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framasoft

Tout ce qui touche de près ou de loin la galaxie Framasoft.

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samedi 8 mars 2008

Finir ensemble la traduction du livre « Free as in Freedom » ?

Free as in Freedom - Sam Williams - cover

Le 31 mars 2007 je lançais ce petit appel sur notre forum :

Je ne voudrais pas être grandiloquent (ou "librocentriste") mais je tiens Richard Stallman pour l'un des personnages les plus importants de notre temps. Et si la culture libre continue de se déployer (jusqu'où ? on n'en sait trop rien) c'est un peu grace à ce drôle de petit bonhomme têtu.

Il y a quelques années (2002) est sortie en langue anglaise une biographie de Richard Stallman "Free as in Freedom" par Sam Williams (chez O'Reilly). Elle n'a été traduite (et imprimée) qu'en italien (langue que je maîtrise un peu, tout de moins mieux que l'anglais). J'ai eu alors l'occasion de me procurer ce livre et je l'ai trouvé fort intéressant. Je ne dis pas qu'il passionnera la ménagère de moins de cinquante ans mais ce qui est sûr c'est qu'il n'est pas uniquement réservé au geek informaticien (j'en suis la preuve !). Toute personne un tant soit peu curieuse de comprendre la genèse du mouvement logiciel libre et la personnalité de la plus célèbre de ses figures de proue y trouvera son compte (comme par exemple un visiteur du réseau Framasoft).

Etrangement dans le monde de l'édition francophone on trouve bien une biographie de Loana mais pas de traduction de cette biographie de Stallman (je suppose qu'O'Reilly à dû décider que ça n'était pas rentable).

Qu'à cela ne tienne et si on réalisait ensemble cette traduction ? Ca ferait en bout de chaîne un chouette Framabook non ?!

Précisons, s'il en était besoin, que le livre est sous licence libre (la GNU FDL) ce qui justement rend possible cette traduction (pour l'anecdote ce n'était pas l'intention de départ de Sam Williams de placer son livre sous licence libre mais c'est Stallman qui a insisté et quand Stallman insiste...).

C'était aussi l'occasion pour nous de tester les vertus du wiki puisque nous avions proposé de réaliser ce travail directement dans Wikisource, la bibliothèque libre de Wikipédia.

Toujours est-il qu'une fois le message publié et punaisé, nous ne nous en sommes plus occupés à Framasoft, ayant pas mal d'autres chats à fouetter par ailleurs.

Le résultat des courses c'est que nous sommes aujourd'hui à mi-chemin de la traduction, ou presque, puisque six chapitres sur quatorze ont été traduits (mais il y a aussi les annexes et puis la relecture). C'est pas si mal en fait pour un projet non structuré et non suivi (c'est-à-dire pas du tout cathédrale mais totalement bazar[1]).

Dans ces conditions, et comme dirait Jean-Claude Dusse, il serait dommage de ne pas conclure non ?

Nous recherchons donc des volontaires traducteurs[2] par finir ensemble le travail toujours sur Wikisource mais cette fois-ci en se regroupant au sein d'une liste de discussion dédiée histoire d'être en synergie, de se repartir les tâches et de se motiver les uns les autres ;-)

C'est pourquoi je invite les (gentils) volontaires à se faire connaître en m'envoyant un message à l'adresse suivante :

« freeasinfreedom AT framasoft.net »

Merci de votre attention et de votre éventuelle participation[3].

Richard Stallman - Chrys - CC-By

Et pour finir, un peu de poésie avec ce très court extrait du chapitre IV, situé vers la fin des années soixante-dix, où Stallman se retrouve à Boston au département de recherche en intelligence artificielle du Massachusetts Institute of Technology (le célèbre MIT) :

Pour le génie traité en paria qui s'associe peu à ses pairs collégiens, c'était une expérience enivrante que de soudainement se retrouver avec des gens qui partageaient cette même prédilection pour les sciences informatiques, la science fiction et les repas chinois. « Je me souviens de beaucoup de levers de soleil vus en voiture en revenant de Chinatown, » se remémore Stallman avec nostalgie, quinze ans après les faits lors d'un discours à l'Institut Technique Royal de Suède. « C'était magnifique que de voir un lever de soleil, car c'est un moment très calme de la journée. C'est un temps merveilleux de la journée pour aller se préparer à dormir. Il est de toute beauté de rentrer chez soi alors que se pointe la lumière du jour et commencent à chanter les oiseaux; vous pouvez y trouver une véritable sensation de douce satisfaction, de tranquillité reliée au travail que vous avez accompli cette nuit-là. »

Notes

[1] En référence au célèbre article La cathédrale et le bazar de Eric S. Raymond.

[2] Précisons que si vous souhaitez assurer seulement la relecture vous pouvez très bien vous inscrire sans forcément bien maitriser l'anglais. Précisons également que nous avons déjà une petite équipe de traducteurs à Framasoft, dont on voit souvent les productions sur le Framablog, mais ils sont tous occupés à d'autres travaux et donc indisponibles pour cette traduction qui nécessite clairement de nouvelles énergies.

[3] Photographie de Chrys sous licence Creative Commons By.

lundi 2 juillet 2007

Créer un digg-like francophone de la culture libre ?

FSDaily - screenshot

Dans notre récent appel à soutien nous évoquions une frustration liée à un manque de disponibilité généralisée pour démarrer des projets qui dorment depuis trop longtemps dans nos cartons. Ainsi en va-t-il d'un "digg-like francophone de la culture libre" dont on vient vous demander avis parce que si vous le jugez pertinent il ne serait pas trop chronophage à mettre en place puisqu'ensuite nous bosserions tous dessus !

Présentation et explication par moi-même interviewé par la célèbre journaliste finlandaise Céline Hükksse, venue spécialement d'Outokumpu pour l'occasion. C'est un peu longuet mais c'est tout à l'honneur du professionnalisme de Céline Hükksse que d'avoir souhaité faire ainsi le tour complet du sujet (et plus si affinités).

Bonjour aKa. Alors, parlez-nous un peu de ce nouveau projet ?

Bonjour Céline. Le pitch ce serait de mettre en ligne et alimenter ensemble un digg-like francophone de la culture libre.

Nous estimons qu'un tel site pourrait avoir son utilité en faisant microsoft office de tri sélectif dans la masse à croissance exponentielle de ressources crées chaque jour sur internet. Outre ses avancées dans le monde logiciel (où il reste encore beaucoup à faire), nous pensons également que la culture libre est à terme susceptible de modifier en profondeur des pans entiers de la société (on voit bien comment aujourd'hui il en arrive à titiller le politique et même parfois l'économique) avec toutes les actions et résistances que cela implique.

Dans ce contexte il nous semble intéressant d'avoir à disposition une sorte d'observatoire en temps réel de notre slogan la route est longue mais la voie est libre permettant aux convaincus de se tenir au courant et aux autres de... rallier la Cause :-)

Certes, mais au fait c'est quoi un digg-like ?

Un Digg-like, est un « nom provenant du célèbre site web digg.com et du terme anglo-saxon like (semblable), qui est utilisé pour qualifier les sites web utilisant la même formule que digg.com. Ces sites ont tous une interface de soumission où chaque utilisateur inscrit peut proposer un site web intéressant ou un billet d'un blog qui mérite d'être connu. Par la suite, les nouvelles proposées se retrouvent dans la section "en attente" du digg-like et c'est le rôle des utilisateurs de la faire passer en page principale en votant pour cette nouvelle lorsqu'elle est vraiment intéressante et pertinente. Un algorithme tenant compte du nombre de vote selon le temps ainsi que d'autres facteurs (dépendant du digg-like) détermine si la nouvelle passe en page principale. »

C'est bien dit non ? Bon d'accord c'est pas de moi c'est de Wikipédia. Retenons en tout cas qu'il s'agit de soumettre rapidement (j'allais dire à la volée) des articles de sites ou de blogs et que ce sont les visiteurs eux-mêmes qui choisissent de mettre collectivement tel ou tel lien en lumière.

Quelle serait la différence avec digg.com ?

Avant tout la langue française. Je n'ai ainsi jamais vu une seule news francophone atteindre le haut de l'affiche de digg.com.

Il y aurait du reste beaucoup à dire sur non seulement cette prédominance de l'anglais mais surtout sur la prédominance d'articles rédigés par des américains (quand bien même issus de la contre-culture). En fait c'est la quasi-totalité du web 2.0 qui est américain et cela pose quelques questions en terme de pluralisme et de vision du monde. Mais là n'est pas le propos. Dites-moi si je m'égare Céline...

Vous vous égarez en effet. Soit OK pour digg.com mais alors quelle serait la différence avec des digg-like francophones déjà présents comme scoopeo.fr ou wikio.fr ?

La thématique et la sensibilité des visiteurs / utilisateurs / éditeurs. Le choix assumé et délibéré de proposer majoritairement des news autour de la culture libre en général ou du logiciel libre en particulier. Ce serait notre niche en quelque sorte.

Je n'ai ainsi que très rarement vu de telles news arriver en accueil des sites que vous citez et qui ont fait le choix compréhensible d'être le plus généraliste possible. Le risque est alors de se retrouver avec des liens souvent plus anecdotiques que réellement intéressants (Scoopeo) ou reprenant simplement les dépêches d'agences et des grands médias (Wikio). Enfin une dernière chose, nous n'avons de Loïc Le Meur dans notre équipe capable de lever 4 millions d'euros pour le projet ;-)

Accepté. Mais, plus dur, quelle serait la différence avec linuxfr.org ?

Linuxfr est notre référence absolue en matière de news francophones autour de linux et des logiciels libres et il est tout à fait légitime de se demander ce que ce projet pourrait apporter de plus. Ce qui fait selon moi la sève de DLFP c'est non seulement la qualité des dépêches mais également les nombreux pour ne pas dire fameux commentaires apportés par les lecteurs sous ces dépêches. C'est généralement très instructif même lorsque la polémique (ou le troll) s'installe. Ils font un peu n'achetez pas microsoft office de baromètre non officiel de la culture geek à l'instant t. Et du coup il arrive que la dépêche LinuxFr soit souvent plus riche et intéressante que le contenu même de la dépêche ! J'en profite du reste pour tirer un grand coup de chapeau aux modérateurs pour le soin apporté à la présentation et aux liens connexes de ces dépêches.

Commentaires, culture geek, modération et donc workflow, c'est là que se trouvent les principales différences selon moi. Notre projet de Digg-like n'aura pas pour vocation à suciter des commentaires sous les liens (quand bien même ce soit techniquement possible). Du coup, un peu tel un saut de puce, on y passera mais sans y faire une longue halte comme sur LinuxFr. La thématique culture libre est aussi a priori plus vaste que la culture geek revendiquée par LinuxFr qui ne sort que rarement du champ GNU/Linux et logiciels libres. Enfin l'absence de modération aura théoriquement pour conséquence d'avoir une plus grande exhausitivité, une plus grande réactivité et autorisera aussi les liens moins factuels comme les prises de positions, les coups de gueules, ou des choses plus légères mais qui méritent peut-être mention sur les blogs ou ailleurs.

Il faut aussi je pense prendre acte qu'avec l'avénement des blogs qui autorisent tout un chacun à avoir son propre espace web on va se retrouver (ou plutôt on se retrouve déjà) avec tout plein de ressources intéressantes mais éparses et un tel projet peut aider à y accéder plus aisément.

Cela pourra également être intéressant pour les auteurs mêmes des liens candidats. Ils ont mis en ligne leur article qu'ils ont envie de faire connaître et diffuser ? Alors il leur suffira de passer sur le site et de proposer dans la foulée leur info (en un lien et trois lignes de description) qui sera tout de suite publiquement visible dans la catégorie des "news en attente". D'autres passeront et si ils jugent la news petinente et digne d'être distribuée alors ils voteront pour elle et pouf, ça y est, elle se retouvera en tête de gondole !

Bien, bien. Mais, toujours plus dur, quelle serait la différence avec fsdaily.com ?

Nous y voilà ;-)

Il n'y aurait pas beaucoup de différences avec fsdaily.com (d'où est issue l'illustration de ce billet) puisque c'est un peu ça ce que nous voulons mettre en place justement. Les deux différences seraient donc le français et l'extension à la culture libre.

Pour me tenir au courant de l'actualité du libre je n'ai pas besoin de ça puisque mon lecteur de fil RSS m'apporte tout sur un plateau chaque matin.

Ah que j'aimerais tenir ce plateau !

N'importe quoi !

Euh... Oui, moi aussi j'ai un lecteur de fil RSS où s'accumulent les Linuxfr, Standblog, etc. sans oublier... Digg et FSDaily (quitte à ne plus trouver le temps de tout lire et faire le tri). Mais d'abord vous serez peut-être surpris d'apprendre que nous sommes encore peu nombreux à utiliser cette technique qui fait de nous, qu'on le veuille ou non, des power users en la matière. D'ailleurs à ce propos nous pourrions faire bon usage des fil RSS de notre futur Digg-like. Nous pourrions bien sûr les rajouter à notre propre lecteur mais également alimenter tout le réseau Framasoft (et tous les autres sites qui le souhaitent) non seulement avec le fil RSS principal (qui donne les news les plus votées) mais également avec des fil RSS de tags ou de catégories spécifiques. Toutes les combinaisons seront potentiellemet possibles.

Et puis je ne pense pas qu'on puisse circonscire l'info autour du libre à nos uniques abonnements RSS sachant que le libre se démocratise chaque jour un peu plus et que de plus en plus de monde, venus de divers horizons, agissent, proposent ou s'emparent du débat. Sans oublier qu'on se sent parfois un peu seul, snif, avec notre lecteur RSS. Ici il y a une dimension collective et communautaire de types échanges de liens et de bonnes infos, et peut-être aussi une volonté d'apporter et partager de l'information qui fait sens dans un monde où les grands médias se focalisent souvent trop sur l'évenementiel et le spectaculaire.

Enfin il y a toujours cette spécificité de la culture libre...

Mais, mon bon monsieur, c'est quoi cette "culture libre" au juste ?

C'est un peu une question piège ! En fait je n'en sais trop rien.

Nous voilà bien !

Le plus simple est encore de citer quelques exemples. Il y a bien entendu les logiciels libres et des initiatives très proches comme Wikipédia. Il y a aussi les Creative Commons (ce qui n'empêche pas le débat !) et dans son sillage tout ce qui touche aux créations culturelles et artistiques avec des initiatives comme In Libro Veritas ou Dogmazic. Il y a tout ce qui gravite autour de la propriété intellectuelle, de l'interopérabilité, des brevets, du droit d'auteur... Ce qu'à l'occasion de la loi DADVSI on a appelé les libertés numériques. A la frontière je mettrais bien des actions comme Critical Mass, le Bookcrossing ou encore les Réseaux d'échanges réciproques de savoirs mais ceci n'engage que moi.

Il y aura aussi peut-être à terme son influence sur le politique (la démocratie participative tout ça...), sur le sociologique (tout système trop pyramidal tout ça...) et sur l'économique (la dualite monde marchand et monde non marchand chère à François Bayrou tout ça...). Sans oublier le relationnel et une certaine éthique. Et tant que j'y suis un peu de commerce équitable et une pincée d'écologie. Un véritable art de vivre en construction quoi !

Méfiez-vous le librocentrisme vous guette ! Ne seriez-vous pas également un peu idéaliste sur les bords ?

Oui un peu et j'assume cette naïveté. Ce n'est pas autrement qu'a réussi le projet fou mais surtout impossible Wikipédia.

De toutes les façon ce seront les participants qui alimenteront le site et donc ce seront eux qui donneront le ton. C'est un des paris du projet que d'arriver tout de même à un truc cohérent malgré ou plutôt grâce à la possibilité offerte à chacun d'y placer et de voter pour la news de son choix.

Justement, faites-vous donc une confiance aveugle en la sagesse des foules ? Qu'est-ce qui va me garantir que les news qui ont le plus de votes seront les plus intéressantes ? Et puis d'abord les sites à la sauce web 2.0, il faut du monde pour que cela fonctionne.

Oula, ça en fait des questions !

La première chose à dire c'est que je préfère de loin l'expression réseau social à web 2.0, ça fait plus associatif et moins... start-up ! Ensuite, n'est pas Wikipédia qui veut, non je ne fais pas une confiance aveugle à la sagesse des foules et rien ne nous garantit a priori que les news qui auront le plus de votes seront les plus intéressantes. Je dirais que c'est la beauté du jeu mais je crois cependant que Framasoft possède tout de même quelques bonnes cartes en main.

Digg, del.icio.us, Flickr, YouTube... ça tourne effectivement bien parce qu'ils bénéficient à plein de l'effet réseau lié à la très forte fréquentation. C'est à nuancer mais on peut tout de même affirmer que la qualité est ici liée à la quantité dans la mesure où les utilisateurs ont un choix plus ample pour sélectionner leurs favoris. Flickr avec 3 pékins qui se partagent 12 photos, non seulement ça ne le fait pas mais ce n'est tout simplement plus Flickr.

Tout ça pour dire que nous n'aurions pas bien entendu la prétention de rivaliser avec les exemples ci-dessus mais je pense que l'échelle de fréquentation du réseau Framasoft est tout de même suffisante pour permettre au site de bien se lancer en lui offrant de suite une certaine visibilité. Une visibilité propre à susciter curiosité et, j'espère, intérêt mais également propre à inviter chaque jour un peu plus de monde à rejoindre le projet en votant et proposant des news. Je pense également que l'expérience et la forte culture du libre de certains de nos utilisacteurs (dont les membres de notre forum) seront un plus pour fédérer le projet, s'approprier l'outil et proposer de la qualité.

C'est d'ailleurs un peu là que réside, en toute fausse modestie, l'un des atouts du réseau Framasoft. Dans cette capacité à fédérer et mettre en place des projets (le dernier en date c'est la joyeuse petite équipe de traducteurs compétents et réactifs de chez Framalang dont on peut voir souvent des traces sur ce blog) parce qu'il y a du monde qui passe, un monde qui pense comme nous que la route est longue mais la voie est libre, et un monde qui se sent d'autant plus en confiance qu'on est là depuis un petit bout de temps et que , je crois, on a déjà fait pas mal de petites choses pour la diffusion du logiciel libre et son état d'esprit.

Je ne dis pas que chez nous ça prend à tous les coups, loin de là et on a connu quelques beaux ratés. Mais ça peut prendre à cause des arguments du paragraphe précédent. Autant de bonnes raisons d'essayer de ne pas mettre tout de suite la clé sous la porte ;-)

Arrêtez vous allez m'émouvoir.

Telle était bien mon intention !

Euh, revenons à nos moutons. Comment allez-vous mettre en place techniquement un tel site ? Digg n'a, à ma connaissance, jamais voulu montrer le code source de la plate-forme qui gère son site.

Et pour cause ! Digg n'a pas placé son outil sous licence libre pour les mêmes raisons que l'écrasante majorité de tous les sites étiquettés web 2.0. Pour être le premier (voire l'unique) dans son secteur, attirer du monde et ce faisant rendre chaque jour son outil un peu plus pertinent au fur et à mesure de la croissance de l'audience.

Imaginez qu'ils aient dès le départ libéré leur code ? Alors il y aurait eu risque de se retrouver avec une myriade de petits Digg-like, Flickr-like, del.icio.us-like ou YouTube-like dont aucun n'auraient vraiment émergés. Et alors adieu veau, vache, cochon, couvée et revente à prix d'or à Yahoo! (del.icio.us, Flickr) ou Google (YouTube). C'est ce que j'appelle le "web 2.0 mais libre 0.2" (dont je n'arrive pas à trouver le temps pour en faire un billet blog).

Pourquoi 0.2 et pas carrément 0 ?

Pour la beauté de la formule qui n'a rien à envier à la vôtre !

Mouais... mais encore ?

Parce qu'il y a tout de même une dimension collective et collaborative dans l'élaboration et l'édition de ces sites. Et surtout, ouf nous sommes sauvés, parce qu'il reste l'inévitable Wikipédia qui non seulement garantit la licence libre des articles mais également de son outil de travail à savoir le moteur wiki Mediawiki.

Un autre truc que j'aime bien chez Wikipédia, et qui nous concerne indirectement ici, c'est qu'il garantit le pluralisme des langues.

Soit mais alors pour notre problème technique...

C'est là que, tel Zorro, la communauté du libre intervient. Il y a une demande, il y a un besoin, mais un digg.com qui ne coopère pas. Qu'à cela ne tienne nous allons créer un outil similaire from skratch. Et c'est ainsi qu'est né le très libre Pligg qui n'a plus grand chose à envier à son modèle (pour s'en convaincre il suffit d'aller faire un tour sur fsdaily.com). Tout ça pour dire qu'on tient l'outil et merci pour eux ;-)

Il est effectivement fondamental de bien tenir son outil... Autre chose, avez-vous déjà choisi le nom de baptême de votre projet ?

Non car nous sommes prudents voir superstitieux. Mais rien ne nous empêche de demander aussi les avis pour cela. On avait bien pensé à Frama.licio.us mais c'est un peu obscur pour le néophyte et puis c'est moins un del.icio.us-like qu'un digg-like que l'on souhaite créer.

Et puis, vu la teneur même du sujet, pourquoi ne pas sortir des noms en FramaTruc pour une fois ?!

Bonne chance en tout cas. Sur le papier cela semble aussi cohérent que pertinent.

Merci Céline... Puis-je, euh, à mon tour me risquer à vous poser une question ?

Mais bien sûr. Faites, je vous en prie.

Euh... comment dire... êtes-vous libre ce soir ?

Décidément vous aimez les extensions du domaine du libre vous ! Je suis libre de refuser vos avances inappropriées oui. Ne seriez-vous pas en train de vous égarer à nouveau ?

Je le crains... Rassurez-moi, vous couperez cela au montage ? Vous savez ma femme, tout ça...

Bien entendu. Vous pouvez compter sur moi ! Un dernier mot ?

Oui. Pour que la mayonnaise prenne et que la sagesse des foules ne nous entraîne pas au départ un peu partout c'est-à-dire un peu nulle part, il est important selon moi de ne pas lancer le site à vide.

Si il y a quelques lecteurs disponibles dont l'assentiment pour ce projet confine à l'enthousiasme, nous les invitons à se manifester pour constituer ensemble une petite équipe de premiers utilisateurs (aKa AT framasoft.net). Nous chercherons alors ensemble à mieux définir et cirsconscrire le champ de cette culture libre (en échangeant points de vue, liens et fils RSS préférés). A charge également pour l'équipe, et c'est très important pour ne pas louper l'inauguration officielle (peut-être en septembre prochain ?), d'alimenter les premiers liens, tags, et catégories du site afin de faire tout de suite comprendre de quoi il s'agit à ceux qui découvriront le projet, puis voteront, puis proposeront à leur tour des news.

Monsieur aKa, malgré vos égarements bien français, je vous remercie.

Merci à vous, ce fut un plaisir. Bon retour à Outokumpu.

mardi 26 juin 2007

Concours de tee-shirt !

Framashirt

Nous avons remarqué que notre petite communauté était enthousiaste, réactive et surtout inventive et talentueuse lorsque nous lancions à partir du forum des appels à créations graphiques (fonds d'écran, logos, bannières, publicités...).

L'été arrivant, nous vous proposons aujourd'hui de participer à un concours de tee-shirt.

Nous choisirons ensuite ensemble les motifs pour en faire de vrais tee-shirts.

Les conditions sont les suivantes :

  • Le motif devra avoir pour thème Framasoft ou plus généralement le logiciel libre ou plus généralisement la culture libre.
  • Le motif devra être proposé au format .svg
  • Le motif ne devra pas dépasser 3 couleurs (pour des questions d'impression)
  • Le motif devra être sous licence libre (idéalement la licence Art Libre)

Voici quelques exemples mis en scène et réalisés par harrypopof[1] histoire de donner une idée.

harrypopof - tee-shirts - prototypes

Vous pouvez proposer les fichiers à cette adresse : tee-shirt AT framasoft.net mais, histoire que tout le monde en profite, le mieux est encore de les placer quelque part sur le net puis de venir nous en proposer le lien dans les commentaires de ce billet.

Merci pour votre participation.

Notes

[1] Le pingouin au tee-shirt orange qui illustre ce billet est aussi l'oeuvre d'harrypopof.

vendredi 15 juin 2007

Framasoft ou le prix à payer d'un certain succès

The day gravity failed - 4StringsGood - CC-BY

Framasoft vient de recevoir un Lutèce d'Or à la récente manifestation Paris Capitale du Libre. Et pas n'importe lequel celui de la meilleure action communautaire. Nous sommes heureux et fiers de partager donc ce prix honorifique avec tous ceux et celles qui de près ou de loin ont un jour collaboré avec nous. Un énorme merci à vous qui depuis cinq bonnes années avez contribué avec nous à faire connaître et diffuser le logiciel libre et son état d'esprit au plus large public possible.[1]

Mais paradoxalement cette distinction arrive à un moment où nous sommes si ce n'est à bout de souffle en tout cas en fin de cycle.

Il est très délicat de distinguer des individualités dans une communauté, et nous savons bien que personne n'est irremplaçable, mais il n'en demeure pas moins que la réussite de Framasoft, aussi communautaire soit-elle, repose également sur les épaules de quelques uns.

En effet pour que ça marche il faut une conjonction de facteurs favorables. Il faut entre autres une bonne idée de base (pour nous cela a été l'approche originale et frondeuse des logiciels libres à partir de Windows), une bonne ambiance, une bonne organisation, de bons outils, plein de bonnes volontés... mais surtout et quoiqu'il arrive il faut nécessairement quelques fourmis en coulisses prêtes à donner beaucoup de leur temps... libre pour animer et coordonner le réseau Framasoft dans son ensemble.

Il se trouve que certaines de ces fourmis, pourtant toujours aussi motivées, finissent l'année épuisées et frustrées. Epuisées car il arrive un moment où le développement de l'activité est tel que l'enthousiasme n'arrive plus à compenser la difficulté de devoir coincer ce travail bénévole entre vie professionnelle et vie privée. Frustrées car de nombreux projets en cours ou en préparation n'ont pu avancer faute de disponibilité suffisante.

D'ordinaire ces turpitudes personnelles sont mises de côté afin de ne pas affaiblir le moral des troupes. D'ordinaire aussi la lassitude n'est que passagère et elle est bien prise en charge par le reste du groupe. Mais aujourd'hui la situation est plus complexe car d'un côté nous sommes moins nombreux que par le passé à être présents et compétents pour relayer les défaillances et de l'autre côté ces fourmis spéciales ne souhaitent plus (ou ne peuvent plus) rempiler dans les mêmes conditions. Comme le dit Francis Cabrel c'est juste une question d'équilibre ;-)

Or nous avons la faiblesse de penser que nous pouvons continuer à apporter notre petite pierre à l'édifice dans un contexte où plus le libre avance et plus il rencontre de résistances. Nous pensons que la confiance et l'énergie créatrice que nous avons su dans la durée engendrer autour de nous est précieuse. En un mot comme en cent nous avons carrément l'outrecuidance de penser que ce serait dommage pour le libre francophone de nous voir lentement décliner puis disparaître.

Que faire alors ? Il y a bien sûr de nombreuses pistes (et de nombreux y'a qu'à, faut qu'on) mais nous avons beau prendre le problème par tous les bouts nous pensons que la solution la plus pertinente (mais également la plus ambitieuse) serait de faire gagner du temps à ces fourmis à haut karma ajouté. L'idéal serait donc de substituer leur activité professionnelle par une activité pour Framasoft. En un mot comme en cent nous souhaiterions que l'aventure Framasoft soit aussi génératrice d'emplois !

Nous aimerions donc pérenniser notre action et poursuivre nos projets en étant capable de salarier un ou deux permanents pour notre association. Quand bien même nous n'avions pas prémédité une telle perspective, nous avons pleinement conscience de la difficulté de la tâche (surtout quand on commence à se pencher un peu sur le coût bien réel d'une telle opération). Et il est fort possible que, contrairement aux précédents, nous ne réussissions pas ce pari là. Mais à l'impossible nul n'est tenu et puis avec internet on n'est jamais au bout de nos surprises...

Nous nous déclarons donc officiellement à la recherche de fonds, subventions, partenariats publics ou privés, généreux mécènes... et de toutes les idées possibles et imaginables pour atteindre cet objectif qui, très concrètement, se chiffre charges comprises à un minimun de 40.000 € pour pouvoir démarrer l'exercice en janvier 2008.

Merci de votre attention, de vos futurs commentaires et suggestions, et surtout merci de nous soutenir en relayant l'information pour nous permettre de mieux atteindre ceux qui pourraient être susceptibles de nous aider dans cette petite entreprise qui ne souhaite pas connaître la crise.

Pour tout contact : aka AT framasoft.net

Notes

[1] L'illustration est une photographie de 4StringsGood intitulée The day gravity failed issue de Flickr et sous licence Creative Commons BY-SA

dimanche 6 mai 2007

La route est longue mais la voie est libre

Framasoft - LL de Mars - Art Libre

J'ose espérer que notre lectorat dépasse l'Hexagone pour rencontrer de temps en temps la francophonie mais ce soir, difficile d'échapper à l'actualité, la France a donc un nouveau président.

Les électeurs, et c'est heureux, ne se sont pas déterminés en fonction des seules positions des candidats sur le logiciel libre et les libertés numériques, quand bien même nous savons que cela ait pu avoir une influence chez certains d'entre nous.

Il n'empêche que si l'on passe outre nos propres (et respectueuses) opinions pour se réfèrer uniquement à l'objectif principal de Framasoft qui est de faire connaître et diffuser la culture libre en général et le logiciel libre en particulier au plus large public alors force est de constater que ce n'était pas forcément a priori le meilleur des choix.

Ce n'est pas un procès d'intention. Il suffit pour s'en convaincre de parcourir et comparer les réponses des uns et des autres au questionnaire de Candidats.fr ou pour aller plus vite d'en lire la remarquable synthèse de Thomas Petazzoni sur son blog.

Pour moi cela signifie ni plus ni moins que le mouvement national de défense, reconnaissance et impulsion institutionnelles du logiciel libre et son état d'esprit va s'en trouver si ce n'est freiné du moins ralenti.

Cela signifie également que des réseaux associatifs comme le nôtre, qui n'ont pas attendu un quelconque soutien de l'Etat pour démarrer et agir, ont encore toute leur raison d'être.

La route est (peut-être un peu plus) longue, mais la voie est (plus que jamais) libre...

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