D’autres technologies pour répondre à l’urgence de la personne ?

« Ce dont nous avons besoin, c’est le contraire de la Big Tech. Nous avons besoin de Small Tech – des outils de tous les jours conçus pour augmenter le bien-être humain, et non les profits des entreprises. »

Ce n’est pas une théorie complotiste : le profilage et la vente de données privées font, depuis des années, partie intégrante du modèle économique de la plupart des entreprises du numérique. Dans cet article traduit par Framalang, Aral Balkan (auquel nous faisons régulièrement écho) suggère qu’il est urgent de s’éloigner de ce modèle qui repose sur les résultats financiers pour gagner en indépendance et explique pourquoi c’est important pour chacun d’entre nous.

 

Article original : In 2020 and beyond, the battle to save personhood and democracy requires a radical overhaul of mainstream technology

Traduction Framalang : FranBAG, goofy, wisi_eu, gangsoleil, Khrys – Mise en forme :

En 2020 et au-delà, la bataille pour sauver l’identité individuelle et la démocratie exigera une révision radicale des technologies dominantes

par Aral Balkan

Un jeune garçon pilotant un canot sur un lac, durant les grands incendies australiens. Crédit photo: Allison Marion.

 

Alors que nous entrons dans une nouvelle décennie, l’humanité est confrontée à plusieurs urgences existentielles :

  1. L’urgence climatique1
  2. L’urgence démocratique
  3. L’urgence de la personne

Grâce à Greta Thunberg, nous parlons sans aucun doute de la première. La question de savoir si nous allons vraiment faire quelque chose à ce sujet, bien sûr, fait l’objet d’un débat.2

De même, grâce à la montée de l’extrême droite dans le monde entier sous la forme de (entre autres) Trump aux États-Unis, Johnson au Royaume-Uni, Bolsonaro au Brésil, Orban en Hongrie et Erdoğan en Turquie, nous parlons également de la seconde, y compris du rôle de la propagande (ou « infox ») et des médias sociaux dans sa propagation.

Celle sur laquelle nous sommes les plus désemparé·e·s et partagé·e·s, c’est la troisième, même si toutes les autres en découlent et en sont les symptômes. C’est l’urgence sans nom. Enfin, jusqu’à présent.

L’urgence de la personne

On ne peut pas comprendre « l’urgence de la personne » sans comprendre le rôle que la technologie de réseau et numérique grand public joue dans sa perpétuation.

Votre télé ne vous regardait pas, YouTube si.

La technologie traditionnelle – non numérique, pas en réseau – était un moyen de diffusion à sens unique. C’est la seule chose qu’un livre imprimé sur la presse Gutenberg et votre téléviseur analogique avaient en commun.

Autrefois, quand vous lisiez un journal, le journal ne vous lisait pas aussi. Lorsque vous regardiez la télévision, votre téléviseur ne vous regardait pas aussi (à moins que vous n’ayez spécifiquement permis à une société de mesure d’audience, comme Nielsen, d’attacher un audimètre à votre téléviseur).

Aujourd’hui, lorsque vous lisez le journal The Guardian en ligne, The Guardian – et plus de deux douzaines d’autres parties tierces, y compris la Nielsen susmentionnée – vous lit également. Quand vous regardez YouTube, YouTube vous regarde aussi.

Il ne s’agit pas d’une théorie de la conspiration farfelue, mais simplement du modèle d’affaires de la technologie actuelle. J’appelle ce modèle d’affaires « l’élevage d’êtres humains ». C’est une partie du système socio-économique, dont nous faisons partie, que Shoshana Zuboff appelle le capitalisme de surveillance.3

Et pis encore : Alphabet Inc, qui possède Google et YouTube, ne se contente pas de vous observer lorsque vous utilisez un de leurs services, mais vous suit également sur le Web lorsque vous allez de site en site. À lui seul, Google a les yeux sur 70 à 80 % du Web.
Mais ils ne s’arrêtent pas là non plus. Les exploitants d’êtres humains achètent également des données auprès de courtiers en données, partagent ces données avec d’autres exploitants et savent même quand vous utilisez votre carte de crédit dans les magasins ayant pignon sur rue. Et ils combinent toutes ces informations pour créer des profils de vous-même, constamment analysés, mis à jour et améliorés.

Nous pouvons considérer ces profils comme des simulations de nous-mêmes. Ils contiennent des aspects de nous-mêmes. Ils peuvent être (et sont) utilisés comme des approximations de nous-mêmes. Ils contiennent des informations extrêmement sensibles et intimes sur nous. Mais nous ne les possédons pas, ce sont les exploitants qui les possèdent.

Il n’est pas exagéré de dire qu’au sein de ce système, nous ne sommes pas en pleine possession de nous-mêmes. Dans un tel système, où même nos pensées risquent d’être lues par des entreprises, notre identité et le concept même d’autodétermination sont mis en danger.

Nous sommes sur le point de régresser du statut d’être humain à celui de propriété, piratés par une porte dérobée numérique et en réseau, dont nous continuons à nier l’existence à nos risques et périls. Les conditions préalables à une société libre sont soumises à notre compréhension de cette réalité fondamentale.
Si nous nous prolongeons en utilisant la technologie, nous devons étendre le champ d’application légal des droits de l’homme pour inclure ce « Moi » prolongé.

Si nous ne pouvons définir correctement les limites d’une personne, comment pouvons-nous espérer protéger les personnes ou l’identité d’une personne à l’ère des réseaux numériques ?

Aujourd’hui, nous sommes des êtres fragmentés. Les limites de notre être ne s’arrêtent pas à nos frontières biologiques. Certains aspects de notre être vivent sur des morceaux de silicium qui peuvent se trouver à des milliers de kilomètres de nous.

Il est impératif que nous reconnaissions que les limites du moi à l’ère des réseaux numériques ont transcendé les limites biologiques de nos corps physiques et que cette nouvelle limite – le « Moi » prolongé ; la totalité fragmentée du moi – constitue notre nouvelle peau numérique et que son intégrité doit être protégée par les droits de l’homme.

Si nous ne faisons pas cela, nous sommes condamné·e·s à nous agiter à la surface du problème, en apportant ce qui n’est rien d’autre que des changements cosmétiques à un système qui évolue rapidement vers un nouveau type d’esclavage.

C’est l’urgence de la personne.

Un remaniement radical de la technologie grand public

Si nous voulons nous attaquer à l’urgence de la personne, il ne faudra rien de moins qu’un remaniement radical des technologies grand public.

Nous devons d’abord comprendre que si réglementer les exploitants d’humains et les capitalistes de la surveillance est important pour réduire leurs préjudices, cette réglementation constitue une lutte difficile contre la corruption institutionnelle et n’entraînera pas, par elle-même, l’émergence miraculeuse d’une infrastructure technologique radicalement différente. Et cette dernière est la seule chose qui puisse s’attaquer à l’urgence de l’identité humaine.

Imaginez un monde différent.

Faites-moi le plaisir d’imaginer ceci une seconde : disons que votre nom est Jane Smith et que je veux vous parler. Je vais sur jane.smith.net.eu et je demande à vous suivre. Qui suis-je ? Je suis aral.balkan.net.eu. Vous me permettez de vous suivre et nous commençons à discuter… en privé.

Imaginez encore que nous puissions créer des groupes – peut-être pour l’école où vont nos enfants ou pour notre quartier. Dans un tel système, nous possédons et contrôlons tou·te·s notre propre espace sur Internet. Nous pouvons faire toutes les choses que vous pouvez faire sur Facebook aujourd’hui, tout aussi facilement, mais sans Facebook au milieu pour nous surveiller et nous exploiter.

Ce dont nous avons besoin, c’est d’un système en pair à pair qui établisse une passerelle avec le réseau mondial existant.

Ce dont nous avons besoin, c’est le contraire de la « Big Tech » (industrie des technologies). Nous avons besoin de « Small Tech » (technologie à petite échelle) – des outils de tous les jours pour les gens ordinaires, conçus pour augmenter le bien-être humain, et non les profits des entreprises.

Étapes concrètes

À la Small Technology Foundation, Laura et moi avons déjà commencé à construire certains des éléments fondamentaux d’un pont possible entre le capitalisme de surveillance et un avenir radicalement démocratique, entre pairs. Et nous continuerons à travailler sur les autres composantes cette année et au-delà. Mais il y a des mesures pratiques que nous pouvons tou·te·s prendre pour aider à faire avancer les choses dans cette direction.

Voici quelques suggestions pratiques pour différents groupes :

Les gens ordinaires

1. Ne vous culpabilisez pas, vous êtes les victimes. Quand 99,99999 % de tous les investissements technologiques vont aux « exploitants d’humains », ne laissez personne vous dire que vous devriez vous sentir mal d’avoir été obligé·e·s d’utiliser leurs services par manque d’alternatives.

2. Cela dit, il existe des alternatives. Cherchez-les. Utilisez-les. Soutenez les gens qui les fabriquent.

3. Prenez conscience que ce problème existe. Appelez des responsables et défendez ceux qui le font. À tout le moins, n’écartez pas les préoccupations et les efforts de ceux et celles d’entre nous qui tentent de faire quelque chose à ce sujet.

Les développeurs

1. Cessez d’intégrer les dispositifs de surveillance d’entreprises comme Google et Facebook dans vos sites Web et vos applications. Cessez d’exposer les gens qui utilisent vos services au capitalisme de surveillance.

2. Commencez à rechercher d’autres moyens de financer et de construire des technologies qui ne suivent pas le modèle toxique de la Silicon Valley.

3. Laissez tomber la « croissance » comme mesure de votre succès. Construisez des outils que les individus possèdent et contrôlent, et non votre entreprise ou organisation. Créez des applications Web pour utilisateur unique (dont chaque personne sera l’unique propriétaire). Soutenez des plateformes libres (comme dans liberté) et décentralisées (sans nager dans les eaux troubles de la blockchain).

L’Union Européenne

1. Cessez d’investir dans les start-ups et d’agir comme un Département de recherche et développement officieux de la Silicon Valley et investissez plutôt dans les « stayups » (entreprises durables, PME ou micro-entreprises matures).

2. Créez un domaine de premier niveau (DPN) non commercial ouvert à tous, où chacun peut enregistrer un nom de domaine (avec un certificat Let’s Encrypt automatique) pour un coût nul avec un seul « appel API ».

3. Appuyez-vous sur l’étape précédente pour offrir à chaque citoyen·ne de l’Union Européenne, payé par l’argent du contribuable européen, un serveur privé virtuel de base, doté de ressources de base pour héberger un nœud actif 24h/24 dans un système pair-à-pair qui le détacherait des Google et des Facebook du monde entier et créerait de nouvelles possibilités pour les gens de communiquer en privé ainsi que d’exprimer leur volonté politique de manière décentralisée.

Et, généralement, il est alors temps pour chacun·e d’entre nous de choisir un camp.

Le camp que vous choisissez décidera si nous vivons en tant que personnes ou en tant que produits. Le côté que vous choisissez décidera si nous vivons dans une démocratie ou sous le capitalisme.

Démocratie ou capitalisme ? Choisissez.

Si, comme moi, vous avez grandi dans les années 80, vous avez probablement accepté sans réfléchir la maxime néolibérale selon laquelle la démocratie et le capitalisme vont de pair. C’est l’un des plus grands mensonges jamais propagés. La démocratie et le capitalisme sont diamétralement opposés.

Vous ne pouvez pas avoir une démocratie fonctionnelle et des milliardaires et des intérêts corporatifs de billions de dollars et la machinerie de désinformation et d’exploitation des Big Tech de la Silicon Valley. Ce que nous voyons, c’est le choc du capitalisme et de la démocratie, et le capitalisme est en train de gagner.

Avons-nous déjà passé ce tournant ? Je ne sais pas. Peut-être. Mais on ne peut pas penser comme ça.

Personnellement, je vais continuer à travailler pour apporter des changements là où je pense pouvoir être efficace : en créant une infrastructure technologique alternative pour soutenir les libertés individuelles et la démocratie.

L’humanité a déjà mis en place l’infrastructure du techno-fascisme. Nous avons déjà créé (et nous sommes toujours en train de créer) des éléments panoptiques. Tout ce que les fascistes ont à faire, c’est d’emménager et de prendre les commandes. Et ils le feront démocratiquement, avant de détruire la démocratie, tout comme Hitler l’a fait.

Et si vous pensez que «les années 30 et 40 c’était quelque chose», rappelez-vous que les outils les plus avancés pour amplifier les idéologies destructrices de l’époque étaient moins puissants que les ordinateurs que vous avez dans vos poches aujourd’hui. Aujourd’hui, nous avons le « Machine Learning » (Apprentissage machine) et sommes sur le point de débloquer l’informatique quantique.

Nous devons nous assurer que les années 2030 ne reproduisent pas les années 1930. Car nos systèmes centralisés avancés de saisie, de classification et de prévision des données, plus une centaine d’années d’augmentation exponentielle de la puissance de traitement (notez que je n’utilise pas le mot « progrès »), signifient que les années 2030 seront exponentiellement pires.

Qui que vous soyez, où que vous soyez, nous avons un ennemi commun : l’Internationale nationaliste. Les problèmes de notre temps dépassent les frontières nationales. Les solutions le doivent également. Les systèmes que nous construisons doivent être à la fois locaux et mondiaux. Le réseau que nous devons construire est un réseau de solidarité.

Nous avons créé le présent. Nous allons créer le futur. Travaillons ensemble pour faire en sorte que cet avenir soit celui dans lequel nous voulons vivre nous-mêmes.


Discours d’Aral Balkan au Parlement européen, fin 2019, lors de la rencontre sur l’avenir de la réglementation de l’Internet.  Merci à la Quadrature du Net et à sa chaîne PeerTube.

 





Federating Mobilizon : one more step towards de-facebooked events

There is a new development to our future alternative to Facebook: different Mobilizon installs can now federate with each other.

Why is that important? Why is this a key element? How can this make Mobilizon a fundamentally emancipatory tool? We will try to explain all this below.

This article is a part of « Contributopia’s travel journals ». From October to December of 2019, we will assess our many (donations-founded) actions, which are tax-deductible for French taxpayers. Donate here if you can.

If you are not (yet) familiar with our Mobilizon project….

Mobilizon was born from our desire to offer an alternative to Facebook events for marches to protect our climate and other citizen gatherings. Once the first version completed (by summer 2020 if all goes well!), Mobilizon will be a software that groups, structures or collectives can install on their server, to create their own event platform website. Who can do the most can do the least: if Mobilizon is designed to organize a large pacifist march, it will be easy to manage the birthday of the youngest one 😉 !

Click to download the summary of the interviews and job to be done (pdf in French, only)

We worked with designers to have a strong vision for the software. Interviewing activists at various levels of civil society has allowed us to better design Mobilizon. It should not only serve as an alternative to Facebook events, but also to Facebook groups (to gather, communicate together, organize) and Facebook pages (to publish a presentation, however brief, of its collective, its place, its association… and organized events).

We also understood that Mobilizon had to move away from the Facebook-style social features that exploit our ego and motor the attention economy. In the Mobilizon we designed, there are no likes, incentives to create the narrative of your life on a wall, and no echo chambers to these frustrating dialogues where everyone shouts and no one listens.

In June 2019, we presented this project, asking you to finance it if you wanted us to develop it. With more than €58,000 raised, it’s obivious that you shared our enthousiasm for Mobilizon! In October 2019, we released a first beta version, with basic functionalities. We want to show, in all transparency, the evolution of Mobilizon’s development, with an always-up-to-date demo on test.mobilizon.org.

Click on the screenshot to see the demo website on test.mobilizon.org

A new step forward: Mobilizon is now federated!

The federation is one of the most important aspects of the Mobilizon software. It is already good that University X can install Mobilizon on its servers, and create its instance of Mobilizon (let’s call it « MobilizedCollege.net »). But if Jaimie has created their account on UniMobilize.org, the body of their union, how can they register to the « March for Student Loans Awareness » event that was published on MobilizedCollege.net?

Integrating the ActivityPub protocol into the Mobilizon software allows each installation of each instance of the Mobilizon software to talk and federate with each other. Thus, in our example, MobilizedCollege.net and UniMobilize.org can choose to federate, i.e. share their information and interact together.

Mobilizon federated, illustrated by David Revoy (CC-By)

Rather than creating a giant platform with a single entrance door (facebook.com, meetup.com, etc.), we create a diversity of entrance doors that can be linked together, while keeping each one its own specificity. Since the second beta update, Mobilizon has made it possible to federate events, comments and participations. Most of the future features we will add in the coming months will also be federated, when appropriate.

For people who administer an instance, there is an interface to manage which instances you are subscribed to and which instances have subscribed to you.

You can already see the effects of this federation on our demo instance test.mobilizon.org. Note that the events there are fake (made for tests purposes), so if you try and install a Mobilizon instance on your server, it is better not to federate with this demo instance!

Other new features of the last two months

These last two months of development have mainly been devoted to the Federation aspect of Mobilizon. However, other improvements have also been made to the software.

One of the most visible is the addition of comments below events. Right now, this tool is basic: you can comment on an event, and respond to a comment. It is not intended to be a social tool (with likes, etc.), just a practical one.

 

Click on the comments to see the event « Mobilizon Launching Party »

Many addresses sources (to geolocate the address you type when entering the event location) have also been added to Mobilizon. We are currently thinking about how to improve this point without overloading our friends in the free-libre community such as OpenStreetMap. Today, we are still relying on OSM’s Nominatim server, pending the delivery of our own server!

Many bugs have been fixed since the October beta release. These corrections, combined with many practical and aesthetic improvements, are partly due to your feedback and contributions on our forum: thank you! If you have any comments about Mobilizon, if you spot anything on test.mobilizon.org, feel free to create a topic on our forum, the only place where we read all your feedback.

The road is long, but the path is set

Let’s be clear: Mobilizon is not (yet) ready to host your groups and events. We are already seeing pioneers who are tinkering with an installation on their servers (congratulations and thanks to you), it’s cool, really… But until we have released version 1, please consider that the software is not ready.

Also, there is no point in suggesting new features, we will not be able to add anything to what was planned during the fundraising last June. We would like to, but we simply do not have the human resources to meet all expectations. Our small non-profit manages many projects, and we must accept our limits to achieve our goals without burning out.

Click to join our forum, and give us your feedback on Mobilizon

For the next few months, the path is set:

  • Process your feedback from this beta version and get some rest by the end of the year 😉
  • Work on pages and groups (with messaging, moderation, organizational tools) in the first quarter of 2020;
  • Have time for patches, possible delays and finishes that stabilize and document the software, for its release planned before the summer of 2020.

Framasoft remains Mobilized, see you this summer!

Adding federation functionality to Mobilizon is a key step. We will continue to keep you informed of such progress on this blog, and to demonstrate it on the test.mobilizon.org website.

In the meantime, we hope that this new milestone will inspire you as much as we do on the future of Mobilizon, do not hesitate to give us your feedback on our forum and see you in June 2020… to Mobilize together!

Have a look at Contributopia’s travel journals and discover more articles and actions made possible by your donations. If you like what you just read, please think of supporting us, as your donations are the only thing that allow us to go on. As Framasoft is a public interest organization, the real cost of a 100 € donation from a French taxpayer is only of 34 €.

Support Framasoft

Header illustration: CC-By David Revoy




Mobilizon Fédéré : un pas de plus vers la dé-facebookisation de nos événements

Le développement de notre future alternative aux événements Facebook vient de franchir une nouvelle étape : la possibilité de fédérer différentes installations de Mobilizon.

En quoi est-ce important ? Pourquoi est-ce un élément-clé ? Comment cela peut faire de Mobilizon un outil fondamentalement émancipateur ? Nous allons essayer de vous expliquer tout cela ci-dessous.

Cet article fait partie des « Carnets de voyage de Contributopia ». D’octobre à décembre 2019, nous y ferons le bilan des nombreuses actions que nous menons, lesquelles sont financées par vos dons (qui peuvent donner lieu à une réduction d’impôts pour les contribuables français). Si vous le pouvez, pensez à nous soutenir.

Si vous ne connaissez pas (encore) notre projet Mobilizon…

Mobilizon est né de notre envie d’offrir une alternative aux événements Facebook pour les Marches pour le Climat et autres rassemblements citoyens. Une fois développé (d’ici l’été 2020 si tout va bien !), Mobilizon sera un logiciel que des groupes, structures ou collectifs pourront installer sur leur serveur, pour créer leur propre plateforme d’événements sous forme de site web. Qui peut le plus peut le moins : si Mobilizon est conçu pour pourvoir y organiser une grande marche pacifiste, il sera facile d’y gérer l’anniversaire du petit dernier 😉 !

Cliquez sur l’image pour télécharger une version anonymisée de la synthèse des entretiens et la liste des tâches, réalisées par Marie-Cécile Paccard (fichier pdf)

Nous avons travaillé avec des designers afin d’avoir une vision forte pour le logiciel. Interroger des citoyen·nes engagé·es à divers niveaux de la société civile nous a permis de mieux concevoir Mobilizon. Il ne doit pas seulement servir d’alternative aux événements Facebook, mais aussi aux groupes Facebook (pour se rassembler, communiquer ensemble, s’organiser) ainsi qu’aux pages Facebook (pour publier une présentation, même sommaire, de son collectif, son lieu, son association… et des événements organisés).

Nous avons aussi compris que Mobilizon devait s’éloigner des fonctionnalités sociales à la Facebook, celles qui exploitent notre ego et fondent les mécanismes de l’économie de l’attention. Dans Mobilizon tel que nous l’avons conçu, vous ne trouverez pas de likes, d’incitation à se mettre en scène sur son mur pour y créer le narratif de sa vie, ni de caisse de résonance de ces dialogues frustrants où tout le monde crie et personne ne s’écoute.

En juin 2019, nous vous présentions ce projet, en vous demandant de le financer si vous souhaitiez que nous le développions. Avec plus de 58 000 € récoltés, on peut dire que vous partagiez notre envie que Mobilizon voie le jour ! En Octobre 2019, nous avons publié une première version bêta, très sommaire, avec les fonctionnalités basiques. L’objectif est de vous montrer, en toute transparence, l’évolution du développement de Mobilizon, que vous pouvez tester au fur et à mesure de ses mises à jour sur test.mobilizon.org.

cliquez sur la capture pour aller voir la démonstration sur test.mobilizon.org

Une nouvelle étape franchie : Mobilizon est désormais fédéré !

La fédération est l’un des aspects les plus importants du logiciel Mobilizon. C’est déjà bien que l’université X puisse installer Mobilizon sur ses serveurs, et créer son instance de Mobilizon (appelons-la « MobilizTaFac.fr »). Mais si Camille a créé son compte sur SyndicMobilize.org, l’instance de son syndicat, comment peut-elle s’inscrire à l’événement « Marche contre la précarité étudiante » qui a été publié sur MobilizTaFac.fr ?

Intégrer le protocole ActivityPub au logiciel Mobilizon permet à chaque installation de chaque instance du logiciel Mobilizon de pouvoir parler et échanger avec d’autres. Ainsi, dans notre exemple, MobilizTaFac.fr et SyndicMobilize.org peuvent choisir de se fédérer, c’est-à-dire de synchroniser leurs informations et d’interagir ensemble.

Mobilizon Fédéré, vu par David Revoy (CC-By)

Plutôt que de créer une plateforme géante avec une porte d’entrée unique (facebook.com, meetup.com, etc.), on crée une diversité de portes d’entrées qui peuvent se relier entre elles, tout en gardant chacune sa spécificité. Depuis la mise à jour « bêta 2 », Mobilizon permet de fédérer les événements, les commentaires, les participations. Bien entendu, dans les développements des prochains mois, les fonctionnalités appropriées seront, elles aussi, fédérées.

Vous pouvez d’ores et déjà voir les effets de cette fédération sur notre instance de démonstration test.mobilizon.org. Notez que les événements qui y sont créés sont de faux événements (qui servent de tests), donc si vous bidouillez une instance Mobilizon sur votre serveur, mieux vaut ne pas se fédérer avec cette instance de démonstration !

Pour les personnes qui administrent une instance, il existe une interface permettant de savoir et choisir à quelles instances on est abonné et quelles instances sont abonnées à la sienne.

Les autres nouveautés de ces deux derniers mois

Ces deux derniers mois de développement ont principalement été consacrés à l’aspect fédération de Mobilizon. Cependant, d’autres améliorations ont aussi été apportées au logiciel.

Une des plus visibles, c’est l’ajout de commentaires en dessous des événements. L’outil est pour l’instant sommaire : on peut commenter un événement, et répondre à un commentaire. Il n’est pas prévu d’en faire un outil social (avec likes, etc.), simplement un outil… pratique.

 

Cliquez sur ces commentaires pour découvrir l’événement qui fête le lancement de Mobilizon !

De nombreuses sources d’adresses (pour géolocaliser l’adresse que l’on tape lorsqu’on renseigne le lieu de l’événement) ont aussi été ajoutées à Mobilizon. Nous réfléchissons actuellement à trouver comment améliorer ce point sans surcharger les projets libres compagnons tels que OpenStreetMap. En effet, nous nous appuyons encore sur le serveur Nominatim d’OSM, en attendant la livraison de notre propre serveur !

De nombreux bugs ont été corrigés depuis la publication de la bêta d’octobre. Ces corrections, associés à de nombreuses améliorations pratiques et esthétiques, nous les devons en partie à vos retours et à vos contributions sur notre forum : merci à vous ! Si vous avez la moindre remarque sur Mobilizon, si vous repérez quelque chose sur test.mobilizon.org, n’hésitez pas à créer un sujet sur notre forum, qui est le seul endroit où nous lisons tous vos retours.

La route est longue, mais la voie est toute tracée

Que l’on soit bien d’accord : Mobilizon n’est pas (encore) prêt à accueillir vos groupes et vos événements. Nous voyons d’ores et déjà des pionnier·es qui bidouillent une installation sur leurs serveurs (bravo et merci à vous), c’est cool, vraiment… Mais tant que nous n’avons pas publié la version 1, veuillez considérer que le logiciel n’est pas prêt.

De même, il ne sert à rien de nous suggérer de nouvelles fonctionnalités, nous ne pourrons rien ajouter à ce qui a été prévu lors de la collecte de juin dernier. Nous aimerions bien, mais nous n’avons tout simplement pas les moyens humains de répondre à toutes les attentes. Notre petite association porte de nombreux projets, et nous devons accepter nos limites pour les maintenir sereinement.

cliquez sur l’image pour rejoindre notre forum, où vous pouvez nous communiquer vos retours sur Mobilizon

Pour les prochains mois, le chemin est tout tracé :

  • Traiter vos retours de cette version bêta et se reposer un peu d’ici la fin de l’année 😉
  • Travailler sur les pages et les groupes (avec messagerie, modération, outils d’organisation) au premier trimestre 2020 ;
  • Avoir du temps pour les correctifs, les éventuels retards et les finitions qui stabilisent et documentent le logiciel, pour sa sortie prévue avant l’été 2020.

Framasoft reste Mobilizée, rendez-vous cet été !

L’ajout des fonctionnalités de fédération à Mobilizon est une étape clé. Nous continuerons de vous tenir informé·es de telles avancées sur ce blog, et de les démontrer sur le site test.mobilizon.org.

En attendant, nous espérons que ce nouveau point d’étape vous enthousiasme autant que nous sur l’avenir de Mobilizon, n’hésitez pas à nous faire vos retours sur notre forum et rendez-vous en Juin 2020… pour se Mobilizer ensemble !

Rendez-vous sur la page des Carnets de Contributopia pour y découvrir d’autres articles, d’autres actions que nous avons menées grâce à vos dons. Si ce que vous venez de lire vous plaît, pensez à soutenir notre association, qui ne vit que par vos dons. Framasoft étant reconnue d’intérêt général, un don de 100 € d’un contribuable français reviendra, après déduction, à 34 €.

Soutenir Framasoft

Illustration d’entête : CC-By David Revoy




Ce que Framasoft pourrait faire en 2020 grâce à vos dons

L’éducation populaire au numérique, Peertube, Mobilizon, un service « tout-en-un »… Pour l’année 2020, nous avons encore de nombreuses envies… nous espérons que vous nous donnerez les moyens de les réaliser en rejoignant les donateurs et donatrices, et en tout cas nous sommes heureuses et heureux de vous faire part du petit programme que voici.

Cet article fait partie des « Carnets de voyage de Contributopia ». D’octobre à décembre 2019, nous y ferons le bilan des nombreuses actions que nous menons, lesquelles sont financées par vos dons (qui peuvent donner lieu à une réduction d’impôts pour les contribuables français). Si vous le pouvez, pensez à nous soutenir.

 

À Framasoft, nous ne gardons pas les deux pieds dans le même sabot. Si, parfois, nous prenons des chemins détournés (la route principale est tellement longue…) c’est parce que nous avons beaucoup de cartons avec plein de projets dedans. Lesquels choisir ? C’est ce genre de question qui nous occupe au moins autant que d’élaborer des stratégies pour les réaliser.

De l’éducation populaire aux enjeux du numérique

Le quotidien de Framasoft, ce sont de nombreuses interventions, ateliers, conférences, tables-rondes… c’est aller régulièrement à la rencontre de publics variés. Il s’agit pour nous de partager nos observations sur l’hégémonie des géants du Web et le monde que nous préparent les entreprises du Capitalisme de Surveillance. Nous proposons aussi des pistes d’émancipation numérique pour aller vers une société de contribution plutôt que de consommation.

La conférence de présentation des Carnets de Contributopia au Capitole du libre (novembre 2019)

Nous travaillons aussi, avec d’autres structures et collectifs, à faciliter l’adoption de pratiques numériques plus « saines ». Recenser les acteurs et actrices de la médiation au numérique libre, travailler sur des outils pratiques avec des fédérations d’éducation populaire ou des coopératives de formation, cela fait partie des actions que nous voulons poursuivre en 2020. Car l’association Framasoft, avec ses 35 membres, ne peut pas être partout, et n’a aucune envie d’être omniprésente ! C’est pour cela que nous essayons de partager notre expérience avec les personnes qui, quotidiennement, animent des actions d’éducation populaire, et sont au plus près des gens qui cherchent à reprendre le pouvoir sur leur vie numérique.

Un autre gros chantier qui nous attend en 2020, c’est de préparer la fermeture de certains services que nous hébergeons. Rappelons qu’il vous sera alors proposé d’accéder aux mêmes services, hébergés par des organisations qui partagent les mêmes valeurs. On le sait, c’est inconfortable d’entendre qu’il y aura un changement, même lointain, dans un paysage numérique où il est difficile de faire confiance et de changer ses habitudes. Nous voulons donc travailler à ce que les pages web qui vous redirigerons vers « la même chose, mais ailleurs » soient claires, et qu’elles vous mettent en confiance.

Voici, par exemple, ce que vous verrez si vous essayez d’aller sur notre moteur de recherche Framabee, récemment fermé.

Pour cela, nous souhaitons aussi continuer de nous investir dans le collectif d’hébergeurs alternatifs CHATONS. Nous avons envie de vous donner de bonnes raisons de faire confiance aux membres de ce collectif. Nous souhaitons que vous sachiez pourquoi vous pouvez leur confier vos données. Nous pourrons aussi contribuer à clarifier ce qu’offrent les hébergeurs de ce collectif, afin de vous permettre de trouver le service ou la structure qui corresponde le mieux à vos besoins.

Offrir à Mobilizon la v1 qu’il mérite

La mobilisation des efforts collectifs et des ressources, c’est tout le miel de la vie associative et de multiples formes d’interactions sociales. C’est la raison de Mobilizon. Notre vision pour ce projet est claire : offrir une alternative agréable aux événements, aux groupes voire aux pages Facebook. Nous aimerions réaliser un outil émancipateur pour les associations, les militant·es, les citoyen·nes… et toutes ces personnes qui dépendent encore de Facebook pour s’organiser ensemble.

Actuellement en version bêta, nous comptons développer :

  • l’aspect « fédération » de ce logiciel d’ici fin décembre ;
  • les fonctionnalités de pages et de groupes (avec messagerie, modération, outils d’organisation) au premier trimestre 2020 ;
  • les correctifs, les éventuels retards et les finitions qui stabilisent et documentent le logiciel, pour sa sortie prévue avant l’été 2020.

Afin que vous puissiez suivre ces développements en toute transparence, les mises à jour seront régulièrement visibles sur le site de démonstration test.mobilizon.org

Cliquez sur l’image pour découvrir le site de démonstration de Mobilizon, encore en version bêta.

Cette publication de la première version stable et publiquement utilisable de Mobilizon est un rendez-vous que nous ne voulons pas manquer. Nous souhaitons l’accompagner d’un outil qui facilite la compréhension de ce qu’est Mobilizon, comment ça marche, à quoi ça sert et à quoi ça ne sert pas. Pour y arriver, nous voulons prendre le temps de refondre complètement le site joinmobilizon.org, probablement sur le modèle du tout nouveau site web joinpeertube.org.

Financer les ambitions de PeerTube

Lors de la sortie de la version 2 de PeerTube, nous faisions le bilan de cette alternative libre et fédérée aux plateformes de vidéos telles que YouTube. Si nous venons de lui consacrer un an de développement sur nos fonds propres, c’est parce que nous croyons au potentiel émancipateur de cette solution. En 2020, nous souhaitons trouver les moyens d’accroître la popularité de PeerTube. Pour cela, nous aurons besoin de matériel (vidéos, illustrations, métaphores…) qui promeuvent les avantages d’un outil fédéré, ainsi que les fonctionnalités de PeerTube.

Et si on faisait plus de vidéos pédagogiques comme celle réalisée par LILA…?

Nous envisageons aussi, pour 2020, d’animer une nouvelle collecte qui nous permettra de financer la version 3 de PeerTube. La liste des fonctionnalités que cette collecte financera n’est pas encore fixée, mais nous avons noté, grâce à vos retours (que vous pouvez proposer ici, sur notre forum), quelques idées…

Voici Sepia, la mascotte de PeerTube, par David Revoy (CC-By)

Tout d’abord nous pensons que PeerTube gagnerait beaucoup si on retravaillait son expérience d’utilisation et son interface. Nous constatons certains manques et points d’améliorations, mais nous pensons que le mieux serait de faire appel à des professionnels du design pour dresser un bilan et proposer des solutions.

Ensuite, le nouveau lecteur vidéo (le « HLS », celui qui est encore expérimental) offre de telles performances qu’il permet d’envisager le développement d’outils inimaginables pour PeerTube jusqu’alors. Par exemple, PeerTube pourrait offrir un outil de « Vidéo-Mix » (ou de « coupé-monté », pour les cinéphiles), où l’on crée une séquence en prenant 30 secondes de telle vidéo, 12 de telle autre puis une minute d’une troisième…

Enfin, la fonctionnalité qui nous fait rêver (et qu’on nous demande régulièrement), c’est la diffusion en direct. Avec du live-streaming, PeerTube ne marcherait pas seulement sur les platebandes du YouTube de Google, mais aussi sur celles du Twitch d’Amazon… Cette diffusion en direct devrait se faire de pair à pair, et ça, c’est un sacré défi technique !

Projet « cloud Framasoft » : un seul compte pour remplir la plupart des besoins

Depuis quelques années, le logiciel Nextcloud s’est grandement enrichi. Au départ, c’était une simple alternative aux Dropbox et autres GoogleDrive, pour sauvegarder et synchroniser des fichiers. Depuis, Nextcloud s’est augmenté de nombreuses applications pour faciliter la collaboration.

On peut y synchroniser ses contacts et ses agendas, travailler collaborativement sur des fichiers textes ou des tableurs (avec CollaboraOnline ou OnlyOffice), activer des visio-conférences ou des discussions par tchat, créer des formulaires basiques, y sauvegarder ses notes, ses images et ses listes, partager des albums photos, dessiner des cartes heuristiques (mindmaps), consulter ses flux RSS ou ses emails…

Le projet « cloud Framasoft » reposerait sur cette solution : une seule adresse, un seul compte à créer, et tous ces services sont à votre disposition. Afin de limiter les effets de centralisation vers nos services, nous envisageons de n’offrir que très très peu d’espace (quelques dizaines de mégas), juste assez pour une association qui veut collaborer sur quelques fichiers. Notre objectif est de vous faire découvrir cette solution, sans propager l’illusion que les ressources illimitées et gratuites, ça existe (ou que ce serait sain).

On est hyper fier·es de ce nom, facile à retenir et à retrouver sur Internet.

Pour les personnes qui, à un moment, se sentiraient à l’étroit, nous aimerions vraiment pouvoir développer un outil facilitant la migration de son compte vers un autre hébergement Nextcloud. Dans nos têtes, nous rêvons d’un « Votre compte cloud Framasoft vous plaît mais il est trop limité ? OK ! cliquez sur ce bouton pour déménager vers tel ou tel hébergeur alternatif ». Si nous pouvions nous rapprocher de cette simplicité…

Ouvrir une nouvelle porte vers le libre, oui, mais aussi vers la décentralisation !

Nous voulons, pour l’automne 2020, trouver les moyens d’accueillir toute personne, toute association qui voudrait avoir accès à une telle solution, quitte à se satisfaire d’un espace de stockage spartiate. Nous avons conscience que cela peut signifier accueillir des personnes par dizaines de milliers. Autant vous dire que cela représente un coût technique et humain, et donc financier, très important. Mais si vous nous en donnez les moyens, nous croyons que cela peut représenter une formidable porte d’entrée vers le Libre pour toute une population qui prend de plus en plus conscience des dangers que représentent les GAFAM.

La route est longue, alors libérons la voie

Si nous annoncions vouloir « Déframasoftiser Internet » et tourner certaines pages du passé, c’était justement pour faire de la place à des projets futurs. Cette année 2020 sera pour nous une année où nous voudrions poursuivre nos actions les plus émancipatrices (éducation populaire, Mobilizon…), tout en ouvrant de nouvelles portes vers le libre et l’autogestion (PeerTube v3, « cloud Framasoft »…). Nous en avons la volonté, il nous faut savoir si vous nous en donnerez les moyens.

Cliquez pour découvrir ce que l’on a fait, ce que l’on va faire, et nous soutenir si vous le désirez.

Si nous avons une telle liberté et une telle indépendance dans nos actions, c’est parce que certaines et certains d’entre vous nous font un don (et qui mieux est, un don régulier), et que l’ensemble de ces dons financent notre budget annuel. L’association Framasoft étant reconnue d’intérêt général, rappelons que pour les contribuables Français·es, un don de 100 € à Framasoft revient, après déduction fiscale, à 34 €… et ce même avec le prélèvement à la source. 😉

Cette année encore, nous ne voulons pas utiliser les mécanismes de la culpabilité ou de l’économie de l’attention pour vous « manipuler » vers un don. Nous pensons qu’il suffit de vous dire, concrètement : voilà ce que nous avons fait, voilà ce que nous voulons faire. C’est à vous de déterminer si cela vous inspire, et si c’est l’occasion de contribuer à nos actions par un don (pour qui le peut) ou en partageant notre appel aux dons (pour tout le monde !).

Nous vous faisons confiance.

 

Rendez-vous sur la page des Carnets de Contributopia pour y découvrir d’autres articles, d’autres actions que nous avons menées grâce à vos dons. Si ce que vous venez de lire vous plaît, pensez à soutenir notre association, qui ne vit que par vos dons. Framasoft étant reconnue d’intérêt général, un don de 100 € d’un contribuable français reviendra, après déduction, à 34 €.

Soutenir Framasoft

Illustration d’en-tête : CC-By David Revoy




PeerTube has worked twice as hard to free your videos from YouTube !

Thanks to your donations, we have been developing a software to free us all from YouTube & Co for a year. Why have we gone much further than the first release, (crowdfunded in the spring of 2018), you might ask? Well, that’s because we sincerely believe in the emancipatory power of PeerTube.

This article is a part of « Contributopia’s travel journals ». From October to December of 2019, we will assess our many (donations-founded) actions, which are tax-deductible for French taxpayers. Donate here if you can.

La version originale (en Français) de cet article est à lire ici.

Federation and instances to avoid creating a new tech giant

PeerTube’s aim is to create an emancipatory alternative to centralized platforms a la YouTube. In a centralized service, you sign-up with a single address, and each and every of your actions, videos and data are gathered on a single huge computer. For example, Google’s, that hosts YouTube (to be precise, they are server farms rather than huge computers, but on a symbolic level it is the same thing!).

PeerTube is a software. It can be installed on a server by anyone possessing the appropriate skills; say, for the sake of argument, Bernadette, College X and karate club Y. This is called an instance, i.e. a PeerTube host. In concrete terms, hosting an instance creates a website (let’s say, BernadetTube.fr, CollegeTube.org or KarateTube.net) on which you can watch videos and sign-up, so you can interact or upload your own content.

These instances can chose to follow each other (this is called federating). For example, if the head of IT services of College X would like KarateTube videos to appear on CollegeTube, all she has to do is federate with KarateTube. KarateTube’s videos will remain on its server but students who are used to watching videos from CollegeTube will be able to see them.

In this case, BernadetTube stays isolated, but CollegeTube and KarateTube are federated. Rather than creating a single gigantic platform, PeerTube allows for the creation of a multitude of small, diverse, and interconnected platforms.

One year of work to let PeerTube mature

In May of 2018, we started a crowdfunding for PeerTube’s development. Many people decided to give a chance to a software that allows the creation and federation of video platforms. In October of 2018, we « turned in our homework assignment » as they say, when we released the first version of PeerTube.

We could have stopped once our promises were fulfilled, and let the community develop this free/libre software on its own. Instead, we decided to use a part of the donations we receive for everything we do (thank you!) to make PeerTube’s main developer job durable. As a Framasoft employee, he also contributed to other free/libre softwares such as Framacalc-Ethercalc and Mobilizon.

Nevertheless, during the past year, his main mission was to improve on PeerTube. He was able to rely on a growing community of contributors, and no one was idle! In one year, PeerTube was enriched with, amongst other things:

Meet Sepia, PeerTube’s new mascot, by David Revoy (CC-By)

  • moderation tools for instance administrators
  • a watch history
  • videos automatically start at the time code you stopped at (provided you are logged-in)
  • notifications (new comments, videos or subscriptions, mentions, etc.)
  • playlists (including a « watch later » one, which is now a feature by default on all accounts)
  • a system where videos require manual approval by administrators before posting them
  • an easier federation management for instance administrators
  • a gradual betterment of UI (for example, it is now easier to make the difference between a channel and an account, to see thumbnails or to find a video in your video library)
  • audio files management when uploading them: PeerTube will turn them into videos
  • the interface is now translated into 25 languages!

Small bonuses make all the difference!

We will now highlight 3 features that we particularly like, as they offer more freedom, comfort and control to PeerTube’s users. Considering more control is not part of the business models of mainstream platforms (greetings, Youtube, Vimeo and Facebook videos!), these three features offer PeerTube’s users a unique experience.

Sharing a video clip

When you share a video link, most platforms offer a « start at » option, which makes the video begin at 53 seconds if what you would like to share starts at 54 seconds.

We simply added a « stop at » option. It might seem silly (and really, it is) but considering YouTube’s job in the attention economy is to capture yours to sell it to Fanta, it is obviously unimaginable for them to let you stop videos!

France, 2015: YouTubers are mainstreaming. Fanta sponsors the 1st Video City Paris convention, so much so that it became some kind of giant ad for this Coca-Cola Company product.

If in a given videos, you only care about 3 sentences between 1:23 and 1:47, you can single them out, share or keep this clip for yourself (e.g. in your liked videos playlist or any other playlist). This feature allows for may uses: zapping, educative content, etc. We at Framasoft find that so much potentials lies in this idea!

Plug-in system

Every administrator and user wishes to see the software fulfill their needs. As Framasoft cannot (and does not want to) develop every feature that could be hoped for, we have from the start of the project planned on creating a plug-in and add-on system you can install to customize your PeerTube experience.

Once again, we can see that centralized platforms have locked us up in such a standardized experience that it’s hard imagining that a concept as old as this could be such a breath of fresh, free air. And yet!

Now, this system allows each administrator to create specific plug-ins depending on their needs. They may install on their instance extensions created by other people as well. For example, it is now possible to install community created graphical themes to change the instance visual interface. You could also imagine plug-ins to sort videos in reverse alphabetical order, or to add a Tipee, Paypal or Patreon button below videos!

PeerTube taking off, by David Revoy.

New video player

Offering a new type of video player (for nerds: based on HLS technology) is a risky endeavor for a tool as new and interconnected as PeerTube. Considering PeerTube’s young age (it is barely starting to make a name for itself and to be adopted around the world), this could cause incompatibility issues and very problematic differences in versions.

However, we have decided we would introduce it experimentally, starting last summer. Indeed, this new video player is promising: it is faster, has less bugs, makes it easier to change video definition and makes their load fluider (still using peer-to-peer technology). In return, it requires updating some elements (moving to ffmpeg 4.1) and to re-encode some videos.

This new video player has been met with a great deal of enthusiasm, and broadens PeerTube’s future (live streaming, for example, is out of question using the current player). This is why we want to take the time to make it PeerTube’s player by default, which will require work to help current hosts in this transition.

V2 is even more federation-focused

The PeerTube version we are releasing today already includes all these improvements, and many more! This « v2 », as they say, aims to make it easier for instance administrators to federate. They will for example be able to automatically follow instances that follow them, or to follow instances visible on our JoinPeerTube public register.

This new PeerTube version also aims to help the public chose the perfect instance match. To return to the subject of Bernadette, College X and Karate club Y, let’s now add a new audience member: Camille.

Camille doesn’t know a thing about servers or whatever, but he wants to create an account to follow PeerTube channels, or even upload his own videos… And he has a hard time understanding what this is all about! How could he possibly know that BernadetTube is only maintained by Bernadette and that if anything were to happen to her, she could stop administrating it overnight? How can he see that CollegeTube refuses to federate with instances that display sensitive content, even properly flagged and blurred? Where can he learn that KarateTube will favor videos in German, and that support will only be provided in this language?

Once the instance set up, admins will have to configure it, by answering some questions…

When Bernadette, the head of College X IT services, and Karate club Y’s resident nerd will have updated PeerTube with this v2, they will have to fill in a form to better introduce their instance. The goal here is to clearly state:

  • the instance main categories
  • what languages the admins and the moderation team speak
  • the instance code of conduct
  • the moderation policy (who moderates, policy regarding sensitive contents, etc.)
  • who is behind this instance (an individual? an organization?)
  • why did the admin(s) set up this instance
  • how long do the admin(s) plan on maintaining this instance for?
  • how do the admin(s) plan on funding their PeerTube server?
  • information about the hardware of the server

Camille will be able to find all these information on the « about » page of each PeerTube instance (which will now also display new statistics), on the sign-up page… as well as on the joinpeertube.org register!

JoinPeertube.org is where you get your bearings!

With over 100,000 videos and 20,000 accounts, it is safe to say that PeerTube has become popularized. It was high time we revamped joinpeertube.org so as to turn it into a front door to these videos, hosts and the federation.

With the help of UI/UX professionals, we have imagined and shaped two user flows to using JoinPeertube.org: one for people who want to watch videos (and maybe sign-up), and another one for video makers who need a trustworthy host for their videos.

Click to discover the new JoinPeertube.org

Both of these paths may lead you to the register of public instances. You can sort them according to your preferences so as to find the one that meets your needs. This selecting is made possible by the answers given to the form mentioned earlier, which allows admins to better introduce their instance and to explain the project behind it to potential users. That being said the best solution is to have a look by your own means (as a side note, we find the site much prettier now!)…

Please note that PeerTube now has its own documentation website, meant for both admins (to ease the software installation, maintenance and administration) or for regular users (whether it be for signing-up, managing your playlists or uploading videos).

The future of PeerTube is still YOU!

It would be impossible to name everyone who has contributed to the code, funding, design, translation, documentation, illustration and promotion of PeerTube… but the least we can do is to express our gratitude!

After one year of development and maturation of the project, we are putting a lot of thoughts into its future. People have different wishes, you guys have given us a lot of ideas. All of the feedback we are receiving from you, particularly on the dedicated section to PeerTube on our forum (the best place for your suggestions!) is invaluable to us.

Nowadays, we are imagining new improvements (to the interface, user experience, search engine, plug-in system), important tools, (mobile apps, videos about PeerTube), as well as new, powerful features. Would you like to easily remix online videos from your PeerTube account? to do livestreams? So do we! And we need your support for that!

We are allowed to have all types of dreams and aspirations for PeerTube, but what is sure is that making come true will have a cost. The year we have spent developing PeerTube was funded in part by what was left of the June 2018 crowdfunding, but mostly by regular donations we receive for all of our projects. We will probably launch a new crowdfunding campaign just for PeerTube v3 in 2020.

In the meantime, feel free to help PeerTube grow, to promote instances and videos you like, and to congratulate the whole community for how far we have come with this v2!

 

Have a look at Contributopia’s travel journals and discover more articles and actions made possible by your donations. If you like what you just read, please think of supporting us, as your donations are the only thing that allow us to go on. As Framasoft is a public interest organization, the real cost of a 100 € donation from a French taxpayer is only of 34 €.

Support Framasoft

Header illustration: CC-By David Revoy




PeerTube met les bouchées doubles pour émanciper vos vidéos de YouTube

Voilà un an que nous poursuivons, grâce à vos dons, le développement logiciel qui permet de se libérer de YouTube et compagnie. Si nous sommes allé·es bien au delà de la version 1 financée par la collecte du printemps 2018, c’est que nous croyons profondément au potentiel émancipateur de PeerTube.

Cet article fait partie des « Carnets de voyage de Contributopia ». D’octobre à décembre 2019, nous y ferons le bilan des nombreuses actions que nous menons, lesquelles sont financées par vos dons (qui peuvent donner lieu à une réduction d’impôts pour les contribuables français). Si vous le pouvez, pensez à nous soutenir.

An english version of this post is available here.

Fédération et instances pour ne pas recréer un géant de la vidéo

L’objectif de PeerTube, c’est de créer une alternative qui nous émancipe des plateformes centralisatrices à la YouTube. Dans le modèle centralisateur, on s’inscrit à une seule adresse, et toutes nos actions, nos vidéos et nos données sont concentrées sur un seul méga-ordinateur, celui de l’hébergeur Google pour YouTube (en vrai, ce sont des fermes de serveurs et pas un méga-ordinateur, mais symboliquement ça revient au même !).

PeerTube est un logiciel. Ce logiciel, des personnes spécialisées (disons… Bernadette, l’université X et le club de karaté Y) peuvent l’installer sur un serveur. Cela donnera une « instance », c’est à dire un hébergement de PeerTube. Concrètement, héberger une instance crée un site web (disons BernadetTube.fr, UniversiTube.org ou KarateTube.net) sur lequel on peut regarder des vidéos et créer un compte pour interagir ou uploader ses propres contenus.

Ces instances peuvent choisir de se suivre mutuellement (on dit qu’elles se fédèrent). Par exemple, si la directrice des services informatiques de l’Université X veut afficher les vidéos de KaratéTube sur son UniversiTube, il suffit qu’elle se fédère avec KaratéTube. Les vidéos de KaratéTube resteront sur leur serveur mais seront visibles pour les étudiant·es qui ont l’habitude d’aller sur UniversiTube.

Dans cet exemple, BernadetTube reste un site isolé, mais UniversiTube et KaratéTube sont fédérés ensemble. Plutôt que de faire une plateforme unique et géante, PeerTube permet de créer une diversité de petites plateformes interconnectées.

Un an de travail, qui a fait mûrir PeerTube

En mai 2018, nous avons organisé une collecte pour financer le développement de PeerTube. De nombreuses personnes ont voulu donner sa chance à ce logiciel qui permet de créer et fédérer des plateformes de vidéos. En octobre 2018, nous avons « rendu notre copie », comme on dit, en publiant la version 1 de PeerTube.

Nous aurions pu nous arrêter là, à cette promesse remplie, et laisser la communauté continuer de développer elle-même ce logiciel libre. Nous avons plutôt fait le choix d’utiliser une partie des dons que nous recevons pour l’ensemble de nos actions (merci !) pour pérenniser l’embauche du développeur principal de PeerTube. En tant que salarié chez Framasoft, il a aussi contribué à d’autres logiciels libres, dont Framacalc-Ethercalc et Mobilizon.

Cependant, durant l’année qui vient de s’écouler, sa mission principale a été d’améliorer PeerTube. Il a pu compter sur une communauté grandissante de contributeurs et contributrices, et tout ce beau monde n’a pas chômé ! En un an, Peertube a été enrichi entre autres :

Voici Sepia, la nouvelle mascotte de PeerTube qui nous a été offerte par David Revoy (CC-By)

  • d’outils de modération pour l’administration d’instances ;
  • d’un historique de visionnage ;
  • d’une reprise automatique de la lecture de vidéos là où on s’était arrêté (si on est connecté·e à son compte) ;
  • d’un système de notifications (nouveaux commentaires, vidéos ou abonnements, mentions, etc.) ;
  • d’un système de listes de lectures (dont une « à regarder plus tard » créée par défaut pour tous les comptes) ;
  • d’un système de quarantaine pour les vidéos envoyées en ligne. Il s’agit d’une option d’administration qui permet à la modération de valider les vidéos manuellement avant de les publier ;
  • d’une gestion facilitée des choix de fédération pour les administrateurs d’instances ;
  • d’une amélioration continue de l’interface d’utilisation (pour mieux distinguer un compte d’une chaîne, mieux voir les miniatures ou mieux retrouver sa bibliothèque vidéo, par exemple) ;
  • d’une gestion des fichiers audios lors de l’upload, que PeerTube transformera en vidéo ;
  • d’une interface traduite en 25 langues !

Les petits plus qui font de grandes différences

Nous avons envie de mettre en valeur 3 fonctionnalités que nous aimons particulièrement, car elles offrent plus de liberté, de confort et de contrôle aux personnes qui utilisent PeerTube. Et comme offrir plus de contrôle ce n’est pas dans le business model des plateformes géantes (coucou Youtube, salut Dailymotion, bonjour Facebook Vidéos !), ces fonctionnalités permettent à PeerTube d’offrir une expérience unique.

Partager un extrait de vidéo

Lorsqu’on partage l’adresse web d’une vidéo, la plupart des plateformes proposent, en option, une case « démarrer à », qui permet de faire démarrer la vidéo à 53 secondes si ce que l’on veut partager commence à la 54ème seconde.

Nous avons tout simplement ajouté une case pour l’option « s’arrêter à ». Ça a l’air tout bête comme ça (parce que ça l’est), mais si le boulot de YouTube c’est de fournir du temps de cerveau disponible à Fanta, alors forcément, donner la liberté d’interrompre les vidéos est inimaginable !

En 2015, en pleine popularisation des « youtubers », Fanta fait un coup de com’ phénoménal en sponsorisant la convention de vidéastes Video City Paris, qui devient une espèce de publicité géante pour ce produit de la Coca-Cola Company.

Si dans telle vidéo, les 3 phrases qui vous intéressent se trouvent entre 1:23 et 1:47, vous pouvez isoler, partager ou conserver cet extrait (dans vos favoris ou dans une playlist, par exemple). Cette fonctionnalité pourra en permettre plein d’usages : zappings, contenus pédagogiques, etc. Nous, ça nous donne tout pleins d’idées !

Le système de plugin

Chaque administratrice et utilisateur de PeerTube souhaite que le logiciel soit le plus adapté à ses besoins.

Nous, nous ne pouvons pas (et en plus nous ne souhaitons pas) développer toutes les fonctionnalités souhaitées par les un⋅es et les autres.

Nous avons, dès l’origine du projet, prévu la création d’un système de plugins, des briques logicielles que l’on peut ajouter à son installation de PeerTube pour la personnaliser. Là encore, les plateformes centralisatrices nous enferment tellement dans une expérience uniformisée qu’on a du mal à imaginer qu’une idée aussi vieille souffle un tel vent de liberté ! Et pourtant !

Avec ce système, chaque administrateur⋅ice peut dorénavant créer des plugins spécifiques en fonction de ses besoins. Mais il ou elle peut aussi installer des extensions créées par d’autres personnes sur son instance. Par exemple, il est possible d’installer des thèmes graphiques créés par la communauté pour changer l’interface visuelle d’une instance. On peut imaginer des plugins qui permettraient de classer les vidéos par ordre anti-alphabétique, ou d’ajouter un bouton Tipee, Paypal ou Patreon sous les vidéos !

PeerTube prenant son envol, illustré par David Revoy (CC-By)

Le nouveau lecteur vidéo

C’est risqué, pour un outil aussi jeune et interconnecté que PeerTube, de proposer un nouveau type de lecteur vidéo (basé, pour les expert⋅e⋅ s, sur la technologie HLS). À ce stade de la vie de PeerTube (qui commence à peine à se faire connaître et adopter dans le monde), cela pourrait causer des incompatibilités et des différences de versions très problématiques.

Cependant, nous avons décidé de l’introduire de façon expérimentale, depuis l’été dernier. Car ce nouveau lecteur est prometteur : la lecture des vidéos est plus rapide, comporte moins de bugs, facilite les changements de définition et fluidifie le chargement des vidéos (toujours diffusées en pair-à-pair). En contrepartie, il induit de mettre à jour certains éléments (passage à ffmpeg 4.1) et de ré-encoder certaines vidéos.

Les retours sont excellents et ce nouveau lecteur ouvre des perspectives intéressantes pour PeerTube (le streaming en direct, par exemple, ne peut pas s’imaginer avec le lecteur actuel). Voilà pourquoi nous souhaitons prendre le temps de faire de ce nouveau lecteur vidéo le lecteur par défaut dans PeerTube, ce qui va demander un travail pour accompagner les hébergements actuels de PeerTube dans cette transition.

Une version 2 qui met l’accent sur la fédération

La version 2 de PeerTube, que nous publions aujourd’hui, inclut déjà toutes ces améliorations et en ajoute d’autres ! Cette « v2 », comme on dit, a pour ambition de faciliter la fédération, pour les administrateur·ices d’instances. Ils et elles auront par exemple la possibilité de suivre automatiquement une instance qui les suit, ou de suivre les instances qui s’inscrivent sur l’annuaire public JoinPeertube.

Cette nouvelle version de PeerTube veut aussi aider le public à mieux choisir l’instance PeerTube qui lui correspond. Reprenons l’exemple de Bernadette, l’Université X et le club de karaté Y, pour y ajouter un membre du public : Camille.

Camille n’y connaît rien aux serveurs et compagnie, mais il veut se créer un compte pour suivre des chaînes PeerTube et peut-être même uploader ses propres vidéos… Et pour lui, c’est compliqué de s’y retrouver ! Comment peut-il savoir que l’instance BernadetTube n’est tenue que par Bernadette, et que si celle-ci a un accident de la vie elle pourrait ne plus s’en occuper du jour au lendemain ? Où est-il affiché que l’instance UniversiTube refuse de se fédérer avec les instances qui proposent du contenu sensible, même s’il est correctement signalé et flouté ? Où Camille peut-il voir que KaratéTube favorisera les vidéos en Allemand, et que le support ne se fera que dans cette langue ?

Une fois PeerTube, installé sur un serveur, le logiciel demande aux admins de le configurer, donc de répondre à quelques questions…

Lorsque Bernadette, la directrice des services informatiques de l’Université X et le geek de service du club de karaté Y auront mis à jour PeerTube dans cette version 2, il et elle verront apparaître un formulaire qui leur demandera de mieux présenter leur instance. L’objectif est de pouvoir afficher clairement :

  • Les catégories principales de l’instance
  • Les langues parlées par les admins ou l’équipe de modération
  • Le code de conduite de l’instance
  • Les informations de modération (qui modère, quelle politique quant aux contenus sensibles, etc.)
  • Qui se trouve derrière cette instance (une personne seule ? une association ?)
  • Pour quelles raisons les admins ont créé cette instance
  • Pour combien de temps les admins comptent maintenir cette instance
  • Comment les admins comptent financer leur serveur PeerTube
  • Des infos sur le matériel du serveur

Camille pourra ensuite retrouver l’ensemble de ces informations sur la page « à propos » de chaque instance PeerTube (qui affiche en plus de nouvelles statistiques), sur la page de création de compte… mais aussi sur l’annuaire de joinpeertube.org !

JoinPeertube.org, une adresse pour s’y retrouver !

Avec plus de 100 000 vidéos hébergées et plus de 20 000 comptes créés, on peut dire que PeerTube connaît un succès croissant et se démocratise. Il était donc plus que temps de ré-imaginer le site joinpeertube.org afin d’en faire une porte d’entrée vers ces vidéos, ces hébergements et cette fédération.

Grâce aux contributions de professionel·les du design et de l’illustration, nous avons imaginé et mis en forme deux parcours d’utilisation sur ce site : un pour les personnes qui souhaitent découvrir des vidéos (et éventuellement se créer un compte), l’autre pour les vidéastes qui cherchent un hébergement de confiance pour leurs vidéos.

Cliquez sur l’image pour découvrir la nouvelle version de JoinPeertube.org

Ces parcours peuvent mener à l’annuaire des instances publiques, que l’on peut trier selon ses préférences afin de trouver celle qui correspond à nos besoins. Ce tri s’effectue grâce aux réponses au formulaire dont nous parlions juste avant, lequel permet aux admins de mieux identifier et mieux présenter leur instance. Mais le mieux, c’est encore d’aller voir par vous même (en plus, nous, on trouve que c’est bien plus beau !)…

Notez aussi que PeerTube dispose désormais de son propre site de documentation qui s’adresse à la fois aux personnes qui administrent une instance (pour faciliter l’installation du logiciel, son entretien ou son administration), et aux personnes qui veulent simplement l’utiliser (que ce soit pour se créer un compte, gérer ses playlists ou mettre ses vidéos en ligne).

L’avenir de PeerTube est, encore, entre vos mains

Il est impossible de citer ici toutes les personnes qui ont contribué au code, au financement, au design, à la traduction, à la documentation, à l’illustration et à la promotion de PeerTube… mais nous tenons au moins à vous exprimer toute notre gratitude !

Après un an de développement et de maturation du projet, nous nous posons la question de l’avenir de cet outil. Les envies sont multiples, vous nous avez donné de nombreuses idées. Les retours que vous nous faites remonter, particulièrement sur la section dédiée à PeerTube de notre forum (le meilleur endroit pour vos suggestions !), nous sont très précieux.

Aujourd’hui nous imaginons de nombreuses améliorations (de l’interface, de l’expérience d’utilisation, de la recherche, du système de plugin), des outils importants (applications mobiles, vidéos expliquant PeerTube), ainsi que de nouvelles fonctionnalités fortes. Vous souhaitez pouvoir faire facilement des remixes de vidéos en ligne ? Pouvoir diffuser en « live » votre flux vidéo ? Nous aussi ! Et nous avons besoin de votre soutien pour cela !

Tous les rêves sont permis, mais ce qui est sûr, c’est que les concrétiser aura un coût. L’année de développement que nous venons de consacrer à PeerTube a été financée en partie par le reliquat du financement participatif de juin 2018, mais surtout par les dons réguliers que notre association reçoit pour l’ensemble de ses projets. Pour 2020 et la version 3, il est fort probable que nous prévoyons une nouvelle collecte consacrée à PeerTube.

En attendant, n’hésitez pas à contribuer au succès de PeerTube, à promouvoir les instances et vidéos qui vous plaisent, et à féliciter l’ensemble de la communauté pour la réussite de cette v2 !

 

Rendez-vous sur la page des Carnets de Contributopia pour y découvrir d’autres articles, d’autres actions que nous avons menées grâce à vos dons. Si ce que vous venez de lire vous plaît, pensez à soutenir notre association, qui ne vit que par vos dons. Framasoft étant reconnue d’intérêt général, un don de 100 € d’un contribuable français reviendra, après déduction, à 34 €.

Soutenir Framasoft

Illustration d’entête : CC-By David Revoy




Quand on explore, parfois, on s’égare !

Il paraît que l’on n’apprend que de ses erreurs… Nous avons donc voulu compiler nos plantages, errements et autres découragements récents, afin d’en tirer quelques enseignements.

Cet article fait partie des « Carnets de voyage de Contributopia ». D’octobre à décembre 2019, nous y ferons le bilan des nombreuses actions que nous menons, lesquelles sont financées par vos dons (qui peuvent donner lieu à une réduction d’impôts pour les contribuables français). Si vous le pouvez, pensez à nous soutenir.

 

Parler ici des ratés que Framasoft a connus et commis ces deux dernières années, c’est l’occasion de montrer la réalité de notre quotidien (qui n’est jamais tout blanc ni tout rose), tout en documentant les leçons que nous tirons de nos expériences.

Cet article se veut un exercice en failologie, une étude critique de nos erreurs et des leçons que nous en tirons. Il comportera une grande part de subjectivité, assumée.

On ne sait pas accueillir les contributions (mais on se soigne)

Il y a deux ans, nous annoncions naïvement que la feuille de route Contributopia permettrait « d’ouvrir les portes de la contribution ». Depuis, nous avons constaté à quel point nous ne savions pas accueillir les contributions ! Faire en sorte qu’un maximum de monde (dont des non-informaticien·nes) puisse contribuer au Libre, cela demande du temps, du travail et du savoir-faire.

Il faut créer des espaces d’expression chaleureux (donc les issues d’un git, c’est pas bon !), accueillir et accompagner les personnes, pour mieux les autonomiser dans leur acte de contribution. Nous soignons notre ignorance en nous éduquant (par un travail avec des designers dont c’est le métier, par l’organisation de Contribateliers…), mais clairement, ouvrir en grand les portes de la contribution, ce n’est pas pour tout de suite !

Cliquez sur l’image pour découvrir le site web des Contribateliers

Notre rythme ne s’accorde pas à tout

Pour parodier un dicton connu, si « ensemble on va plus loin », nous avons appris de nos partenariats qu’ensemble, on va quand même vachement moins vite ! Prendre soin de soi et des autres dans des actions conjointes ou des collectifs (comme les CHATONS), cela demande de s’adapter au rythme de tout le monde, donc de prendre son temps.

C’est parfois là le problème : le rythme de travail de Framasoft est rapide. Sur un projet, c’est dans notre culture d’avancer tambour battant, de concrétiser vite, quitte à ensuite rectifier souvent. Or les projets réalisés par des partenaires multiples sont dans un tempo plutôt lent, où on prend le temps de parcourir la gamme des points de vue pour trouver l’accord parfait.

Notre façon d’agir fait que si on s’assoit autour de la table d’un projet de partenariat, on trépigne, et ça frustre… Nous avons appris que nous sommes davantage à notre place lorsque nous proposons un partenariat d’accompagnement, sur le choix d’outils collaboratifs ou la stratégie d’émancipation numérique, par exemple. Finalement, c’est assez sain que chacun ait son rythme, que chacune ait sa méthode pour aller vers l’action… surtout quand tout le monde a trouvé sa place !

Au cas où on ne te l’aurait pas dit aujourd’hui…
Salut
Bon matin
Tu es à ta place
Tu t’en sors super bien
Je crois en toi.

Les médias sociaux, ces services à part

Lorsque nous avons lancé Framasphère et Framapiaf (respectivement nos alternatives à Facebook et à Twitter), nous n’avions pas anticipé que les médias sociaux, ce ne sont pas des services comme les autres. Les personnes n’y hébergent pas des données, des documents, des collaborations : c’est un bout de leur vie (privée, publique et en commun) qui s’y niche. Ouvrir un tel espace d’expression, ce n’est pas uniquement héberger un logiciel sur un serveur, c’est aussi prendre la responsabilité de décider ce qui y trouve sa place et ce qui en sera exclu, de choisir ce que vous acceptez (ou non) qu’il se passe dans votre hébergement, donc chez vous, en somme.

Nous avons mis beaucoup de temps à concevoir une charte de modération, la publier, et la faire respecter grâce à une équipe de modération. Pendant ce temps, des comportements hébergés chez nous ont généré de la souffrance, qui (oh, surprise) a engendré de la souffrance, etc. Nous souhaitons présenter nos sincères excuses pour tout cela.

L’explication, quant à elle, est simple : lorsque nous avons réalisé ce besoin de modération, nous n’avons pas eu les énergies humaines disponibles pour la mettre en place assez vite. Nous avons, ensuite, agi dans l’urgence et publié un article dont la formulation et l’illustration ont été interprétées à l’inverse de nos intentions, et décriées (nous y reviendrons plus bas).

C’est « Framasoft », pas StartUp’Soft !

Il y a un autre problème que nous rencontrons régulièrement : l’image de Framasoft. Pour les membres de l’association, « Framasoft » représente 34 autres potes. Des personnes avec leurs PACS, leurs syndromes de l’imposteur, leurs potagers, leurs geekeries improbables, leurs révoltes, leurs ‘tits bouts d’choux, leurs rêves, leurs grosses fatigues… et parfois leurs bouts de code ! Des humain·es, en somme, qui se retrouvent régulièrement pour rire et bosser.

Cependant, on dirait que pour beaucoup de gens, Framasoft représente cette espèce de grosse machine qui peut et qui doit tout faire. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais quand on lit toutes les injonctions à (et projections sur) notre association, on est dans Oui-Oui au pays des Start-Up ! Framasoft devrait être irréprochable (jusque dans la moindre formulation), libérer les Internets (en développant à ma place ma super idée que je ne vais pas faire moi), et porter mon combat politique (mais à ma manière, pas à la sienne).

Une description du collectif CHATONS en langage StartUp

Le cumul de ces attentes, qui pèsent sur les épaules des 34 potes, vient du fait que nous ne savons pas assez montrer que Framasoft, c’est avant tout des êtres humains. Ce qui se voit, ce sont les services en ligne, les projets, les partenariats, les grosses collectes et les petites victoires… Or tout cela n’existe que parce que quelques personnes incarnent cette idée commune qu’on appelle « Framasoft ». Nous avons compris que nous devrons déconstruire chez nos interlocutrices et interlocuteurs ces mécanismes de super-héroïsation de Framasoft.

Un problème de taille : notre Frama-régime

Ce problème d’image est lié à un problème qui est, littéralement, un problème de taille. Prenons l’exemple (un parmi d’autres) de notre alternative libre et fédérée à Twitter, Framapiaf. C’est un hébergement, parmi les centaines en ligne, du logiciel Mastodon. C’est un des points d’entrée dans la fédération parmi des centaines d’autres. Dans cette fédération, nous avons beaucoup de poids : trop de monde s’est inscrit chez nous.

Il est difficile de dire à de plus petites instances « si notre politique de modération ne vous convient pas, coupez-vous de nous » ! Cela reviendrait à leur demander d’isoler leurs membres de toutes les personnes qui s’inscrivent chez nous. D’un autre côté, Framasoft est une association d’éducation populaire qui a une mission d’ouverture et d’accueil du grand public (qui voit Framasoft comme une des « portes d’entrée » sur ces nouveaux médias).

Cela peut sembler anecdotique et discutable (il y a des instances Mastodon bien plus grosses que la nôtre), mais ajoutons à ça l’ensemble des autres projets où nous avons une visibilité (Framadate, PeerTube, Mastodon)… Et vous avez de nombreuses personnes qui disent « Framasoft devrait faire ceci » ou « Framasoft doit le faire comme cela » sans s’inquiéter de la charge mentale dont elles se déchargent sur nous.

Sauf que nous ne sommes pas une multinationale avec des dizaines de salarié·es et des millions de chiffre d’affaires annuel. Nous ne voulons pas le devenir. Il faut sortir du réflexe de facilité « ça, c’est une tâche pour Framasoft, qui fait déjà tout (sauf le café) ». Voilà une des raisons qui nous a poussé⋅es à réduire la voilure en expliquant que nous allions Déframasoftiser Internet !

Dégooglisons Internet, vu par Péhä (CC-By)

Changer le monde et se changer soi, ça fatigue

Publié dans l’urgence, l’article annonçant notre politique de modération a parfois été interprété à l’inverse de ce que nous voulions dire. Certaines parties pouvaient effectivement porter à confusion si l’on doutait de nos intentions. Nous avons toutefois été surpris·es lorsque les commentaires se sont multipliés, sans venir nous questionner directement. Il a été d’autant plus compliqué de faire la distinction entre nos ressentis et la logique que certain⋅e⋅s parmi nous se considèrent comme partie intégrante des communautés qui s’inquiétaient de nos positions. Cet épisode, qui reste encore douloureux pour nous, nous a permis de réaliser à quel point la confiance que l’on nous accorde est fragile.

Par ailleurs, nous avons appris à repérer et refuser les mécanismes d’opprobre par association, et de pureté moraliste. Pour grossir le trait, les personnes qui hurlent « Mais Framasoft bosse avec le Collectif X, et le Collectif X c’est Cousin Bidule et Cousin Bidule j’ai lu sur Internet qu’il est platiste, et c’est sale, donc Framasoft vous êtes de sales platistes ! », le feront dans le vide.

D’après notre article du 1er avril 2019, la frama-terre est frama-plate !

Nous ne résumerons pas les membres d’un collectif à une personne (quelle déshumanisation pour les autres !). En revanche, avant de contribuer ensemble, nous chercherons si nous avons assez de valeurs en commun et si le Collectif X souhaite sincèrement s’émanciper numériquement. En aucun cas ce partenariat ne signifie que Framasoft « légitime » le Collectif X, et inversement… Croire le contraire serait bien prétentieux, or la prétention aussi, c’est fatigant !

Contre le burn-out, raviver le feu de camp

L’ensemble de ces fatigues (déshumanisations, injonctions, projections, attentes, caricatures, opprobres, etc.) a un coût humain bien réel. Nous avons voulu trop en faire, trop vite. Nous avons dit oui trop souvent, et nous sommes trop éparpillées. Nous apprenons désormais à dire « non », à dire « pas avant 2022 ».

C’est la métaphore qu’utilise QuotaAtypique dans sa conférence « Du Plaisir de Lutter ensemble » : l’association, ce qui nous rassemble, c’est le feu de camp. Les actions, les conversations, les partenariats, ce sont ces territoires que l’on va explorer depuis ce camp. Et c’est cool, vraiment, d’aller explorer aussi loin ! Mais aujourd’hui, nous avons appris qu’il fallait aussi régulièrement retourner au camp, que ce soit pour nous reposer nous ou pour entretenir ce feu, ce qui anime notre élan commun. Et puis, c’est très souvent de là que prennent forme nos meilleurs projets.

La bienveillance ? oui, à Framasoft on peut dire que nous sommes bienveillantes et bienveillants, mais cela ne suffit pas à éviter les épuisements qu’il faut accompagner de soins, d’attention, de protection. Quand le Frama-pote a une super idée, il faut tout aussi bien savoir lui dire non, voire s’en protéger parce qu’on concrétise déjà d’autres super bonnes idées, qu’on n’a plus de place pour une nouvelle…

La route est longue, alors ne soyons pas pressé·es

Rassurez-vous cependant, hein : Framasoft reste un collectif où il fait bon vivre ! La majeure partie des retours que nous avons sont très positifs, et beaucoup de vos messages nous font chaud au cœur. L’ambiance est d’autant plus chaleureuse que nous essayons de tirer rapidement des leçons de nos échecs et prendre encore mieux soin de nous, de vous, de ce que l’on peut !

Expérimenter, tirer des leçons, prendre soin, cela demande du temps, plus de temps que ce que nous imaginions. Dans la feuille de route Contributopia, certains projets ne sont pas encore en place ; sans toutefois être abandonnés, ils vont sortir « quand ce sera prêt », comme on dit chez Debian. Le Winter of code n’est pas près de venir, le « git pour les nuls » ou « l’Université Populaire du Libre » (UPLOAD) sont encore, pour l’instant, des vœux pieux, des idées sans plan précis : nous n’avons pas encore eu de temps à leur accorder.

Finalement, c’est OK pour nous ! Chez Framasoft, on a décidé de faire tomber la pression, et de se dire que si on change le monde rien qu’un octet à la fois, ce sera déjà ça de gagné.

 

Rendez-vous sur la page des Carnets de Contributopia pour y découvrir d’autres articles, d’autres actions que nous avons menées grâce à vos dons. Si ce que vous venez de lire vous plaît, pensez à soutenir notre association, qui ne vit que par vos dons. Framasoft étant reconnue d’intérêt général, un don de 100 € d’un contribuable français reviendra, après déduction, à 34 €.

Soutenir Framasoft

Illustration d’entête : CC-By David Revoy




Mobilizon : lifting the veil on the beta release

Mobilizon is an alternative to Facebook groups and events. After a successful crowdfunding, it is time we gave you a taste of this software and updated you on its progress.

This article is a part of « Contributopia’s travel journals ». From October to December of 2019, we will assess our many (donations-founded) actions, which are tax-deductible for French taxpayers. Donate here if you can.

La version originale (en Français) de cet article est à lire ici.

An eagerly awaited alternative to Facebook events

During the Spring of 2019, we launched our Mobilizon crowfunding, to fund a free/libre software allowing communities to liberate themselves from Facebook events, groups and pages.

This crowdfunding’s aim was to produce Mobilizon and to know how far you all wanted us to go with this project. Over one thousand people funded this project, and we are very pleased to see how enthusiastic you all were: evidently, many of us are tired of Facebook’s walled garden around our events!

Thank you all for the sucess of this crowdfunding!

Today, we are keeping a promise we made during the campaign: sharing Mobilizon’s progress with you. We decided to showcase it to you as soon as possible, even though most features are not developed yet. This is precisely what a beta is: some things are still rough around the edges, the paint is fresh, not everything is in place (yet)… but you can still get a clear picture of what we have achieved and how much work still remains to be done.

A beta release to lay the foundations

Mobilizon‘s aim is to create a free/libre software allowing communities to create their own spaces to publish event.

Here is everything you can do with Mobilizon:

  • Sign up with your email and a password, then log in;
  • Receive email notifications;
  • Create and manage several identities from the same account;
    • to compartimentalize your events;
    • Every identity consists of an ID, a public name (name, nickname, username, etc.) an avatar and a bio
  • Create, edit or delete events;
    • From the identity you used to create said event;
    • You can create, keep, edit (and delete) draft events;
    • You can manually aprove (or refuse) attendance requests.
    • You can easily share by mail or on your social medias;
    • You can add events to your calendar.
  • Register for an event by choosing one of your identities;
  • Report problematic content to the instance[2] moderation;
  • Manage reports of problematic content

dessin de Mobilizon par David Revoy
Mobilizon, illustrated by David Revoy – License : CC-By 4.0

We are very enthusiastic about the ability to use different identities. Under the same account, you can compartimentalize several aspects of your social life: one identity for sports, one for family gatherings, another one for activism, etc.

This is the sort of tool Facebook & Co will never offer, as they have a vested interest in gathering every aspects of our social lives under a single, and therefore advertiser-friendly, profile… Thus, it always brings us great joy to realize that when we distance oursleves from these platforms model, we can imagine user-friendly, emancipatory tools.

Better yet, you can have a look by yourself…

test.mobilizon.org: discover the software and its features

Wait up before you organize a Last Party Before Armageddon on test.mobilizon.org: it is only a demo site! Feel free to use it however you want, to click at will: there will be no consequences as every account, event etc. will be automatically deleted every 48 hours.

Click on the screenshot to go and visit the demo of Mobilizon !

One of our promises while we were mapping out Mobilizon’s development was to create a tool by and for people, so we worked with UI/UX designers… we hope you like the result!

We have made room on our forum for your feedback. However, we will probably not be able to answer to requests pertaning to new features, as we already have much to do!

The way is already mapped out: we are Mobilized!

In the next few months, we will publish regular updates of this beta release, and show you its progress. This way, we will have time to observe and hear your feedback, up until the first fully functional release of Mobilizon, which is planned for the first semester of 2020.

Depending on your level of expertise, you may look under the hood and read Mobilizon’s source code. Nevertheless, we do not recommend installing Mobilizon on your server before we take care of its federated[1] features.

As Mobilizon is not (yet) federated[1], it is not (yet) possible, for example, to register to a Framaparty posted on Framasoft’s Mobilizon instance[2] from an account created on a UnitedUni instance, hosted by your college. Both the federeated aspect and the ability to register to an event anonymously are being developed right now. We will introduce you to them when we keep you updated on the software again, around December.

With the federation features coming next december, compass roses will multiply!
Illustration: David Revoy – License : CC-By 4.0

During 1st semester of 2020, we will publish the first stable release of Mobilizon. We will implement moderation tools as well as collaborative ones (groups, organizational spaces, private messages). We will be in touch with pioneer installers and users (the latest have probably used their pals’ servers). We will be working on technical documentation too.

We keep our promises, starting now

We at Framasoft cannot wait to see as many people as possible free themselves for Facebook events, and use Mobilizon to organize, say, an advocacy group or a Climate March.

However, we might have to wait a bit before closing down all these Facebook groups that structure part of our lives. Meanwhile, we hope this demo will show the potential of a software meant to gather, organize and mobilize… people who are trying to make the world a better place.

Have a look at Contributopia’s travel journals and discover more articles and actions made possible by your donations. If you like what you just read, please think of supporting us, as your donations are the only thing that allow us to go on. As Framasoft is a public interest organization, the real cost of a 100 € donation from a French taxpayer is only of 34 €.

Support Framasoft

Header illustration: CC-By David Revoy


Notes

[1] Federation: If my college hosts my email, and yet I can communicate with a gmail (hosted by Google), it is because they speak the same language: they are federated. The federation, here, refers to the use of a common language (a « protocol ») to be able to connect. Capacities do not rely on a single player (e.g.: Facebook for WhatsApp, Google for YouTube, etc), but rather on a multitude of companies, organizations, collectives, institutions, or even private individuals, required they posess the appropriate skills. This provides more resilience and independance to these networks, and makes them harder to control as well. Thus, in the case of Mobilizon, different instances[2] of the software (on the servers of a college, collective or organization such as Framasoft, for example) will be able to synchronize the data made public (events, messages, groups, etc.).

 

[2] Instance: an instance is one hosted installation of a federated software. This software is therefore located on a server, under the responsibility of the people who administer this server (the hosts). Each host can choose whether to connect or not its instance with others, and therefore whether or not to grant access to the information shared on said instance to its members. For example, framapiaf.org, mamot.fr and miaou.drycat.fr are three Mastodon instances (respectively from the hosts Framasoft, La Quadrature du Net and Drycat). As these 3 instances are federated, their members can communicate with each other. In the same vein, two -or even two thousand- Mobilizon instances can be connected and share events.