Message aux Youtubeurs, Youtubeuses, et surtout à celles et ceux qui aiment leurs contenus

Temps de lecture 15 min

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L’article qui suit devait être au départ un simple message de clarification d’un de nos membres sur notre forum, et puis… paf l’article ! Il a un peu débordé et nous nous sommes dit que malgré son aspect un peu foutraque, cela vaudrait sans doute la peine de le publier sur le Framablog.

NB : comme cet article peut faire débat, et que le framablog n’est pas un outil très adapté pour suivre une discussion, nous avons ouvert un fil de discussion sur le forum PeerTube : Participer à la discussion

La politique de Youtube concernant les contenus des vidéastes est de plus en plus rigide, rendant le travail des créateurs et créatrices de contenus de plus en plus difficile.

Nous en sommes conscient⋅es, et cela fait même plusieurs années que nous constatons non seulement ce type de faits, mais aussi que nous prédisons, sans trop nous tromper, que ce mouvement va continuer à rendre les productions de plus en plus contraintes, jusqu’à aboutir à une forme de contenus totalement normés par Youtube/Google/Alphabet. Au départ plateforme d’expression et de créativité, Youtube profite de son hégémonie indiscutable pour réduire l’inventivité de celles et ceux qui ont quelque chose à dire ou à montrer.

C’est d’ailleurs une des raisons qui a poussé Framasoft à créer et développer le logiciel PeerTube.

Ces derniers jours, nous voyons de nombreuses personnes, notamment sur les médias sociaux, enjoindre des vidéastes de renom (ou pas) à « passer à PeerTube ».

Cela ne nous met pas très à l’aise, et il faut que l’on vous explique pourquoi 🙂

D’abord, Framasoft est une petite association d’éducation populaire aux enjeux du numérique. Nous défendons l’esprit critique et la liberté de choix. Nous pensons que les injonctions au changement induisent de la résistance au changement.

Dit autrement, nous savons que les vidéastes sont des personnes douées d’intelligence et de capacités de veille. Il est peu probable qu’elles acceptent les contraintes de Youtube en s’en fichant complètement. Il est aussi peu probable qu’une personne ne leur ait pas déjà pointé l’existence d’alternatives (il n’y a pas que PeerTube, d’ailleurs). Bref, il est vraisemblable de penser que beaucoup de vidéastes sont dans un processus de réflexion (« Rester sur Youtube ? Partir ? Comment ? Pour aller où ? Avec quelle énergie ? Et qu’est-ce que je fais de l’existant ? de ma communauté ? », etc).

Nous respectons pleinement ce processus, et nous vous encourageons à le respecter aussi. Peut-être que votre vidéaste préféré⋅e choisira d’expérimenter des alternatives (bien !), de quitter Youtube (bien !) ou même de rester sur Youtube (bien aussi ! C’est son choix, pas le vôtre, pas le nôtre).

Par ailleurs, cela donne l’impression que vous êtes des « témoins de Framasoft » 😛 Je vous laisse vous mettre à la place du vidéaste qui reçoit son douzième tweet « Tu devrais essayer PeerTube ! » de la journée. C’est… Saoulant ! Et nous, cela nous place dans une situation un peu compliquée, où des personnes croient qu’on a lâché une armée de fidèles à leurs trousses pour les convertir au libre de gré ou de force par le harcèlement. Du coup, et c’est compréhensible, ces vidéastes ont une mauvaise image du libre avant même d’avoir essayé.

Rappelons que PeerTube n’est pas développé par une startup qui veut lever des millions, mais par une association qui ne vise ni le profit, ni la gloire : nous ne jugeons donc pas le succès du réseau PeerTube au nombre de vidéos hébergées, au nombre de vues, ou aux « poids lourds » qui seraient passé de Youtube à PeerTube. Le succès de PeerTube tient, pour nous, dans sa capacité à proposer « autre chose », et dans sa capacité d’émanciper de Youtube toute personne qui en aurait le besoin, qu’il s’agisse d’un vidéaste à x millions d’abonnés, d’une étudiante souhaitant partager une idée, d’un père de famille souhaitant partager une vidéo de vacances à quelques personnes, ou d’une institution souhaitant archiver ses vidéos.

Ensuite, PeerTube, ça n’est pas Youtube !

Prenons quelques lignes pour rappeler quelques différences :

Pas de point d’entrée unique

Il y a le logiciel PeerTube, il y a le réseau PeerTube, mais il n’y a pas une seule plateforme en .com ou .org. Ne cherchez donc pas « peertube.com » ou « peertube.org », ce ne sont que des domaines cybersquattés.

Pour un⋅e vidéaste, ça change pas mal de choses, car ça signifie qu’il ou elle doit choisir son instance PeerTube, c’est à dire le serveur sur lequel une personne aura installé le logiciel PeerTube. Et il y en a aujourd’hui plus de 500. Donc, évidemment, ce large choix peut signifier « c’est le bordel » pour plein de gens. On le comprend, mais ça reste une volonté — et une conséquence — de ne pas centraliser.

Rappelons que les instances peuvent être fédérées entre elles. Ce qui permet au visiteur de l’instance « monpeertube.org » de voir ou de commenter les vidéos de l’instance « autrepeertube.fr » sans quitter monpeertube.org.

Rappelons aussi que, même s’il n’y a pas de point d’entrée unique, il est possible de créer des portes d’entrée via un moteur de recherche, comme Framasoft l’a fait avec https://sepiasearch.org/

Pas de rémunération automatique

Sur Youtube, il est possible, en quelques clics, de demander à ce qu’une vidéo soit monétisée, pour peu qu’elle réponde aux critères prédéfinis de Google (par exemple, parler de guerres, ou même de menstruation, c’est un coup à se voir refuser la monétisation de sa vidéo). Google affichera alors des publicités, et plus la vidéo (et donc les pubs) sera vue, plus cela rapportera au vidéaste.

C’est un système qui peut se défendre. S’il convient à certain⋅es, et bien tant mieux. Nous, à Framasoft, on n’aime pas trop. Déjà parce que la publicité, c’est pas trop notre kif. Ensuite parce que c’est Google qui décide qui sont les annonceurs (perso, j’aurai un peu de mal à voir une publicité Total interrompre ma vidéo). Enfin parce que c’est Google qui décide de tout et place le vidéaste en position de soumission féodale : Youtube décide de qui peut monétiser ses vidéos (et peut retirer cette possibilité à tout instant), mais décide aussi du montant de la rémunération (et peut décider de diviser ses prix par 10, 100 ou 1 000 du jour au lendemain).

PeerTube refuse une monétisation centralisée

Cela ne signifie pas qu’un⋅e vidéaste ne peut pas gagner d’argent avec des vidéos publiées sur PeerTube, mais qu’il ou elle devra choisir et mettre en place son mode de rémunération. Ça peut être de mettre son compte Patreon ou uTip ou Liberapay dans le bouton « soutenir » prévu à cet effet. Ça peut être d’afficher une vidéo sponsorisée avant ou après son contenu (mais ça sera à lui ou elle de gérer cela), etc. Les possibilités sont en fait quasi-infinies, mais 1) il n’y aura clairement pas de PeerTube-money, et 2) il faudra faire des choix, et il y a des chances que les choix qui paieront le plus seront ceux qui demanderont le plus d’efforts (ex : contacter et gérer des sponsors, ça sera sans doute plus rémunérateur, mais aussi plus énergivore, que d’afficher un compte uTip).

Pas de migration de communauté

PeerTube permet d’importer automatiquement tout le contenu d’une chaîne, ou même de la synchroniser entre Youtube et PeerTube, de façon à ce qu’une vidéo ajoutée sur Youtube soit directement ajoutée sur votre instance PeerTube (NB : il faudra probablement demander à l’administrateur de l’instance de le faire pour vous, car pour l’instant, l’outil est en ligne de commande).

Par contre, ce que PeerTube ne peut pas faire, car Youtube/Google ne le permet pas, c’est d’importer votre communauté. Si vous avez 50 000 followers sur Youtube, il va falloir les motiver à vous retrouver sur PeerTube. Et certains se perdront en route. Évidemment, vous pouvez faire le choix de ne pas migrer d’un coup, mais plutôt d’y aller progressivement (c’est par exemple ce qu’ont fait nos ami⋅es de Datagueule).

C’est ce qu’on appelle la loi de Metcalfe, ou « l’effet réseau » : la valeur d’un réseau augmente exponentiellement en fonction de son nombre d’utilisateur⋅ices. Dit autrement : Youtube a de la valeur, parce qu’il y a un immense nombre d’utilisateurs (et de vidéos). Ce qui fait que quitter Youtube a un « coût ». En tant qu’individu rationnel, le ou la vidéaste doit donc évaluer ce coût par rapport aux gains (financier, humains, libertés, etc.) qu’il en retirera. Ce n’est pas à un logiciel de régler cette équation, c’est à l’être humain. C’est pourquoi, à Framasoft, nous ne cherchons pas à « convaincre » que le passage à PeerTube sera forcément une bonne chose. On peut le souhaiter, on peut le penser, on peut même en être certain. Mais ça n’est pas à nous d’en décider.

Pas aussi abouti

Bon, Google/Alphabet, c’est juste la 3e plus grosse boite mondiale. 130 000 employés, 275 milliards de chiffres d’affaires, 34 milliards de profits en 2019. Google, c’est juste plus de 500 000 fois le poids de Framasoft. Imaginez ce que vous pourriez faire avec 500 000€. Inspirez… Réfléchissez… Ça y est, vous voyez ?
Maintenant, imaginez ce que vous pouvez faire avec… 1€. Inspirez… Réfléchissez… Voilà, vous avez compris :)

PeerTube, en 3 ans à peine et avec 1€, ne peut pas être aussi abouti techniquement que peut l’être un Youtube, qui va fêter ses 15 ans, disposant de 500 000€. Il ne le sera probablement jamais. Et on dort très bien en sachant cela.

Donc, la fonctionnalité de traduction collaborative en breton, ou le sous-titrage automatique, ou encore le support de tel navigateur peu répandu, ça n’est clairement pas pour demain, et peut-être pour jamais. Si cela vous empêche de migrer, pas de souci, on le comprend.

Pas autant de contenus

Il y a littéralement des milliards de vidéos sur Youtube. Contre à peine 250 000 sur PeerTube (cf https://instances.joinpeertube.org/instances/stats ). Pour la raison « d’effet de réseau » décrite ci-dessus, le nombre de vidéos sur Youtube y sera sans doute toujours bien plus important que sur PeerTube. Là encore, ça ne nous empêche pas de dormir. Nous ne cherchons pas à avoir « le plus gros kiki réseau » mais bien à offrir d’autres possibilités que celle de dépendre de Youtube. Nous comprenons parfaitement que cela ne conviendra pas à de nombreux vidéastes. Mais si nous leur proposons une « porte de sortie », nous ne nous sentons pas la responsabilité de devoir les attirer ou de les convaincre. C’est à elles et eux de voir si leur choix va vers plus de liberté ou plus de confort (et le confort, ça n’est pas péjoratif, on a tout à fait le droit de se dire qu’on ne veut pas se prendre la tête ou que le nombre de vidéos sur la plateforme prime sur d’autres arguments).

Pas autant de visiteurs/vues

NB : cette remarque n’existait pas dans l’article paru originellement, mais vous pouvez vous référer à la lecture du commentaire suivant publié quelques jours plus tard pour avoir des éléments de réponses : https://framablog.org/2020/10/29/message-aux-youtubeurs-youtubeuses-et-surtout-a-celles-et-ceux-qui-aiment-leurs-contenus/#comment-82912

Sauf à s’héberger, on dépend (malgré tout) d’une tierce personne

Il y a un mythe qu’il faut casser : celui qui dit qu’avec PeerTube, vous avez tous les droits.

C’est plus complexe que cela. Tout d’abord, ce n’est pas parce que vous êtes sur une plateforme d’un réseau libre que vous n’avez pas des lois à respecter (l’apologie du nazisme est tout aussi interdite sur Youtube que sur PeerTube, et heureusement !).

Ensuite, avec PeerTube, si vous êtes vidéaste, vous avez en gros quatre solutions :

1. Vous héberger vous-même. Cela réclame quelques compétences, et cela coûte de quelques dizaines à quelques centaines d’euros par an pour la location d’un serveur. Mais au moins, vous êtes maître chez vous. Si, dans une de vos vidéos, vous utilisez 30 secondes d’extrait du film OSS117, vous êtes (probablement) dans l’illégalité. Mais aucun robot contentID ne viendra automatiquement censurer votre contenu.

Pour prendre une analogie avec l’habitat, c’est un peu comme devenir propriétaire d’une maison. Sur le papier, c’est chouette, mais dans les faits, vous êtes responsable de ce qu’il s’y passe, et si une canalisation pète, ça sera à vous de le gérer.

C’est le cas, par exemple de l’instance PeerTube https://peertube.datagueule.tv (qui par ailleurs a fait le choix de ne se fédérer à aucune autre instance, donc vous n’y trouverez que les vidéos de Datagueule)

2. Sous traiter l’hébergement de votre instance, si vous ne voulez pas vous prendre la tête avec la technique. Vous faites alors le choix d’un « hébergeur » (c’est à dire une association, entreprise ou autre) qui va installer et maintenir votre instance PeerTube à l’adresse de votre choix (par exemple si vous êtes passionné de sushis, cela pourra être videos.passionsushis.fr). Il faudra très probablement les rémunérer pour ce travail. Mais au moins, vous n’avez pas à vous occuper des travaux. Et, sur cette instance, vous pouvez décider de faire ce qu’il vous plaît, y compris de choisir d’accueillir d’autres vidéastes.

En matière d’habitat, ça serait l’équivalent d’une location : vous dépendez certes d’un propriétaire (l’hébergeur) mais c’est bien vous qui gérez votre instance.

Des chatons comme https://ethibox.fr/peertube vous permettent, par exemple, de déléguer l’installation et la gestion de votre instance PeerTube.

3. Rejoindre une instance existante : il y a plus de 500 instances PeerTube. Donc, il faut choisir avec attention. Parce que si vous placez vos vidéos chez une personne autoritaire ou non coopérative, vous n’aurez pas gagné grand chose par rapport à votre situation chez Youtube. Le site JoinPeerTube donne des éléments pour faire un premier tri dans les instances et leurs politiques (l’instance est elle modérée ? par qui ? L’instance accepte-t-elle les vidéos pornos ? Comment l’hébergeur PeerTube envisage-t-il la pérennité de son instance ? etc).

En gros, ça revient à être dans une chambre d’hôtel (qui peut, ou non, vous offrir la chambre). Certains établissements vous ressembleront vraiment, que vous soyez plutôt palace 4 étoiles ou plutôt auberge de jeunesse, mais le gérant de l’hôtel peut décider de ne pas faire le ménage, ou même vous mettre dehors.

L’instance https://video.ploud.fr/about/instance est un bel exemple d’une instance ouverte à toutes et tous : gérée par une entreprise, elle accueille +2 500 utilisateurs et plus de 20 000 vidéos.

4. Mutualiser les efforts autour d’une instance thématique : c’est (à notre avis) la solution intermédiaire idéale si vous ne voulez pas gérer votre propre instance, mais souhaitez publier du contenu de qualité.

Pour poursuivre la métaphore avec l’habitat, vous seriez ici dans l’équivalent d’une colocation où les colocataires peuvent se choisir entre elles et eux par cooptation.

Prenez par exemple l’instance https://skeptikon.fr/about/instance : 2 400 utilisateur⋅ices, mais « seulement » 838 vidéos. Par contre, ces vidéos sont toutes sur une même thématique : « la zététique, l’esprit critique et le scepticisme de manière plus générale. ». Plus intéressant encore, cette instance est gérée par une association dédiée, qui est financée par les dons. Cela permet à des vidéastes de différentes tailles de pouvoir diffuser leurs vidéos hors de Youtube, tout en conservant un coût raisonnable. C’est un modèle intéressant, car si par exemple un telle association compte 30 vidéastes, payant chacun 24€ par an (soit 2€ par mois dans cet exemple), cela permet de financer un gros serveur dédié et de ne pas être limité par l’espace disque. Il faut « juste » trouver du monde pour faire collectif, ce qui n’est pas simple, mais permet aussi de construire de faire-ensemble.

Illustration de David Revoy (CC-By)

Bref, oui PeerTube a un énorme avantage sur Youtube : celui de vous permettre de redevenir libre des contraintes de Youtube. Que vous soyez vidéaste ou simple spectateur⋅ice. Pas de censure pour des raisons inconnues, pas de démonétisation, pas d’épée de Damoclès suspendue au-dessus de votre tête. Mais ça n’est pas non plus une solution magique. Elle réclame des efforts, et parfois même des sacrifices.

Ces sacrifices, c’est quelque chose que l’on peut accepter de faire soi-même, mais il nous semble carrément malaisant de les demander (ou pire, les exiger) de la part de quelqu’un·e d’autre.

Souvent, un·e fan qui dit « T’as pensé à passer sur PeerTube ? Tu devrais ! » ne songe pas qu’il ou elle est en train de demander un sacrifice. Mais un·e vidéaste, qui travaille au quotidien sur ces questions, ne peut pas ignorer l’effort induit par ces simples demandes. Alors soyons choux, restons disponibles auprès des créatrices et créateurs qui demandent de l’aide et des conseils, et laissons les autres en paix : ils et elles sauront où nous trouver si leur chemin les mène vers PeerTube.

NB : comme cet article peut faire débat, et que le framablog n’est pas un outil très adapté pour suivre une discussion, nous avons ouvert un fil de discussion sur le forum PeerTube : Participer à la discussion

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Délégué général de Framasoft

Pierre-Yves Gosset est le délégué général de l'association depuis 2008. Tel un contrôleur aérien, il coordonne les différents projets de l'association en s'assurant que les avions décollent et atterrissent (à peu près) à l'heure.

17 Responses

  1. Jeanne à vélo

    C’est clair, c’est net. Merci pour la mise au point.

    Une ch’tite coquille (en gras en plus ! 🙂 ) dans « Ce qui fait que quitter Youtube à un « coût » » : a

    • pyg

      C’est corrigé, merci.

      J’espère que ça ne sonne pas trop « donneur de leçon » ? :-/
      C’est juste qu’on voyait que ça s’emballait un peu, et ça braquait des vidéastes pour qui du coup PeerTube, ça devenait un truc où on allait leur casser les pieds toutes les 5mn. On est ravi⋅es que la communauté soit enthousiaste, mais se prendre 10 messages par jour te disant que tu **dois** changer de plateforme, c’est quand même lourd pour elles et eux.

      • Jeanne à vélo

        Non, vraiment pas. Et puis ce texte contient des rappels utiles sur comment fonctionne PeerTube (ce qui doit toujours rester nébuleux dans l’esprit de pas mal de gens). J’aime notamment beaucoup la typologie des quatre manières possibles de recourir à l’outil.

    • jerome

      Merci, j’ai appris et réappris des éléments utiles. C’est vrai qu’il m’est arrivé aussi de promouvoir auprès d’associations des services Frama quand on m’envoyait un lien vers un service Google par exemple, sans doute parce ce que je sous-estime le nombre de personnes qui peuvent potentiellement le faire. J’essaie en tout cas que ce soit toujours avec bienveillance et pas de manière paternaliste ou hautaine « je sais mieux que toi ce qui est bien ». Sans doute est ce une question de juste milieu, être dans l’accompagnement, et non pas un choix cornélien.

  2. Sorgin

    Salut. Je ne trouve pas non plus qu’il fasse donneur de leçon, juste éclaircissement/mise au point. Et effectivement, comme le dit Jeanne, ça permet aussi de faire des rappels. J’ai bien aimé l’image de la maison. Je vais me mettre cet article de côté pour l’envoyer à des personnes qui seraient intéressées/curieuses et aurait, par la même occasion, une idée de  » l’esprit Framasoft « .

    J’en profite pour dire merci a toute les personnes (Framasoft et les CHATONS) qui nous permette de nous libérer des GAFAM.

  3. marti

    Merci pour cet article. J’avoue être allé visiter peertube plusieurs et avoir un mal de crâne. C’est plus clair, ces histoires d’instances séparées ou reliées. Une belle histoire pour donner envie d’en savoir plus.

    • pyg

      Euh, ben non justement. Nous nous refusons à « faire l’article », c’est justement tout le point du billet 🙂

  4. Fab'Blab

    Bonsoir,

    Merci pour cet article intéressant.
    Je n’imaginais pas qu’il y avait autant de « témoins de… framasoft » 🙂

    Et sinon, pour rappel on peut partager une vidéo sur internet sur n’importe quelle page internet sans passer par une plateforme.
    Il existe une balise HTML5 s’appelant étrangement « video » 🙂 https://developer.mozilla.org/fr/docs/Web/HTML/Element/video

    Du coup n’importe quel hébergement mutualisé peut suffire et écrire une page HTML, éventuellement via un CMS ne demande d’être ingénieur à la NASA. En tout cas, c’est plus accessible que de gérer sa propre instance PeerTube.

    • pyg

      > Du coup n’importe quel hébergement mutualisé peut suffire et écrire une page HTML, éventuellement via un CMS ne demande d’être ingénieur à la NASA. En tout cas, c’est plus accessible que de gérer sa propre instance PeerTube.

      Certes, mais du coup, ça n’est pas du tout le même usage 🙂

      En dehors du fait que même si « ça ne demande pas d’etre ingénieur à la Nasa », ça réclame quand même quelques compétences (ne serait-ce que pour gérer la sécurité), ta proposition répond (bien, d’ailleurs) à un cas d’usage : un créateur ou une créatrice qui aurait tout au plus quelques centaines de vidéos à partager, et dont ces dernières ne rencontreraient pas de « pics de vues » important.

      Prends l’instance Skeptikon citée plus haut dans l’article, gérer 838 vidéos dans un CMS, avec des auteurs différents, des fichiers de sous-titres par langues, etc (NB, je sais que la balise vidéo peut gérer des sous-titres, hein, j’en parlais déjà en… 2009 : https://framablog.org/2009/04/24/firefox-3-5-rich-media-sous-titrage-collaboratif/ ), un suivi du nombre de vues.
      Par ailleurs si tu as un « slashdot effect » avec des milliers de visionnages en quelques heures, ton hébergement mutualisé ne suffira pas (et même un dédié pourrait lâcher), là où PeerTube permet une répartition de la charge via webtorrent.

      Enfin (et surtout), ta proposition crée un « micro silo » de vidéo. Or, le principal intérêt de PeerTube (selon moi !) est de fonctionner de façon fédérée :
      1. si je vais sur https://sepiasearch.org je peux chercher en une requête sur +500 instances PeerTube (ce qui est impossible avec un WordPress ou autre CMS), ce qui améliore fantastiquement la découvrabilité du contenu
      2. si je vais sur https://tube.fdn.fr, je peux, sans quitter ce site, voir les vidéos de https://video.lqdn.fr ou https://tube.aquilenet.fr/. Bref, tu peux mettre ta propre instance en réseau (ce que ne permet pas un WordPress ou autre CMS)

      Bref, ton exemple est juste, mais ne correspond qu’à un cas d’usage bien limité : « Je veux pouvoir héberger ma vidéo sur mon site ». C’est un cas courant, mais ça ne correspond pas au besoin exprimés par les vidéastes dont l’article parle.

  5. Yves

    Ah très intéressant comme article.
    Je vais me permettre d’apporter ma pierre à l’édifice, étant moi même créateur de contenu sur YouTube.

    Pour le contexte, j’ai plus de 130 vidéos sur ma chaîne principale, et les thématiques abordées tournent autour de la ligne de commande *nix, des Raspberry Pi et des radio communications (un peu orienté espace pour ce coté là). Il y a donc des connexions directes avec le monde du libre et forcément, on me parle régulièrement de PeerTube.
    À ce jour, je n’ai pas monté d’instance de PeerTube, ce qui fait que mes vidéos sont accessibles sur YouTube uniquement. Ça ne restera pas comme ça éternellement (et avant qu’on me fasse le commentaire, oui j’ai un backup de mes vidéos, seul l’hébergement est sur YouTube).

    Voilà pour le contexte. Pour ce qui est de l’hébergement PeerTube, je ne le vois que comme un complément pour les personnes ne souhaitant pas venir sur YouTube pour des raisons qui leur appartiennent. Par contre je ne vois pas Peertube, comme certain me le suggère, comme une alternative à YouTube. Et les raisons sont multiples.

    Déjà, sur YouTube, il y a la plupart des spectateurs de vidéos à la demande. Quand je discute avec les personnes qui me connaissent via la chaine (ou via twitch), il y a énormément de débutants, qui ont découvert des vidéos via les recommandations, et qui ne vont pas sur PeerTube, tout simplement. En gros, le public se trouve sur YouTube. Oui, je sais qu’il y a des gens sur PeerTube, mais si je regarde les statistiques d’exposition de ma dernière vidéo sur YouTube, celle-ci a été suggérée à 5600 personnes en une semaine. Si je regarde ma vidéo la plus vue, elle a été présentée à plus de 90 000 personnes sur l’année. Quand on fait des vidéos, on a envie que le maximum de personnes intéressées par le sujet puissent voir la vidéo. Et là… y’a pas photo.

    Ensuite, faire des vidéos est un gros boulot, et la très grande majorité des créateurs de contenus font ça sur leur temps extra-professionnel. Ce qui fait que quand on peut trouver des services qui permettent de gagner du temps, on ne se prive pas. Ce qui fait que pour certaines de mes vidéos, j’ai utilisé un service (payant) qui propose des musiques, avec une licence qui autorise la publication et l’intégration de ces musiques dans des vidéos sur YouTube. Point. Pas sur Facebook, LinkedIn ou… PeerTube. Alors à moins de changer ces vidéos là… ben je les laisse sur YouTube exclusivement. Je peux facilement changer les musiques pour en mettre des libres, mais on retrouve le problème du temps. Ça prend du temps. Le nerf de la guerre ! Alors j’ai pris l’exemple de la musique, mais y’a la même chose avec des animations, avec des incrustations, etc etc. On commence à voir des licences plus générales qui apparaissent chez ces services là, c’est cool, et c’est en train de changer. Donc l’avenir pourrait changer de ce coté là.

    Maintenant je considère héberger ma propre instance de PeerTube pour y mettre les nouvelles vidéos. Mais ça amène deux problèmes. Tout d’abord, je ne souhaite pas faire héberger mes vidéos par une instance de quelqu’un. Je n’en vois juste pas l’intérêt, et ça ne m’intéresse pas sur le long terme. Si c’est pour être à nouveau dépendant de quelqu’un, autant aller sur des plateformes avec une meilleure découvrabilité et une plus grande audience.
    Si j’héberge ma propre instance, je vais prendre un nouveau serveur dédié pour ça. Ça a un coût, qui vient s’ajouter à l’ensemble des coûts de production actuels. Et en ce moment, la crise du SARS-CoV2 oblige, je limite mes dépenses au maximum. Mais encore, ce coût là, on peut trouver comment le résoudre. Ce qu’on aura du mal à trouver par contre, c’est le temps nécessaire pour la maintenance et la gestion des vidéos sur l’instance. Les mises à jours, les problèmes divers et variés qui sont le lot de l’administration et de la gestion d’une machine supplémentaire.

    Tout ça fait que mettre ses vidéos sur PeerTube est une réflexion plus complexe que simplement dire « allez, va pour peertube ». Je n’ai pas parlé de la YouTube Money, car même si elle est sympa à toucher de temps en temps, elle reste vraiment anecdotique. Pour l’exemple, en presque 3 ans sur YouTube, j’ai gagné un peu plus de 150 € de YouTube Money. Alors oui c’est sympa, mais c’est clairement pas le nerf de la guerre.
    Et sur ces réseaux sociaux, le nerf de la guerre, c’est surtout et avant tout, l’audience et la communauté.

    Voilà pour mon « petit » témoignage. J’ai sans doute oublié plein de trucs, mais c’est un sujet que je trouve vraiment intéressant à ouvrir, et je remercie beaucoup « Pyg » de l’avoir ouvert.

    Y.

    • pyg

      Merci pour ce retour argumenté 🙂

      > Pour ce qui est de l’hébergement PeerTube, je ne le vois que comme un complément pour les personnes ne souhaitant pas venir sur YouTube pour des raisons qui leur appartiennent.

      Ben c’est ton choix, donc tu as parfaitement raison 🙂

      > En gros, le public se trouve sur YouTube. [argument « On fait des vidéos pour qu’elles soient le plus vues, or les gens sont sur Youtubbe, pas PeerTube]

      Complètement d’accord avec toi : si tu cherche la + forte audience, elle sera forcément sur Youtube (et ce pour encore de nombreuses années).
      Maintenant, comme je l’expliquais dans l’article : le but de PeerTube, n’est pas d’avoir des milliards de visiteurs quotidiens par jour (ça arrivera peut être 😛 Mais ça n’est pas notre but en faisant cet outil).

      Je pense qu’il ne faut pas confondre « alternative à Youtube » et « concurrent de Youtube ». Nous, on construit (avec un seul développeur même pas à temps plein) une *alternative* à Youtube.

      Je vais prendre un exemple à la con, donc limité : la grande distribution (Leclerc, Carrouf, Auchan & co)
      Un hypermarché, c’est 25 000 passages en caisse par jour, et 60% des français⋅es vont au moins une fois toutes les deux semaines en hypermarché/supermarché.
      Si tu supprime tous les hypermarchés de la planète du jour au lendemain, ça sera la merde. Certaines zones de France ne seraient plus approvisionnées en bouffe ou produits de première nécessité, le temps que de nouveaux réseaux se mettent en place.
      Et pourtant, l’hypermarché, c’est pas la joie (avis perso) : c’est un temple de la consommation, c’est le royaume des marques, c’est (parfois) de l’exploitation des travailleurs (et surtout des travailleuses), c’est une guerre pour abaisser les marges des producteurs (pour te vendre ton kilo de tomates moins cher, on presse les agriculteurs à bout), c’est aussi (souvent) des produits de qualité discutables et des pratiques écologiques à chier (avec ta mangue qui vient de Malaisie en avion, etc), c’est la fermeture de petits commerces différenciant en ville (remplacé par du « Carrefour Market » & co), voir carrément de marchés/commerces de producteurs (ex: le boucher familial du centre ville qui ferme parce qu’un Leclerc a ouvert en périphérie).
      Bon, je pense que tu as l’idée : y a sans doute du bon dans ce système, mais pas que du bon. Et si le modèle de l’hypermarché ne voit pas d’autres alternatives, les désagréments vont se renforcer.

      Donc PeerTube ne cherche pas à remplacer/concurrencer l’hypermarché Youtube, puisqu’on considère que ce modèle est toxique (tu peux être d’accord ou pas avec nous, on essaiera pas de te convaincre dans un sens ou dans l’autre, tu es bien assez grand pour te faire ton avis, et c’est lui qui comptera).

      Par contre PeerTube veut présenter une alternative à ce modèle dominant. En montrant qu’il est possible de faire autrement (je ne reviens pas là dessus).

      En gros, tu me dis : « moi, je préfère Carrefour parce que je sais que si je mets mes tomates/vidéos chez Carrefour, j’ai 10 000 vues par jour. Alors que PeerTube, c’est que pouic ». Et tu as raison. la comparaison nous rendrait absolument ridicule si on se base sur le critère du nombre de vidéos hébergées ou le nombre de visiteurs par jour. Donc, ne vient pas sur PeerTube si tu veux maximiser ton nombre de vues. Ca changera peut être à l’avenir, mais pour l’instant, oui, l’audience est sur Youtube (et on le vit très bien).

      Par contre, si Carrefour/youtube commence à te les briser en disant :
      – « OK, maintenant tes tomates/vidéos, je ne les met plus à 1€, mais à 0,92€ le kilo, c’est comme ça. Donc, soit tu fourni à ce prix, soit tu te casse. »
      – « Désolé, tes tomates ne sont pas parfaitement rouges. A Carrefour, la nouvelle règle t’impose de nous livrer uniquement des tomates rouges avec une très légère teinte de rose 🍅 . Donc, soit tu fourni cette couleur, soit tu te casse. »
      – « Ha mais Yves, ça ne va pas du tout ! Votre tomate/vidéo a été obtenue à partir des graines de la tomate-vidéo de chez Monsanto/Vivendi. C’est une infraction au copyright. On refuse/censure votre tomate-vidéo. Donc, soit tu change de graine, soit tu te casse. »
      – « Bonjour Yves, je ne sais pas si on t’as eu le mémo, mais pour faire venir + de gens dans l’hypermarché, à chaque fois que des clients/spectateurs regarderont ta vidéo, ils devront acheter des topinambours et regarder des vidéos d’Eric Zemmour. J’espère que ça te dérange pas ? Bon, de toutes façons, que ça te dérange ou pas, ça change rien : c’est ma chaine de magasin, pas la tienne. Donc, soit tu accepte, soit tu te casse. »
      etc
      etc
      etc

      C’est pour cela qu’il faut des alternatives à Youtube. Si ton seul souci, c’est le nombre de vues, oui, tu sera mieux servi là-bas. Si par contre, ton souci c’est de refuser un système aliénant, alors PeerTube pourra peut être être une solution pour toi. C’est ton problème, ton choix, pas le nôtre.

      > Si j’héberge ma propre instance, je vais prendre un nouveau serveur dédié pour ça. Ça a un coût, qui vient s’ajouter à l’ensemble des coûts de production actuels. […] Ce qu’on aura du mal à trouver par contre, c’est le temps nécessaire pour la maintenance et la gestion des vidéos sur l’instance. Les mises à jours, les problèmes divers et variés qui sont le lot de l’administration et de la gestion d’une machine supplémentaire.

      Là encore, tu as parfaitement raison : oui, s’héberger ailleurs à un coût. C’est même répété plusieurs fois dans l’article.
      Par contre, là où je trouve ta remarque injuste, c’est que j’y répond dans l’article :
      – tu peux mutualiser le coût de ton instance avec des vidéastes « proches de toi » : si ce ne sont pas des inconnus pour toi, vous aurez peut être plaisir à coadministrer cette instance. Et le coût pourra être très faible (cf mon exemple dans l’article)
      – si vraiment ton choix c’est d’être tout seul, mais que tu ne veux pas gérer l’installation/maintenance, peux faire appel à quelqu’un (je donnais le cas de https://ethibox.fr/peertube mais il y en a d’autres, et Framasoft n’est pas là pour faire de la pub)

      > Voilà pour mon « petit » témoignage.

      Merci sincèrement pour ce retour 🙂

      Si tu veux les avantages de Youtube (découvrabilité, audience de dingue, techniquement au top, gratuité de l’hébergement), mais sans les inconvénients (modèle toxique et conçu pour te rendre dépendant), alors PeerTube n’est **pas** fait pour toi.
      PeerTube et son modèle ont leurs propres inconvénients ! Par contre, on est transparents dessus. C’est donc à toi de faire ton choix. Si tu es mieux chez Youtube, tant mieux pour toi (et tant mieux pour nous aussi, car sinon, on aurait quelqu’un qui vient se plaindre en permanence que PeerTube ne fait pas ceci ou cela alors que « chez Youtube, c’est mieux »)

      Je re-cite ma conclusion : « Mais [PeerTube] n’est pas non plus une solution magique. Elle réclame des efforts, et parfois même des sacrifices. »

      En espérant avoir éclairé cet aspect là du débat (et merci encore pour ton commentaire)

  6. Vincent M.

    Merci pour ce rappel de valeurs, proposer une alternative ce n’est pas prendre la place de … Certes on pourrait vouloir être pressé (comme les citrons) mais le résultat est souvent amer (comme les citrons). Le but n’est pas d’emmener le troupeau dans un autre enclot, fusse-t-il plus grand, mais de laisser la barrière ouverte pour que si on préfère l’herbe verte au foin on puisse aller voir plus loin.
    Je plussoie des deux mains le fond de l’idée, ne pas être un youtube bis qui targuerait d’être un peu plus « éthique » tout comme je ne rêve pas que Linux remplace Windows, mais que les gens s’affranchissent d’un système qu’on leur impose pour choisir ce qui leur va.
    On pourrait aussi prendre l’image du bio : non personnellement ça ne me réjouit pas qu’il y ait du bio de plus en plus dans les grandes surfaces et que les industriels de l’agro-alimentaire s’y mettent. Parce que je n’ai pas choisi le bio pour sa seule absence de pesticides (ce qui est dans moins en moins le cas dans le bio d’hyper). Initialement, celui que j’achète est le fruit d’un mode de vie, d’un rapport social, d’une proximité, d’un rapport à la terre et son utilisation (et non son exploitation).

  7. libre fan

    Merci pour vos exemples contrastés d’instances de PeerTube:
    * peertube.datagueule.tv est chez framasoft (heu pour combien de temps encore?) et gandi
    * ethibox.fr est chez ovh, il faut espérer que l’instance de PeerTube l’est également
    * video.ploud.fr dont vous dites “gérée par une entreprise, elle accueille +2 500 utilisateurs et plus de 20 000 vidéos.” Ce n’est pas juste que cette instance peut vous foutre dehors c’est plutôt ceci: sandy.ns.cloudflare.com. dns.cloudflare.com
    Sur video.ploud.fr, pour reprendre votre analogie, vous êtes dans un hotel qui fait partie d’une chaîne d’hotels dont le propriétaire est Cloudflare: c’est lui qui a tous les droits dont celui de d’enregistrer votre activité. Video.ploud.fr peut aussi se faire foutre dehors. Et comment video.ploud.fr peut être compatible avec le RGPD puisque Cloudflare ne le peut sans doute pas, à moins que la CNIL regarde ailleurs?

    Donc, ce n’est pas parce que PeerTube est un logiciel vertueux en soi que la majorité des instances PeerTube le sont.

    En passant, mon problème avec PeerTube, c’est que je n’ai pas réussi à télécharger en Bittorrent (j’essaierai de nouveau à l’occasion) alors que ça va très bien avec des distributions GNU/Linux. Il me semble que le streaming n’est pas du tout écologique.

    Pour youtube, on peut profiter, tant qu’on peut encore car Google n’aime pas du tout, du module pour Firefox _Privacy Redirect_ qui, (voir dans les paramètres du module) permet d’avoir un proxy entre youtube et l’instance Invidious (ex: invidious.fdn.fr), et ainsi vous échappez tout à fait à Google (sauf erreur de ma part).

    • libre fan

      Bon, le téléchargement en P2P a bien marché sur pt.diaspodon.fr puis sur peertube.datagueule.tv, y a donc des peertubeurs là-dessus.
      Et pour en rajouter une couche, vous êtes sur peertube.datagueule.tv et grâce aux joies de la fediversité, je vérifie quand même qui fournit la vidéo si ce n’est pas l’instance où je me trouve. Par ex. j’ai préféré évité peertube.iselfost.com qui se confie à Verisign.

    • pyg

      > * peertube.datagueule.tv est chez framasoft

      Yep. On ne fait qu’une partie de la presta technique (gracieusement)

      > > (heu pour combien de temps encore?)

      Ben, tant que Framasoft et Datagueule le voudront. Ils ne nous forcent pas, nous non plus.

      > * ethibox.fr est chez ovh, il faut espérer que l’instance de PeerTube l’est également

      C’est à ethibox qu’il faut poser la question.

      > * video.ploud.fr dont vous dites “gérée par une entreprise, elle accueille +2 500 utilisateurs et plus de 20 000 vidéos.” Ce n’est pas juste que cette instance peut vous foutre dehors c’est plutôt ceci: sandy.ns.cloudflare.com. dns.cloudflare.com
      Sur video.ploud.fr, pour reprendre votre analogie, vous êtes dans un hotel qui fait partie d’une chaîne d’hotels dont le propriétaire est Cloudflare: c’est lui qui a tous les droits dont celui de d’enregistrer votre activité. Video.ploud.fr peut aussi se faire foutre dehors.

      Alors attention : c’est pas moi qui vais défendre Cloudflare, mais c’est pas parce que tu utilise leur service que tu es totalement dépendant d’eux.
      Le fait d’utiliser des CDN ou des DNS externes est à mon sens une erreur, mais c’est potentiellement moins chiant en cas de « censure » que si c’était ton hébergeur qui te foutait dehors.
      L’instance video.ploud.fr est gérée par une boîte toulousaine (https://psiade.com/) que je ne connais pas et dont je ne connais pas les valeurs. Mon choix de la citer ici relève d’une démarche d’honnêteté intellectuelle à ne pas vouloir enfermer mon discours en ne citant que des initiatives type CHATONS.
      Cet article ne visait pas à faire la promotion du libre, ou même de PeerTube, mais bien de dire : « PeerTube est un logiciel libre, il permet de proposer un système fédéré de diffusion de vidéos, mais c’est pas pour autant que ça va être magique ». J’aurai très bien pu parler d’une boite hébergeant du PeerTube sous du AWS. (je rappelle que le libre, pour Framasoft, est un moyen, pas une fin)

      > Et comment video.ploud.fr peut être compatible avec le RGPD puisque Cloudflare ne le peut sans doute pas, à moins que la CNIL regarde ailleurs?

      C’est à ploud/psiade qu’il faut poser la question.
      Et ce que fait ou ne fait pas la CNIL ne relève pas de de Framasoft.

      > Donc, ce n’est pas parce que PeerTube est un logiciel vertueux en soi que la majorité des instances PeerTube le sont.

      Alors pour moi, aucun logiciel, libre ou pas, n’est vertueux (pas plus qu’il n’est nocif, pas plus qu’il n’est neutre : je vous renvoie à la notion de pharmakon d’Homère, concept repris et appliqué aux processus techniques et aux technologies par B. Stiegler http://arsindustrialis.org/pharmakon )

      En prolongement, je ne pense pas que le « vidiverse » (= l’espace fédéré des vidéos du fediverse) soit vertueux (la vertu étant une qualité morale). PeerTube est un système technique qui permet d’utiliser « autre chose » que le système toxique de Youtube. Mais rien n’empêche de réinjecter de la toxicité dans un système PeerTube (tu peux ajouter des développements qui vont miner du bitcoin sans prévenir, tu peux foutre de la pub toutes les 30s, tu peux avoir des algos clivant de conseils de vidéos, etc). Le principal avantage de la fédération, c’est que du coup, tu peux défédérer ton instance PeerTube (ou Mastodon, ou Mobilizon) d’instances toxiques.

      Donc, je partage ton avis que ce n’est pas le logiciel qui fait la fédération. Mais ni Framasoft, ni PeerTube, ne peuvent ni ne veulent contrôler ce que doit être (ou ne pas être) cette fédération. Evidemment, nous l’orientons via nos développements. Mais n’importe qui pouvant forker PeerTube et en faire le logiciel « BadTube », nous ne sommes pas en contrôle. Et on est OK avec ça.

      > En passant, mon problème avec PeerTube, c’est que je n’ai pas réussi à télécharger en Bittorrent (j’essaierai de nouveau à l’occasion) alors que ça va très bien avec des distributions GNU/Linux.

      A priori, tu as réglé ton problème 🙂

      > Il me semble que le streaming n’est pas du tout écologique.

      Aucune technologie n’est écologique. Elle peut être plus ou moins impactante d’un point de vue écologique. Mais si par « écologique » tu entends « bonne pour la planète », alors je n’en connais aucune (qu’on parle de satelittes, de voitures éléctriques comme de lunettes de vues ou de lampes LED).

      Si tu veux dire que le streaming direct a un impact équivalent CO² plus important que le P2P, la réponse est « c’est en général vrai ». Mais ce type d’analyse d’impact dépend de ce que tu mesure, et du contexte dans lequel tu le mesure.
      Du P2P avec un grand nombre de pairs tous situés dans un pays à l’énergie fortement carbonée (ex la Pologne) n’aura pas, en analyse ponctuelle, le même impact qu’un streaming en réseau interne d’une entreprise.
      Mais, surtout, cela serait se limiter uniquement à la mesure du flux d’énergie consommée le temps de ta vidéo. Mais *toutes* les études pointent que l’immense majorité du bilan carbone de l’industrie numérique provient 1) de la production des terminaux, 2) de la production et de la maintenance des infrastructures.
      Je ne veux pas botter en touche en disant que le mode de transmission est marginal dans ce calcul, mais… c’est marginal. On aura infiniment plus d’impact en refusant de consommer (par exemple en dénonçant et refusant les publicités 4K, et les publicités tout court :P) plutôt qu’en choisissant le P2P au Streaming.
      Un peu comme les campagnes de culpabilisation du gouvernement qui te disent que tu es un mauvais citoyen si tu laisse couler l’eau pendant que tu te brosse les dents, mais qui vont autoriser de l’arrosage industriel en plein cagnard. Est-ce que ça signifie qu’on s’en fout de laisser couler l’eau quand on se brosse les dents ? non. Est-ce que ça signifie qu’on a réglé une part significative de problème en utilisant un verre à dent ? non plus.
      Bref, on pourrait afficher « PeerTube est + écologique que Youtube » sur la page d’accueil, mais ça serait malhonnête intellectuellement.

      > Pour youtube, on peut profiter, tant qu’on peut encore car Google n’aime pas du tout, du module pour Firefox _Privacy Redirect_ qui, (voir dans les paramètres du module) permet d’avoir un proxy entre youtube et l’instance Invidious (ex: invidious.fdn.fr), et ainsi vous échappez tout à fait à Google (sauf erreur de ma part).

      Tout dépend ce que tu appel par « tout à fait » 🙂
      Pour toi, en tant que consommateur : c’est effectivement cool : tu ne laisse qu’un minimum de traces 🙂

      Cependant : 1) Google peut toujours censurer la vidéo 2) Google peut bloquer l’instance invidious 3) le créateur « reste » dans le système toxique de Youtube 4) une instance invidious un peu connue peut vite se retrouver débordée en terme de bande passante (c’est déjà arrivé à des instances de chatons, comme 42l. Et c’est une des raisons pour lesquelles Framasoft ne propose pas d’instances invidious)
      Donc, c’est reculer pour mieux sauter.

      PeerTube n’est pas la panacée, mais c’est une pierre parmi d’autres pour permettre une porte de sortie à celles et ceux qui refusent d’utiliser Youtube. Est-ce aussi confortable ? Non, et ça ne le sera pas (cf. article). C’est une solution non optimale, mais c’est une solution quand même.

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