Contributopia : dégoogliser ne suffit pas

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Framasoft vous invite à un voyage exaltant : explorons ensemble des mondes numériques. Des mondes où les outils informatiques se conçoivent en collaboration, où les pratiques respectueuses essaiment et pollinisent, où s’ouvrent les portes de la contribution.

Ne plus faire contre, pour faire autrement

Après avoir conclu la campagne Dégooglisons Internet, une leçon s’impose : se réduire à proposer des alternatives aux services de Google & compagnie, ce serait se perdre sur la voie du Libre. Car, d’une part, cela implique de s’épuiser dans une course à la réaction, face à des géants du Web aux jambes bien longues. Mais surtout, cela oblige à jouer selon leurs règles, donc à rester dans leur conception du monde.

Ne nous y trompons pas : derrière chaque nouveau service et produit des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), il y a une vision de la société, celle que les médias traditionnels se plaisent à qualifier de « ubérisée », celle qui fait de nous des objets de consommation. Derrière l’adage « si c’est gratuit, c’est toi le produit », il y a une vérité cruelle : les ogres dévoreurs de data de la Silicon Valley nous forcent à donner une livre de nos vies en échange de leurs outils, et nous mettent en position de devoir choisir entre notre confort et nos libertés.

Oui, c’est déprimant… mais d’autres mondes sont possibles.

Cliquez pour découvrir les mondes de Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Lors des multiples rencontres et échanges avec vous, nous nous sommes rendu compte d’autre chose : des alternatives existent. Dans de nombreux domaines, des personnes agissent au quotidien avec une autre vision en tête que la société proposée par les GAFAM, NATU et autres BATX (passez votre souris sur ces acronymes pour découvrir les zolis noms derrière -_-).

Que ce soit dans des associations, des entreprises de l’économie sociale et solidaire, des regroupements, des collectifs, etc., ces personnes contribuent, chacun·e à leur manière, pour proposer des alternatives variées qui mettent au centre de leurs préoccupations les libertés et les humain·e·s.

Ce n’est donc pas une surprise si c’est auprès de ces personnes que les discours du logiciel libre et de sa culture font mouche : nous partageons ensemble des notions d’éthique, de solidarité et de contribution. Lors de la campagne Dégooglisons Internet, nous avons pu voir combien cette audience était une des plus friandes d’informations et de solutions. Voilà des personnes qui comprennent tout de suite les enjeux, et qui non seulement s’approprient les alternatives libristes, mais vont en plus les diffuser ensuite auprès de leurs réseaux. Ce n’est pas pour rien : nous rêvons, ensemble, de concrétiser d’autres utopies.

« Mais vous êtes… utopistes ? »

Eh, chiche, on répond juste : « Évidemment. » ;)…

Déjà, parce que ce n’est pas une insulte que d’être qualifié d’utopiste. Mais aussi parce que, dans le cadre des univers numériques, le mot est parfaitement approprié. Bidouillé au XVIe siècle par l’auteur britannique Thomas More, il signifie littéralement « (qui n’est) en aucun lieu. » Comment mieux décrire le travail, les interactions et les œuvres de l’esprit produites depuis nos ordinateurs, sur nos réseaux ? Les 35 membres de l’association Framasoft vivent dans 33 villes différentes : l’endroit où tous nos projets se font, en collaboration avec plus de 700 contributeurs et contributrices et de nombreuses communautés, n’est réellement en aucun lieu !

Ce que le public te reproche, cultive-le : c’est toi.
(J. Cocteau, Le Potomak, 1919)

Bon, ne faisons pas l’autruche : lorsqu’on le crache comme une insulte, c’est pour donner à « utopiste » le sens de « irréaliste ». Mais, lorsque des salles de machines traitaient des cartes perforées, n’était-ce pas irréaliste d’imaginer avoir des ordinateurs dans nos poches ? Lorsque le savoir était contraint aux pages des encyclopédies papier écrites par quelques hommes, n’était-il pas irréaliste d’imaginer que des millions de personnes contribueraient chaque jour à faire de Wikipédia une encyclopédie fiable ? Lorsque Framasoft a présenté les 30 services visés par la campagne Dégooglisons Internet, n’étions-nous pas irréalistes de croire que nous allions (presque) y arriver… ?

Cliquez pour découvrir le monde des services de Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Plus qu’une utopie, la contribution fait le quotidien des communautés du logiciel libre, et de sa culture. C’est aussi bien une façon de faire qu’une manière de penser, qui est partagée avec toutes ces autres personnes qui rêvent d’autres sociétés. Nul besoin d’être militant·e du libre pour vouloir créer et agir ensemble dans le respect des libertés de chacun·e, mais les communautés du libre ont le pouvoir de façonner des communs numériques pensés pour être pratiques, solidaires et éthiques, au cœur même de leur code.

C’est là tout l’enjeu de Contributopia : trouver comment concevoir et proposer des outils qui sont pensés hors des sentiers battus et rebattus par ces entreprises-silos dont le seul but est de moissonner nos données. Nous n’imaginons pas faire cela sans travailler de concert avec nos alter-ego du monde des communs, sans approfondir nos relations avec les réseaux de l’éducation populaire ni être à l’écoute des personnes qui animent, quotidiennement, le milieu associatif que l’on connaît bien. À nos yeux, c’est en contribuant pour et avec ces personnes-là (et bien d’autres…) que les travaux des communautés du logiciel libre peuvent trouver la résonance qu’ils méritent dans la société civile.

Contributopia… Contributo… quoi ?

Contributopia, c’est notre petit bout de réponse à un problème qui picote un peu : aujourd’hui, les contributeurs les plus massifs au logiciel libre s’appellent Google, Facebook, Microsoft, Tesla, etc. Il nous semble urgent de contribuer avec d’autres réseaux et communautés, celles qui, avec nous, cherchent des alternatives à cette consommation généralisée de… de l’humain.

Lorsque, au cours de la campagne Dégooglisons Internet, nous avons mis le nez hors de notre petite bulle libriste, nous l’avons bien vu : ces alter-ego sont bien souvent déjà acquis·e·s à la culture du logiciel libre, parfois même sans le savoir. Il nous suffit d’être présent·e·s, dans l’écoute et l’échange, pour trouver des personnes qui adhèrent aux mêmes valeurs et savent convaincre leurs pairs. Or, on le sait : parler aux utilisatrices et utilisateurs de logiciels libres d’aujourd’hui, c’est trouver les contributeurs et contributrices de demain.

Cliquez pour découvrir le monde de l’essaimage dans Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Contributopia, c’est aussi une déclaration d’intention : nous souhaitons continuer à tisser des liens de plus en plus privilégiés entre les communautés des libertés numériques et celles qui œuvrent dans d’autres domaines avec le même état d’esprit. Ces échanges nous renforceront mutuellement et nous changeront sûrement : nous avons encore beaucoup à apprendre (et à gagner) à écouter des personnes qui travaillent avec les mêmes intentions, dans d’autres domaines que l’informatique.

Contributopia, c’est enfin un site web, magnifiquement illustré par David Revoy (♥). Nous en profitons pour le remercier chaudement car ce formidable illustrateur libriste a mis dans cette commande beaucoup d’écoute, de chaleur, d’attention… et de talent : c’est beau, hein ? Grâce à son travail, ce site web présente sur trois ans les douze actions que Framasoft compte mener pour outiller ces personnes qui concrétisent chaque jour le monde différent dont elles rêvent, qu’elles soient libristes ou se définissent autrement.

Bon, nous annonçons douze actions, mais vous nous connaissez : rendez-vous dans trois ans pour savoir combien il y en aura en plus ! ;)

Trois mondes à explorer

Les douze actions de Contributopia s’explorent sur trois planètes, une pour chaque année.

De 2017 à 2018, nous proposerons, dans la continuité de l’aventure Dégooglisons Internet, des services en ligne, libres et respectueux de vos données :

  • Framasite : créer et héberger des sites et pages web, blogs, wiki… dont la phase de test s’ouvre à vous dès aujourd’hui ! ;
  • Framameet : favoriser réunions et rencontres, en alternative à MeetUp et aux produits Facebook ;
  • Framapetitions : faire entendre ses opinions, en alternative à Avaaz ou Change.org ;
  • Framatube : casser, ensemble, le monopole de YouTube.

Nous détaillerons ces services très prochainement sur le Framablog, car nous souhaitons aller un peu plus loin que lors de la campagne Dégooglisons Internet. Nous allons encore plus nous impliquer dans la conception de ces services, et contribuer avec vous à leur évolution ! Par exemple, la phase de test de Framasite s’ouvre à vous dès aujourd’hui. Comme d’habitude avec Framasoft, nous aimons accompagner nos déclarations d’intention avec des actions concrètes. Néanmoins, il ne s’agit plus ici de sortir un service « prêt-à-utiliser-par-quiconque », mais bien de s’enrichir de vos retours pour le faire évoluer sous vos yeux, tout en produisant des tutoriels selon les besoins exprimés. Bien entendu, nous vous en parlerons plus en détails sur le Framablog dans les prochains jours.

Cliquez pour découvrir le monde de l’Éducation Populaire dans Contributopia.
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

Pour les mondes des prochaines années, ils sont un peu plus lointains et les actions qu’ils représentent restent encore à définir ensemble, au gré des échanges que nous aurons sur le chemin…

De 2018 à 2019, nous souhaitons parcourir plus avant la planète de l’essaimage : celle où chacun·e peut acquérir et approfondir son indépendance numérique. Les noms de codes de ces projets sont CHATONS, YUNOHOST, Internationalisation (pas des services hébergés par Framasoft, hein !) et Framasoft Winter of Code.

Enfin, vers 2019 et 2020, nous désirons défricher les territoires de l’éducation populaire, avec des actions de médiation aux outils numériques, de git (outil de contribution) rendu accessible à tou·te·s, un cours en ligne pour les CHATONS et même une Université Populaire du Libre !

Pour comprendre ces intentions et mieux pouvoir en discuter avec nous au fil des rencontres, n’hésitez pas à parcourir ces mondes sur contributopia.org

Une Contributopia à rêver ensemble !

Il fallait bien partir d’une première proposition, donc voici celle que nous vous faisons sur les trois prochaines années. Contributopia est notre nouvelle campagne : à l’instar de Dégooglisons Internet, elle ne nous empêchera pas de poursuivre nos nombreux autres projets ni d’essayer de mettre en lumière et soutenir toujours plus d’initiatives libres, qui font la richesse de nos communs numériques.

Cette campagne, comme toutes les propositions faites et maintenues par Framasoft, ne vit que par votre soutien, vos échanges et… vos dons. Ce nouveau cap pour Framasoft est pour nous un gros pari : continuerez-vous de nous faire confiance et de nous soutenir, sachant que vos dons représentent près de 90 % de nos ressources ?

Néanmoins, c’est un risque que nous voulons prendre, fort·e·s de la confiance que vous nous avez apportée au fil des ans. Nous le prenons car, plus que de changer de cap, il nous semble essentiel d’élargir la route (qui reste longue) afin qu’un plus grand nombre de personnes nous accompagnent dans cette voie (qui reste libre !).

Framasoft a longtemps été considéré comme une porte d’entrée dans la culture du logiciel libre. L’avantage d’une porte, c’est qu’on peut la franchir dans les deux sens. Il est grand temps que nous proposions aussi d’être une porte de sortie, une ouverture vers ces mondes de la contribution, afin que nous les explorions ensemble.

 

La route est longue mais la voie est libre,
L’équipe de Framasoft.

 

Pour aller plus loin

Suivre framasoft:

Réseau d'éducation populaire au Libre. Nous souhaitons faire le trait d'union entre le monde du Libre (logiciel, culturel, matériel, etc...) et le grand public par le biais d'une galaxie de projets à découvrir sur framasoft.org

34 Responses

  1. QuoiQue

    Pour les AMAPs, pour les biens communs, contre l’ubérisation… c’est un discours qui s’inspire beaucoup de l’altermondialisme, j’espère qu’eux, les associations et les collectifs altermondialistes qui luttent pour un monde plus fair, ils vont répondre présent à cette belle campagne.

  2. Jeans

    Bravo pour votre travail quotidien, c’est un excelent article qui m’a grandement réjouit.
    D’autant plus que les dires rejoignent les faits.
    Ps: La réponse de l’autruche était déjà une bonne réponse mais, suivit de l’autre réponse, ça devenait merveilleux.

  3. Thomas

    Un bien beau projet 🙂 Content de continuer à voguer sur le net avec vous. Je vais aller voir ce site, du coup.

  4. libre fan

    Incroyable… et le burn-out? Jamais!

    En passant, grav chez Framasite veut faire des requêtes à Gravatar et à Google Fonts, ouh. Et les retours pour Framasite, c’est sur Framagit?

  5. xSquid

    « Faire contre » avec comme tactique de « se réduire à proposer des alternatives aux services de », c’est se définir par rapport à une référence, à un modèle. C’est donc donner encore plus de raison d’être à ce modèle. En croyant faire contre on fait donc pour.
    Alors que faire autrement…c’est créer, c’est le début de quelque chose d’autonome qui aura son propre équilibre, sa propre histoire. J’adhère complètement. 🙂
    J’utilise Zim actuellement, notamment pour la prise de note, mais aussi comme base de savoirs et connaissances pour un cursus universitaire. Je vais voir si je peux transposer ça sur DokuWiki afin de mettre en commun toutes ces données pour la session.
    Un manque que j’ai rencontré récemment c’est un service glossaire/lexique centralisé. Est-ce qu’il existerait un module pour transformer DokuWiki et glossaire? Si c’est le cas et que cela vous semble pertinent, je veux bien faire le bêta-testeur.
    Si vous avez une autre solution, je suis preneur aussi.

  6. Dimitri Tsiapkinis

    Bravo pour votre engagement ! Je vais continuer à vous soutenir. J’aimerais vous inviter à présenter ce beau projet à Tours, lors de notre mini festival Newtopia / Danse et santé mentale ! Qu’en dites vous ?

  7. Rudy PATARD

    Je suis heureux de voir ce changement de ligne entre suivre, pour une concurrence libre et produire un monde alternatif.
    Je m’interroge cependant sur l’ordonnancement.
    Votre monde de service est déjà bien gros. Et il consomme je suppose beaucoup de ressources. Pour le décentraliser, il faudrait plus de chatons, rapidement. Et pour plus de chatons, il faudrait d’abord l’éducation nécessaire (technique et ‘populaire’, politique critique).
    Investir ou créer parallèlement des sphères comme les wikiversités (« un monde où chacun·e peut partager et accéder aux connaissances » et en créer aussi), avec des salons de débat complémentaire (mumble / jitsi) pourrait parfaitement héberger les MOOC nécessaires à la multiplication des chatons (des alternatives existent déjà https://fr.wikiversity.org/wiki/Aide:MOOC).
    Par ailleurs, l’éducation populaire me semble un préalable nécessaire pour dépasser le concept de liberté pour une compréhension de l’interdépendance des contributeurs (comme la relation d’interdépendance entre framasoft, ses donateurs et utilisateurs par exemple). Les mondes décrits me semblent donc à explorer dans l’ordre inverse afin de faire vivre de façon stable des mondes contributifs.

    Bien à vous.
    Rudy

    • pyg

      @Rudy : il y a la théorie, et il y a la pratique 🙂

      D’abord, nous sommes déjà une association d’éducation populaire, nous n’avons donc pas attendu la campagne Contributopia pour en faire 🙂

      Ensuite, oui, votre logique est bonne, sauf que nous sommes contraint⋅e⋅s par différents éléments : le temps, l’argent, les compétences, les réseaux (humains), la légitimité sur des sujets qui ne sont pas les notres au départ.

      Enfin, 3 ans, ça peut paraître long, mais c’est en réalité extrêmement court ! Contributopia est une feuille de route, mais on ne va pas arrêter Framasoft dans 3 ans 😉 Donc, nous fonctionnerons en itération, et apres avoir monté ces moocs, après avoir amélioré les conditions d’accompagnement aux usages par la médiation et l’éduc pop, nous serons alors plus « forts » pour revenir faire de la sensibilisation, et pourquoi pas proposer de nouveaux services.

      Bref, c’est un cycle, et je vous assure que nous l’avons réfléchi en prenant en compte ce que nous sommes, qui nous sommes, et aussi combien nous sommes (pour rappel, Framasoft c’est 10 000 fois moins de salariés que Google). Ces choses là prennent du temps, et je pense que 1 ou 2 ans pour mettre en place de tels projets n’est pas complètement en décalage.

      Quoi qu’il en soit, merci pour votre remarque (dont je valide le raisonnement), et n’hésitez pas à participer à l’aventure 🙂

      • libre fan

        @Rudy et @pyg

        Je trouve que c’est bien le MOOC plus tard, ça laisse le temps de mûrir le projet et de voir comment l’informatique (tout numérique?), l’internet et le web évoluent, ce vont devenir les chatons.org réellement.

  8. Bloggy

    Bonjour,
    Après avoir lu attentivement cette pas, je n’ai pas su résister à l’envie d’essayer Framasite.
    C’est très simple d’utilisation, bravo !
    Bonne continuation,

  9. Luc

    C’est vraiment nécessaire l’écriture inclusive ? Vraiment dommage de succomber aux dernières lubies sans intérêt d’une toute petite minorité.

    • Lutra

      Quand on souhaite sincèrement avancer dans un respect mutuel (et non se gargariser d’être libre en faisant l’impasse sur ce qui ne nous concerne pas), c’est nécessaire oui.

      • JC

        Non mais l’explication, vous faites ça comme si c’était bien, une bonne évolution, alors que c’est une régression totale de faire disparaitre le neutre de la langue française pour la sexuer, et surtout de faire disparaitre l’unité de cette langue pour partir avec d’autres à la dérive avec une forme écrite dégueulasse, rejetée tout aussi officiellement, et je ne comprends pas que vous croyez bien faire alors que c’est l’inverse. On s’en est toujours foutu du sexe des acteurs, on ne se pose pas la question, c’est évident qu’on s’en fout, alors pourquoi faire apparaitre une question dont on se foutait ? C’est comme « black-blanc-beur » qui m’a révélé quelque chose dont je me foutais quand j’étais petit, à savoir la couleur de peau des membres de l’équipe de France !

        • Félicien

          Le principe du changement, c’est justement qu’il bouscule et questionne ceux qui ne s’y attendent pas, ceux qui ne se posent pas la question.

        • naturalista

          Le problème, c’est qu’il n’y a pas de genre neutre en français, il n’y a que le masculin et le féminin. Le masculin n’est pas neutre, il a été propulsé comme genre englobant les deux car supérieur. Cela n’était pas anodin.

  10. Lutra

    Merci pour votre travail, cette initiative s’annonce prometteuse. 🙂

  11. Jerry Wham

    Bonjour et bravo pour tout ce que vous faites depuis des années.

    Ces félicitations méritées faites, j’en viens rapidement aux critiques (bin oui, sinon c’est pas drôle) quant au choix de l’outil choisi pour les sites.

    Vous essayez de vous détacher des modèles captifs à tout prix, et je suis à 200% d’accord avec ce choix, mais vous avez sélectionné un outil qui ne permet pas cette autonomie. En effet, niveau code, l’outil est dépendant de plusieurs solutions techniques (qui même si elles sont le vent en poupe actuellement) rendent captifs toutes les solutions basées sur leur modèle :
    – symphony
    – composer
    – twig
    – doctrine
    Certes, ce sont des solutions techniquement fiables (très, très fiables) mais elles rendent dépendantes de leurs choix techniques de développement.
    Et il sera difficile, pour un utilisateur lambda, sans connaissance particulière de la programmation, de s’en détacher.

    Je n’ai jeté qu’un coup d’oeil rapide, mais j’ai vu aussi un appel vers gravatar, qui a sa place sans rougir auprès des gafam.

    Comment justifiez-vous ces choix ?

    • JosephK

      > Et il sera difficile, pour un utilisateur lambda, sans connaissance particulière de la programmation, de s’en détacher.

      Très franchement, ce qui motorise un framasite importe peu pour les utilisateur·rice·s qui justement ne font pas de développement.

      Nous avons fait le choix de nous appuyer sur Grav pour que :
      1. le site soit facile à installer et à exporter (pas de base de données ; ça aurait pu être PluXML aussi)
      2. le contenu soit rédigé en markdown de manière à ne pas être dépendant de l’outil et que ça puisse se faire entièrement en ligne (pas de Hugo, Pélican, Jeckyll, etc)
      3. et comme ça manquait un peu de souplesse, nous avons ajouté le plugin/theme Gravstrap

      Donc, s’il doit y avoir une dépendance ce serait bien plus sur l’utilisation des shortcodes et de Bootstrap que sur ce qu’il y a sous le capot.

      Nous avons aussi envisagé de proposer la création de site via Silex – http://silex.me – mais il y avait trop d’adaptations à faire pour que ce soit prêt pour le début de la campagne.

      Après je rappelle que nos choix ne sont pas définitivement figés et Framasite est avant tout un outil de démonstration comme les autres services que nous proposons. L’important étant que ces outils soient libres de manière à ce qu’il soit toujours permis de forker.

      Concernant Gravatar, ça nous avait échappé. Grav permet de définir un avatar personnalisé local. Nous allons en mettre un par défaut aux utilisateurs nouvellement créés pour que l’utilisation Gravatar soit un choix assumé au lieu d’être subit.

  12. Jerry Wham

    > Très franchement, ce qui motorise un framasite importe peu pour les utilisateur·rice·s qui justement ne font pas de développement.

    À mon avis tout le problème est là et c’est ce qui fait aussi le succès des GAFAM : tout le monde se fout de comment ça marche, pourvu que ça marche, même si on passage on se fait siphonner jusqu’à l’os.

    Je pense que le problème est bien plus important et ne peut être réglé en apportant simplement un service supplémentaire.

    Quoiqu’il en soit, merci pour la réponse et pour tout ce que vous faites…

  13. Fil

    Salut,
    super initiative, et suite logique, y en a dans le ciboulot ! 😉
    Et le site, ouahhh, à tomber par terre !

  14. harrypopof

    Un énorme bravo pour les magnifiques illustrations libres de David Revoy !

  15. internaute

    Attention à PeerTube, ça utilise du code google!

    En effet, ça repose sur :
    – angularJS qui est un pure produit google. A éviter à tout prix !
    – puis, il y a aussi NodeJS qui se repose sur le moteur Chrome V8, encore google aux manettes derrière (d’ailleurs, au passage, chrome est un navigateur espion quand on sait que tout ce qui est « surfé » par le navigateur peut être utilisé par alphabet / google)
    – enfin peut-on avoir WebTorrent sans node.js ?

    Le développeur de PeerTube est-il vraiment libriste ? partage-t-il vraiment la vision de l’asso framasoft ? que faisons-nous :
    – fermons-nous les yeux et faisons l’autruche ou
    – le développeur de PeerTube avec Framasoft a bien l’intention de financer un vrai projet libre libéré de la nuisance de google ? 😀

    J’espère que la première solution ne serait pas retenue sinon à quoi ça sert de développer des solutions alternatives si c’est pour continuer en back-stage à développer le travail et la promotion de services google ?

    Merci de votre attention 🙂

    • tom

      Enfin si Angular est à 100% Google, dans ce cas, tous les software du monde sont un peu Google / Facebook / Airbnb etc… (suffit de voir les commits github ^^)

      Sachez que derrière les GAFA, il y a des ingénieurs, sûrement les meilleurs du monde d’ailleurs, qui oeuvrent pour l’open-source, ne pas utiliser une techno. parce qu’un ingénieur Google est passé dessus, c’est … stupide.

  16. Eric

    Bonjour, je viens de lire, et découvrir, ben oui, l' »écriture inclusive », et bien, ce qui me fait bien rire ce que… Ce N’est PAS de l »‘écriture inclusive ». Cherchez bien.
    Je vais réécrire la FAQ, vous devrez vous y plier, de gré ou de force :-/
    De plus, je ne vois pas bien l’intérêt de commenter un rêves éveillés. Ça sent la complaisance à plein nez.
    Dans ce registre-là, moi aussi, je suis utopiste, bon à de très rares moments, mais ça me suffirait pour aligner des adjectifs. On dirait un rappel des troupes.

  17. jpg

    Sur Peertube: ce serait bien d’avoir des développements sur le côté Google de Peertube, non ?

    Sur l’écriture inclusive: les hommes/les femmes. C’est tout ? Il en manque pourtant ! Environ 1 à 2% de la population mise de côté dans ces aménagements de pacotille, il s’agit des intersexués https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Intersexuation. Inclusif à 2 cents quoi ! C’est l’usage du neutre qu’il faudrait inventer/introduire dans la langue française 😉 Par ailleurs, c’est davantage riches/pauvres, ou dominants/esclaves, que hommes/femmes qu’il faudrait creuser pour résoudre pas mal de problèmes qui nous préoccupent 😉

    • JC

      Mais vous débarquez ou quoi, vous n’avez pas été à l’école ??? Le neutre existe en français, on ne se pose jamais la question du sexe quand on écrit/lit des mots au masculin ! Il n’y a aucun lien masculin-homme ou féminin-femme, sauf dans des contextes particuliers où l’on veut insister sur le sexe des personnages !
      https://www.legrandsoir.info/l-ecriture-inclusive-occulterait-elle-le-neutre-grammatical-francais.html par exemple, mais vous-même au fond vous devriez le savoir, à l’époque où on n’embrouillait personne avec cette question, jamais vous ne pensiez qu’il n’y avait pas de filles lorsqu’on écrivait au masculin, c’est une évidence.

  18. erwan KRUG

    Bonjour,
    on peut monter son propre blog sur framasoft ou bien framablog sont uniquement les blogs orientes « framasoft » ? C’est pas tres clair en haut de page, c’est quand meme sense etre une question resolue intuitivement pour eviter ce genre de question…

    Erwan.

    • JosephK

      De quel haut de page vous parlez ? (dans l’article ? la barre de menu ?)
      frama.site est le service d’hébergement de site web, blog, etc ouvert à tous du moment que l’utilisateur respecte les CGU alors que framablog.org est le blog de l’association Framasoft.

  19. Marcel

    Bravo, merci de montrer qu’il est possible d’être cohérent, de mettre en accord la fin et les moyens et de se dire que tout n’est pas écrit tant que nous avons encore l’envie, la motivation, la volonté d’écrire une nouvelle page. « Le progrès c’est la réalisation des utopies »