David Revoy, la BD et les licences libres

image_pdfimage_print

Si vous avez raté le début…

(Si vous avez déjà suivi les épisodes précédents, allez directement au texte de David…)

Comme le savent nos lecteurs, nous défendons volontiers non seulement les logiciels mais aussi la culture libre sous ses multiples formes, y compris dans le domaine artistique :

turbulencesla position et l’expérimentation d’artistes comme Gwenn Seemel, Amanda Palmer, Neil Jomunsi entre autres multiples exemples (ne risquons pas l’accusation de copinage en mentionnant Pouhiou), nous intéressent et nous passionnent parce qu’elles témoignent d’un monde à la charnière. En effet, un modèle d’édition et de diffusion arrive en bout de course et à bout de souffle, mais il est défendu mordicus à la fois par ses bénéficiaires (c’est cohérent) et parfois par ses victimes, ce qui est plus surprenant. Quant aux modèles émergents, aux variantes nombreuses et inventives, ils cherchent la voie d’une viabilité rendue incertaine par les lois du marché qui s’imposent à eux.

Le mois dernier une annonce nous a fait plaisir, celle de la publication « papier » par Glénat du webcomic Pepper et Carrot de David Revoy, qui n’est pas un inconnu pour les lecteurs du Framablog auquel il a accordé cette interview il y a quelques mois. Voici la page où il détaille sa philosophie.

Un article de Calimaq expose de façon documentée l’intérêt de cette reprise d’une œuvre open source par un éditeur « classique » dans laquelle il voit de façon optimiste une façon de faire bouger les lignes qui bénéficie autant à l’auteur (qui renforce ses sources de mécénat) qu’à l’éditeur et aux lecteurs.

Tout va donc pour le mieux dans le petit monde de la BD ? — Pas vraiment, parce que l’accord passé par David Revoy avec Glénat (lequel s’engage à respecter cette licence Creative Commons) vient de provoquer une levée de boucliers chez un certain nombre d’auteurs de bande dessinée. Ils estiment notamment que cet accord dévalorise l’ensemble d’une profession qui peine déjà à survivre et s’insurgent contre l’idée de donner librement le fruit d’un travail artistique.

Vous pouvez par exemple lire ce billet de Xavier Guilbert pour la revue Du9 qui résume de façon assez équilibrée l’ensemble de la polémique. Si vous souhaitez lire un avis circonstancié carrément libriste, lisez l’excellent coup de gueule de Luc, qui fait notamment le lien avec Framabook, notre maison d’édition qui a fait « le pari du livre libre », mais établit néanmoins des contrats avec les auteurs qui sont rémunérés.

Également du côté des défenseurs du libre Neil Jomunsi sort la grosse artillerie et demande aux auteurs de se sortir les doigts du c**. C’est précisément à la suite de cet article que le principal intéressé s’exprime dans un long commentaire que nous reproduisons ici avec son accord.

2016-04-13_carrot-updating-or-repairing_by-david-revoy

(dans un premier temps David s’adresse à Neil Jomunsi)

2015_portrait-of-david-revoy_by-elisa_de_castro_guerra
Photo par Elisa De Castro Guerra

Hello, merci Neil pour cette initiative, j’espère y lire ici des propositions constructives de la part des autres auteurs et non pas seulement des retours des happy few qui vivent confortablement du système éditorial classique. En effet, je prends en considération que ces auteurs ne peuvent pas émettre une pensée libre d’intérêts éditoriaux ou syndicaux sur ce thème (surtout de manière publique). Ils ont aussi très peu d’intérêt à un changement de paradigme…
Pour ma part, je me suis très peu exprimé jusqu’alors. Mais je me sens à l’aise sur ce blog. J’aime le ton de l’article, la police d’écriture et la boîte de commentaire large. Je pense que ça risque de me faire pianoter. Et puis, je n’ai pas de blog français… Je réquisitionne donc cette boîte de commentaire un peu comme un blogpost de réponse.

 

Voici mon angle de vue que-personne-ne-m’a-demandé-mais-voilà-tout-de-même sur le modèle de Pepper&Carrot et pourquoi, je le répète, il me convient et que je maintiens ma tag-line sur ma page de garde :

devise

(Note : j’utiliserai par raccourcis les termes ‘auteurs’, ‘éditeurs’, ‘lecteurs’, mais je pense bien également aux ‘autrices’, ‘éditrices’, ‘lectrices’ derrière ces termes.)

Donc entendons-nous bien ici : je ne suis pas dans une lutte classique tel qu’on l’entend, voulant la destruction d’organisations, d’entreprises ou autre systèmes en place. Dans « changer l’industrie de la BD », j’entends « sanifier » les relations auteurs/éditeurs par plus de liberté et d’indépendance dans leurs relations. Par sanifier, je n’entends pas l’inversion du rapport de force où l’auteur triomphe de l’éditeur. Non. Dans ma démarche, il n’y a pas de rapport de force entre auteur et éditeur. L’éditeur est un acteur libre qui fait un produit dérivé de ma création. Dans le système classique, il y a un rapport dominant/dominé évident, contractualisé et opaque aux lecteurs. C’est tout là le problème. Avec Pepper&Carrot, je propose un système côte-à-côte. Chacun indépendant.

Ce système marche-t-il ? Sur ma page Philosophie, j’écris

… Et pourquoi Pepper&Carrot ne pourrait-il pas amorcer un changement et ainsi inspirer une industrie en crise ? Essayons !

Ce « essayons » démontre le caractère expérimental de ma démarche. Car oui, je suis en train de créer, oui, c’est nouveau et oui, ça agace quand quelqu’un essaie du nouveau.

Pepper&Carrot est un webcomic numérique en anglais principalement et international. Il est hébergé autant à Paris, qu’au U.S.A, en Asie et sur je-ne-sais-combien de sites miroirs et ça tourne. La France représente 4 % de ses visiteurs et cela me donne un peu de retrait sur le problème actuel. En effet : il serait vraiment malhonnête de penser que je suis dans la même situation qu’un jeune dessinateur amateur français, publiant en français sans audience et qui n’aurait qu’un seul éditeur monolithique comme source de revenus/diffusion, Glénat, pour survivre avec les 350 $ par mois de mécénat de Glénat… C’est pourtant, et à l’origine du buzz, l’angle de communication surprenant qu’a essayé d’orchestrer le syndicat BD SNAC sur sa page Facebook, et ce, bizarrement à quelques dizaines de jours d’une rencontre auteurs/éditeur importante. À part m’y faire traiter littéralement de con dans les commentaires et d’amener un lectorat d’auteurs entier à mépriser ma démarche, rien n’a germé, aucune pensée : stérile. Cependant cela a alimenté de la colère. Ce groupe a-t-il besoin de ça pour s’unifier ? Pepper&Carrot/Glénat est simplement devenu un prétexte du moment. Une opportunité pour eux de « casser de l’éditeur » collectivement et dénigrer un nouvel auteur qui n’a pas choisi de lutter à leur manière. Triste.

Donc ce buzz, dit il la vérité ? En partie, oui, c’est pour ça que ça marche. Il est possible à n’importe qui de faire des produits dérivés de Pepper&Carrot, de façon commerciale, en suivant un ensemble de règles de la Creative Commons Attribution permissive que j’ai établie. Glénat qui imprime à 10 000 exemplaires mon webcomic n’est qu’un produit dérivé à mes yeux (comme déjà dit). Pour faire un parallèle, je le considère comme si j’avais un film et qu’ils imprimaient la figurine du héros. Rien de plus. Nous avons eu une collaboration que je décris en anglais sur le blog de Pepper&Carrot. J’en suis satisfait, c’est super cool un premier album imprimé, mais cliquez sur le bouton « HD » sur le site de Pepper&Carrot, et vous y aurez plus de détails, plus de couleurs que dans l’album imprimé.

Ma BD principale, mon support de choix n’est pas l’album de Glénat. Ce n’est pas le média principal de Pepper&Carrot. D’autres projets suivront comme l’éditeur allemand Popcom qui vient de rejoindre le mécénat de Pepper&Carrot, le livre de la Krita Foundation ou une édition régionale en Breton de Pepper&Carrot. Ce n’est que le début, le projet n’a que deux ans et je ne compte pas tout ça comme un manque à gagner. Je n’y vois que les effets positifs de personnes qui utilisent la base de ressources que j’ai créée, avec respect, dans les règles qui me conviennent pour créer plus de valeur autour de la série. Et ça fonctionne.

Glénat fait des bénéfices ? Et alors ? Bon pour eux. Le font-il « sur mon dos » ? Non, je ne me sens pas lésé en quoi que ce soit. Pas plus que quand Pepper&Carrot fait la frontpage d’ImgUr, de deviantArt ou de Reddit. (je vous présente ici des nouvelles puissances éditoriales). Le papier, la chaîne graphique, l’impression, l’empaquetage, la distribution, etc. c’est le métier de l’éditeur, il véhicule mon œuvre sur le papier. Pas très différent de ce que ferait un autre site web, pour moi. De mon point de vue, je fais du divertissement numérique sur Internet et je ne vends pas de BD. Si l’éditeur aime la source qui lui permet de vendre du papier, il sait comment me gratifier. Idem pour l’audience. C’est simple et c’est décrit dans l’album papier de Glénat Pepper&Carrot (si certains avaient pris le temps de l’ouvrir). Ce qui m’interpelle vraiment, c’est : Glénat imprime 10 000 exemplaires et aucun petit éditeur ne pense à aller sur mon site télécharger plein de croquis Creative Commons et en faire un artbook d’accompagnement en librairie ? Publier des cartes postales ? Refaire une version « deluxe » du Tome 1 ? Le monde éditorial à moins d’initiative que ce que j’avais prévu.

Je veux un univers collaboratif dont le lecteur puisse s’imprégner et devenir à son tour acteur, entrepreneur. Ici encore la Creative Commons Attribution le permet

J’aimerais aussi faire prendre conscience dans ce débat sur un autre point qui n’est jamais abordé dans les articles : la « culture libre » que permet Pepper&Carrot. Les auteurs ont conquis une place dans les esprits de leurs audiences qui me dérange fondamentalement. Prenez par exemple une BD lambda, distribué sous copyright classique (même d’un webcomic « gratuit » mais propriétaire d’Internet). Tout le monde peut penser l’univers, rêver dedans, rejouer les scènes en pensée, etc. Cet univers existe en nous. Mais dès que cette pensée essaie de germer, de muter, de passer à l’action dans la vraie vie par une création, elle se retrouve anéantie ou réduite aux règles vaseuses du fair-use/fan-art/fan-fiction qui devient illégal en cas de création d’activité commerciale. Combien de cas problématiques sur Internet ces dernières années ! Sans le savoir, les auteurs d’univers propriétaire sont aussi propriétaires d’une part de votre culture, de votre pensée, de vos rêves, de ce qui regroupe les fans…

Avec Pepper&Carrot, je ne veux plus de ce paradigme du tout. Je veux un univers collaboratif dont le lecteur puisse s’imprégner et devenir à son tour acteur, entrepreneur. Ici encore la Creative Commons Attribution le permet, et ainsi j’ai des projets de jeux vidéos, de jeux de sociétés, de jeux de rôles de fan-art et de fan-fictions qui viennent à leur tour enrichir le wiki de l’univers d’Hereva à la base de Pepper&Carrot. Encore une fois, ceci est ma volonté de créer une relation côte-à-côte avec le lecteur, et j’en vois les bénéfices.

je replace l’auteur maître de son œuvre en face de l’éditeur dans un rapport d’égal à égal dans leur liberté et leurs droits.

Vous l’avez donc compris, je ne suis pas intéressé par l’établissement d’une relation d’un contrat classique, dominant-éditeur, dominé-auteur et sous-dominé-lecteur-acheteur. C’est liberticide et nuirait collectivement à notre éditeur-auteur-lecteur, à nos libertés d’agir, d’entreprendre et de penser. Je fonde un écosystème où les acteurs sont libres et côte-à-côte dans un rapport pacifié. La CC-By-Nc ? (la clause non-commerciale de la Creative Commons) désolé, je ne la veux pas pour ma BD, et ce n’est pas parce que ça s’appelle Creative Commons que c’est libre : c’est une licence propriétaire. La CC-By (attribution) est libre et m’intéresse. Avec cette liberté, cette indépendance, j’ai ici un modèle qui fonctionne à ma modeste échelle et tout ceci alimenté financièrement grâce à des héros dans mon audience qui soutiennent mon travail et ma philosophie.

L'image finale de l'épisode 8 récemment publié
L’image finale de l’épisode 8 récemment publié, l’anniversaire de Pepper

 

Mais ce n’est pas tout… Ce que je propose est une solution robuste contre la question du piratage de la BD, ce que je propose rend obsolète la création même des DRM pour la diffusion numérique, ce que je propose clarifie les rapports ambigus pour la création de fan-art/fan-fiction et dérivations, et enfin je replace l’auteur maître de son œuvre en face de l’éditeur dans un rapport d’égal à égal dans leur liberté et leurs droits.

Refaites le compte, et réévaluez ma proposition. Libre aussi à chacun de signer un contrat, de le négocier, de savoir quoi faire avec son œuvre. Mais pour moi, cette réflexion est faite. J’aime le libre pour ce qu’il offre pragmatiquement et je suis déjà dans son application à la réalité concernant ma BD depuis deux ans. Il vous reste un dégoût qu’une grosse entreprise genre « gros éditeur » puisse imprimer vos œuvres gratuitement ? Cela fait partie de la licence libre telle qu’elle est et de la liberté qu’elle offre. La licence n’est qu’un outil ne peut pas faire vraiment de différence entre la lectrice/traductrice japonaise, le petit commerçant polonais, l’artisan irlandais, le gros site web australien et le géant industriel de l’édition française… Sinon ce ne serait plus de la vraie liberté.

Il ne me reste plus qu’à continuer d’informer les lecteurs et leur demander de soutenir les artistes libres qu’ils aiment directement via Internet et non de penser que ces artistes touchent un quelconque gros pourcentage opaque sur les produits dérivés que ceux-ci iront acheter. Cette tâche d’information, si on s’y mettait tous collectivement et pratiquement entre artistes, aurait certainement plus d’effets sur nos niveaux et confort de vie que toutes négociations de pourcentages et discussions de frais d’avances autour de réunions et de cocktails.

portrait-of-charles-darwin_by-david-revoy
Darwin par David Revoy, extrait de son portfolio. Cliquer pour agrandir ce portrait à la manière d’Arcimboldo.

 

  • Toutes les illustrations de cet article sont de David Revoy, CC-BY

je lis des livres et mange des nouilles.

37 Réponses

  1. Il y aurait beaucoup de choses à dire à ce sujet et le mieux serait peut être que l’auteur de l’article soit ouvre un droit de réponse sur un blog de son choix soit laisse une adresse e-mail où l’on pourrait directement lui répondre sans polluer ce blog (qui censure aussi les réponses qui lui déplaisent ou qui ne servent pas ses intérêts).
    Tout les auteurs de dessins/d’écriture ont rêvé à ce genre d’arrangement pacifique, de société/communauté fermée où un projet crée une identité, une existence : la sienne propre ; en effet ce genre de fantasme ; s’il se réalisait ; élargirait le monde intérieur de l’auteur lui procurant un confort, un statut nouveau, un repos de l’esprit, une certaine sérénité.
    Cet article est interressant de part (enfin) une ouverture des pensées de l’auteur (avec ses contradictions) et surtout par des exemples et explications qui prouvent le contraire.
    La cohérence, l’intelligence, la réalité, les informations , point de vue, opinions, expériences diverses et variées manquent à l’appel et, à la lecture de l’article, je reste bien tiède pour emboîter le pas aveuglément ce genre de démarche.
    Je laisse donc à d’autres le soin de clarifier ou bien de s’identifier aux propos de l’auteur de cet article.
    Bonne Chance.

    • Précision demandée : quand tu parles de censure dans les commentaires d’un blog, tu parles du Framablog ou de Page42 ?
      Non parce que voilà deux ans que je travaille chez Framasoft (entres autres sur le framablog), après des années de bénévolat, et je n’y ai jamais été témoin de censure… (bon, à part quand on s’est auto-censurés suite à la plainte de Getty Images, mais ça c’est une autre histoire :p)

      • pouilleux&magistrat

        Oui, ici sur framablog , ils censurent très fortement et méchamment ; non pas le spam ou le troll ou le flame mais ce qu’ils ne souhaitent pas voir imprimé/lu pour tous.
        nb : la censure n’a pas le même sens ni la même portée/application selon les pays, les époques, les supports etc.
        ex : https://framablog.org/2016/08/04/a-la-recherche-du-telephone-libre-et-sans-google/
        2 fils/réponses non-parus donc censurées
        https://framablog.org/2016/07/11/la-prise-de-conscience-et-la-suite/
        idem
        https://framablog.org/2016/09/01/julie-et-le-droit-de-copie/
        idem
        et d’autres tout récents …

        (page 42 ? les pouilleux ; à part le titre et la signature … s’il faut en plus s’occuper des articles et des mignons).

        Ce n’est pas grave d’où la demande destinée à l’auteur de transmettre une adresse i-mail ou un blog pour un droit de réponse, un contact hors tutelle:contrôle.

        • Mmh, si certains commentaires ne passent pas, j’y vois deux explications possibles :

          1. Il y a eu un problème technique (au hasard, faux positif du filtre anti-spam, et vu le nombre de spams qui sont bloqués chaque jour, j’imagine bien qu’il y a des trucs qui se perdent en chemin)

          2. Chez Framasoft, nous détestons la liberté d’expression

          Je pense que je vais faire comme vous et choisir la seconde, après tout ça m’évitera de perdre mon temps à aller fouiller la boîte à spam 🙂

          • Obah, @Gee, tu abuses, je viens de regarder la boite à spam : rien que pour aujourd’hui (et la journée n’est pas finie) il n’y en a “que” 50 :p (par contre je sais pas ce qu’elles ont les “car insurances” de nos jours, mais ça spamme sec !)…

            @pouilleux&magistrat : nous n’avons ni l’envie, ni la volonté ni le courage de censurer les idées qui ne nous correspondent pas. Avec plus de cinq ans d’ancienneté chez Framasoft, dont quatre sur le framablog, je n’ai jamais été témoin d’une telle censure.

            Je comprends qu’il soit frustrant de voir que vos apports aient été traités comme spam par nos filtres automatiques. Mais rassurez-vous : Framasoft c’est une asso, avec des humain-e-s en face (la plupart du temps bénévoles) qui seront ravi-e-s de passer du temps à comprendre résoudre ce problème pour peu que vous nous en parliez.

            Le plus simple est donc de nous contacter sur https://contact.framasoft.org en nous donnant des indices pour retrouver vos commentaires et nous verrons cela ensemble (je viens de faire une recherche “pouilleux” et “pouilleux&magistrat” : cela n’a rien donné… Avez-vous utilisé un autre pseudo ? D’ailleurs, si vous pouvez préciser dans votre message la différence entre votre commentaire d’aujourd’hui, qui est passé, et les précédents, cela peut aussi aider à mieux régler nos filtres ^^)

            Quoi qu’il en soit, je vous assure que présumer la bienveillance de l’autre (ou au pire : son ignorante indifférence) permet de bien meilleures collaborations que d’envisager direct sa malveillance 😉

  2. Pour avoir eu l’occasion de travailler une fois avec David, je sais qu’il est sincère dans sa démarche, et il faut dire aussi qu’il a beaucoup de courage, et qu’il ouvre le chemin pour adapter le droit d’auteur au numérique, à Internet et au XXIe siècle… !
    Personnellement je suis très partagé sur cette impression de Pepper&Carrot chez Glénat… à la fois je trouve ça génial qu’un éditeur publie enfin une œuvre sous licence libre… et d’un autre côté, ça n’a plus rien de libre puisque la version dérivée est copyrighté. Enfin j’aurai préférence voir les (dizaines de) milliers d’euros de marge générés par l’impression revenir à l’auteur ou à des projets d’adaptations libres comme celui de la version animé actuellement en cours de financement participatif.
    Ça me fait le même effet que Apple qui a pillé les *BSD pour vendre des produits cliquant avec une énorme marge.
    Donc David… ok pas de licence propriétaire, mais pourquoi par la by-sa ? pourquoi open source plutôt que libre ?
    Personnellement, je commence juste dans la BD, je n’ai pas du tout la même audience, et je fais plutôt le pari de la CC-by-sa, et de l’impression à la demande via des services d’aides à l’auto-édition comme Bookelis (c’est expliqué sur ma page Tipeee toute neuve : https://www.tipeee.com/nylnook ).
    Ça n’empêcherai pas un éditeur de reprendre le contenu, mais les dérivés resteraient libres… et les lecteurs pourraient choisir qui ils financent en achetant la version papier.
    Ceci dit, bravo pour ton immense travail et bravo de tenter quelque chose, on en a tous bien besoin… si on pouvait manger en plus, ça serait le top ;p

    • Hello Nylnook 🙂 Oui, souvenir souvenir ( http://flossmanualsfr.alwaysdata.net/images/equipe_peril_en_daiza.jpg ). J’en était qu’à l’épisode 2 à cette époque. Je continue de suivre tes avancées, tes projets, réseaux sociaux et même via bug-report; ça avance! Bravo.

      L’outil CC-By-Sa est une bien belle licence libre mais avec une règle du jeu plus restrictive: c’est bien fait et c’est intéressant de pouvoir imposer une règle qui force le libre à produire du libre, et ce, sur toute la lignée de dérivation produite. Mais de mon point de vue, c’est une règle handicapante pour la propagation et l’utilisation commerciale dans un contexte de concurrence. Par contre, la CC-By reste plus permissive: les matériaux publiés en CC-By sont compatible avec des projets CC-By-Sa, CC-By-Nd, copyright, CC-By-Nc-Nd … et plus. La CC-By est donc le “groupe sanguin O négatif” universel de la clique à la Creative Commons, étant compatible à tous les autres. Une belle liberté qui offre à n’importe quelle projet la réutilisation, tout en préservant un système de règles. Quand à CC-0 et Public Domain, elles me semblent plus problématique pour de la culture ( mais super pour des ressources/sample/template ).

      Aussi, pour une BD, la CC-By est à mon sens plus efficace pour accéder à la diffusion sur le marché du livre. C’est un choix. J’ai bossé pendant une grosse dizaine d’années pour divers éditeurs ( Larousse, Hachette, Gründ, et d’autres plus petits ) et j’ai cru comprendre dans des conversation directe ou indirecte un impératif éditorial fort: garder une couverture non-plagiable. Offrir à leur concurrence le travail d’une couv’ et de la maquette pour un plagiat totale est un bien un grand “NO-GO” pour eux. Quelque-chose que leur service juridique refuserait. Leur peur? Imaginons dans le cas de “Pepper&Carrot publié par Glénat” un nouvel éditeur du nom malicieux de ‘Glémat’ ; il pourrait parfaitement plagier légalement “Pepper&Carrot édité par Glénat” en librairie si il pouvait faire la même couverture à l’identique. Qui s’en rendrait vraiment compte? Et même, si l’éditeur était “Delcourt”, qui s’en rendrait compte si dans ce cas la couverture de l’album serait identique? Il faut comprendre que les entreprises veulent pouvoir protéger “leur produit”. Ils investissent un budget publicité pour montrer ce produit. Son aspect extérieur est important, son aspect marketing. Ça ne me choque pas. C’est ni bien, c’est ni mal, c’est comme ça à notre époque. Les éditeurs papier étant des diffuseurs intéressants pour mon projet, je suis content qu’ils aient cette liberté qui les attire à publier.

      Ceci-dit, leur copyright, leur ‘Tout droit réservé’ n’empêche à personne de faire leur propre dérivation. Mon projet de maquette perso pour la Krita Foundation par exemple sur Scribus est en règle: https://github.com/Deevad/peppercarrot_print_book01 ( travail en cours, copie d’écran, premier jet sur Github ). Rien ne verrouille la matière première: Pepper&Carrot et les dessins étant toujours dispo en CC-By dans mes sources. L’action artistiques de Glénat n’a été que de prendre les calques ( dans les sources, fichier Krita de Pepper&Carrot ) de papillon de cette illustration: http://www.peppercarrot.com/0_sources/0ther/artworks/hi-res/2015-01-20_first_cover-_by-David-Revoy.jpg et de le coller sur cette illustration http://www.peppercarrot.com/0_sources/0ther/artworks/hi-res/2016-02-24_vertical-cover_remake_by-David-Revoy.jpg et de zoomer un peu le calque de perso. Rajoutez quelques typo éditeur maison, de la recherche de couleurs pour le dos, l’intérieur, quelques en-tête et c’est fait. Assez Simple mais Glénat en tire ainsi un impact visuel qui leur est propre. Un produit ‘Glénat’ qui aura un aspect ‘officiel’ et dont la couverture sera protégé du plagiat totale.

      Ma BD, ses artworks, traductions, wiki , tout ça reste dispo en CC-By. D’ailleurs, c’est une des règles clef de la licence: aucune utilisation d’un tiers ne peux changer ça. La plupart des dérivations que je reçois sont souvent remise elle même en CC-By. Donc voilà pourquoi ce choix plutôt que CC-By-Sa. Désolé d’avoir été un peu long, j’ai la pianote facile en ce moment! 😀

      • Ok, merci pour les détails ! Tu n’as pas été long, au contraire j’étais curieux d’en savoir plus 😉 Et merci de me suivre, c’est un honneur !

        Je n’avais pas pensé à la crainte du “plagiat” effectivement. Et oui la CC-by lève les réticences, puisque les deux seules vraies contraintes sont de citer l’auteur, ce qui n’est quand même pas bien méchant, et de renoncer à l’exclusivité… ce qui est déjà pas mal pour un éditeur comme Glénat !

        Et oui ce n’est pas très compliqué de refaire leur travail de mise en page je suis d’accord. Et c’est super d’avoir une version papier de qualité. Je suppose que la meilleure réponse à ce “débat” serait que nous libristes nous faisions une autre version papier en CC-by ou CC-by-sa ;p

        À ce propos j’ai fait un script pour mes BDs qui permet de générer des ebooks et des PDFs imprimables à partir des fichiers .svg (basé sur Inkscape, Calibre et Ghoscript)… Il ne marche que si le format des fichiers .svg est en A5 (le format que j’ai choisit), il fait confiance à Ghoscript pour le CMJN, et il faut faire le dos carré collé de la couverture à part pour la version imprimée mais ça doit être réutilisable pour une autre BD et un autre format en adaptant les dimensions. Il est ici si tu veux jeter un œil : https://framagit.org/nylnook/mokatori/blob/master/export-comic.sh. je me suis inspiré de la structures des dossiers de Pepper&Carrot d’ailleurs. Ça t’éviterais de tout refaire dans Scribus, il faudrait juste reprendre les épisodes en les calant dans le format de page choisit (un .svg par page).
        Si ça t’intéresse, je peux essayer de faire un tuto rapidement 😉

        En tout cas je crois que je vais rester sur CC-by-sa de mon côté… peut-être que dans 5 ans Glénat sera prêt à accepter ce genre de licence grâce à ton travail de préparation ;p (*mode chevilles qui enflent*)

        • >> “Et merci de me suivre, c’est un honneur !”
          🙂 Ta démarche est super intéressante. Il y en a pas trois milles qui se lancent dans cette voie! Bien sur que je suis/lit.

          >> “[…] serait que nous libristes nous faisions une autre version papier en CC-by ou CC-by-sa ;p”
          Ce serait le pied! La version imprimé par Krita Foundation sera déjà en CC-By , en anglais, et tous les bénéfices iront pour Krita, Scribus, Inkscape et quelques autres projet FLOSS. On a trouvé l’imprimeur ( aux Pays-Bas, à côté de la Krita Fondation ).

          >> ” j’ai fait un script pour mes BDs qui permet de générer […]”
          Merci pour le partage. Oui, des ebook et Pdf manquent à mon arsenal. Je vais étudier cette automatisation, c’est cool.

          >> “je crois que je vais rester sur CC-by-sa de mon côté… peut-être que dans 5 ans Glénat sera prêt à accepter ce genre de licence grâce à ton travail de préparation”
          Oui, j’y travaille ! Et certaines réalités qui me semblait impensable il y a encore 5 ans sont ici maintenant. Donc pas utopique du tout de penser que l’industrie du livre ‘mainstream’ se fasse de plus en plus aux licences libre comme CC-By-Sa 😉

          (PS: En parlant de CC-By-Sa : le projet de Nikolai avec Pepper&Carrot utilise CC-By-Sa, et ça me va : https://www.indiegogo.com/projects/pepper-and-carrot-motion-comic#/ )

          • Bon, super, et parfait pour le livre de la Krita Foundation. Personne ne pourra plus se plaindre quand il sera là !
            Tout est encore en WIP, même si on commence à voir la lumière au bout du tunnel. La route est longue, tout ça 😉
            Je met le tuto sur le script d’export en haut de ma Todo list, et je te tiens au courant.

  3. Sans remettre en cause la démarche de David Revoy et sa cohérence, ceux qui considéreraient qu’on volerait le fruit de leur travail n’ont pas à tourner le dos à la diffusion sous licence libre pour autant, il peuvent se tourner vers la CC-by-sa plutôt que la CC-by. Je me sens obligé de le préciser, car l’oubli de cette alternative me semble avoir joué un rôle important dans le rejet en bloc qui s’est joué dans les échanges. (Ceci n’est pas un appel à troll sur pour ou contre le copyleft)

  4. Pour moi, cette initiative (de David Revoy) est super intéressante ne serait-ce que par le débat qu’elle a ouvert, aujourd’hui indispensable selon moi. Dommage que certaines personnes choisissent la colère et la fermeture d’esprit comme réaction, alors qu’on est manifestement dans un mouvement d’exploration (donc même si on n’est pas d’accord, il faut se rappeler que la solution parfaite n’arrive pas toujours dès la première tentative, et aussi qu’un peu de retenue et de simple curiosité est nécessaire lorsqu’on n’a pas encore le recul pour juger des véritables conséquences).

    À titre personnel, je partage exactement le point de vue de Nylnook (par souci de transparence, je précise que je suis éditrice — sous copyright classique, eh oui, c’était avant que je découvre la culture libre — et aspirante auteur de fiction). À première vue, je trouvais la démarche de David Revoy vraiment cool et prometteuse; mais, en lisant davantage de quoi il en retournait, j’ai fini par comprendre qu’il s’agissait effectivement d’open source et pas de libre, et pour moi, c’est là que le bât blesse. Je suis même persuadée que, pour beaucoup d’auteurs de BD qui ne sont pas forcément très au fait des licences libres, c’est aussi le point qui fâche : l’auteur dans sa bulle fait du libre, c’est beau, mais il se désengage dans le même temps de toute responsabilité éthique, politique, sociale quant aux utilisations qui peuvent être faites de sa création.

    Et ça… eh bien, au final, c’est une question de croyance. Les tenants de l’open source croient qu’il est possible de refuser cette responsabilité, qu’il est possible d’être apolitique. Alors que les partisans du libre considèrent cette responsabilité comme inaliénable (comme quand on dit “ne pas faire de choix équivaut en fin de compte à un choix”; l’apolitisme est en soi une position politiquement connotée). Donc on est dans un camp ou dans l’autre et on ne sera probablement jamais tout à fait d’accord… mais pas la peine de s’insulter pour autant! Et, à l’instar des informaticiens qui arrivent à travailler ensemble au-delà de ces clivages, je souhaite que la communauté artistique arrive aussi à construire sur et/ou malgré ces différences.

    Ce qui me chagrine un peu, c’est que cet exemple (louable ne serait-ce que par son innovation, je le répète) puisse être à tort assimilé à la culture libre dans son ensemble, alors que non, c’en est juste une interprétation possible parmi d’autres, et tous les libristes n’y souscrivent pas forcément. Dans les commentaires de l’article de Calimaq, par exemple, j’étais profondément gênée par son amalgame systématique entre “licence libre” et la licence choisie par David Revoy, et peut-être encore plus par son affirmation répétée que critiquer le choix de cette licence, c’est critiquer l’idée même du droit d’auteur… C’est quand même fort de café; selon ses arguments, le mouvement du Logiciel Libre non seulement ne comprendrait rien aux licences libres, mais serait aussi une grave dérive liberticide (ben oui, puisqu’ils contestent le bien-fondé de l’open source). Il faut faire attention aux bêtises qu’on profère, et ça, des deux côtés, surtout alors que le but principal devrait être d’informer sur un sujet complexe et trop méconnu du public…

    • @Jeanne : c’est une opinion qui tourne en rond , un avis de femme …le vôtre, tout aussi valable qu’un autre mais un peu trop tasse à thé et petit gateaux_gateux à mon goût.
      Le libre et l’opensource , c’est pareil excepté que l’opensource est sous financement extérieur et donc sous influence monétaire (stallman l’explique ainsi) : c’est donc une mauvaise définition du libre, une erreur de formulation du départ.

      Le sujet n’est pas difficile ni tabou.
      Le choix qui est fait dépends surtout des ennuis ou bien des frais que l’on ne veut pas avoir et des bénéfices ou des soutiens que l’on souhaite.
      Il n’y a rien de philosophique ou de dogmatique mais de pratique : l’un des premiers principes de l’esprit us/uk , le pragmamatisme (ce qui marche est vrai et bon).
      Prenons un autre exemple/sujet : les vêtements, la mode ou la coiffure , la cosmétique les costumes, les accessoires … donc , par l’absurde , si cela marche ailleurs cela est vrai …
      la mode et le modèle David Revoy ? ça marche.(superbement)
      les accessoires et le modèle David Revoy ? ça marche.
      la coiffure et le modèle David Revoy ? ça marche.(c’est même avidement recherché et très bien payé).
      la cosmétique et le modèle David Revoy ? ça ne marche pas.(interdit)
      les costumes et le modèle David Revoy ? ça marche.
      l’agencement de jardin et le modèle David Revoy ? ça marche.
      les plan de voitures , motos, avions, futuristes d’un véhicules et le modèle David Revoy ? ça marche.(c’est même avidement recherché et très bien payé).
      les textes de lois et le modèle David Revoy ? ça marche.(c’est même avidement recherché et très bien payé).
      les textes de médecines, cours, leçons, méthodes opératoires, techniques et le modèle David Revoy ? ça ne marche pas.
      les livres courants et le modèle David Revoy ? ça marche.(readers digest , audiobook traduction réédition non déclaré etc . grand bénéfice)
      les dessins, peintures, etc et le modèle David Revoy ? ça ne marche pas_ s’ils sont de qualité _ mais cela marche _car plus ou moins couvert par l’unesco et la petite enfance_ pour tout ce qui est éducatif-benêt-pédagogique.
      Le choix de la license n’est qu’un choix juridique, financier et ne représente pas grand chose à l’échelle d’un ou deux individus/oeuvres. (cela existait avant , oui-oui a pris la voiture de picsou et les chanteurs se volent et se prêtent allègrement tout ce qui peut concourrir à leurs succès : arrangement entre artistes _ et pour les prix nobels , c’est pareils …)
      Par contre si David Revoy inventait la bombe atomique portable ainsi que son mode d’emploi-how-to , cela deviendrait interressant non ?

      • c’est une opinion qui tourne en rond , un avis de femme …le vôtre, tout aussi valable qu’un autre mais un peu trop tasse à thé et petit gateaux_gateux à mon goût.

        J’avoue qu’en tant qu’amateur de thé, cuisineur de gâteaux, incorrigible gateux et tourneur en rond… néanmoins né avec une prostate et me définissant comme homme, j’ai du mal à comprendre la pertinence de cette phrase et son apport au débat (sans compter qu’elle me laisse de côté et me prive de mon droit au sophisme :p !).

        J’imagine que c’est une tentative d’humour, mais de mon point de vue cela n’est pas drôle, d’associer ainsi sophismes présumés avec un genre, comme si l’un découlait de l’autre… C’est, il me semble, une émanation du sexisme ordinaire (qui est culturel et donc induit en chacun et chacune d’entre nous, sans que nous en ayons forcément conscience), que j’ai pas super super envie de lire sur le framablog (sans compter que cela peut contrevenir avec les conditions générales de nos services, clause “merci d’être poli et respectueux avec vos voisins de service”, suivant comment Jeanne prend votre remarque).

        Sachez que vous devriez avoir la possibilité de modifier votre commentaire (sinon aucun soucis demandez-le moi et je le ferai pour et avec vous), ou d’amender ci dessous (voire vous excuser si vous le souhaitez).
        Si dès qu’une personne prend un pseudo féminin elle a droit à de telles remarques, je crains vraiment qu’on finisse qu’entre “barbus” dans le libre, se coupant ainsi de toute possibilité d’intégrations de personnes différentes et donc complémentaires… J’espère vraiment que vous prendrez ce commentaire pour ce qu’il est : un apport, et non une accusation ^^ !

    • Tu fais mégarde il me semble, la licence CC-BY est bel et bien une licence libre, et il y a peu de différence entre Libre et Open Source.
      Je suppose que tu veux parler de Copyleft et de Permissif.
      Et en effet Nylnook fait la même erreur dans son commentaire : «pourquoi open source plutôt que libre ?» :-/
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Copyleft
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_libre

      • Oui, tu as raison, c’était une simplification abusive. Les deux licences sont libres, et je simplifiais en disant que la contrainte “virale” de la CC-by-sa est plus proche à mes yeux de la philosophie de la FSF.

    • @Jeanne
      « l’auteur dans sa bulle fait du libre, c’est beau, mais il se désengage dans le même temps de toute responsabilité éthique, politique, sociale quant aux utilisations qui peuvent être faites de sa création. »
      Si j’ai bien compris, tu appelles « libre » la licence CC-BY-SA, et « open source » la licence CC-BY ?
      Comme déjà remarqué par @Côme, la différence n’est pas là (les deux licences sont libres, la première peut-être même plus que la seconde).
      Mais en quoi utiliser la seconde plutôt que la première désengage de ces responsabilités ? Ce n’est pas parce qu’un ré-utilisateur publie sous la même licence libre qu’il est paré de toutes les vertus. Dans le monde du logiciel, il existe plusieurs exemples de créateurs/redistributeurs non éthiques de logiciel libre.

      Il faut aussi ajouter que les licences libres ne se substituent pas au droit d’auteur, mais s’y ajoutent. Et en particulier le droit d’auteur (en France tout du moins) inclus une clause morale (perpétuelle d’ailleurs) qui permet, certes avec des limites, de s’opposer à la publication d’une réutilisation de l’œuvre qui pourrait porter atteinte à son image ou à celle de l’auteur.
      L’auteur pourrait ainsi s’opposer à toute réutilisation à visée pornographique de son œuvre (alors que par exemple Pepper&Carrot est 142% sûr pour le travail), même si ça en intéresserait plus d’un 😉
      Tout ça pour dire que le choix de la licence ne permet pas vraiment plus ou moins de contrôle sur les utilisations qui sont faites de l’œuvre.
      D’ailleurs, même un auteur utilisant le modèle « standard » ne peut pas toujours se permettre d’être tatillon sur le choix de l’éditeur et de ses propres conditions de rémunération s’il veut avoir une chance d’être publié correctement.

    • Je serai intéressé de connaitre le point de vu de David sur cet aspect des choses. La reprise d’un travail par des acteurs que l’auteur désavoue, voir surtout le détournement de ce travail, c’est a dire reprendre une page et changer le dialogue des personnage pour un discours immoral, ou surtout illégal.
      Comment la licence protège l’auteur de ce genre de dérive ?

      Autre question pour David autant que pour Jeanne. Un ensemble ne peut-il pas être sous licence commercial (c’est a dire personnage/dialogue/histoire) et une partie en licence libre? (visuel seulement par exemple)

      Dernière question: David, je n’ai pas eu encore le plaisir de lire Pepper& Carrot, mais ça ne va pas tarder. D’après ce que j’ai vue sur les 3 premiers épisodes, le travail est remarquable graphiquement, mais je trouve le contenu TRES convenu : un personnage principal, un faire valoir animal, une histoire qui semble avoir déjà été vu etc… Je vous présente déjà mes excuses, je ne veux pas dénigrer vos efforts, au contraire je les admire. Un ami écrivain (qui n’arrive pas a se faire connaitre) se plaignait qu’une chaîne de télé diffusait une séries basée sur son concept qu’il avait envoyer a plusieurs éditeurs quelques mois plus tôt.
      Pensez vous que vous auriez la même démarche avec des idées plus original qu’avec Pepper&Carrot? et comprendriez vous qu’un auteur cherche véritablement a s’enrichir dans ce cas?

      • Ah oui, j’oubliai le principal : Merci infiniment David pour votre travail, pour votre engagement, pour cette tentative “d’amorcer un changement et ainsi inspirer une industrie en crise” et pour ce débat très intéressant.

  5. @Pouhiou
    D’ailleurs, si vous pouvez préciser dans votre message la différence entre votre commentaire d’aujourd’hui, qui est passé, et les précédents, cela peut aussi aider à mieux régler nos filtres ^^)
    moi, j’ai remarqué quelques dysfonctionnement techniques : mon clavier quelquefois bloqué sur certaines lettres, mon message qui s’efface soudainement après avoir cliquer sur le “envoyer un commentaire”, une réponse à pyg et c’est jamais validée ; un firefox ‘resend’ demandé (page blanche) ; je ne crois pas que cela vienne de framasoft mais de quelqu’un (under survey ?) qui hack le site ou brouille les q/r.
    Je n’ai rien contre la censure qu’effectue certains sites ou blogs car la fatigue et l’énervement nous font quelquefois écrire des grosses bétises.

    • Ou tout simplement notre système de cache qui fait des siennes.

    • J’ai eu ce même problème de message effacé/non pris en compte après envoi d’un commentaire (alors même que j’étais connecté en tant qu’admin sur le blog ^^) : on a eu des soucis de caches et des réglages à faire, récemment, cela vient de là.

      Il se peut que ce soit encore à affiner, mais il me semble que Framasky veille et en vient à bout 😉

  6. “C’est pourtant, et à l’origine du buzz, l’angle de communication surprenant qu’a essayé d’orchestrer le syndicat BD SNAC sur sa page Facebook ”

    Le SnacBD n’a en aucun cas orchestré quoi que ce soit dans cette “affaire” mais nous pensons qu’elle mérite le débat. Nous souhaitons qu’il soit serein et respectueux.
    Le SnacBD.

  7. Merci pour cet article,
    Cela clarifie pas mal de chose pour moi et je peux enfin articuler l’attrait que j’ai pour le Creative Commons, l’open source et les points qui me perturbent un peu.

    Pour moi il manque un Share Like quelque part, que Glénat puisse exploiter se faire de l’argent MAIS que lui aussi en contrepartie doivent permettre un usage du même ordre.

    Pourquoi pas une licence : Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International (CC BY-SA 4.0)

  8. Bonjour,
    J’ai lu tous les commentaires — en passant, au vu de qqs problèmes de publication des commentaires, peut-être Framablog pourrait afficher en pied de page ou sur le côté les qqs exigences techniques du site : cookies nécessaires? scripts nécessaires? pour que le commentaire soit au moins pas rejeté par WP. Il y a un excellent antispam en module pour WP (pas akismet) qui ne semble pas refouler les commentaires non spam et vous avertit que vous devez authoriser JS:.WP-SpamShield Anti-Spam, je crois.

    Bien apprécié les propos de David Revoy et aussi l’article de Calimaq et la longue discussion qui s’en suit.

    Il est un peu difficile de comparer licence libre GPL (logiciel) et libre CC pour livre, musique etc. Dire que CC-by est une licence du genre BSD parce qu’elle permet à Glénat de publier une BD sans payer (en gros c’est ce qui est dit dans les reproches) et avec un copyright traditionnel sur la version publiée sur papier, c’est bizarre. Mais dans le fond, c’est peut-être comme Google qui fait une version libre BSD Chromium comme brouillon de Chrome: l’entreprise espère que des programmeurs vont travailler sur Chromium gratuitement et elle empoche les améliorations pour son Chrome privateur (en bénéficiant du travail gratuit même si Chrome est gratuit).

    Je pense que la comparaison est une impasse. Ce qui parait plus important que Glénat est un panama papers qui s’enrichit encore presque gratuitement, c’est que David ne subit aucune pression de la part d’un éditeur vorace pour changer sa manière de peindre et de dessiner, il va son chemin et si Glénat le publie, c’est la liberté de la licence.
    Si les lecteurs n’aiment pas le travail de Glénat (la typo modifiée, par ex.), ils n’ont pas du tout besoin d’acheter le livre pour lire P&C et n’importe qui peut imprimer pour soi ou d’autres une meilleure version. Pour les couleurs et les détails, rien ne vaut les sources de grande qualité que David met à disposition de tous.

    Peut-être que David pourrait rehausser le maxi dons pour les sociétés (si j’ai bien compris, le maxi est 350$), comme cela on verrait si Glénat veut bien se permettre d’être généreux.

    En tous cas, David, merci pour tout ton beau travail et de donner envie aux gens d’utiliser des logiciels libres, en particulier en graphisme. Mais je pense que ton travail mériterait d’être tout à fait libre: GitHub n’est pas une plateforme libre (bon, d’accord, Sourceforge est encore pire) et tout le monde n’a pas envie de fréquenter Facebook et Twitter. Tes lecteurs et mécènes valent mieux que cela, AMHA. Facebook pourrait être juste une vitrine, une simple page et non pas le dernier salon où l’on cause 😉 — Ah, je sens que Framablog va te lancer sur Gitlab (super cool) et Diaspora (pas trop cool pour la diversité de tes lecteurs).

    Bonne continuation en tous cas 🙂

  9. Bonjour,

    Quels sont les situations équivalentes dans le cadre du logiciel libre ?
    Quels sont les logiciels libres disponibles gratuitement qui sont distribués sans réelle plus-value de manière payantes par une autre compagnie (et où les clients paient cette compagnie principalement parce que cette compagnie a une plus grande vitrine et qu’ils ne savent pas qu’il existe une version identique mais gratuite) ?

  10. J’apprécie beaucoup le travail de David Revoy, mais il faut avouer que cette publication par Glénat n’est ni plus ni moins que du dumping.

    • Du dumping….

      Attassssion, les grands mots qui ne veulent rien dire ou qui sont hors sujet mais qui peuvent faire polémiques sont lâchééééés !!!

      Bon, déjà, tu as lu l’article sur Frama, tu es allé faire un tour sur S.I.Lex – par exemple -, tu as été faire un tour par curiosité sur le site de l’auteur, tu y as lu sa philosophie, les raison du pourquoi et du comment du choix de la CC By.Sa ? Toi-même tu t’es déjà intéressé aux licences libres ? Oui ? Non ? Hein ?

      D’abord il y a le droit d’auteur. Je parle du droit moral, cette chose non discriminante qui en France permet aux riches, aux pauvres, aux inconnus, aux sans réseau, aux hommes, aux femmes, aux trans, bref à n’importe qui de bénéficier automatiquement de la pérennité de sa création.

      Rien à voir avec le Copyright qui lui s’applique à l’oeuvre et non à l’auteur et qui peut être vendu, céder et surtout qui est l’enjeu d’un rapport de force qui n’est jamais en faveur de l’auteur.

      Donc je parle du droit moral de l’auteur pas des droits patrimoniaux. Je précise parce qu’en France dés qu’on parle des licences libres, la seule question qui vient dans le débat ce sont les sous. Comment on gagne des sous avec les licences libres ? Et la seconde c’est comment on protège ses oeuvres avec les licences libres. Cette dernière question montre à quel point un grand nombre d’artistes en France ne s’intéressent qu’à une chose, c’est comment ils peuvent s’inscrire dans le marché de l’art.

      Tout artiste qui pense d’abord à la dissémination de ses oeuvres auprès du public – la destination normale de toute oeuvre d’art -, est catalogué dans la case utopiste, bobo, amateur, débile, et bien sûr si le statut d’artiste se dégrade autant dans le marché du produit culturel c’est de sa faute parce qu’il renonce à vendre – un salop, quoi.

      La réalité est toute autre puisque dans la vraie vie, c’est ce marché de l’art lui-même qui organise la précarisation des auteurs et rien d’autre.

      Et si tu prétends le contraire c’est soit que tu fait partie de la masse des auteurs qui ont comme objectif d’être signés par un gros éditeur, soit tu es un de ces auteurs qui vivotent de leur activité et qui espèrent accéder à la notoriété – donc il faut surtout pas voir la vérité en face -, soit tu es déjà installé et tu défends un système qui oppresse tes concurrents et protègent ta place, soit tu ne sais absolument pas de quoi tu parles et tu es juste là pour TROLLER.

      Donc, Bill, quand tu utilisent un mot comme “dumping” pour qualifier le choix d’un auteur de publier son oeuvre comme il le désire et qu’en plus cet auteur a trouvé un moyen de gagner correctement sa vie en faisant ce qu’il aime tout en gardant le contrôle sur la façon dont cette oeuvre est distribuée auprès du grand public, tu fais quoi ?

      Tu nies le droit moral de cet auteur à faire ce qu’il veut de son travail. Tu donnes un avis sur quelque chose qui ne te concerne pas et qui ne te porte pas tort.

      Tu veux parler de dumping ?

      Parlons alors de la façon dont la bande-dessinée, la musique, la photo, le cinéma, l’écriture, le marché du produit culturel pour faire court met en concurrence les auteurs entre eux – pas seulement les auteurs Français entre eux mais les auteurs Français et les auteurs du monde entier comme dans n’importe quelle industrie.

      Ce marché du produit culturel leur propose des conditions de travail de plus en plus précaires, utilise l’informatique pour rendre les artistes de plus en plus productif à défaut d’être créatifs, en leur piquant au passage l’exclusivité de l’exploitation de leurs oeuvres aux condition des éditeurs qui saturent le marché d’oeuvres jetables et remplaçables leur permettant d’augmenter leur marge tout en permettant de précariser un peu plus les auteurs.

      Fais ce travail critique après tu viendras ici pour dire qu’un auteur qui utilise une licence libre totalement ouverte fait du dumping social.

    • On s’en fiche des profits de Glénat car David s’en fiche. David n’est pas exploité par Glénat, il est diffusé par Glénat, sans avoir rien demandé à Glénat, et cela ne l’a pas empêché de se diffuser comme il a voulu et de continuer à se diffuser comme il veut.

      David est libre et c’est cela qu’il veut. Il est rétribué par des lecteurs, il fait connaître son art et les logiciels libres qu’il utilise (et il les améliore). C’est ça qui compte.

      Il ne doit rien à Glénat même si cette diffusion sur papier est sans doute bienvenue. Glénat ne lui doit rien non plus. Et si Glénat est un porc, au moins David n’est pas touché.

      Et comme il est dit ici et là, le droit moral de David est intact. Si Glénat fait un album que David juge hideux celui-ci peut s’opposer à cette publication.

      Un artiste libéré des contrats et de leurs servitudes, ça rappelle la démarche de Nina Paley. Elle ne veut pas s’occuper de licences, droit et tout ça. Et ça vaut dans les 2 sens: sa non licence n’entrave personne et elle s’est libérée de toutes les entraves dues au copyright, donc elle inclut dans ses œuvres des œuvres sous copyright non par provocation mais par nécessité.

      • Je pense qu’il est intéressant (pour facilité la compréhension des raisons et des motivations de certains de vos interlocuteurs) de constater que cette situation correspond très bien à ce qui, en économie comportementale, s’appelle le “jeu de l’ultimatum”: https://en.wikipedia.org/wiki/Ultimatum_game

        Dans le jeu de l’ultimatum, on a 1 arbitre et 2 joueurs. L’arbitre met une somme sur la table, disons 100euros. Le premier joueur décide alors de la fraction qui est proposée au deuxième joueur, par exemple 40 euros. Le deuxième joueur répond alors soit “ok” et reçoit cette somme, le premier joueur reçoit ce qui reste (60 euros), soit répond “non” et personne ne reçoit rien du tout. Le jeu est joué par le second joueur qu’une seule fois, et aucune négociation ou échange entre les joueurs n’est possible.
        (la différence, c’est que Revoy, ici, n’a absolument rien à dire: Glénat choisit lui-même la redistribution, et ne perd absolument rien, car Revoy ne refuse pas le partage: avec son choix de licence, il dit qu’il accepte n’importe quel partage)

        En théorie économique, le premier joueur a tout intérêt à proposer 1 euro au deuxième joueur (car ça maximise ce qu’il peut gagner). Celui-ci a le choix entre 0 ou 1 euro, il a donc intérêt dire “ok”.
        Or, lors d’expériences réelles, on constate que ce n’est pas ce qui se passe: le deuxième joueur refuse lorsque l’offre est inférieure à 30 euros. Et d’ailleurs, le premier joueur n’offre que très rarement la somme minimum.
        Une explication du phénomène est notamment un comportement altruiste de la part du second joueur: il préfère perdre de l’argent mais “donner une leçon” pour pousser le premier joueur à être plus généreux (moins injuste) dans le futur (avec quelqu’un d’autre que lui, vu qu’il ne peut jouer au jeu qu’une seule fois).

        Selon moi, cela illustre que les explications “égoïstes” des comportements des personnes qui critiquent le modèle de Revoy ne sont pas forcément les seules explications (ces explications “égoïstes” sont par exemple: parce qu’ils sont jaloux, parce que le bonheur de Revoy les menace directement, parce qu’ils n’ont rien compris au libre, …).

        (la question des motivations de Glénat pour faire un don, alors qu’ils n’en sont pas obligé, est également intéressante. Je pense qu’une partie de la réponse est que Glénat se comporte comme un deuxième joueur typique: un deuxième joueur typique ne va que très rarement proposer que 1 euro, pas par peur du refus, mais parce qu’il pense lui-même que 1 euro est injuste et mérite d’être refusé)

        • si c’était mieux expliqué et écrit cela serait mieux compris et pis tout le monde n’a pas le piston de glenat

  11. bill&kar&lope

    faire un autre choix ne détruit pas forcemment les options précédentes.

Laissez un commentaire