Popcorn Time « le pire cauchemar d’Hollywood » n’est déjà plus 2/3

Il y a quelques jours à peine nous annoncions la sortie de l’application Popcorn Time, mieux que Netflix pour voir des films en streaming via BitTorrent !

Popcorn Time y était qualifié de « pire cauchemar d’Hollywood ».

Hollywood s’est réveillé et a réagi…

L’équipe de développement nous annonce déjà le clap de fin, en restant évasif sur les explications. Mais nul doute qu’ils ont reçu des pressions. Ils disent avoir vérifié quatre fois que Popcorn Time était légal (puisqu’ils proposaient une technologie neutre, n’hébergeait rien sur leurs serveurs et ne faisant que combiner trois bases de données externes : pour les torrents, pour les informations des films et pour leurs affiches).

Cela n’a, semble-t-il, pas suffi.

Edit : il y a une suite heureuse à cette histoire !

Goodbye Popcorn Time

Adieu Popcorn Time

Goodbye Popcorn Time

L’équipe de développement – 14 mars 2014

(Traduction : Piup, aKa, Kcchouette, loicwood, Noon, lumi, Amazigh + anonymes)

Au revoir

Nous avions commencé Popcorn Time comme un défi lancé à nous-mêmes. C’est notre devise… C’est ce à quoi nous aspirons.

Nous sommes très fiers de ce projet. C’est le plus important que nous ayons construit. Nous avons constitué une équipe géniale en le faisant, avec des gens avec qui nous adorons travailler. Et pour être honnête, au moment où je vous écrit, nous sommes tous un peu écœurés et abasourdis. Nous aimons Popcorn Time et ce qu’il défend, et nous avons l’impression de laisser tomber nos géniaux contributeurs chéris. Ceux qui ont traduit l’application en 32 langues, y compris certains dont nous ne connaissions même pas l’existence. Nous sommes en admiration devant ce que la communauté libre peut faire.

Nous sommes avant tout de jeunes entrepreneurs passionnés d’informatique. Nous lisons Techcrunch, Reddit et Hacker News dont nous avons fait deux fois la une. Dans le même temps, nous avons eu des articles dans Time Magazine, Fast Comany, TechCrunch, TUAW, Ars Technica, Washington Post, Huffington Post, Yahoo Finance, Gizmodo, PC Magazine et Torrent Freak, pour ne nommer que ceux-là. Et nous sommes intervenus à la télévision et dans des émissions de radio, sans parler des nombreuses interviews, et celles que nous avons aussi déclinées en raison de l’excès de sollicitation(s) de la part des médias.

Et aucun de ces médias ne nous blâmait. Non, ils nous soutenaient. Nous étions devenus les outsiders qui se battaient pour le public et les consommateurs. Des gens que nous respections, certains de nos héros, ont dit monts et merveilles à propos de Popcorn Time, ce qui a largement dépassé nos espérances pour un projet expérimental monté en seulement quelques semaines.

En tant que projet, Popcorn Time est légal. Nous avons vérifié. Quatre fois.

Mais comme vous vous en doutez, cela est rarement suffisant. Notre soudaine popularité nous a mis en contact avec des tas de gens, des journaux aux créateurs de nombreux sites et apps, qui étaient extrêmement populaires. Nous avons beaucoup appris à leur contact. En particulier que s’opposer à une industrie obsolète, arc-boutée sur son modèle économique, a un prix. Un prix que personne ne devrait payer en aucune manière.

Vous savez quelle est la meilleure chose à propos de Popcorn Time ? Que des tas de gens se sont accordés pour reconnaître que l’industrie du cinéma avait établi bien trop de barrières et de restrictions sur le marché. Prenons l’exemple de l’Argentine : les diffuseurs de streaming, là-bas, pensent que “There’s something about Mary” (Mary à tout prix) est un film récent. Ce film est ici, aux États-Unis, tellement vieux, qu’il aurait l’âge de voter !

La majorité de nos utilisateurs n’est pas localisée aux États-Unis. Ils sont de partout ailleurs. Popcorn Time s’est installé dans chaque pays sur Terre. Même dans les deux (pays) n’ayant pas accès à Internet.

Le piratage n’est pas un problème de personnes. C’est un problème de services. Un problème créé par une industrie qui voit l’innovation comme une menace à leur recette dépassée pour ramasser la monnaie. Un problème dont ils n’ont que faire.

Mais les gens si.

L’expérience montre que les gens risquent des amendes, des poursuites judiciaires ou toute autre conséquence possible uniquement pour pouvoir regarder un film récent chez eux. Juste pour avoir le type de partage qu’ils méritent.

Il se peut que demander gentiment quelques pièces par mois pour donner l’accès à n’importe quel film soit une bien meilleure solution.

Popcorn Time ferme aujourd’hui. Pas parce que nous n’avons plus ni énergie, ni motivation, ni détermination, ni même d’alliés. Juste parce que nous avons envie de poursuivre nos vies.

Notre expérimentation nous a amenés aux portes d’un débat sans fin entre piratage et copyright, menaces légales et machinerie douteuse qui nous donne l’impression d’être en danger à cause de ce que nous aimons faire. Et ce n’est pas une bataille à laquelle nous souhaitons prendre part.

Bises
Pochoclín




Popcorn Time, mieux que Netflix pour voir des films en streaming via BitTorrent ! 1/3

On nous annonce la venue prochaine de Netflix en France, service de streaming de films qui fait déjà trembler les professionnels de la profession (qui n’ont pas jusque là réussi à se mettre d’accord pour proposer une offre légale cohérente et mutualisée).

Les « pirates » s’en fichent, ils ont Popcorn Time, qualifiée ici de « pire cauchemar d’Hollywood ».

Voici en tout cas un outil (libre et) intéressant pour partager par torrents et lire à la volée de la vidéo sur Internet. Ce qui ne dit rien sur la licence de ces vidéos qui peuvent très bien être libres ou dans le domaine public, réglant alors la question des « pirates » qui n’existent plus.

Edit : Quelques jours plus tard, les développeurs fermaient soudainement le site et stoppaient leur travail ! Mais puisque c’est libre, l’application est déjà reprise par d’autres !!!

 

Popcorn Time

 

Popcorn Time : un « Netflix » open source de torrents pour pirates

Popcorn Time: Open Source Torrent Streaming Netflix for Pirates

Ernesto – 8 mars 2014 – TorrentFreak
(Traduction : ilo, Juliette, Kcchouette, aKa, lumi, Diab, Diin, loicwood, Amazigh, Alexis Ids, mokas01 + anonymes)

Popcorn Time, une application de streaming vidéo multi-plateforme et bénéficiant de la technologie BitTorrent, pourrait très bien se révéler être le pire cauchemar d’Hollywood. Le logiciel peut être décrit comme un Netflix pour pirates, permettant aux utilisateurs de diffuser les derniers grand succès sans frais. TorrentFreak s’est entretenu avec l’un des développeurs pour savoir comment l’application est née.

Au fil des ans, BitTorrent est devenu assez grand public, avec des centaines de millions de personnes utilisant des clients de torrent pour télécharger les derniers divertissements.

Malgré sa popularité, le processus de téléchargement peut se révéler ardu, particulièrement pour les novices. Confronté à ce problème, Sebastian, un designer de Buenos Aires, a décidé de concevoir un logiciel qui simplifie la manipulation et la rend aussi simple que Netflix.

« En tant que designer j’aime simplifier les choses. Prendre quelque chose de complexe et le rendre accessible pour l’utilisateur lambda. J’ai beaucoup d’amis qui ne comprennent pas comment fonctionnent les torrents et je voulais rendre l’usage de la technologie torrent facile et sans effort », nous dit Sebastian

Après quelques mois de code, Popcorn Time était né, un outil qui permet aux utilisateurs de diffuser des torrents de films populaires en un simple clic. Popcorn Time offre un accès immédiat à des centaines de films, disponibles en différentes qualités et sous-titrés si besoin.

Ce qui a débuté comme l’expérimentation d’un groupe d’amis s’est bientôt transformé en quelque chose de bien plus important. Popcorn Time a maintenant 20 collaborateurs sur Github et continue de se développer très rapidement. Des développeurs du monde entier ont ainsi ajouté de nouvelles caractéristiques et, en l’espace de 24 heures, l’application était traduite en six langues différentes.

Sebastian explique que Popcorn Time utilise node-webkit et est disponible sous Windows, Mac et Linux. Il s’agit d’un navigateur qui utilise HTML, CSS et JavaScript pour fournir les flux de films.

« La technologie utilisée pour l’appli et très simple. Nous utilisons un groupe d’APIs, une pour les torrents, une autre pour l’info du film, et une autre pour l’image de l’affiche du film. Nous avons aussi une API pour les sous-titres. Tout est automatisé, nous n’hébergeons rien, mais nous prenons les informations existantes pour les relier », explique Sebastian.

Les fichiers torrents viennent tous de YTS (anciennement YIFY), qui possède une API exploitée par Popcorn Time. L’application peut chercher dans sa base de données et autorise les utilisateurs à streamer le torrent à la demande. À la fin, l’appli continuera à partager pendant un moment, après que le téléchargement soit terminé, pour éviter le leeching.

Considérant que Popcorn mène à un grand nombre de films sous copyright, l’industrie culturelle risque de ne pas être contente mais si l’on en croit Sebastian, les développeurs ne s’attendent pas à des problèmes juridiques. Ils informent ainsi en page d’accueil les utilisateurs que « le téléchargement de films sous copyright peut ne pas être autorisé dans votre pays ». Par ailleurs, ils ne font qu’intégrer du contenu déjà existant, et ce sans visée commerciale.

« Nous ne prévoyons pas de problèmes judiciaires; nous n’hébergeons rien, et aucun des développeurs ne se fait d’argent là-dessus. Il n’y a pas de publicités, pas de comptes premium, et aucun frais d’abonnement ou quoi que ce soit d’autre. C’est une aventure-expérience pour apprendre et partager », souligne Sebastian.

Toutes les personnes travaillant sur ce projet sont elles-mêmes de grands fans de films, et la plupart ont un compte Netflix. Sebastian reste convaincu qu’aller au cinéma est la meilleure façon de profiter d’un film, mais si des gens veulent regarder un film récent à la maison, ils devraient pouvoir le faire. Souvent, ce n’est pas le cas, et c’est là où Popcorn Time entre en jeu.

« Nous déplorons de ne pas avoir l’opportunité de regarder certains films à la maison. Popcorn Time est une expérimentation dont le but est de montrer que l’on peut faire mieux pour les utilisateurs, et ce, avec BitTorrent », dit Sebastian.

Popcorn Time est officiellement toujours en Bêta, et va continuer de s’améliorer au cours des semaines et mois à venir. Toutefois, une chose ne changera jamais, il restera libre et open source aussi longtemps qu’il existera.




Geektionnerd : ThePirateBay.GL

Geektionnerd - Simon Gee Giraudot - CC by-sa

Geektionnerd - Simon Gee Giraudot - CC by-sa

Source :

Crédit : Simon Gee Giraudot (Creative Commons By-Sa)




Le plus vieux torrent de The Pirate Bay est une copie (illégale) de « Revolution OS »

Réalisé en 2001 par J.T.S. Moore, le documentaire « Revolution OS » retrace l’histoire des mouvements GNU, Linux, Open Source et des logiciels libres. Plusieurs personnalités de l’informatique sont interviewées, comme Richard Stallman, Linus Torvalds, Eric S. Raymond ou encore Bruce Perens.

Il n’est pas anodin de remarquer que c’est le plus vieux torrent encore activement partagé sur The Pirate Bay, avec la paradoxale ironie du partage illégal d’un film traitant d’un tel sujet !

PS : Nous avons choisi de faire comme si le lecteur était familier de Bittorrent et que les termes seeder, celui qui met à disposition le fichier, ou leecher n’avaient pas de secret pour lui (sinon c’est clic Wikipédia).

PS2 : Le film est également disponible dans son intégralité (anglais sous-titré anglais) en streaming sur YouTube (et toujours illégalement bien entendu).

Revolution OS

Le torrent le plus vieux de The Pirate Bay est « Revolution OS »

The Pirate Bay’s Oldest Torrent is “Revolution OS”

Ernesto – 17 mars 2013 – TorrentFreak.com
(Traduction : igor-d, Martin, Sakrecoer, Alpha, fcharton + anonymes)

Après presque 9 ans de distribution, le plus vieux torrent de The Pirate Bay disponible, est encore bien actif. Curieusement, ce torrent n’est ni un classique d’Hollywood ni un album de musique indémodable. La première place est attribuée à un exemplaire piraté de « Revolution OS », un documentaire qui traite de l’histoire de Linux, GNU et le mouvement du logiciel libre.

The Pirate Bay fêtera son dixième anniversaire un peu plus tard cette année. Une belle réussite, quand on sait que le site a fait l’objet de procès durant une bonne moitié de son existence.

Loin de tout ça, nous avons souhaité découvrir le plus vieux torrent ayant survécu à tous ces problèmes.

Après quelques recherches, nous avons trouvé que cette distinction revient à une copie pirate du documentaire « Revolution OS ». Le torrent en question fût mis en ligne le 31 Mars 2004.

A l’époque il n’y avait que quelques centaines de fichiers torrents stockés sur The Pirate Bay, comparé aux plus de 2 millions d’aujourd’hui. Année après année uniquement 15 personnes ont laissé un commentaire sur la page du torrent et il y a 27 seeders à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Il y a une certaine ironie dans le fait qu’une copie « piratée » d’un film à propos de Linux, GNU et le mouvement des logiciels libres soit le torrent le plus ancien à être encore seedé (c’est-à-dire disponible et partagé). Richard Stallman, une des figures clefs du documentaire, serait fier et heureux de l’apprendre 😉

J.T.S. Moore, le réalisateur de « Revolution OS » a des sentiments contradictoires au sujet de cette réussite quand on l’interroge :

« Il y a clairement un problème de copyright, mais d’une certaine manière ça fait plaisir de savoir que « Revolution OS » intéresse certaines personnes douze ans plus tard » a-t-il confié à TorrentFreak.

Revolution OS - Torrent - The Pirate Bay

Mais « Revolution OS » est-il le plus ancien torrent encore en vie tout site confondu ?

Non, cet honneur là revient à une autre production peu connue. Le fichier torrent qui existe depuis le plus longtemps à notre connaissance est The Matrix ASCII.

Nous l’avions déjà couronné plus vieux torrent en 2005, et à ce jour il est toujours actif avec quelques téléchargeurs et seeders. Le fichier torrent en question a été créé en décembre 2003 alors que The Pirate Bay n’était âgé que de quelques mois et que Facebook et YouTube n’existaient pas encore. Jusqu’à maintenant, ce fichier a survécu une durée ahurissante de 3 333 jours.

En parlant de records, on peut aussi signaler le plus gros et le plus petit torrent de The Pirate Bay. Le plus gros torrent actif est une archive du dernier Geocities.com, fermé par Yahoo en 2010. Le torrent de 641 Go est actuellement en train de lutter pour sa survie avec un seul seeder.

Le plus petit torrent, à peine plus de 3 Ko, renvoie vers un crack d’Adobe Photoshop. Dans ce cas, le fichier du torrent prend plus d’espace disque à lui tout seul que le fichier qu’il permet de télécharger. Avec plus de 1000 seeders, ce fichier devrait rester encore disponible pour un petit moment 😉

L’an prochain, le torrent de « Revolution OS » devrait fêter ses 10 ans, et nul doute qu’il sera encore là pour souffler ses bougies.




Geektionnerd : Rapport Gaumont (et merveilles)

Que la citation ait été ou non sortie de son contexte, c’est assez énorme 🙂 Pour en savoir plus PCInpact ou Numerama.

Geektionnerd - Simon Gee Giraudot - CC by-sa

Geektionnerd - Simon Gee Giraudot - CC by-sa

Gee sera ce week-end du 26/27 mai au festival de BéDéologie de l’INSA Lyon.

Crédit : Simon Gee Giraudot (Creative Commons By-Sa)




Salut à toi mélomane, téléchargeur, pirate, pseudo-criminel…

Benn Jordan est musicien et président fondateur du modeste label indépendant Alphabasic Records.

En janvier 2008, et contrairement à ce qu’il se produisait d’habitude, il fut surpris de constater l’absence de son nouvel album sur les sites de torrents et P2P !

Alors il décida de prendre lui-même les devants en téléversant ses propres fichiers audios sur les sites de partage, mais en les accompagnant d’un court texte que nous avons décidé de traduire ci-dessous tant il nous semble original et révélateur de la situation actuelle.

Ainsi tout « pirate » téléchargeant l’album se retrouvait avec un petit fichier HTML contenant le message. Libre alors à lui de le lire et d’agir en conséquence.

Remarque : On pourra trouver le bilan de cette action dans le billet From Pirates To Profit. Et si vous voulez écouter quelques extraits de l’album en question il y a ce lien YouTube.

Benn Jordan

Bonjour mélomane… téléchargeur… pirate… pseudo-criminel…

Hello listener…downloader…pirate…pseudo-criminal…

Benn Jordan – janvier 2008 – Alphabasic Records
(Traduction : Ælfgar, Kiwileaks, Marwan, Thb0c, Gordon, Hikou, Chk, Coyau, axx et autres anonymous)

Bonjour mélomane… téléchargeur… pirate… pseudo-criminel…

Si vous êtes en mesure de lire ceci, alors il est plus que probable que vous ayez téléchargé cet album depuis un réseau pair à pair ou un torrent.


Vous vous attendez probablement à ce que le reste de ce message vous dise que vous êtes en train de faire du mal aux musiciens et de contrevenir à plus ou moins toutes les lois en vigueur sur la copie. Ce ne sera pas le cas ici.

Ce que j’aimerais vous dire, c’est que mon label comprend que beaucoup de gens piratent de la musique parce que c’est plus simple que de l’acheter. Les CD se rayent facilement, la plupart des sites de téléchargement avec paiement à l’acte proposent une faible qualité accompagnée de merdiques protections par DRM, et les vinyles sont quasiment impossibles à trouver ou expédier simplement.

Je me demande même souvent pourquoi les gens achètent encore des CD. Certains apprécient le fait d’avoir une vraie pochette physique, d’autres ne se sont pas encore adaptés aux MP3, mais la plupart le font parce qu’ils aiment passionnément la musique et veulent soutenir les artistes qui la font. Ça vous redonne foi en l’humanité l’espace d’un instant, hein !

Ok donc, on fait quoi maintenant ?
Vous aimez l’album ? Vous voulez « soutenir l’artiste » sur iTunes ?
Eh bien, ne le faites pas !
Alphabasic est en ce moment même en pleine bataille juridique contre Apple parce qu’AUCUN de nos contenus (le catalogue Sublight Records compris) n’a reçu le moindre centime de royalties par rapport au grand nombre de ventes qu’iTunes a généré en utilisant notre contenu.

Vous voulez acheter un CD uniquement pour témoigner de votre soutien ?
Si vous n’aimez pas particulièrement les CD, ne vous prenez pas la tête.
Les grandes enseignes comme Best Buy et Amazon font tellement monter les prix que leurs parts sont souvent huit fois plus élévées que celle de l’artiste. En plus, la plupart des CD sont fait de plastique non-recyclable et sont de ce fait écologiquement nuisibles.

Si vous aimez vraiment les CD, achetez les directement auprès du label (dans notre cas, alphabasic.com). Après récupération des coûts de production, nos artistes reçoivent habituellement plus de 90% de l’argent venant de votre portefeuille.
J’ajoute que tous nos produits physiques sont réalisés à partir de matériaux 100% recyclés.

Vous souhaitez soutenir sans aimer les CD ?
Allez ici et faites le tour de notre catalogue de téléchargements audio sans perte et sans DRM.
Vous l’avez déjà fait ?
Alors n’hésitez pas à faire un don du montant de votre choix à votre artiste préféré. Il lui reviendra à 100%.
Franchement, vous pouvez même donner ne serait-ce qu’un euro pour remercier l’artiste.

Si par exemple vous aimez vraiment « The FlashbulbSoundtrack To A Vacant Life » et voulez nous soutenir sans que l’argent s’en aille vers des détaillants et des distributeurs cupides, ou des représentants et intermédiaires cocaïnomanes, alors cliquez sur ce lien.

Si de plus vous voulez bien renseigner votre adresse postale, Alphabasic pourra vous envoyer occasionnellement quelques goodies (surplus de stock, stickers, et même parfois des CD rares ou inédits) en guise de reconnaissance.

Merci d’avoir pris le temps de lire ce message.

Qui sait si mon petit modèle économique permettra de financer de nouveaux albums, mais même l’échec vaut mieux que le système de distribution pourri dont les artistes souffrent depuis plus de cinquante ans.
Nous espérons que vous apprécierez la musique autant que nous l’apprécions en la créant .

Enfin un tout dernier point. Si vous envisagez de partager cette musique, merci de conserver et d’y inclure ce texte. La seule raison de sa présence est de montrer à l’auditeur où et comment il peut soutenir son artiste favori !

Benn Jordan
PDG d’Alphabasic Records




Geektionnerd : Dépêches Melba 3 (p0rn inside)

Un Gee-Mix des news de la semaine…

Geektionnerd - Simon Gee Giraudot - CC by-sa

Geektionnerd - Simon Gee Giraudot - CC by-sa

Geektionnerd - Simon Gee Giraudot - CC by-sa

Liens connexes, si cela vous a échappé :

Crédit : Simon Gee Giraudot (Creative Commons By-Sa)




Ce n’est qu’un début, continuons la copie !

Le fameux site The Pirate Bay est actuellement dans la tourmente, nous annonce Le Monde, puisque les trois fondateurs viennent d’épuiser un de leurs derniers recours contre leur incarcération.

L’un d’eux, Peter Sunde, a posté sur son blog une réponse que nous avons décidé de traduire ci-dessous.

On pourra la trouver teintée d’une révolte un peu adolescente et lyrique, mais qu’importe. Ce texte permet à minima de rappeler qu’en 2012 des gens vont faire de la prison ferme pour avoir hébergé des liens vers des fichiers…

« Kopimi » (alias « Copiez-moi ») pourrait bien devenir l’un des slogans les plus subversifs du XXIe siècle[1].

Viktor Hertz - CC by

Pas de concession : Kopimi ligne dure.

Maintain. Hardline. Kopimi.

Peter Sunde – 1 février 2012 – Copy me happy
(Traduction Framalang : goofy, albahtaar, Clochix, DonRico)

Nous avons appris aujourd’hui le rejet en appel par la cour suprême du dossier The Pirate Bay (TPB). Nous n’en sommes pas surpris. Les précédents procès suintaient la corruption. Depuis les pressions exercées par les États-Unis sur le ministre de la Justice afin de déférer TPB devant les tribunaux sans justification légale, en passant par l’officier de police responsable de l’enquête (Jim Keyzer) qui décrochait « par hasard » un poste chez Warner Bros quelques semaines avant ma promotion de témoin à suspect, jusqu’aux magistrats de nos procès qui siègent aux conseils d’administration — ou qui en président, comme c’est le cas d’un d’entre eux – de l’institution pro-copyright suédoise, il était clair pour nous que la cour suprême — où de nombreux juges gagnent beaucoup d’argent eux-mêmes grâce au copyright de leurs ouvrages — serait difficile à persuader de se saisir du dossier. Même si la majeure partie de la population voudrait que l’affaire y soit jugée. Même s’il s’agit de l’un des dossiers les plus importants dans toute l’Union européenne.

La Suède tient de beaux discours sur l’attention qu’elle porte à Internet. Elle consacre beaucoup d’argent et de temps pour aider des activistes dans le monde entier. Mais qui sont ces gens qu’ils sont si fiers d’aider ? TPB est l’un des plus importants mouvements de défense de la liberté d’expression en Suède, et œuvre contre la corruption et la censure. Tous ceux qui se sont à un moment ou un autre investis dans TPB l’ont aussi été dans de fameux projet de divulgation d’informations ou ont aidé des gens pendant le printemps arabe. Nous combattons la corruption à l’échelle mondiale. Nous défendons l’égalité des chances des nations pauvres partout dans le monde. Nous avons anéanti le monopole sur l’information. Nos proches, dont beaucoup nous ont aidés à construire TPB, ont été cités comme de possibles lauréats du prix Nobel de la paix. Je ne fanfaronne pas, j’explique cela pour être sûr que l’on comprenne qui ici a une action juste. Je n’ai jamais vu l’industrie du divertissement aider qui que ce soit, si ce n’est elle-même.

La Suède n’a pas l’habitude de la corruption. Ou plutôt, la Suède n’a pas l’habitude de voir la corruption qui sévit chez elle. La société y est fondée sur la croyance que dans les systèmes législatifs suédois tout le monde a de grandes qualités morales et éthiques. La mondialisation a changé cela. Les lobbies du divertissement ont rudoyé la Suède. Et pas seulement la Suède. On le voit dans des législations telles que SOPA, PIPA, ACTA, IPRED, IPRED2, TPP, TRIPS, pour n’en citer que quelques-unes. Toutes ces législations ont le même but : s’assurer que le contrôle d’Internet soit entre les mains des riches qui possèdent déjà certains pouvoirs de contrôle hors d’Internet.

Je ne suis qu’un homme parmi les millions qui se dressent contre cela. Même si le verdict (auquel nous ne sommes pas encore rendus) n’est pas favorable à ma situation personnelle, le but final pour lequel nous nous battons est bien plus important que les luttes personnelles de quelques individus. Je m’accomoderai de ne pas être riche — ce qui est simple lorsque de toutes façons l’on n’est pas riche. Je m’accomoderai de la peine à laquelle je serai finalement condamné — je vais simplement finir mon livre. Le combat continuera avec ou sans moi, je ne suis qu’un pion. Mais au moins, je suis un pion du côté moral. Je suis très fier de ce que j’ai accompli, et ne changerai rien à mon engagement. Je pense d’ailleurs que j’aurais pu en faire bien plus pour ce combat. Et j’en ai l’intention.

Aujourd’hui, j’appelle instamment chacun de vous à vous assurer que l’industrie du divertissement ne fait pas son beurre sur votre dos. Arrêtez d’aller voir leurs films. Arrêtez d’écouter leur musique. Assurez-vous de trouver des moyens alternatifs d’accéder à la culture. J’ai fondé Flattr.com, qui vous permet de soutenir directement les gens qui créent, plutôt qu’au travers de l’industrie corrompue du divertissement. Utilisez ce système en solidarité avec les créateurs et avec vos concitoyens. Ou lancez un procédé concurrent. Diffusez la culture et participez-y. Remixez, réutilisez, utilisez, abusez. Assurez-vous que personne ne contrôle votre esprit. Créez de nouveaux systèmes et des technologies qui contournent la corruption. Lancez une religion. Lancez votre propre nation, ou achetez-en une. Achetez un bus. Et désossez-le.

Agissez toujours résolument et appliquez une doctrine kopimi sans concession.

Notes

[1] Crédit photo : Viktor Hertz (Creative Commons By)