « d’informaticien ».

    Cependant, des propos me gêne un peu voire font rager le « vieux con de 40 ans que je suis ».

    Déjà tu apprendras avec l’expérience, qu’il faut savoir jongler avec un existant, avec les moyens en place et qu’il est inutile de dénigrer ce qui avait été fait avant. Il y a toujours une bonne raison. (tu le dis d’ailleurs toi même quand tu fournis de la merde en barre)

    Clairement, une personne qui a fait du cobol, de l’assembleur (tu ignores très probablement ce que c’est rééellement) a une expérience qu’il est souvent intéressant d’écouter.
    Qui globalement te montrerait qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil depuis bien longtemps.
    Mais l’époque veut nous amener à penser que la nouvelle startup/produit révolutionne tout le passé!

    Critiquer Merise en 2018. Bah très honnêtement qd je vois des stagiaires pas foutu de réfléchir à un MCD qui n’est finalement que la base, cela me gêne. Il ne suffit pas de « connaitre », disons, plutôt avoir survoler toutes une chiée de langage, base de données.

    Une base access de 8Mo avec une table (certes mal foutue), waouh ! bah il n’y a pas de quoi se relever la nuit.

    Bref tout ça pour dire, qu’on ressent bien la fougue de la jeunesse, la fougue du libriste. Mais tu risques de déchanter car rare sont les places (intéressantes, bien payé….) où tu pourras être en cohérence avec tes convictions.
    Et enfin ce n’est hélàs pas parce que c’est libre que c’est mieux. (je ne vais pas me faire des copains, je sais)

    Par exemple
    Critiquer Excel, le remplacer dans énormément de boite, c’est totalement impensable.
    Je ne parle évidemment pas d’utilisation avec 3 feuilles et 2 additions. Il y a des ingé par exemple (génie civile) qui font (en plus de leur métier) des outils leur permettant de puissants calculs. Pour lesquels libreOffice est totalement incapable de remplacer.

    Critiquer Windev (je suis surpris que cela soit enseigné, encore plus à notre époque avec la multitude de solutions opensource et gratuite pour faire du dév! d’autant que ce n’est pas très porteur comme marché) est un peu trop facile.
    Tu sembles tomber dans le « windev c’est de la merde ». Sais-tu quels outils professionnels sont fait avec ?
    Ce n’est pas que c’est parce que tout à chacun peut l’utiliser que c’est un mauvais outil.
    En revanche, webdev n’est en effet pas une réussite.

    Globalement je t’invite à raisonner ainsi :
    il n’y a pas de mauvais outil, mais de mauvais artisan.

    • Mayou

      libristedudimanche

      Il y a des mauvais outils. Et beaucoup. Un bon artisan sait les améliorer ou les changer si nécessaire.

  10. Pikerez

    Bonjour,
    Article super intéressant et agréable à lire. Je te suis complètement dans ton approche, le libre est très bien adapté au monde associatif. J’utilise des soft propriétaires dans mon job et de l’open source pour mon activité bénévole.

    Il faut expliquer aux assocs ne sert à rien d’acheter cher un PC avec Windows10 et des tas de logiciels piratés, ON fait le même chose avec un acheté d’occaz sur le bon coin pour 40/50€ et sur laquelle on installe une Emma-Debian https://framalibre.org/content/emmabunt%C3%BCs à l’aide des excellents https://lescahiersdudebutant.fr/.

    WordPress est un très bon choix, il y a des plugins pour maintenir à jour automatiquement https://fr.wordpress.org/plugins/stops-core-theme-and-plugin-updates/
    Moi je préfère la mano. Et l’interface est abordable par qqun de pas très calé, donc pas inquiétude pour la maintenance.

    Pour les CSS que tu as modifié, il faut utiliser un thème enfant et tu n’auras plus de souci pour la mise à jour. Une vidéo de la marmite https://www.youtube.com/watch?v=yCdbqqY2Evw
    ou leur article https://wpmarmite.com/child-theme-wordpress/

    Pour la gestion des adhérents, galette est un très bon choix, notamment avec l’arrivée du plugin d’événements https://galette.eu/documentation/fr/plugins/events.html.
    Tu peux modifier son apparence ou les textes de l’interface avec https://galette.eu/documentation/fr/usermanual/avancee.html#adaptation-a-votre-charte-graphique

    On peut faire presque la même chose sur WP avec un plugin de membres https://fr.wordpress.org/plugins/ultimate-member/
    et un plugin d’événements https://fr.wordpress.org/plugins/events-manager/

    Mais la rolls de la gestion de membre est https://civicrm.org/ (https://www.civicrmfr.org/decouvrir)
    qui s’appuie sur un des 3 CMS WP/JOOMLA/DRUPAL. C’est la taille au-dessus, il faut avoir 1000 contacts à gérer pour cela vaille le coût !

    Bon courage pour la suite ; jean-luc

  11. clement

    Bonjour.
    Article intéressant.
    Concernant WordPress, il est utile de créer un thème enfant si l’on souhaite modifier un thème enfant. Cela permet de mettre à jour son thème principale en conservant les modification faites dans l’enfant. Je suis à même d’aider l’asso si elle souhaite le mettre en place.
    Tchao!

  12. libre fan

    Je pense comme d’autres ici que tu as bien fait de prendre WordPress, Niel. La mise à jour est automatique la plupart du temps ou se fait d’un clic.

    Drupal8 nécessite PHP 7.2, donc pas toujours possible.

    Dommage que ton stage ait été si court, ça paraît vraiment court pour faire tout ce que tu as fait. Heureusement que tu n’as pas dû leur faire une formation RGPD — bon ç’aurait été un bon plan pour leur installer Debian pour remplacer les postes Windows car je ne sais pas comment on peut dire que les données de membres sont en sécurité sur du Windows…

    Bonne continuation

Laissez un commentaire