1

Vidéo : Richard Stallman à Paris pour la présentation de sa biographie autorisée

Les éditions Eyrolles ont organisé une rencontre avec Richard Stallman, le 12 janvier dernier dans leur librairie parisienne, à l’occasion de la sortie du livre Richard Stallman et la révolution du logiciel libre (que l’on peut d’ores et déjà précommander).

Cette intervention est désormais disponible sur le compte Eyrolles d’OpenVideo, l’espace Dailymotion spécialement dédié au format libre et ouvert Ogg[1].

Nous avons choisi d’en extraire le premier quart d’heure et vous le proposer ci-dessous dans la mesure il présente l’équipe du projet et nous offre un Richard Stallman au cœur du livre, puisqu’évoquant (non sans humour) son passé et ses premières expériences informatiques.

Par ordre d’apparition :

  • Muriel Shan Sei Fan d’Eyrolles – émérite éditrice du livre et animatrice de la rencontre
  • Pierre-Yves Gosset (alias Pyg) – émérite et indispensable salarié de Framasoft (et qui remplaçait mon absence)
  • Christophe Masutti – émérite chef d’orchestre de la traduction et de la communication avec Richard Stallman
  • Et, last but not least, Richard Stallman himself of course !

—> La vidéo au format webm

Pour la suite de la conférence, rendez-vous donc sur Dailymotion.

Transcript de l’intervention de Richard Stallman

Bonsoir, quand Christophe m’a proposé de relire le texte et corriger les erreurs pour la traduction française, je pensais que peut-être ce serait un petit travail. Mais quand j’ai lu le texte, j’ai vu qu’il fallait beaucoup de changements, beaucoup de corrections, mais je ne voulais pas qu’il devienne mon autobiographie.

Et comment l’éviter, c’était une tache délicate et j’ai décidé de maintenir toutes les citations, sauf quelques unes qui n’avaient rien à voir avec moi, et de maintenir toutes les impressions personnelles de Sam Williams, quand présentées comme telles. Et comme ça je devais garder son point de vue aussi, dans le livre que vous avez devant vous.

Et je n’ai pas éliminé les critiques. J’ai corrigé des faits erronés et j’ai répondu aux critiques, mais je les ai pas supprimés.

Je suis un personnage controversé. Et maintenant (avec ce livre) vous pouvez voir les deux côtés de la controverse, dont la première édition ne contenait souvent qu’un seul côté.

Le livre commence avec ma jeunesse. Je ne veux pas dire en beaucoup à ce sujet, mais j’ai vu (pour la première fois) un ordinateur quand j’avais 16 ans, à IBM, et j’ai commencé à vraiment programmer. Une année plus tard, je suis allé à l’Université Harvard à Cambridge. Et j’ai commencé à programmer dans le laboratoire de Harvard, mais c’était un système social tyrannique. Beaucoup de hiérarchie.

Et donc j’ai trouvé au MIT un autre laboratoire d’informatique avec (bien plus de) liberté. Où il ne s’agissait pas de qui tu étais, mais de ce que tu pouvais faire. J’y ai aussi rencontré le logiciel libre, parce que dans le laboratoire d’Intelligence Artificielle (IA) du MIT, tous les logiciels que nous utilisions étaient libres.

Le système d’exploitation était libre, puisqu’en ce temps-là il était développé par les hackers du laboratoire. Et j’étais moi-même engagé à participer à leur équipe pour améliorer le système. C’était l’emploi idéal pour moi, à l’époque.

Il fallait améliorer le monde. Et comment ? c’était à moi de la décider, mais en conversation avec les autres, bien sûr.

Donc j’ai appris à faire beaucoup de choses, mais aussi j’ai appris à apprécier la liberté, à apprécier les Droits de l’Homme.

Liberté, parce que chacun était libre. Égalité, parce dans le laboratoire d’IA du MIT le pouvoir ne s’employait pas. Tout le monde était égal, mais tout le monde devait participer dans la recherche et aider les autres, c’était donc la fraternité aussi.

Quand je faisais des changements dans le système, ce n’était pas seulement selon mon goût mais je faisais attention a ce que les utilisateurs me disaient. Et comme ça j’ai découvert que c’était possible une vie libre dans l’informatique.

Mais sous la pression commerciale, cette communauté du logiciel libre disparut. Et je devais décider que faire.

J’avais l’option facile, le chemin facile de participer dans le logiciel que nous appelons aujourd’hui le logiciel privateur, le logiciel qui prive la liberté des utilisateurs, qui est un instrument de tyrannie. Mais je ne voulais, cela aurait été une vie odieuse.

Donc j’ai décidé de rejeter cette vie pour construire une nouvelle communauté de liberté, (une communauté) du logiciel libre. Et il fallait commencer presque à zéro.

J’ai ainsi annoncé en 1983 le projet de développer le système d’exploitation GNU. « GNU’s Not Unix », un acronyme récursif, l’humour du programmeur. De toute manière, l’esprit du hacker c’est de faire des blagues même dans les choses les plus sérieuses. Comme tenter de libérer le monde de l’informatique, la chose qui serait la plus importante de ma vie si elle avait du succès. Mais en même temps le monde peut être un blague. « Ha Ha Only Serious ».

Et nous avons plus ou moins réussi. Le système GNU marche assez bien aujourd’hui avec le noyau Linux, dans la combinaison GNU et Linux. Nous avons des interfaces graphiques libres, nous avons des outils bureautiques libres, bien que quand je dis le mot « bureautique », je pense à « l’érotique dans le bureau ».

Mais nous n’avons pas encore gagné, parce que nous n’avons pas encore libéré tous les utilisateurs de l’informatique. La grande majorité continue (d’être) sous le pouvoir des entreprises comme Microsoft, Apple, Adobe et beaucoup d’autres. Donc nous avons encore beaucoup de travail à faire pour que tout le logiciel soit libre, pour que tous les utilisateurs soient libres…

Notes

[1] Richard Stallman n’accepte plus que ce format pour être filmé. Le site NetEco l’a ainsi appris à ses dépends dans 15 minutes avec Richard Stallman : « Cet entretien aurait dû être publié en format vidéo, cependant, sur demande de Richard Stallman ce dernier a été retranscrit. En effet, M. Stallman n’accepte la publication de vidéo qu’au format libre Ogg Theora. »




Courte interview de Richard Stallman avant sa venue en France

Richard Stallman - Copyright Sam OgdenLa biographie de Stallman, dont nous sommes à l’initiative, et qui est au final bien plus qu’une traduction suite aux nombreuses modifications effectuées par Stallman lui-même (cf cette vidéo), sortira donc officiellement jeudi 21 janvier 2010.

Sauf pour les chanceux qui assisteront à la rencontre avec Richard Stallman demain aux éditions Eyrolles[1] (c’est malheureusement complet depuis des lustres) et qui auront la possibilité de repartir avec les premiers tirages encore chauds sortis de l’imprimerie (et accessoirement une dédicace de Stallman). C’est Christophe Masutti, co-auteur du livre, qui représentera Framasoft.

Outre Paris donc le 12 janvier, Richard Stallman sera à Lyon le 13, Grenoble le 14 et Autrans le 15 (plus d’infos sur cette dépêche LinuxFr)[2].

En attendant, nous avons posé par email quelques questions à Richard autour de ce livre, dont les réponses ont été rédigées directement en français par l’intéressé.

Entretien avec Richard Stallman

Framablog : Bonjour Richard, est-il vrai que tu as lu pour la première fois le livre d’origine de Sam Williams à l’occasion du projet de sa traduction en français, et si oui pourquoi ?

RMS : Avant sa publication, j’ai lu le texte préliminaire et j’ai donné des critiques à Sam Williams. Après la publication, il n’y avait plus rien à faire, donc je n’ai pas lu le livre publié avant d’être invité à le corriger pour la traducion française. Quand je l’ai vu, il était évident qu’il avait besoin de plus que de petits changements.

Une biographie sur toi, cela te gène, cela flatte ton ego ou bien tu y vois un document de plus pour diffuser tes idées et celle du Mouvement pour le Logiciel Libre ?

Tous les trois.

Était-il difficile et délicat de ne corriger que des éléments factuels de la première version ? As-tu eu la tentation de corriger également des éléments plus subjectifs sur ta personnalité ?

Il y a ici un malentendu. Mes changements vont au dela des éléments factuels, je n’avais jamais l’intention de les limiter si étroitement. J’ai préservé les citations critiques, et les impressions personnelles de Sam Williams quand présentées comme telles. Et parfois j’ai ajouté des réponses.

Bien sûr, suivre cette politique était parfois une tache délicate, mais elle était nécessaire pour éviter de produire un livre qui ne présentait que mon point de vue sur moi.

Peut-on dire que l’histoire de ta vie, c’est aussi un peu l’Histoire de l’informatique et de son combat pour rester libre ?

L’histoire de l’informatique est longue et large, et les événements de ma vie n’en touchent qu’un peu. Mais une grande portion du livre concerne le mouvement du logiciel libre que j’ai lancé.

Quand sortira la nouvelle version en anglais ?

Je ne sais pas, mais j’ai proposé de le publier tout de suite.

Penses-tu que Nicolas Sarkozy lira ta biographie ?

Si les français luttent très fort contre ses lois injustes, comme la DADVSI et l’HADOPI, peut-être il ordonnera que quelqu’un le lise pour lui. Mais ce ne serait pas une victoire. La victoire, c’est qu’il soit remplacé par quelqu’un qui aime plutôt les Droits de l’Homme que les grands éditeurs, quelqu’un qui supprime ces lois et légalise le partage numérique.

Notes

[1] En avant-première de la sortie du livre Richard Stallman et la révolution du logiciel libre, disponible en librairie le 21 janvier 2010, les éditions Eyrolles organisent à la librairie une conférence publique avec Richard Stallman, suivie d’une séance de dédicaces, mardi 12 janvier 2010 à 17h.

[2] Crédit photo : Copyright Sam Ogden (avec son aimable autorisation)




Biographie de Richard Stallman : Un peu de teasing en vidéo (version longue)

Le 21 janvier 2010 va donc sortir la « biographie autorisée » de Richard Stallman aux éditions Eyrolles. Et autant vous prévenir tout de suite, comme c’est un évènement de taille pour nous, on risque d’y revenir souvent ces prochains jours sur ce blog.

Dans un précédent billet nous dévoilions simplement la couverture du livre. Aujourd’hui ce n’est plus une minute mais carrément quarante-cinq minutes d’attention qui sont requises si vous voulez en savoir plus (mais alors pour le coup, beaucoup, beaucoup plus).

Il s’agit de la vidéo de l’intervention que nous avons donné l’été dernier aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre de Nantes. La conférence s’intitulait, avec la modestie qui nous caractérise, « La passionnante histoire d’un livre sur Richard Stallman ».

Mais quand bien même ce titre ne soit qu’un clin d’œil à un film célèbre, on peut cependant se risquer à affirmer que nous sommes en face d’un projet pour le moins original. D’abord parce qu’il s’agit du ouvrage collaboratif sous licence libre signé chez un éditeur classique, mais aussi et surtout parce qu’il est plutôt rare de voir le sujet même d’une biographie décider de corriger et modifier sa propre biographie à l’occasion de sa traduction !

La conférence balaie la chronologie du projet et met en scène quatre des principaux acteurs impliqués. Par ordre d’apparition :

  • Alexis Kauffmann (Framasoft), à l’initiative du projet
  • Christophe Masutti (Framasoft), animateur principal du projet
  • Chloé Girard (La Poule ou l’Œuf), pour le logiciel de rédaction et publication du projet
  • Muriel Shan Sei Fan (Eyrolles), l’éditrice du projet

—> La vidéo au format webm

Autres liens de téléchargement (torrents inclus)




Biographie de Richard Stallman : Un peu de teasing en image (version courte)

Le jeudi 21 janvier prochain sera une date un peu particulière pour Framasoft, puisqu’il s’agira de l’aboutissement d’un long et passionnant projet initié ici-même il y a plus de deux ans.

Nous vous en dirons plus très prochainement mais en attendant voici en avant-première la couverture définitive du livre.

Biographie de RMS - Couverture Eyrolles




Framapack : Installation rapide et massive de logiciels libres sous Windows

Logo Framapack - L.L. de Mars - Art LibreParce que Tata Jeanine vient de recevoir une machine neuve pour Noël, parce que Tonton Paul a la sienne tellement vérolée (sic !) qu’il valait mieux repartir de zéro que de tenter de la nettoyer, parce que Cousin Léonard administre les postes de son lycée… nombreux peuvent être les cas de figure où l’on se trouve devant un ordinateur, qui n’est pas forcément le nôtre, dont le système d’exploitation Windows aurait besoin d’accueillir d’un coup tout plein de logiciels libres.

C’est ici que Framapack, le nouveau projet du réseau Framasoft, peut vous être potentiellement utile.

Vous vous rendez sur le site dédié à l’opération (qui n’abrite en fait qu’une seule page). Vous choisissez vos logiciels libres comme on fait son marché, parmi la sélection proposée qui compte déjà une bonne cinquantaine d’unités. Enfin vous cliquez sur la grosse flêche verte qui vous proposera de télécharger un tout petit exécutable que vous… exécuterez, et puis c’est tout !

Vous n’avez plus qu’à attendre tranquillement, comme le pingouin de notre illustration, puisque le boulot de cet unique fichier exécutable sera d’aller automatiquement chercher les logiciels un à un et de les installer tout seul sur votre ordinateur (avec la dernière version stable et l’installation par défaut de chaque logiciel choisi).

Ceci implique de nous faire confiance lorsque l’on vous assure que l’on ne rajoute évidemment aucun spyware et autres conchoncetés au passage (ce serait même plutôt le contraire puisqu’avec PDF Creator par exemple, on vous propose l’installation sans la suspicieuse barre d’outils et l’inopportun changement de moteur de recherche). Et pour accroitre la confiance, rien de tel que de placer l’application Framapack elle-même sous licence libre (GNU/GPL) sur SourceForge.

Animé par Simon Leblanc, le projet Framapack est tout jeune, avec sa version actuelle 1.0 (ou plutôt 1.0.1 pour être précis). Tous les avis, remarques, critiques, tests, rapport de bugs et propositions de participation sont bien entendu les bienvenus.

Découvrir Framapack…




EnVenteLibre.org ou la petite boutique en ligne commune à Framasoft et Ubuntu-fr

EnVenteLibre - FraMacDonald's - LL de Mars - Art LibreMigration et complémentarité obligent, la collaboration entre Ubuntu-fr et Framasoft ne date pas d’hier. Elle a débuté par des ponts constants entre nos deux forums et des stands communs sur le terrain, s’est poursuivie avec le projet du framabook Simple comme Ubuntu, pour atteindre un premier point d’orgue l’été dernier avec la sortie de la Framakey Ubuntu-fr Remix (ou FUR).

La sortie de cette clé précédant de quelques jours les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre de Nantes, nous avons alors décidé de prendre le risque de quitter l’immatériel pour proposer sur nos stands une vraie, et ma foi fort jolie, Framakey à nos deux couleurs. Opération réussie, le défi ludique étant de savoir qui du stand Framasoft ou Ubuntu-fr en vendrait le plus (il me semble que c’est Framasoft qui a gagné, mais d’une courte tête !).

Nous avons réitéré l’expérience aux récentes Ubuntu Party de Paris et de Toulouse, avec le même succès (là c’est Ubuntu-fr qui a largement gagné, mais c’est normal « on jouait à l’extérieur » !).

Tout ça pour dire que nous avions mis un pied dans le processus de vente d’objets physiques. Et comme les deux associations proposaient également, depuis un certain temps déjà, des tee-shirts et autres goodies (mais là encore uniquement lors des évènements), nous nous sommes dits : et pourquoi pas ouvrir une petite boutique commune sur Internet ?

Question d’autant plus opportune que tout le monde ne peut pas forcément se rendre à ces manifestations et que nous recevions de nombreux mails nous demandant justement si il était possible d’acheter en ligne une clé ou un tee-shirt.

Ce souhait se concrétise aujourd’hui avec l’ouverture du site EnVenteLibre.org (ou EVL pour les intimes).

Graphiquergonomiquement parlant, on peut certainement améliorer la chose (on dira que c’est la version 0.1 ou 1.0 du site), mais c’est déjà bien en place, fonctionnel, et testé confidentiellement avec succès par une première vague d’acheteurs que l’on remercie au passage.

Vous remarquerez que ne l’avons pas appelé « FramaTruc » comme nous en avons pris la mauvaise habitude (ici ça aurait pu être « FramaShop » par exemple), mais un nom indépendant de nos deux associations. Vous remarquerez également que chaque association à son onglet sur le site, il est donc potentiellement possible d’accueillir d’autres structures, mais nous n’en sommes pas là…

Cette boutique existe donc d’abord pour répondre à la demande de ceux qui n’ont pas l’occasion de nous rencontrer in the real life. Ceux qui souhaitent se lever le matin un tee-shirt Ubuntu ou Framasoft sur le dos et se réveiller en douceur avec un bon café (ou thé) fumant dans un magnifique mug Ubuntu. Si c’est trop chaud vous pourrez alors poser votre tasse sur la non moins magnifique soucoupe constituée par le CD d’Ubuntu ou le FramaDVD (mais on me souffle dans l’oreillette que ces soucoupes peuvent également servir à autre chose). Et de partir alors au turbin, le sourire aux lèvres et la clé en bandoulière…

Mais redevenons plus sérieux. Cette boutique nous permet aussi et surtout de continuer à diffuser le logiciel libre au plus large public. En effet, avant la boutique, il fallait être capable de télécharger patiemment l’image d’un CD ou DVD et de le graver. Pour la FUR c’était encore plus compliqué : acheter une clé vierge de bonne qualité (nous insistons sur ce point), télécharger le pack, l’installer et rendre la clé bootable sous Ubuntu. Avec la boutique, on peut donc recevoir ces objets optimisés et directement prêts à l’emploi, et nul doute que cela élargira le spectre des personnes souhaitant découvrir et utiliser des logiciels libres (d’autant que nous sommes capables de livrer partout dans le monde).

Enfin il s’agit également de voir si à terme cela peut constituer une éventuelle source de financement pour nos deux associations. Fidèles à une certaine approche des choses, nous avons choisi de ne pas marger outre mesure sur des prix volontairement tirés vers le bas pour les rendre les plus attractifs possibles (sachant que comme nous produisons en petite quantité nous ne pouvons pas obtenir des tarifs de gros préférentiels). Mais, originalité, nous invitons à compléter les achats par un don de votre choix à l’une et/ou l’autre[1] association si vous souhaitez soutenir et encourager leur action.

Sans vouloir être grandiloquents, proposer de « soutenir librement » en même temps que l’on « consomme » nous semble être un modèle intéressant à explorer participant, qui sait, à dessiner les contours d’une future et salutaire société de la contribution. Et lorsque nous ferons les premiers bilans, nous aimerions beaucoup pouvoir témoigner du fait que l’un est souvent allé avec l’autre (pour la bonne santé des caisses de nos associations, mais aussi pour l’exemple à valeur de symbole).

Ces premiers bilans seront l’occasion d’envisager l’avenir (ou non) de ce projet. Et en attendant c’est avec modestie mais enthousiasme que nous vous proposons déjà une petite sélection de produits qui s’étofferont avec le temps si le succès est au rendez-vous.

Quant à la Framakey Ubuntu-fr Remix, si vous en voulez une sous votre sapin (ou celui de vos proches), dépêchez-vous de vous rendre chez EnVenteLibre.org ! Sur les 280 proposées, il n’en reste en effet déjà plus que 160…

PS : Tout le monde a mis la main à la pâte, mais ce projet n’aurait jamais pu voir le jour sans le travail acharné de notre salarié Pierre-Yves Gosset (si vous le croisez, parlez-lui un peu des obstacles légaux, fiscaux, techniques et logistiques qu’il aura fallu surmonter, réaction assurée !). Qu’il en soit ici chaleureusement remercié, et avec lui tous les donateurs qui nous permettent de maintenir ce salarié.

Notes

[1] Pour rappel, Framasoft est autorisé à remettre des reçus fiscaux vous permettant de déduire 66% du montant de votre don de votre prochaine déclaration d’impôts (qui arrive bientôt !).




Le framabook Simple comme Ubuntu nouveau est arrivé !

Framabook - Simple comme Ubuntu 9.10 - Cover Alexandre Mory Art LibreEn avance sur le Beaujolais, nous sommes heureux et fiers d’annoncer la sortie du nouveau framabook Simple comme Ubuntu (ou SCU) dans son millésime 9.10 Karmic Koala.

Comme il a en a pris la bonne habitude, il suit d’à peine quelques jours la sortie de la nouvelle version d’Ubuntu.

C’est la résultante du travail intense de son auteur Didier Roche, accompagné par les remarques et suggestions de toute la communauté, sans oublier la fine équipe de relecteurs et un éditeur InLibroVeritas qui trouve encore le temps d’être prêt malgré La bataille Hadopi qu’il mène sur tous les fronts.

Une petite interview s’imposait. D’autant que, grande et originale nouveauté, il n’est pas courant de trouver un livre « dans » un système d’exploitation !

PS : J’en profite pour rappeler que la collection Framabook a pour slogan « le pari du livre libre » et qu’en commandant (pour vous ou pour offrir à l’approche des fêtes) sa version matérielle chez InLibroVeritas, vous contribuez à soutenir tout le projet.

Entretien avec Didier Roche

Bonjour Didier, peux-tu te présenter brievement et nous décrire tes multiples activités autour d’Ubuntu ?

Didier RocheBonjour Alexis,

Je suis un ingénieur de production informatique de 26 ans travaillant dans une grande boite d’édition logicielle française (propriétaire, mais c’est un bug que je suis en train de corriger hardiment ;)).

Cela fait un peu plus d’une dizaine d’années que j’utilise un système GNU/Linux et j’ai donc connu et utilisé de multiples distributions : Red Hat, Mandrake, Debian pendant plusieurs années pour certaines…

J’ai adopté Ubuntu dès ses débuts (première installation en novembre 2004) et jamais lâché depuis.

Je suis depuis bientôt deux ans secrétaire de l‘association Ubuntu-fr, après avoir été quelques mois administrateur de sa partie documentation. J’aide notamment à l’organisation de l’Ubuntu party parisienne. Participer à une association de ce type fait que l’on se doit d’être présent les nombreux et classiques événements du Libre auxquels Ubuntu-fr participe ou initie.

Enfin, je suis également ce que l’on appelle MOTU (signifiant pompeusement « Master Of The Universe »), groupe de développeurs ayant les droits adéquates qui s’occupe des dépôts universe/multiverse d’Ubuntu. Cependant, je travaille plus particulièrement dans l’équipe « desktop » qui s’occupe principalement de mettre à jour GNOME dans Ubuntu. A ce titre, j’ai eu la chance d’être sponsorisé par Canonical (société principale qui finance de nombreux développeurs Ubuntu) pour aller à l’UDS (Ubuntu Developer Summit) en mai dernier à Barcelone et à Dallas dans une quinzaine de jours. Cela m’a permis d’être le principal développeur de Quickly, projet poussé par Canonical afin de créer une application distribution et technologie agnostique, qui permet de rendre plus aisée la programmation sous GNU/Linux (plus d’information sur LWN).

Ton livre Simple comme Ubuntu (alias le SCU) est une grande réussite de « l’édition libre », et une belle collaboration Ubuntu-fr, InLibroVeritas et Framasoft. Peux-tu nous en raconter la génèse, son évolution et en quoi ce choix de la licence libre est important pour toi ?

Simple Comme Ubuntu a une histoire très singulière que j’évoque rapidement dans sa préface. Lors de mes études d’ingénieur généraliste (comprendre un environnement avec peu de véritables passionnés d’informatique), j’étais en 2005-2006 dans une association au nom d’Afric’Edu dont l’objectif est la récupération, le reconditionnement et l’envoie de matériel informatique dans les écoles d’Afrique. On officie également une formation sur place sur un mois. Voulant installer un système d’exploitation Libre basé sur GNU/Linux (comme l’année précédente), je pensais qu’Ubuntu convenait parfaitement aux besoins. Cependant la connaissance de l’équipe sur GNU/Linux frisait malheureusement l’axe des abscisses, un peu gênant pour ensuite effectuer des formations, non ? 🙂

Ayant vu l’excellente suite de billet de yeKcim sous licence CC By-Sa, je me disais à l’époque qu’il ne manquait pas grand chose pour en faire une documentation complète. J’ai naturellement respecté la licence, conscient de ses bienfaits et publié « Simple Comme Linux » (pour Dapper Drake 6.06), un pdf d’une quinzaine de pages que nous avons utilisé en support de cours au Togo.

Rentré d’Afrique, je l’ai publié sur le forum d’Ubuntu-fr où de nombreux retours et suggestions ont été faites. La documentation s’est ainsi étoffée jusqu’à atteindre environ 70 pages où Alexis Kauffmann m’a alors parlé en novembre 2006 de la collection Framabook qui n’était alors formée que d’un seul opus sur Thunderbird. Le passage d’une documentation à un véritable livre a été particulièrement chronophage, mais le résultat a plu et plaît encore, et c’est ce qui compte !

À nouvelle version d’Ubuntu, nouvelle version du SCU. Quelles en sont les principales nouveautés ? Je crois savoir qu’il y en a une de poids tout à fait originale…

Tout à fait. Depuis la version Karmic, Simple Comme Ubuntu est maintenant… dans Ubuntu ! C’est à dire qu’il fait parti des dépôts universe (il suffit d’installer le paquet simplecommeubuntu) pour avoir accès au livre librement et légalement en version électronique, installé sur sa machine. Les sources en LaTeX permettent de construire le pdf comme tout autre logiciel de la distribution, ce qui permet d’avoir un accès aisé aussi bien aux sources qu’au contenu. Son intégration dans les archives du projet Debian est en cours.

Chaque nouvelle version d’Ubuntu est un réel challenge. Car en plus du surplus d’activité au niveau Ubuntu-fr, il y a également la release d’Ubuntu côté développement qui me prend énormément de temps. Chaque mise à jour du livre (tous les 6 mois) nécessite une moyenne d’une cinquantaine d’heures au niveau des modifications et changement des copies d’écran. La deadline est par conséquent très serrée ! Nous essayons d’être le plus réactif possible. L’excellent comité de relecture de Framabook, que je ne remercierai jamais assez pour l’acharnement de ses membres (certains depuis juin 2006 !), permet d’obtenir un niveau de qualité très satisfaisant.

Aujourd’hui (cela s’est fait graduellement et non sur mon impulsion, bien au contraire), Simple Comme Ubuntu est devenu en quelque sorte le livre officiel de la communauté francophone (il suffit d’aller voir sur le forum le nombre d’échanges le conseillant), nous l’avons donc, à partir de cette version, intégré aux 3 000 CD francophones qu’Ubuntu-fr presse à ses frais et vend sur les divers évènements où nous nous rendons (il sera également sur la clef de la Framakey Ubuntu-fr Remix version Karmic). Rien de mieux que d’avoir ensemble le(s) logiciel(s) et la manière de les utiliser. 🙂

Concernant les nouveautés et dans le plus pur esprit du Libre, je n’ai pu résister à joindre ci-dessous le changelog des changements impactés dans le livre (gérant le livre dans un VCS, je pourrais même fournir un patch) 🙂

Merci Didier pour ces précisions. Tu nous donnes rendez-vous à l’Ubuntu Party de Paris ?

Exactement, il y a des Ubuntu Party dans la France entière, la plus importante en terme de visites (4000 personnes aux deux précédentes éditions) étant à Paris, au Carrefour Numérique, Cité des sciences et de l’industrie les 28 et 29 novembre. De nombreuses associations du Libre (dont Framasoft) y tiendront un stand et il y a de nombreuses conférences et activités proposées pour tous les niveaux, de débutant à confirmé.

N’hésitez pas à venir nous rencontrer et rester informé sur le programme complet bientôt publié sur le site de l’Ubuntu party.

Didier

Découvrir la nouvelle version 9.10 du framabook Simple comme Ubuntu…

Release note de SCU version 9.10

  • Mise à jour des tous les éléments de Jaunty vers Karmic. Nombreuses images également modifées.
  • Revue de la procédure d’installation. Quelques remarques supplémentaires sur l’installation et le chiffrement de partition
  • Modification suite au passage de gdm 2.28
  • Modification des éléments dans Systèmes (un vrai bento de renommage), ajout d’ibus et suppression de SCIM
  • Sources de mises à jour redevient sources de logiciels une énième fois :/
  • Ajout de palimpset
  • Suppression d’évolution dans la barre supérieure par défaut
  • Modifier des éléments du tableau de bord en haut à droite (NM, Icône présente, etc.): une bonne pelletée de changements 🙂
  • Nombreux changements dans l’applet FUSA
  • Remplacement d’ajouter/supprimer par l’App Center d’Ubuntu. Adaptation de la partie dédiée. Beaucoup de modifications tout au long du livre (notamment le fait qu’il n’y ait plus de confirmation pour l’installation d’appli dans universe et également que toutes les applications soient disponibles par défaut). Il n’y a plus d’indicateur de popularité non plus
  • Modifications de la nettoyeur système
  • Suppression de l’installation de la version propriétaire de Java vu que la version libre a bien évolué et permet maintenant d’adresser la plupart des cas.
  • Ajout et modification de l’écran de changement de fond d’écran
  • Le clin d’oeil du thème vista basic a été gardé le temps de trouver un screenshot potable pour faire un seven basic 🙂
  • La nouvelle version de gdm n’est plus thémable graphiquement
  • Gnome-screenshot -> option pour prendre une partie de l’écran.
  • Petite note pour indiquer que tracker n’est pas installé par défaut, idem pour deskbar
  • Changement de l’outil pour gérer la connexion automatique et par défaut de GDM
  • Ajout de exec devant numlock et déplacement au chapitre 7
  • Ajout précision sur ami de root et la notification pour dropper les privilèges
  • Changement de la méthode de notification de connexion wiki/ethernet. Suppression des icônes et modifiant du descriptif correspondant.
  • Ajout d’empathy
  • Rafraichissement de la description de pidgin
  • Racketiciel et detaxe.org ont maintenant fusionnés: un seul lien
  • Le clavier par défaut proposé maintenant en « France – Alternative »
  • Ext4 est maintenant utilisé par défaut
  • Support linguistique: prise en charge des langues
  • Puis prise en charge linguistique -> prise en charges des langues
  • Note sur chiffrement et trousseau qui apparait désormais uniquement si vous utilisez un trousseau de clef.
  • Test du matériel -> Test du système
  • Renommage de certains boutons comme Installer/supprimer des langues -> Installer / supprimer des langues
  • Suppression de la gravure directement par Nautilus
  • Comparaison de Cinelerra avec Adobe Premiere et ajout des dépôts de lprod pour installer ce dernier.
  • Quelques modifications sur la description des onglets dans Firefox
  • La situation des cartes graphiques d’ATI se sont améliorés. Remarque mise à jour
  • Suppression de la remarque sur Waow de Vista vu que maintenant Seven est sorti 😉
  • Modification sur une remarque sur les noyaux (pour 1 Go de RAM, t’as plus rien ;))
  • Des liens de logiciel changés, textes rafraichis
  • Sélectionner avec un motif -> Sélectionner les éléments correspondants à \ldots{}
  • Ajout sur la version électronique du descriptif du projet Framabook
  • Corrections de quelques zillions de coquilles, reformulations, etc. 🙂



FramActuelle

Femme Actuelle - Logiciel Libre - Octobre 2009Le logiciel libre avance. Preuve supplémentaire, il a droit aujourd’hui à une pleine page dans le numéro 1 304 du magazine… Femme Actuelle !

L’article n’échappe à la mise en avant de la gratuité (quitte à se planter en beauté sur le choix du logiciel propriétaire Picasa de Google), mais l’essentiel est là, alors ne boudons pas notre plaisir de le trouver en si galante compagnie.

Même Framasoft est cité avec ses « mille cinq cent logiciels libres classés par thème à télécharger », incrusté à même la photo de la demoiselle au laptop (cliquer sur l’image ci-contre pour agrandir).

L’angle d’attaque est également à souligner puisqu’il évoque en creux l’épineux problème de la vente liée :

Certains des logiciels, préinstallés sur votre ordi, le sont en version de démonstration pour une durée déterminée. Ensuite il faut passer à la version payante et les télécharger. La solution : opter pour des logiciels libres, souvent plus performants et la plupart du temps disponibles gracieusement ! En voici cinq.

Outre donc l’erreur de casting Picasa, on trouve Firefox, OpenOffice.org, VLC media player et Thunderbird. Ce qui est assurément un bon choix, surtout si l’on s’adresse à des utilisatrices sous Windows ou Mac.

Je parle sous couvert des spécialistes es commentaires, mais il me semble que les descriptions des logiciels sont plutôt fidèles et pertinentes. Exemple avec OpenOffice.org :

La suite bureautique Offce de Microsoft, parfois installée en démo sur votre ordi neuf, coûte plusieurs centaines d’euros. Or le suite Open Office est, elle, entièrement gratuite. Composée des mêmes outils (traitement de texte, tableur…) elle est compatible avec Word, Excel, Powerpoint, etc. L’interface et les fonctions sont quasi-identiques à celle de Microsoft Office. De plus, OpenOffice dispose de certaines possibilités orginales et utiles, comme l’export au format PDF. Riche en fonctionnalités, cet ensemble d’applications est de plus en plus adopté par les administrations, les établissements scolaires, voire les entreprises.

Enfin il y a un encart où Tristan Nitot (qui, remarque jalouse, n’en rate décidemment pas une) nous explique le logiciel libre à l’aide des recettes de cuisine (qui, remarque sexiste, est un bon choix d’analogie ici)

Et à la question : le logiciel libre est-il toujours gratuit ? Il répond : la copie est permise et même encouragée. Excellente conclusion non hadopiquement correcte 😉